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Spécialité SES · Classe de 1ʳᵉ

Comment les marchés fonctionnent-ils ?

Offre, demande et formation des prix : mécanismes de marché en Spécialité SES 1re (programme 2019)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité ses en première sur « Comment les marchés fonctionnent-ils ? » suit le programme officiel de spécialité ses de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce qu'un marché ?, La demande : comportement des consommateurs, L'offre : comportement des producteurs, L'équilibre de marché et la formation du prix. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en spécialité ses.
Au programme
1 · Qu'est-ce qu'un marché ?
2 · La demande : comportement des consommateurs
3 · L'offre : comportement des producteurs
4 · L'équilibre de marché et la formation du prix
5 · Le surplus des agents économiques
6 · Les variations de l'offre et de la demande
7 · Les différentes formes de marchés
8 · Limites et défaillances du marché
1Qu'est-ce qu'un marché ?

Un marché est un lieu de rencontre — physique ou virtuel — entre des agents économiques qui souhaitent échanger un bien ou un service. Il met en présence deux types d'acteurs :

  • Les offreurs (vendeurs, producteurs) : ils proposent des biens ou des services en contrepartie d'un paiement.
  • Les demandeurs (acheteurs, consommateurs) : ils souhaitent acquérir ces biens ou services.
Définition. Un marché est le lieu (réel ou virtuel) où se rencontrent l'offre et la demande d'un bien, d'un service ou d'un facteur de production, conduisant à la fixation d'un prix et à un échange.

On distingue plusieurs types de marchés selon leur objet :

Type de marchéObjet échangéExemples
Marché des biens et servicesProduits finis ou servicesMarché alimentaire, marché du logement, marché du transport
Marché du travailForce de travail (salariat)Offre d'emplois, demande d'emplois
Marché financierCapitaux, titres financiersBourse, marché obligataire
Marché des matières premièresRessources naturellesMarché pétrolier, marché du blé
Astuce. Sur le marché du travail, les offreurs sont les travailleurs (qui offrent leur travail) et les demandeurs sont les entreprises (qui demandent du travail). C'est l'inverse du marché des biens !
2La demande : comportement des consommateurs

La demande représente la quantité d'un bien ou d'un service que les consommateurs sont prêts et capables d'acheter à un prix donné, à un moment donné.

Loi de la demande. Toutes choses égales par ailleurs, lorsque le prix d'un bien augmente, la quantité demandée de ce bien diminue (et inversement). La courbe de demande est donc décroissante en fonction du prix.

Plusieurs facteurs déterminent la demande :

  • Le prix du bien : relation inverse (loi de la demande)
  • Le revenu des ménages : une hausse du revenu augmente généralement la demande (biens normaux) ou la diminue (biens inférieurs)
  • Le prix des biens substituts et complémentaires : hausse du prix du café → hausse de la demande de thé (bien substitut)
  • Les préférences et goûts : modes, habitudes culturelles
  • Les anticipations : si on anticipe une hausse des prix, on achète davantage maintenant
Exemple. Sur le marché de la voiture électrique, si le prix d'une voiture électrique passe de 35 000 € à 25 000 €, les consommateurs seront davantage incités à en acheter une : la quantité demandée augmente.
3L'offre : comportement des producteurs

L'offre représente la quantité d'un bien ou d'un service que les producteurs sont prêts et capables de vendre à un prix donné, à un moment donné.

Loi de l'offre. Toutes choses égales par ailleurs, lorsque le prix d'un bien augmente, la quantité offerte de ce bien augmente (et inversement). La courbe d'offre est donc croissante en fonction du prix.

Les déterminants de l'offre sont :

  • Le prix du bien : relation positive (loi de l'offre)
  • Les coûts de production : hausse des coûts (salaires, matières premières) → offre diminue
  • Les progrès techniques : amélioration de la productivité → offre augmente
  • Les prix des autres biens que le producteur pourrait produire
  • Les réglementations et fiscalité : taxes, normes environnementales
Attention ! Ne pas confondre un déplacement le long de la courbe d'offre (variation du prix du bien → variation de la quantité offerte) et un déplacement de la courbe d'offre (variation d'un autre déterminant → toute la courbe se déplace).
Exemple. Une baisse du prix du pétrole (matière première) réduit les coûts de production des plastiques. Les fabricants peuvent donc offrir davantage de produits plastiques au même prix : la courbe d'offre se déplace vers la droite.
4L'équilibre de marché et la formation du prix

Lorsque le marché est en concurrence pure et parfaite (CPP), le prix se fixe à un niveau tel que la quantité offerte est égale à la quantité demandée. On parle alors de prix d'équilibre $P^*$ et de quantité d'équilibre $Q^*$.

Équilibre de marché. L'équilibre est atteint lorsque $Q_D(P^*) = Q_O(P^*)$. Au prix $P^*$, il n'y a ni excès d'offre (surplus), ni excès de demande (pénurie).

Deux situations de déséquilibre sont possibles :

SituationConditionConséquence
Excès de demande (pénurie)$P < P^*$ → $Q_D > Q_O$La concurrence entre acheteurs fait monter le prix vers $P^*$
Excès d'offre (surplus)$P > P^*$ → $Q_O > Q_D$La concurrence entre vendeurs fait baisser le prix vers $P^*$
Astuce. Le mécanisme de prix joue le rôle de « signal » : il coordonne les décisions décentralisées des agents sans qu'aucune autorité centrale ne l'impose.
5Le surplus des agents économiques

La notion de surplus mesure le gain que retire chaque agent de l'échange par rapport à sa situation de référence.

Surplus du consommateur. C'est la différence entre le prix maximal qu'un consommateur est prêt à payer (son prix de réserve) et le prix qu'il paye effectivement : $S_C = P_{réserve} - P^*$.
Surplus du producteur. C'est la différence entre le prix auquel le producteur vend effectivement et le prix minimal auquel il aurait consenti à vendre : $S_P = P^* - P_{min}$.

Le surplus total (ou efficience allocative) est la somme des surplus des consommateurs et des producteurs : $S_T = S_C + S_P$. En situation d'équilibre concurrentiel, ce surplus total est maximisé.

Exemple. Si une consommatrice était prête à payer 50 € pour un livre, mais le prix de marché est 30 €, son surplus est $50 - 30 = 20\ €$. Elle réalise un gain de 20 € grâce à l'échange.
Attention ! Le surplus ne représente pas un gain monétaire reçu : c'est un gain de bien-être. La consommatrice ne reçoit pas 20 € — elle économise simplement 20 € par rapport à ce qu'elle était prête à débourser.
6Les variations de l'offre et de la demande

Un choc sur l'offre ou la demande déplace les courbes et modifie l'équilibre de marché.

Type de chocEffet sur la courbeNouveau prix $P^*$Nouvelle quantité $Q^*$
Hausse de la demande (goûts, revenus +)D se déplace vers la droiteAugmenteAugmente
Baisse de la demandeD se déplace vers la gaucheDiminueDiminue
Hausse de l'offre (progrès technique, coûts −)O se déplace vers la droiteDiminueAugmente
Baisse de l'offre (hausse des coûts)O se déplace vers la gaucheAugmenteDiminue
Exemple. La popularisation des smartphones a fait exploser la demande de batteries lithium-ion. La courbe de demande s'est déplacée vers la droite → hausse du prix des matières premières (lithium) et augmentation des quantités échangées.
7Les différentes formes de marchés

La structure de marché dépend du nombre d'offreurs et de demandeurs. On distingue principalement :

StructureNombre d'offreursNombre de demandeursExemple
Concurrence pure et parfaite (CPP)Très grand nombreTrès grand nombreMarché agricole des céréales
OligopolePetit nombreGrand nombreMarché des télécommunications, automobile
MonopoleUn seulGrand nombreSNCF sur certaines lignes, opérateurs d'eau locaux
MonopsoneGrand nombreUn seulÉtat seul acheteur de certains armements
Conditions de la concurrence pure et parfaite (CPP). Pour qu'un marché soit en CPP, il faut réunir 5 conditions : atomicité (grand nombre d'acheteurs et vendeurs), homogénéité des produits, libre entrée/sortie du marché, transparence de l'information, mobilité des facteurs de production.
Astuce. En pratique, la CPP est un modèle théorique de référence. La majorité des marchés réels fonctionnent en oligopole ou avec des produits différenciés (concurrence monopolistique).
8Limites et défaillances du marché

Le marché ne conduit pas toujours à une allocation optimale des ressources. On parle de défaillances de marché (market failures) lorsque le marché, livré à lui-même, produit des résultats inefficaces ou inéquitables.

Les principales défaillances sont :

  • Les externalités : effets non marchands qu'un agent impose à d'autres sans compensation. Une externalité négative (pollution industrielle) conduit à une surproduction ; une externalité positive (vaccination) conduit à une sous-production.
  • Les biens publics : biens non rivaux et non exclusifs (ex. : défense nationale, éclairage public). Le marché ne les produit pas en quantité suffisante (problème du passager clandestin).
  • Les asymétries d'information : quand un agent dispose de plus d'informations que l'autre, le marché dysfonctionne (ex. : marché des voitures d'occasion — le vendeur sait si la voiture est un « citron »).
  • Les positions de pouvoir de marché : un monopole ou un oligopole peut fixer un prix supérieur au prix concurrentiel, réduisant le surplus total.
Externalité. Une externalité est un effet (positif ou négatif) qu'une activité économique fait subir à des tiers, sans que cela ne soit reflété dans le prix de marché.
Exemple. L'usine qui rejette des effluents pollue la rivière utilisée par les pêcheurs voisins : c'est une externalité négative. Le coût social de la pollution n'est pas intégré dans le prix de vente du produit de l'usine → le marché produit trop par rapport à l'optimum social.
Attention ! La présence de défaillances de marché peut justifier une intervention de l'État (réglementation, taxes pigouviennes, subventions, production publique) — mais l'intervention publique peut elle aussi être défaillante.
À retenir
En bref :
• Un marché est le lieu de rencontre entre offreurs et demandeurs qui fixent un prix et échangent un bien ou service.
• La courbe de demande est décroissante (loi de la demande) ; la courbe d'offre est croissante (loi de l'offre).
• Le prix d'équilibre $P^*$ s'établit à l'intersection de l'offre et de la demande ($Q_O = Q_D$).
• Le surplus du consommateur = prix de réserve − prix payé ; le surplus du producteur = prix reçu − prix minimal acceptable.
• Un choc sur l'offre ou la demande déplace les courbes et modifie $P^*$ et $Q^*$.
• La CPP exige : atomicité, homogénéité, libre entrée/sortie, transparence, mobilité des facteurs.
• Les défaillances de marché (externalités, biens publics, asymétries d'info, pouvoir de marché) peuvent justifier l'intervention de l'État.
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