Quelles sont les principales défaillances du marché ?
Externalités, biens communs et collectifs, asymétries d'information et intervention des pouvoirs publics (spécialité SES de 1re)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Quelles sont les principales défaillances du marché ? » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Qu'est-ce qu'une défaillance du marché ?, Les externalités : quand le prix ignore des coûts ou des bénéfices, Les biens collectifs : un sous-investissement, Les biens communs : la surexploitation. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.
Défaillance du marché
Situation dans laquelle le libre fonctionnement du marché ne conduit pas à une allocation efficace des ressources : il produit trop, trop peu, ou l'échange n'a pas lieu.
À ne pas confondre
Crise économique — Une crise est un retournement de la conjoncture ; une défaillance est une inefficacité structurelle propre à certains biens ou à certaines situations.
Selon l'époque et le point de vue — L'idée remonte à Smith (1776) et Pigou (1920) ; l'expression market failure se diffuse après l'article de Francis Bator en 1958.
Ce que le mot permet d'écrire — Notion centrale de tout sujet sur le chapitre ; la faute est de l'employer sans préciser de quelle défaillance il s'agit.
Externalité
Effet de l'activité d'un agent sur le bien-être d'autres agents, sans compensation monétaire passant par le marché. Elle peut être négative (pollution) ou positive (pollinisation, éducation).
À ne pas confondre
Coût de production — Le coût de production est payé par l'entreprise ; l'externalité négative est un coût supporté par des tiers.
Selon l'époque et le point de vue — Analysée par Alfred Marshall puis surtout par Arthur Cecil Pigou dans The Economics of Welfare (1920).
Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tous les sujets sur l'environnement ; la faute est d'oublier les externalités positives.
Externalité de réseau
Situation où l'utilité d'un bien ou d'un service pour chaque utilisateur augmente avec le nombre total d'utilisateurs (téléphone, réseau social, système d'exploitation).
À ne pas confondre
Économies d'échelle — Les économies d'échelle concernent la baisse du coût unitaire du producteur ; l'effet de réseau concerne l'utilité des consommateurs.
Selon l'époque et le point de vue — Étudiée à partir des années 1970-1980 à propos des télécommunications, puis des plateformes numériques.
Ce que le mot permet d'écrire — Exemple cité par le programme ; ne pas développer le pouvoir de marché qui peut en résulter, qui relève d'un autre chapitre.
Coût social
Coût total d'une activité pour la société : coût privé supporté par le producteur augmenté du coût externe supporté par les tiers.
À ne pas confondre
Coût privé — Le coût privé ne comprend que ce que paie le producteur ; c'est lui qui guide ses décisions sur un marché libre.
Selon l'époque et le point de vue — Distinction posée par Pigou en 1920, reprise par Coase dans « The Problem of Social Cost » (1960).
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour expliquer le mécanisme de la surproduction ; ne pas le confondre avec les « charges sociales ».
Bien collectif
Bien non rival (sa consommation par l'un ne réduit pas celle des autres) et non excluable (on ne peut pas en réserver l'usage à ceux qui paient). Exemples : phare, éclairage public, défense nationale.
À ne pas confondre
Service public — Un service public est défini par sa mission et son statut ; un bien collectif par ses caractéristiques économiques. La SNCF vend des billets, bien excluable.
Selon l'époque et le point de vue — Défini rigoureusement par Paul Samuelson en 1954 ; l'exemple du phare vient de John Stuart Mill (1848).
Ce que le mot permet d'écrire — Clé des sujets sur l'intervention de l'État ; la faute est de dire qu'un bien collectif est « un bien produit par l'État ».
Bien commun
Bien rival mais non excluable : chacun peut y puiser, mais ce que l'un prélève manque aux autres. Exemples : poissons en haute mer, nappe phréatique, pâturage libre.
À ne pas confondre
Bien collectif — Le bien collectif est non rival : il n'est pas menacé d'épuisement mais de sous-financement.
Selon l'époque et le point de vue — Analysé par Garrett Hardin en 1968 (tragédie des communs) puis par Elinor Ostrom en 1990.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour les sujets sur l'environnement et les ressources naturelles ; la faute est de conclure que seule la privatisation peut le sauver.
Rivalité
Caractéristique d'un bien dont la consommation par un agent réduit la quantité disponible pour les autres.
À ne pas confondre
Rareté — Un bien rare est disponible en quantité limitée ; la rivalité décrit l'effet de la consommation de l'un sur celle des autres.
Selon l'époque et le point de vue — Critère au cœur de la définition de Samuelson (1954).
Ce que le mot permet d'écrire — Premier critère de la typologie des biens ; toujours l'associer au critère d'exclusion.
Excluabilité (principe d'exclusion)
Possibilité d'empêcher un agent de consommer un bien s'il n'en paie pas le prix.
À ne pas confondre
Interdiction — L'exclusion dépend d'une possibilité technique ou juridique de faire payer, pas d'une interdiction légale de consommer.
Selon l'époque et le point de vue — Critère précisé par les économistes des finances publiques à partir des années 1950 ; Coase (1974) montre qu'il dépend des institutions.
Ce que le mot permet d'écrire — Second critère de la typologie ; la faute est d'oublier qu'il peut évoluer avec la technique (télévision cryptée).
Passager clandestin
Agent qui profite d'un bien collectif sans contribuer à son financement, en comptant sur la contribution des autres.
À ne pas confondre
Fraudeur — Le passager clandestin n'enfreint pas forcément une règle : il profite rationnellement de l'impossibilité d'exclure.
Selon l'époque et le point de vue — Traduction de free rider ; la notion est popularisée par Mancur Olson dans La Logique de l'action collective (1965).
Ce que le mot permet d'écrire — Explique le sous-investissement dans les biens collectifs et justifie l'impôt obligatoire.
Asymétrie d'information
Situation dans laquelle l'un des partenaires d'un échange dispose d'informations que l'autre n'a pas sur la qualité du bien ou sur son propre comportement.
À ne pas confondre
Information imparfaite — L'information peut être imparfaite pour tous ; l'asymétrie suppose qu'une partie sait ce que l'autre ignore.
Selon l'époque et le point de vue — Analysée dans les années 1970 par Akerlof, Spence et Stiglitz, prix Nobel en 2001.
Ce que le mot permet d'écrire — Notion générale qui se décline en antisélection et aléa moral ; toujours préciser laquelle.
Antisélection (sélection adverse)
Asymétrie portant sur une caractéristique cachée avant l'échange, qui conduit à écarter du marché les produits ou les partenaires de meilleure qualité.
À ne pas confondre
Aléa moral — L'antisélection est ex ante (qualité cachée), l'aléa moral ex post (comportement caché).
Selon l'époque et le point de vue — Modélisée par George Akerlof en 1970 à partir du marché des voitures d'occasion.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer qu'un marché peut disparaître ; la faute est de la décrire comme une simple tromperie du vendeur.
Aléa moral
Asymétrie portant sur un comportement caché après la signature d'un contrat : une partie modifie sa conduite parce que l'autre ne peut pas l'observer.
À ne pas confondre
Antisélection — Dans l'aléa moral, le problème naît du contrat lui-même, qui modifie les incitations.
Selon l'époque et le point de vue — Terme issu du vocabulaire de l'assurance au XIXe siècle, formalisé par les économistes dans les années 1960-1970.
Ce que le mot permet d'écrire — Illustrer par le salarié non contrôlé ou la banque trop grosse pour faire faillite ; ne pas en faire une question de morale individuelle.
Signal
Information coûteuse émise par la partie la mieux informée pour révéler sa qualité : garantie, marque, diplôme.
À ne pas confondre
Publicité — Un signal n'est crédible que s'il coûte plus cher à émettre pour un mauvais produit que pour un bon.
Selon l'époque et le point de vue — Théorie de Michael Spence, « Job Market Signaling » (1973), à propos du diplôme sur le marché du travail.
Ce que le mot permet d'écrire — Réponse privée à l'antisélection ; à citer avant les réponses publiques.
Taxe pigouvienne
Taxe égale au coût externe d'une activité, qui oblige le pollueur à intégrer ce coût dans ses calculs (internalisation de l'externalité).
À ne pas confondre
Amende — L'amende sanctionne une infraction ; la taxe pigouvienne fixe un prix à une activité légale pour en réduire le volume.
Selon l'époque et le point de vue — Proposée par Pigou en 1920 ; la taxe carbone française (2014) en est une application.
Ce que le mot permet d'écrire — Centrale dans les sujets sur les politiques environnementales ; en préciser les limites (évaluation du dommage, acceptabilité).
Marché de quotas d'émission
Dispositif où l'autorité fixe un plafond total d'émissions, répartit des droits à émettre et laisse les entreprises les échanger à un prix déterminé par le marché.
À ne pas confondre
Taxe carbone — La taxe fixe le prix et laisse la quantité s'ajuster ; le quota fixe la quantité et laisse le prix s'ajuster.
Selon l'époque et le point de vue — Inspiré de Coase (1960) ; en Europe, le SEQE-UE fonctionne depuis 2005.
Ce que le mot permet d'écrire — Montre qu'on peut corriger une défaillance en créant un marché ; ne pas l'appeler simplement « droit de polluer » sans l'expliquer.
Réglementation
Ensemble de règles contraignantes (normes, interdictions, obligations) imposées par les pouvoirs publics aux agents.
À ne pas confondre
Incitation — La réglementation commande un comportement ; l'incitation (taxe, subvention) le rend plus ou moins coûteux et laisse le choix.
Selon l'époque et le point de vue — Instrument le plus ancien ; en France, par exemple, l'interdiction de l'amiante en 1997.
Ce que le mot permet d'écrire — Premier instrument à présenter, avec sa limite : elle n'incite pas à faire mieux que la norme.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Coût privé / coût social
Le coût privé guide la décision du producteur ; le coût social mesure ce que l'activité coûte à la société entière.
Ce qu'il débloque — Permet d'expliquer le mécanisme de toute externalité, puis la logique de la taxe pigouvienne.
Exemple — Sur le sujet « Pourquoi la pollution est-elle une défaillance du marché ? », il permet de montrer que le prix, trop bas, entraîne une surproduction.
Rivalité / exclusion
Les deux critères qui, croisés, donnent quatre types de biens.
Ce qu'il débloque — Permet de classer les biens et de relier chaque type à sa défaillance.
Exemple — Sur le sujet « Pourquoi le marché ne produit-il pas certains biens ? », il permet d'ouvrir la partie sur les biens collectifs par le tableau des biens.
Surexploitation / sous-investissement
Les deux défaillances opposées liées à la non-exclusion : trop de consommation d'un bien commun, trop peu de production d'un bien collectif.
Ce qu'il débloque — Structure une partie consacrée aux biens communs et collectifs.
Exemple — Sur le sujet « Quelles sont les principales défaillances du marché ? », il permet d'opposer la morue de Terre-Neuve au phare de Mill.
Avant / après le contrat
Le critère temporel qui sépare antisélection (ex ante) et aléa moral (ex post).
Ce qu'il débloque — Évite la confusion la plus fréquente sur les asymétries d'information.
Exemple — Sur le sujet « Montrez que l'information imparfaite perturbe le marché », il permet de construire deux sous-parties nettes.
Commander / inciter
L'État peut imposer un comportement (norme, interdiction) ou modifier les prix pour orienter les choix (taxe, subvention, quotas).
Ce qu'il débloque — Organise une partie sur l'intervention publique.
Exemple — Sur le sujet « Comment lutter contre la pollution ? », il permet d'opposer l'interdiction de l'amiante (1997) à la taxe carbone (2014).
Marché / État / communauté
Trois modes de coordination possibles pour gérer une ressource : droits de propriété, réglementation publique, auto-organisation des usagers.
Ce qu'il débloque — Permet de nuancer et de dépasser l'opposition simple entre marché et État.
Exemple — Sur le sujet « Comment éviter la surexploitation des ressources naturelles ? », il permet de conclure avec Ostrom (1990).
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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.