Lycée · 1ʳᵉ · Spécialité SES
Quelles sont les défaillances du marché ?
Externalités, biens collectifs et asymétries d'information : quand le marché échoue à allouer efficacement les ressources (programme de Spécialité SES 1re)
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Choisis ton niveau. Questions et réponses mélangées à chaque partie. Bonne chance !
Les 36 questions du QCM en version texte
Pour réviser sans écran ou imprimer : chaque question avec ses propositions ; la bonne réponse et son explication se déplient.
Niveau facile — 12 questions
Qu'est-ce qu'une défaillance du marché ?
- A. Une situation où les prix sont trop élevés
- B. Une situation où le marché n'alloue pas efficacement les ressources
- C. Une crise économique
- D. La faillite d'une entreprise
Réponse
B. Une situation où le marché n'alloue pas efficacement les ressources — Une défaillance du marché désigne toute situation où le marché concurrentiel ne parvient pas à allouer les ressources de manière efficace (optimum de Pareto).
Une externalité négative est :
- A. Un effet positif pour la société
- B. Un coût imposé à des tiers sans compensation via les prix
- C. Une taxe sur la production
- D. Une baisse du cours boursier
Réponse
B. Un coût imposé à des tiers sans compensation via les prix — Une externalité négative est un coût subi par des tiers non impliqués dans la transaction, qui n'est pas intégré dans le prix de marché.
En présence d'externalité négative, le marché produit :
- A. Trop peu par rapport à l'optimum social
- B. La quantité optimale
- C. Trop par rapport à l'optimum social
- D. La même quantité que l'État
Réponse
C. Trop par rapport à l'optimum social — En présence d'externalité négative, le coût privé est inférieur au coût social : les producteurs ne paient pas le coût externe. Ils produisent donc trop.
Un bien non rival et non excluable est un :
- A. Bien privé
- B. Bien de club
- C. Bien commun
- D. Bien collectif pur
Réponse
D. Bien collectif pur — Un bien collectif pur cumule la non-rivalité (disponible pour tous sans diminution) et la non-exclusion (impossible d'empêcher quelqu'un d'en bénéficier).
La défense nationale est un exemple de :
- A. Bien privé
- B. Bien collectif pur
- C. Bien de club
- D. Bien rival
Réponse
B. Bien collectif pur — La défense nationale est non rivale et non excluable : c'est l'exemple canonique de bien collectif pur.
Le « passager clandestin » est un agent qui :
- A. Voyage sans billet dans les transports
- B. Bénéficie d'un bien collectif sans contribuer à son financement
- C. Contourne la réglementation fiscale
- D. Imite la stratégie de ses concurrents
Réponse
B. Bénéficie d'un bien collectif sans contribuer à son financement — Le passager clandestin (free rider) bénéficie d'un bien collectif sans en payer le coût, profitant du financement des autres.
La vaccination génère une externalité :
- A. Négative, car elle coûte cher à l'État
- B. Positive, car elle protège aussi les non-vaccinés
- C. Nulle, car son effet est strictement individuel
- D. Négative, car elle peut avoir des effets secondaires
Réponse
B. Positive, car elle protège aussi les non-vaccinés — La vaccination génère une externalité positive : elle confère une immunité collective qui bénéficie à ceux qui ne sont pas vaccinés.
Une asymétrie d'information signifie que :
- A. L'information est nulle
- B. Tous les agents ont la même information
- C. Un agent dispose d'informations que l'autre n'a pas
- D. L'État contrôle toute l'information
Réponse
C. Un agent dispose d'informations que l'autre n'a pas — L'asymétrie d'information désigne le fait qu'un agent (vendeur, assureur...) dispose d'informations privées que l'autre n'a pas accès.
Qui a étudié le marché des 'lemons' (voitures d'occasion) ?
- A. Pigou
- B. Akerlof
- C. Pareto
- D. Keynes
Réponse
B. Akerlof — George Akerlof a publié en 1970 son célèbre article sur le 'marché des citrons', illustrant les effets de la sélection adverse.
La taxe pigouvienne a pour but de :
- A. Financer le budget de l'État
- B. Internaliser une externalité négative
- C. Redistribuer les revenus
- D. Réguler les monopoles
Réponse
B. Internaliser une externalité négative — La taxe pigouvienne vise à intégrer dans le coût privé du pollueur le coût externe qu'il impose à la société, corrigeant ainsi l'externalité.
En présence d'externalité positive, le marché produit :
- A. Trop par rapport à l'optimum
- B. La quantité optimale
- C. Trop peu par rapport à l'optimum
- D. Rien
Réponse
C. Trop peu par rapport à l'optimum — L'externalité positive n'est pas rémunérée : le producteur ne capte que le bénéfice privé. Il produit donc moins que ce qui serait optimal pour la société.
Quel instrument l'État peut-il utiliser pour corriger une externalité positive ?
- A. Une taxe
- B. Une subvention
- C. Une norme anti-pollution
- D. Un quota d'importation
Réponse
B. Une subvention — Pour corriger une externalité positive (sous-production), l'État peut subventionner l'activité (éducation, vaccination) pour inciter à produire davantage.
Niveau moyen — 12 questions
Lequel de ces biens est à la fois rival et non excluable ?
- A. La défense nationale
- B. Une chaîne de télévision cryptée
- C. Les poissons dans les eaux internationales
- D. Un pain
Réponse
C. Les poissons dans les eaux internationales — Les poissons en mer sont rivaux (si pêchés, ils ne sont plus disponibles) et non excluables (on ne peut pas empêcher un bateau de pêcher). C'est un bien commun.
Sur un marché d'assurance santé, les personnes qui s'assurent sont souvent en moins bonne santé que la moyenne. Ce phénomène est appelé :
- A. Aléa moral
- B. Sélection adverse
- C. Externalité négative
- D. Effet de réseau
Réponse
B. Sélection adverse — C'est la sélection adverse : l'asymétrie d'information (l'assuré connaît son état de santé mieux que l'assureur) conduit à une surreprésentation des mauvais risques.
Après la souscription d'une assurance voiture tous risques, un conducteur roule plus vite. C'est un exemple de :
- A. Sélection adverse
- B. Externalité positive
- C. Aléa moral
- D. Bien collectif
Réponse
C. Aléa moral — L'aléa moral survient après la transaction : l'individu change de comportement une fois couvert par l'assurance, car il ne supporte plus les conséquences financières de ses risques.
La différence entre un bien collectif et un bien commun réside dans :
- A. La rivalité : collectif = non rival ; commun = rival
- B. L'exclusion : collectif = excluable ; commun = non excluable
- C. Le prix : collectif est toujours gratuit
- D. La propriété : collectif est étatique
Réponse
A. La rivalité : collectif = non rival ; commun = rival — Collectif pur = non rival + non excluable ; Bien commun = rival + non excluable. La différence clé est la rivalité.
L'internalisation d'une externalité négative par une taxe conduit à :
- A. Une augmentation de la production polluante
- B. Une réduction de la production vers l'optimum social
- C. Une hausse du surplus des producteurs
- D. L'élimination totale de la pollution
Réponse
B. Une réduction de la production vers l'optimum social — La taxe augmente le coût privé, rapprochant le coût privé du coût social. Le producteur réduit sa production vers le niveau optimum pour la société.
Pourquoi le marché des voitures d'occasion peut-il s'effondrer selon Akerlof ?
- A. À cause de la concurrence étrangère
- B. À cause de l'asymétrie d'information : les acheteurs ne peuvent distinguer bonnes et mauvaises voitures
- C. À cause des externalités positives
- D. À cause du problème du passager clandestin
Réponse
B. À cause de l'asymétrie d'information : les acheteurs ne peuvent distinguer bonnes et mauvaises voitures — Les acheteurs ne connaissant pas la qualité réelle, ils offrent un prix moyen. Les vendeurs de bonnes voitures quittent le marché, laissant uniquement les 'lemons', jusqu'à l'effondrement.
Un système de 'cap and trade' (permis à polluer) est une réponse à :
- A. Aux asymétries d'information
- B. Au problème du passager clandestin
- C. Aux externalités négatives
- D. Aux biens collectifs
Réponse
C. Aux externalités négatives — Le cap and trade fixe un plafond global d'émissions (cap) et permet aux entreprises d'échanger des droits à polluer (trade) : c'est une réponse aux externalités négatives (pollution).
L'éclairage public est un bien collectif car :
- A. Il est financé par l'État
- B. Il est non rival (un passant de plus ne diminue pas la lumière) et non excluable (on ne peut empêcher quelqu'un d'en bénéficier)
- C. Il est gratuit pour les usagers
- D. Il est accessible à tous les niveaux de revenus
Réponse
B. Il est non rival (un passant de plus ne diminue pas la lumière) et non excluable (on ne peut empêcher quelqu'un d'en bénéficier) — L'éclairage public cumule les deux critères : non rival et non excluable. C'est le critère économique, pas le critère de financement, qui définit un bien collectif.
La sélection adverse est un problème qui survient :
- A. Après la signature d'un contrat
- B. Avant la conclusion d'un contrat
- C. Uniquement sur les marchés financiers
- D. Uniquement dans le secteur public
Réponse
B. Avant la conclusion d'un contrat — La sélection adverse est un problème ex ante (avant la transaction) : l'information cachée fait que les 'mauvais types' sont surreprésentés parmi ceux qui contractent.
Laquelle de ces politiques est une réponse appropriée à une externalité positive ?
- A. Taxe pigouvienne
- B. Subvention à la vaccination
- C. Marché de permis à polluer
- D. Norme anti-pollution
Réponse
B. Subvention à la vaccination — Pour corriger la sous-production due à une externalité positive (vaccination), l'État peut subventionner pour rapprocher le coût privé du bénéfice social.
Qu'est-ce que l'optimum de Pareto ?
- A. La situation où les inégalités sont minimales
- B. La situation où le PIB est maximum
- C. La situation où on ne peut améliorer le bien-être d'un agent sans détériorer celui d'un autre
- D. La situation où les prix sont les plus bas
Réponse
C. La situation où on ne peut améliorer le bien-être d'un agent sans détériorer celui d'un autre — L'optimum de Pareto est une allocation des ressources telle qu'il est impossible d'améliorer la situation d'un agent sans en détériorer une autre. C'est l'idéal vers lequel tend un marché parfait.
L'information asymétrique entre un médecin et son patient est un exemple de :
- A. Externalité positive
- B. Bien collectif
- C. Asymétrie d'information
- D. Aléa moral uniquement
Réponse
C. Asymétrie d'information — Le médecin dispose d'informations sur la santé et les traitements que le patient n'a pas : c'est une asymétrie d'information classique (relation principal-agent).
Niveau difficile — 12 questions
La 'tragédie des communs' (Hardin, 1968) illustre le problème de :
- A. L'externalité positive
- B. La sélection adverse
- C. La surexploitation des biens communs (rivaux et non excluables)
- D. La sous-production des biens collectifs
Réponse
C. La surexploitation des biens communs (rivaux et non excluables) — Les biens communs sont rivaux (surexploités si chaque agent maximise son usage) et non excluables (impossible d'empêcher l'accès). Cela conduit à leur épuisement.
Une entreprise vaccine ses salariés contre la grippe. Cela engendre une externalité positive car :
- A. L'entreprise économise en congés maladie
- B. La vaccination réduit la propagation du virus à des tiers (familles, collègues) sans que ces tiers ne paient
- C. Les vaccins sont moins chers achetés en groupe
- D. L'État rembourse les vaccins
Réponse
B. La vaccination réduit la propagation du virus à des tiers (familles, collègues) sans que ces tiers ne paient — L'externalité positive découle du bénéfice non payé pour les tiers : les proches des vaccinés sont protégés sans avoir contribué au coût de la vaccination.
Dans un système de 'cap and trade', si le plafond d'émissions est fixé trop haut, :
- A. Le prix des permis sera élevé et incitera à réduire la pollution
- B. La réduction des émissions sera insuffisante, l'instrument ne corrigera pas efficacement l'externalité
- C. Le marché des permis n'existera pas
- D. Toutes les entreprises seront en excès de permis
Réponse
B. La réduction des émissions sera insuffisante, l'instrument ne corrigera pas efficacement l'externalité — Si le plafond est trop généreux, les permis sont abondants, leur prix est bas, et les incitations à réduire les émissions sont faibles. L'instrument sous-corrige l'externalité.
La 'capture réglementaire' désigne la situation où :
- A. L'État réglemente trop sévèrement les marchés
- B. L'organisme de régulation finit par servir les intérêts des entreprises qu'il est censé réguler
- C. Le marché capture les ressources naturelles
- D. L'État nationalise les entreprises privées
Réponse
B. L'organisme de régulation finit par servir les intérêts des entreprises qu'il est censé réguler — La capture réglementaire est un risque de défaillance de l'État : les régulateurs, en interaction permanente avec les acteurs régulés, finissent par défendre leurs intérêts plutôt que l'intérêt général.
Sur le marché du crédit, les emprunteurs à risque élevé sont plus enclins à emprunter car :
- A. Ils ont de meilleures garanties
- B. Ils bénéficient plus d'un crédit en raison de la sélection adverse : les agents qui ont peu de chances de rembourser ont le plus d'intérêt à emprunter
- C. Les banques leur proposent des taux préférentiels
- D. Ils connaissent mieux les produits financiers
Réponse
B. Ils bénéficient plus d'un crédit en raison de la sélection adverse : les agents qui ont peu de chances de rembourser ont le plus d'intérêt à emprunter — C'est la sélection adverse : les emprunteurs risqués valorisent plus l'obtention d'un crédit (car ils ont moins d'alternatives) et sont donc surreprésentés parmi les demandeurs.
Quelle réponse l'État peut-il apporter au problème de sélection adverse sur le marché de l'assurance ?
- A. Taxe sur les contrats d'assurance
- B. Obligation d'assurance ou mutualisation (assurance obligatoire pour tous)
- C. Subvention aux assureurs
- D. Suppression du marché de l'assurance
Réponse
B. Obligation d'assurance ou mutualisation (assurance obligatoire pour tous) — L'assurance obligatoire force les bons et les mauvais risques à s'assurer, permettant une mutualisation plus large et évitant que seuls les mauvais risques se retrouvent dans le pool.
Le label biologique (Agriculture Biologique) est une réponse publique à :
- A. Une externalité négative
- B. Un bien collectif
- C. Une asymétrie d'information entre producteur et consommateur sur les méthodes de production
- D. Un aléa moral
Réponse
C. Une asymétrie d'information entre producteur et consommateur sur les méthodes de production — Le consommateur ne peut pas vérifier si les produits sont vraiment bio (information cachée du côté du producteur). Le label AB, certifié par l'État, réduit cette asymétrie.
En quoi l'existence du bien collectif 'connaissance scientifique' justifie-t-elle le financement public de la recherche fondamentale ?
- A. Car la recherche est trop complexe pour les entreprises privées
- B. Car la connaissance est non rivale et non excluable : une entreprise privée ne peut pas capter suffisamment les bénéfices de sa production, d'où sous-production par le marché
- C. Car l'État est plus compétent que les chercheurs privés
- D. Car la recherche est toujours déficitaire
Réponse
B. Car la connaissance est non rivale et non excluable : une entreprise privée ne peut pas capter suffisamment les bénéfices de sa production, d'où sous-production par le marché — La connaissance scientifique est non rivale (utiliser une découverte ne la détruit pas) et difficilement excluable (les idées se diffusent). Une entreprise privée ne peut pas monétiser tous les bénéfices : le marché sous-produit la recherche fondamentale.
Elinor Ostrom (prix Nobel 2009) a montré que les biens communs :
- A. Sont toujours surexploités, confirmant Hardin
- B. Peuvent être gérés collectivement par les communautés sans recours ni à l'État ni au marché privé
- C. Doivent être privatisés pour être correctement gérés
- D. Ne peuvent être préservés que par une taxe
Réponse
B. Peuvent être gérés collectivement par les communautés sans recours ni à l'État ni au marché privé — Ostrom a montré que des communautés locales peuvent développer des règles collectives pour gérer durablement les biens communs (pêche, forêt), sans privatisation ni étatisation.
Le 'trou du marché' (market failure of missing markets) désigne :
- A. Une crise boursière
- B. L'absence de certains marchés pourtant utiles, en raison des asymétries d'information
- C. Une niche de marché non exploitée
- D. Un déficit de la balance commerciale
Réponse
B. L'absence de certains marchés pourtant utiles, en raison des asymétries d'information — Certains marchés n'existent pas parce que les asymétries d'information rendraient les échanges impossibles ou inefficaces (ex : marchés d'assurance pour certains risques).
La crise financière de 2008 peut être analysée comme une combinaison de :
- A. Externalités positives et biens collectifs
- B. Aléa moral (comportements risqués des banques 'too big to fail') et sélection adverse (emprunts subprime)
- C. Uniquement une externalité négative de la spéculation
- D. Un déficit de production de biens collectifs
Réponse
B. Aléa moral (comportements risqués des banques 'too big to fail') et sélection adverse (emprunts subprime) — L'aléa moral (banques prenant des risques excessifs car elles anticipaient un sauvetage public) et la sélection adverse (crédits accordés à des emprunteurs non solvables) ont conjointement alimenté la crise.
Le principe 'pollueur-payeur' est une application de :
- A. La théorie des biens collectifs
- B. La théorie de la sélection adverse
- C. La taxe pigouvienne visant l'internalisation des externalités négatives
- D. La réduction des asymétries d'information
Réponse
C. La taxe pigouvienne visant l'internalisation des externalités négatives — Le principe pollueur-payeur est l'application directe de la taxe pigouvienne : l'agent responsable de l'externalité négative doit en supporter le coût, afin que le coût privé égale le coût social.
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