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La littérature d'idées et la presse du XIXe au XXIe siècle

Objet d'étude de seconde : essais, discours, articles, chroniques et presse du XIXe au XXIe siècle ; argumenter, convaincre, s'informer

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « La littérature d'idées et la presse du XIXe au XXIe siècle » en seconde permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en français. Ils suivent le programme officiel de seconde et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Qu'est-ce que la littérature d'idées ?, La naissance de la presse moderne, L'écrivain journaliste, de Hugo et Zola à aujourd'hui, Les genres : du discours à l'éditorial. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser français en seconde.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Informer ou commenter ?

Facile

Informer : dépêche, brève, reportage, interview. Commenter : éditorial, chronique, tribune, billet.

La dépêche transmet un fait daté et sourcé, sans jugement : le journaliste s'efface derrière l'information. L'éditorial, au contraire, exprime la position du journal : on y trouve une thèse, des arguments et des marques de jugement. Cas limite : le reportage relève de l'information, mais le reporter y dit « je » et choisit ses détails ; chez Albert Londres (Au bagne, 1923), ce choix devient une dénonciation. On le classe pourtant dans l'information, car ses faits doivent être vrais et vérifiables.

Exercice 2 — Une chronologie de la presse

Facile

1836, La Presse : l'abonnement coûte moitié moins cher grâce à la publicité, et le roman-feuilleton attire les lecteurs. 1863, Le Petit Journal : vendu un sou au numéro, le quotidien touche les classes populaires. 1881, loi du 29 juillet : « L'imprimerie et la librairie sont libres », la presse d'opinion se multiplie. 1898, « J'accuse…! » dans L'Aurore : un écrivain utilise la puissance du journal pour faire rouvrir une affaire judiciaire. 1923, Au bagne dans Le Petit Parisien : le grand reportage dénonce par les faits.

L'ordre montre une logique : d'abord un modèle économique (prix bas, publicité), puis un cadre légal (liberté), enfin des usages engagés de cette puissance nouvelle.

Exercice 3 — Repérer une thèse

Facile

Thèse : Hugo soutient que la peine de mort est incompatible avec la civilisation et qu'il faut l'abolir.

La seconde phrase repose sur un parallélisme : deux propositions construites sur le même modèle (« Partout où la peine de mort est… , la … ») de part et d'autre du point-virgule. Ce moule identique fait ressortir trois antithèses : prodiguée / rare, barbarie / civilisation, domine / règne. La relation entre la peine de mort et la barbarie prend ainsi l'allure d'une loi générale, valable « partout ». L'auditoire est placé devant un choix binaire : un député qui refuse l'abolition se range, par la logique même de la phrase, du côté de la barbarie. Les adjectifs « spécial et éternel » ajoutent que ce lien n'est pas accidentel mais permanent.

Exercice 4 — Hugo, la misère et la lèpre

Moyen

1. La concession (« Je ne suis pas… de ceux qui croient… ; mais je suis de ceux qui… ») : Hugo accorde que la souffrance est inévitable pour mieux isoler la misère, qui ne l'est pas. Il paraît mesuré, ce qui désarme ceux qui le jugeraient utopiste.

2. La correction (épanorthose) : l'accumulation de quatre verbes proches, « diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire », est rejetée en bloc au profit d'un seul, « détruire ». Les demi-mesures sont écartées, et le mot final, isolé, frappe l'auditoire.

3. L'analogie avec la lèpre : la misère devient une « maladie du corps social ». L'argument convainc par l'exemple historique (une maladie a déjà disparu) et fait de la misère un mal qu'on soigne, non une fatalité. Les apostrophes « messieurs » rappellent enfin que c'est un discours adressé aux législateurs, qui ont le pouvoir d'agir.

Exercice 5 — Un pamphlet en une phrase

Moyen

Le mot « sujets » est pris dans deux sens : d'abord les personnes soumises à un souverain, puis, dans « sujets de mécontentement », les motifs de se plaindre. Ce jeu de mots (une syllepse) crée une chute comique. L'incise « dit l'Almanach impérial » est ironique : Rochefort s'abrite derrière une publication officielle pour compter les griefs contre le régime.

La phrase est une arme pour trois raisons. Elle rappelle que l'Empire traite les Français en « sujets » et non en citoyens. Elle suggère, sans le dire, que les motifs de mécontentement sont innombrables : l'accusation reste implicite, ce qui la rend plus difficile à poursuivre. Enfin, elle fait rire, et le rire rend le lecteur complice. Le journal est d'ailleurs vite saisi, et Rochefort doit s'exiler à Bruxelles dès 1868.

Exercice 6 — Argumentation directe ou indirecte ?

Moyen

Le texte A relève de l'argumentation directe : Hugo parle en son nom (« je vote »), devant une assemblée, et sa thèse est formulée sans détour ; le rythme ternaire « pure, simple et définitive » ferme toute possibilité de compromis. Avantage : la clarté et l'effet immédiat sur un vote.

Le texte B conclut une argumentation indirecte : le récit de la vie de Claude Gueux, ouvrier poussé au crime, a préparé le lecteur. La phrase finale transforme l'histoire en leçon : l'accumulation d'impératifs, ouverte sur une métaphore agricole, fait de l'éducation une culture patiente, opposée à la tête qu'on « coupe ». Avantage : le lecteur a été ému avant d'être raisonné ; il tire lui-même la conclusion, ce qui la rend plus durable. Les deux stratégies se complètent : le récit touche un large public, le discours agit sur la loi.

Exercice 7 — Vérifier une information

Moyen

Indices de méfiance. L'injonction « Partagez vite ! » cherche la diffusion avant la réflexion. Le « document officiel » n'est ni nommé, ni daté, ni joint : la source est invérifiable. L'auteur est anonyme et la publication sans date. La phrase « Les médias n'en parlent pas » transforme l'absence de preuve en preuve : elle présente le silence des sources fiables comme un complot, argument typique de la désinformation.

Vérifications. Chercher le texte sur le site du ministère concerné ; vérifier si des médias identifiés, indépendants les uns des autres, rapportent l'information (recoupement) ; regarder la date réelle de la rumeur, qui peut être ancienne ; se demander qui a intérêt à la diffuser. Tant que rien ne la confirme, on ne la partage pas.

Exercice 8 — Zola s'engage

Difficile

La première phrase pose un ethos d'homme de conscience : le mot « devoir » fait de la prise de parole une obligation morale, non un choix d'opinion. La négation « je ne veux pas être complice » établit une équivalence forte : se taire, c'est participer au crime. Tout lecteur silencieux se trouve implicitement mis en cause.

La seconde phrase passe au pathos. Le conditionnel « seraient hantées » imagine le remords, et le « spectre » introduit une image presque fantastique. Le superlatif « la plus affreuse des tortures » et le lointain « là-bas » (l'île du Diable, jamais nommée) font sentir l'isolement du déporté. Surtout, Dreyfus n'est pas nommé : il est désigné comme « l'innocent ». Cette périphrase affirme la thèse avant toute démonstration ; la relative « un crime qu'il n'a pas commis » la confirme. Zola persuade ici plus qu'il ne convainc : la démonstration viendra dans le reste de la lettre.

Exercice 9 — Deux regards sur la presse

Difficile

Comparaison. Tocqueville défend la liberté de la presse, mais par un raisonnement nuancé : la concession « J'avoue que… » écarte l'enthousiasme, et l'opposition « les maux qu'elle empêche / les biens qu'elle fait » fonde une défense pragmatique. Le registre est didactique et mesuré. Baudelaire condamne le contenu des journaux : la restriction « n'est qu'un », l'hyperbole « de la première ligne à la dernière » et la métaphore du « tissu » font du journal une trame continue de violence. Le registre est polémique. Les deux textes ne se contredisent pas exactement : l'un juge une liberté politique, l'autre ce que la presse donne à lire.

Paragraphe. Au XIXe siècle, la presse suscite chez les écrivains des jugements contrastés. Tocqueville, en 1835, la défend sans l'idéaliser : il l'aime « par la considération des maux qu'elle empêche », c'est-à-dire comme un contre-pouvoir. Baudelaire, au contraire, voit dans chaque journal « un tissu d'horreurs » et dénonce une fascination du lecteur pour la violence. Ces deux regards montrent que la liberté de la presse ne garantit pas sa qualité.

Exercice 10 — De l'éditorial à la dépêche

Difficile

Marques de subjectivité. « Une fois encore » insinue une habitude ; « a sacrifié » est un verbe fortement évaluatif, presque une métaphore ; « scandaleuse » est un adjectif de jugement ; « en catimini » accuse la mairie de dissimulation ; « sans doute » est un modalisateur d'incertitude ; « des centaines » est un chiffre non sourcé ; « leur seul accès aux livres » est une généralisation invérifiable.

Dépêche. « La mairie a annoncé hier la fermeture de la bibliothèque du quartier. Selon [source], l'établissement comptait [nombre] inscrits. La mairie invoque [motif]. »

À vérifier : la date et la forme de l'annonce (conférence, communiqué), le motif officiel, le nombre réel d'inscrits, l'existence d'autres bibliothèques proches. La dépêche perd la thèse (« la mairie a mal agi ») mais gagne en fiabilité ; l'éditorial reste légitime, à condition d'être lu comme une opinion.

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