Ressources · 2ⁿᵈᵉ · Anglais (LVA)
Compréhension de l'oral : stratégies et entraînement
Développer ses stratégies d'écoute et comprendre des documents sonores authentiques en anglais (programme de 2nde)
À propos de cette page
Avant d'écouter : anticiper
Anticiper, c'est mobiliser ce qu'on sait déjà avant la première écoute, pour ne pas arriver les mains vides devant le document.
Le titre, la source, la durée et la consigne sont toujours donnés avant l'audio : ils valent de l'or. Un titre comme Teenagers and sleep: a growing problem (« Les adolescents et le sommeil : un problème qui s'aggrave ») annonce un thème, un genre (un reportage, pas une publicité) et surtout un champ lexical prévisible : tired (fatigué), screen (écran), bedtime (heure du coucher), survey (enquête), teenager (adolescent).
Prends trente secondes pour écrire, en anglais, cinq ou six mots que tu t'attends à entendre. Ce n'est pas de la devinette : les mots que tu viens d'écrire sont activés dans ta mémoire, et tu les reconnaîtras à l'oreille bien plus vite que des mots dormants.
Lis aussi les questions posées, quand il y en a : elles disent ce qu'il faut chercher. Partir à la recherche de deux informations précises est infiniment plus efficace que de vouloir tout comprendre.
Première écoute : planter le décor
La situation d'énonciation, c'est l'ensemble de ces cinq données : qui parle, à qui, où, quand, et dans quel but.
La première écoute ne sert pas à comprendre les détails : elle sert à répondre à cinq questions. Who is speaking? (qui parle ?) — To whom? (à qui ?) — Where? (où ?) — When? (quand ?) — Why? (pourquoi ?).
Les indices ne sont pas seulement dans les mots : un jingle, un bruit de foule, deux voix qui se coupent, un accent américain ou irlandais renseignent autant qu'une phrase.
« You're listening to Radio Four. It's eight o'clock, and here is the news. » (« Vous écoutez Radio Four. Il est huit heures, voici les informations. ») En une phrase : radio britannique, bulletin d'information, tôt le matin, auditeur anonyme.
Le ton, enfin, porte du sens. Une voix qui monte en fin de phrase signale une question ou un doute ; une voix qui appuie sur but (mais) ou however (cependant) annonce un retournement qu'il ne faut surtout pas manquer.
Les mots accentués portent le sens
L'anglais est une langue à accent de mot : dans une phrase, quelques mots seulement sont prononcés fort, long et clair. Ce sont les mots porteurs de sens : noms, verbes lexicaux, adjectifs, adverbes, mots interrogatifs. Tous les autres — articles, auxiliaires, prépositions, pronoms, conjonctions — sont des mots faibles (weak forms), écrasés et souvent réduits à un /ə/ à peine audible.
| Phrase prononcée | Ce que l'oreille retient |
|---|---|
| She was looking for a new job. | LOOKing … NEW JOB |
| I can swim, but I can't dive. | SWIM … CAN'T DIVE |
| Where have you been all morning? | WHERE … BEEN … MORNing |
Trois mots accentués suffisent souvent à l'essentiel : train — cancelled — tomorrow (train — annulé — demain) donne déjà toute l'information. Note ces mots-là, la phrase se reconstruira ensuite, entre les deux écoutes.
Les formes contractées
Une forme contractée fond deux mots en un seul : he is → he's, I would → I'd. À l'oral, elle est la règle et non l'exception : un locuteur qui dirait toujours les formes pleines sonnerait artificiel.
La difficulté est qu'une même contraction recouvre plusieurs mots. C'est ce qui suit la contraction qui tranche.
| Contraction | Formes possibles | Ce qui décide |
|---|---|---|
| 's | is / has | + nom ou adjectif → is (She's a nurse) ; + participe passé → has (She's gone home) |
| 'd | would / had | + base verbale → would (I'd like tea) ; + participe passé → had (I'd finished) |
| 'll | will | toujours will (It'll take ten minutes) |
| 've / 're | have / are | We've seen it (nous l'avons vu) ; We're ready (nous sommes prêts) |
Les négations se jouent sur un cheveu : can /kən/ est bref et terne, can't /kɑːnt/ est long et net ; won't /wəʊnt/ n'est pas want /wɒnt/. Manquer une négation retourne le sens de tout le document.
Liaisons, enchaînements et formes relâchées
L'anglais ne découpe pas les mots comme le français : il les colle. Not at all (de rien) se dit d'un trait, /nɒtətɔːl/ ; lots of people devient /lɒtsəvpiːpl/. C'est pour cela qu'on entend « un long mot » là où il y en a trois.
À cela s'ajoutent les formes relâchées, omniprésentes dans la conversation : going to → gonna, want to → wanna, did you → /dɪdʒə/, should have → should've /ʃʊdəv/, must have → /məstəv/.
« I'm gonna call her — you should've told me. » (« Je vais l'appeler — tu aurais dû me le dire. ») Deux formes relâchées en huit mots : c'est le débit normal d'un locuteur natif.
Ces formes s'entendent mais ne s'écrivent pas dans une copie : on écrit should have, jamais should of, qui n'existe pas malgré ce que suggère l'oreille.
Entraînement efficace : prendre un passage de dix secondes, l'écouter trois fois de suite en essayant d'écrire un mot de plus à chaque passage, puis vérifier sur la transcription. Dix secondes travaillées valent mieux que cinq minutes subies.
Nombres, dates et heures
Les chiffres sont l'information la plus souvent demandée en compréhension orale, et la plus facile à rater. Le piège numéro un est l'opposition -teen / -ty : thirTEEN (13) porte l'accent sur la fin, THIRty (30) sur le début.
| Entendu | À écrire |
|---|---|
| nineteen eighty-four | 1984 (les années se disent par paires) |
| two thousand and six | 2006 |
| half past seven | 7 h 30 (et non 6 h 30) |
| a quarter to six | 5 h 45 |
| the third of May (GB) / May third (US) | 3 mai |
| a hundred and twenty | 120 |
Écris les nombres en chiffres, immédiatement, dans la marge. Un chiffre noté se garde ; un chiffre gardé en tête disparaît à la phrase suivante.
Prendre des notes — et les pièges
Pendant l'écoute, on note des mots, jamais des phrases : noms propres, chiffres, verbes d'action, connecteurs. On abrège sans complexe (gvt pour government, pb pour problem) et on utilise des symboles : → (donc, vers), + (et, en plus), ≠ (au contraire), ↑ ↓ (augmente, diminue), % (pourcentage).
Si le mot vient en anglais, on le note en anglais : traduire pendant l'écoute coûte deux secondes, et deux secondes coûtent la phrase suivante.
Les quatre pièges. 1) Rester bloqué sur un mot inconnu : on perd alors les dix secondes suivantes, qui contenaient peut-être la réponse. 2) Rédiger au lieu de noter. 3) Les faux amis : actually signifie « en fait » et non « actuellement » ; eventually signifie « finalement » et non « éventuellement » ; a library est une bibliothèque, pas une librairie. 4) Inventer ce qu'on n'a pas entendu : mieux vaut un blanc qu'un contresens.
Entre deux écoutes, relis tes notes et comble les trous de mémoire à froid. C'est à ce moment-là, et pas pendant l'audio, que la compréhension se construit.
- Avant l'écoute : lire le titre et les questions, écrire cinq mots attendus.
- Première écoute : qui parle, à qui, où, quand, pourquoi — rien d'autre.
- Seuls les mots accentués portent le sens ; les mots faibles se devinent.
- 's = is devant un nom, has devant un participe ; 'd = would devant une base verbale, had devant un participe.
- can /kən/ ≠ can't /kɑːnt/ ; won't /wəʊnt/ ≠ want /wɒnt/ : la négation se joue sur la voyelle.
- gonna, wanna, should've : on les entend, on ne les écrit pas.
- -TEEN (13) contre -ty (30) : l'accent tranche ; les nombres se notent en chiffres, tout de suite.
- Un mot manqué n'arrête jamais l'écoute : on laisse un blanc et on continue.
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.
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