À propos de cette page
Ce cours de histoire-géographie en seconde sur « Les mobilités humaines transnationales » suit le programme officiel de histoire-géographie de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Définir les mobilités humaines transnationales, Les migrations économiques dans le monde, Réfugiés et déplacés : des mobilités forcées, Les diasporas et leur rôle dans la mondialisation. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en histoire-géographie.
Au programme
1 · Définir les mobilités humaines transnationales
2 · Les migrations économiques dans le monde
3 · Réfugiés et déplacés : des mobilités forcées
4 · Les diasporas et leur rôle dans la mondialisation
5 · Le tourisme international : une mobilité de masse
6 · Les impacts des mobilités sur les espaces d'origine et d'accueil
7 · Gouverner les mobilités : politiques et enjeux
1Définir les mobilités humaines transnationales
Les mobilités humaines transnationales désignent l'ensemble des déplacements de personnes qui franchissent au moins une frontière nationale. Elles sont au cœur de la mondialisation contemporaine.
Définitions clés.- Mobilité transnationale : tout déplacement humain impliquant le franchissement d'une ou plusieurs frontières étatiques, qu'il soit temporaire ou durable.
- Migration internationale : changement durable de résidence vers un autre pays (durée > 1 an selon l'ONU). On distingue les émigrants (qui quittent) et les immigrants (qui arrivent).
- Migrant : personne vivant dans un pays différent de son pays de naissance ou de nationalité.
- Réfugié : personne contrainte de fuir son pays en raison de persécutions, conflits ou catastrophes, reconnue par le HCR (Haut-Commissariat aux Réfugiés de l'ONU) et protégée par la Convention de Genève (1951).
- Touriste : voyageur séjournant moins d'un an dans un pays étranger pour des raisons de loisirs, de santé ou de visite.
On distingue plusieurs types de mobilités :
| Type de mobilité | Motivation principale | Durée |
|---|
| Migration économique | Travail, revenus, études | Pluriannuelle ou définitive |
| Migration forcée | Guerre, persécution, catastrophe | Variable |
| Tourisme | Loisirs, culture, santé | Courte (< 1 an) |
| Migrations circulaires | Travail saisonnier | Répétée, courte |
Astuce. Le terme « migrant » est neutre ; ne pas le confondre avec « réfugié » (statut juridique précis) ni avec « touriste » (mobilité temporaire).
2Les migrations économiques dans le monde
En 2020, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) recensait environ 281 millions de migrants internationaux dans le monde, soit 3,6 % de la population mondiale. Les migrations économiques restent le flux dominant.
Les grandes régions d'émigration sont l'Asie du Sud et du Sud-Est (Inde, Philippines, Bangladesh), l'Amérique latine (Mexique, Amérique centrale), l'Afrique subsaharienne et l'Europe de l'Est. Les principales destinations sont les États-Unis (50 millions d'immigrants), l'Europe occidentale (Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni) et les pays du Golfe persique.
Exemple. Le couloir migratoire Mexique → États-Unis est le plus important du monde : près de 11 millions de Mexicains vivent aux États-Unis, attirés par les emplois dans l'agriculture, la construction et les services.
Les migrations Sud-Nord (des pays en développement vers les pays riches) sont les plus visibles médiatiquement, mais les migrations Sud-Sud (entre pays en développement, ex. : Afrique de l'Ouest, Asie du Sud-Est) représentent en réalité environ 40 % des flux mondiaux.
Attention ! Il ne faut pas réduire les migrations aux seuls flux illégaux ou aux traversées en mer Méditerranée. La grande majorité des migrations sont légales, organisées, et répondent à des besoins des pays d'accueil.
Les facteurs d'émigration (facteurs push) incluent le chômage, la pauvreté, les inégalités, les conflits. Les facteurs d'attraction (facteurs pull) sont les perspectives d'emploi, les salaires plus élevés, la réunification familiale, la liberté politique.
3Réfugiés et déplacés : des mobilités forcées
Les migrations forcées concernent des populations contraintes de fuir leur domicile. Le HCR distingue plusieurs catégories :
- Les réfugiés : protégés par la Convention de Genève (1951), ils ont fui leur pays pour persécutions ou conflits. En 2022 : environ 27 millions dans le monde.
- Les déplacés internes (IDPs) : déplacés à l'intérieur de leur propre pays. En 2022 : plus de 50 millions, le chiffre le plus élevé jamais enregistré.
- Les demandeurs d'asile : personnes dont la demande de statut de réfugié est en cours d'examen.
- Les apatrides : personnes sans nationalité reconnue (ex. : Rohingyas de Birmanie).
Convention de Genève (1951). Traité international définissant le statut de réfugié et les droits qui s'y attachent (non-refoulement, droit au séjour, accès aux soins). Signée par 149 États.
Exemple. La crise syrienne (depuis 2011) a produit l'une des plus grandes crises de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale : plus de 6,8 millions de réfugiés syriens enregistrés dans le monde, dont la majorité en Turquie (3,7 millions), au Liban (1,5 million) et en Jordanie.
La majorité des réfugiés (86 %) sont accueillis dans les pays en développement voisins de leur pays d'origine, et non dans les pays riches. Le droit d'asile est un droit fondamental reconnu par les textes internationaux et la Constitution française.
4Les diasporas et leur rôle dans la mondialisation
Une diaspora désigne une communauté de migrants installée durablement à l'étranger et maintenant des liens forts avec son pays d'origine (culturels, économiques, politiques).
Diaspora. Du grec diaspora (dispersion), ce terme désigne la dispersion d'une communauté à travers le monde tout en conservant une identité commune et des liens avec le pays d'origine. Ex. : diaspora indienne (~18 millions de personnes), chinoise, libanaise, africaine.
Les diasporas jouent un rôle économique majeur à travers les remises de fonds (envoi d'argent vers le pays d'origine). En 2022, ces transferts atteignaient 794 milliards de dollars dans le monde, dépassant souvent l'aide publique au développement (APD).
Exemple. Les Philippines reçoivent environ 37 milliards de dollars de remises par an (2022), soit 9 % du PIB du pays. Ces fonds financent la scolarisation des enfants, la construction de logements et le développement local.
Astuce. Les remises de fonds sont une forme de co-développement : elles contribuent directement au financement du développement dans les pays d'origine, parfois plus efficacement que l'aide internationale officielle.
Les diasporas entretiennent également des liens culturels (langues, religions, associations), créant des espaces transnationaux où les identités se mélangent. Elles peuvent aussi influencer la politique de leur pays d'origine (vote des expatriés, lobbying, engagement humanitaire).
5Le tourisme international : une mobilité de masse
Le tourisme international est la plus grande mobilité transnationale par le nombre de personnes concernées. Avant la pandémie de Covid-19, le monde comptait 1,5 milliard d'arrivées touristiques internationales (2019, OMT). Depuis 2022, le secteur est en forte reprise.
Les grandes tendances du tourisme mondial :
- L'Europe est la première région réceptrice (51 % des arrivées en 2019) : France (1re destination), Espagne, Italie.
- L'Asie-Pacifique est la 2e région et connaît la croissance la plus rapide (Chine, Thaïlande, Japon).
- Les flux partent surtout des pays riches (Europe occidentale, Amérique du Nord, Japon, Chine émergente).
Exemple. La France est la 1re destination touristique mondiale avec 90 millions de visiteurs étrangers en 2019 (avant Covid). Paris, les Alpes, la Côte d'Azur et le Mont-Saint-Michel sont parmi les sites les plus visités.
Le tourisme représente un levier de développement économique important pour de nombreux pays (emplois, devises, infrastructures), mais il engendre aussi des impacts négatifs : surtourisme, dégradation des sites naturels et culturels, empreinte carbone élevée des transports aériens.
Attention ! La France est 1re destination par le nombre de visiteurs, mais pas 1re en recettes touristiques : les États-Unis et l'Espagne génèrent davantage de revenus par touriste.
6Les impacts des mobilités sur les espaces d'origine et d'accueil
Les mobilités humaines transforment profondément les espaces géographiques, tant dans les régions d'émigration que dans les sociétés d'accueil.
Impacts sur les espaces d'origine
- Économiques : les remises de fonds soutiennent les économies locales, financent l'éducation et la santé.
- Démographiques : vieillissement de la population, dépeuplement de certaines zones rurales, « fuite des cerveaux » (brain drain) qui prive les pays de leurs élites formées.
- Culturels : circulation de nouvelles pratiques, diffusion de modes de vie, parfois tensions identitaires.
Impacts sur les espaces d'accueil
- Économiques : apport de main-d'œuvre dans des secteurs en tension (construction, agriculture, santé), contribution fiscale, dynamisme entrepreneurial.
- Démographiques : atténuation du vieillissement, rajeunissement de la pyramide des âges dans certains pays.
- Culturels : enrichissement culturel (gastronomie, musique, arts), défis d'intégration, débats identitaires.
Astuce. Les migrations ne sont pas uniquement un « problème » à gérer : elles sont aussi une ressource pour les économies des pays d'accueil. Nuance fondamentale pour l'analyse géographique.
7Gouverner les mobilités : politiques et enjeux
Face à l'ampleur des mobilités humaines, les États et les organisations internationales ont développé des politiques pour les réguler, les encadrer ou les limiter.
Les politiques migratoires
- Fermeture des frontières : construction de murs (États-Unis/Mexique, Hongrie), contrôles renforcés, externalisation des frontières (accord UE-Turquie, 2016).
- Sélection des migrants : politiques de « points » (Canada, Australie, Royaume-Uni) favorisant les travailleurs qualifiés.
- Droit d'asile : procédures d'examen des demandes, quotas, répartition entre États membres (enjeu central en Europe).
Les enjeux géopolitiques
Les migrations sont devenues un enjeu géopolitique majeur : elles alimentent les tensions entre États (ex. : crise migratoire de 2015 en Europe), alimentent les populismes et les partis nationalistes, et posent la question de la solidarité internationale.
Exemple. En 2015-2016, l'Europe a connu une « crise des réfugiés » avec plus d'un million de demandes d'asile déposées, principalement de Syriens, d'Afghans et d'Irakiens. Cet épisode a mis à l'épreuve les accords de Dublin et la solidarité européenne.
Accord de Dublin. Règlement européen (Dublin III, 2013) selon lequel la demande d'asile doit être traitée par le premier État membre d'entrée dans l'UE. Ce système pèse lourdement sur les pays méditerranéens (Grèce, Italie) et est régulièrement contesté.
À retenir. Gouverner les mobilités suppose un équilibre difficile entre sécurité des frontières, respect des droits humains (droit d'asile, non-refoulement) et besoins économiques des pays d'accueil.
★À retenir
En bref :
• Les mobilités transnationales regroupent migrations économiques, migrations forcées (réfugiés, déplacés) et tourisme.
• En 2020, on compte 281 millions de migrants dans le monde (3,6 % de la pop. mondiale), et 1,5 milliard de touristes avant 2020.
• Les flux migratoires vont principalement des pays du Sud vers ceux du Nord, mais les flux Sud-Sud représentent 40 % du total.
• Les réfugiés (statut protégé par la Convention de Genève, 1951) fuient des persécutions ; 86 % sont accueillis dans des pays en développement.
• Les diasporas envoient des remises de fonds (794 Mds $ en 2022), moteur de développement dans les pays d'origine.
• Les mobilités créent des effets positifs et négatifs dans les espaces d'origine (brain drain) et d'accueil (main-d'œuvre, intégration).
• Gouverner les mobilités suppose d'articuler sécurité des frontières, droit d'asile et besoins économiques.