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Spécialité SES 1ʳᵉ

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Comment les marchés imparfaitement concurrentiels fonctionnent-ils ?

Pouvoir de marché, monopole, oligopole, stratégies des entreprises, ententes et politique de la concurrence (spécialité SES de 1re)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Comment les marchés imparfaitement concurrentiels fonctionnent-ils ? » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Des marchés rarement parfaitement concurrentiels : la notion de pouvoir de marché, Comment les entreprises acquièrent-elles un pouvoir de marché ?, Le monopole : un faiseur de prix contraint par la demande, L'oligopole : l'interdépendance stratégique et la théorie des jeux. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.

Pouvoir de marché

Capacité d'une entreprise à fixer durablement un prix supérieur au prix de concurrence sans perdre toute sa clientèle.

À ne pas confondre

  • Part de marché — La part de marché est un indicateur (part des ventes d'un secteur) ; le pouvoir de marché est une capacité d'agir sur le prix. Une forte part de marché sur un marché contestable peut s'accompagner d'un faible pouvoir de marché.

Selon l'époque et le point de vue — Notion centrale de l'économie industrielle ; Abba Lerner propose en 1934 de le mesurer par l'écart relatif entre le prix et le coût marginal.

Ce que le mot permet d'écrire — Notion clé de tout sujet du chapitre. Faute à éviter : l'assimiler au seul nombre d'entreprises.

Faiseur de prix (price maker)

Entreprise capable de fixer son prix de vente, par opposition au preneur de prix qui subit le prix du marché.

À ne pas confondre

  • Preneur de prix (price taker) — Le preneur de prix, en concurrence pure et parfaite, ne peut vendre qu'au prix d'équilibre ; le faiseur de prix choisit son prix sur la courbe de demande.

Selon l'époque et le point de vue — Opposition formalisée par l'économie néoclassique à partir de Cournot (1838), qui étudie le premier un vendeur fixant son prix.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à ouvrir une copie en comparant monopole et concurrence. Faute : croire que le faiseur de prix échappe à la demande.

Monopole

Marché sur lequel un seul offreur fait face à de nombreux demandeurs, pour un produit sans substitut proche.

À ne pas confondre

  • Monopsone — Le monopsone est la situation symétrique : un seul acheteur face à de nombreux vendeurs.
  • Position dominante — Une entreprise dominante a des concurrents, mais peut agir sans trop tenir compte d'eux ; le monopole n'en a pas.

Selon l'époque et le point de vue — Du grec monos (seul) et pôlein (vendre). Aristote rapporte déjà, dans la Politique, que Thalès s'était assuré le contrôle de tous les pressoirs à olives.

Ce que le mot permet d'écrire — Situation de référence pour montrer l'effet du pouvoir de marché : prix plus haut, quantité plus faible.

Monopole naturel

Situation où, du fait de coûts fixes très élevés et d'économies d'échelle, une seule entreprise peut servir tout le marché au coût le plus bas.

À ne pas confondre

  • Monopole légal — Le monopole légal est créé par la loi (brevet, concession) ; le monopole naturel découle de la structure des coûts.

Selon l'époque et le point de vue — L'idée apparaît chez John Stuart Mill (Principes d'économie politique, 1848) à propos des compagnies de gaz et d'eau de Londres.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour nuancer : ici le monopole est plus efficace que la concurrence, à condition d'être régulé. Faute : proposer de le démanteler.

Oligopole

Marché sur lequel un petit nombre d'offreurs, interdépendants, font face à de nombreux demandeurs.

À ne pas confondre

  • Duopole — Le duopole est un oligopole réduit à deux offreurs (Airbus et Boeing, modèles de Cournot et de Bertrand).

Selon l'époque et le point de vue — Du grec oligoi (peu nombreux). L'analyse remonte au duopole de Cournot (1838) et à la critique de Bertrand (1883), puis à la théorie des jeux (1944).

Ce que le mot permet d'écrire — Structure la plus fréquente dans les exemples (téléphonie, automobile, aéronautique). Faute : l'assimiler à une entente automatique.

Concurrence monopolistique

Marché où de nombreux vendeurs proposent des produits différenciés : chacun a un petit pouvoir de marché sur son produit, mais la libre entrée limite les profits.

À ne pas confondre

  • Monopole — Le monopole n'a aucun substitut proche ; en concurrence monopolistique, les substituts sont proches mais imparfaits.

Selon l'époque et le point de vue — Notion formulée par Edward Chamberlin en 1933 (The Theory of Monopolistic Competition), la même année que l'ouvrage de Joan Robinson sur la concurrence imparfaite.

Ce que le mot permet d'écrire — Montre que le pouvoir de marché existe même avec beaucoup d'entreprises (restaurants, vêtements).

Barrières à l'entrée

Obstacles réglementaires, techniques, financiers ou stratégiques qui empêchent ou découragent l'arrivée de nouveaux concurrents sur un marché.

À ne pas confondre

  • Coût d'entrée — Tout marché a un coût d'entrée ; il devient une barrière lorsqu'il désavantage l'entrant par rapport à l'entreprise en place.

Selon l'époque et le point de vue — Analysées par Joe Bain dans Barriers to New Competition (1956).

Ce que le mot permet d'écrire — Explique la durée du pouvoir de marché. Faute : ne citer que les barrières légales et oublier les économies d'échelle.

Différenciation des produits

Stratégie qui consiste à rendre un produit distinct de ceux des concurrents (qualité, marque, design, localisation, services) pour le rendre moins substituable.

À ne pas confondre

  • Innovation — L'innovation crée un produit ou un procédé nouveau ; la différenciation peut porter sur un simple écart de marque ou d'image.

Selon l'époque et le point de vue — Harold Hotelling analyse dès 1929 la différenciation par la localisation ; Chamberlin (1933) en fait le cœur de la concurrence monopolistique.

Ce que le mot permet d'écrire — Illustre la concurrence hors prix en oligopole. Faute : oublier que la différence peut être seulement perçue.

Rente d'innovation

Surprofit temporaire obtenu par l'entreprise qui introduit une innovation, avant que des imitateurs ne la rattrapent.

À ne pas confondre

  • Rente de monopole — La rente de monopole peut être durable et reposer sur des barrières ; la rente d'innovation est par nature temporaire.

Selon l'époque et le point de vue — Idée de Joseph Schumpeter (Théorie de l'évolution économique, 1911 ; Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942) : la destruction créatrice.

Ce que le mot permet d'écrire — Argument central pour nuancer les méfaits du pouvoir de marché. Faute : la présenter comme éternelle.

Recette marginale

Supplément de recette totale procuré par la vente d'une unité supplémentaire. Pour un monopole, elle est inférieure au prix.

À ne pas confondre

  • Prix (recette moyenne) — En concurrence, recette marginale et prix sont égaux ; pour le monopole, vendre une unité de plus impose de baisser le prix de toutes les unités.

Selon l'époque et le point de vue — Raisonnement à la marge utilisé par Cournot dès 1838 pour le monopole, généralisé par les marginalistes à partir des années 1870.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à expliquer la règle recette marginale = coût marginal. Faute : écrire que le monopole fixe prix = coût marginal.

Interdépendance stratégique

Situation où le résultat de chaque entreprise dépend de ses propres décisions et de celles de ses concurrents, qu'elle doit donc anticiper.

À ne pas confondre

  • Concurrence pure et parfaite — En concurrence pure et parfaite, chaque firme est trop petite pour influencer les autres : il n'y a pas d'interdépendance.

Selon l'époque et le point de vue — Présente chez Cournot (1838), formalisée par la théorie des jeux de von Neumann et Morgenstern (1944).

Ce que le mot permet d'écrire — Définit l'oligopole et justifie l'usage de la théorie des jeux dans une copie.

Dilemme du prisonnier

Jeu dans lequel chaque joueur, en suivant sa stratégie dominante, aboutit à une issue moins favorable pour tous que s'ils avaient coopéré.

À ne pas confondre

  • Équilibre de Nash — L'équilibre de Nash est un concept général (aucun joueur ne gagne à dévier seul) ; le dilemme du prisonnier est un jeu particulier dont l'équilibre est collectivement sous-optimal.

Selon l'époque et le point de vue — Imaginé en 1950 à la RAND Corporation par Merrill Flood et Melvin Dresher ; Albert Tucker lui donne son récit de deux prisonniers.

Ce que le mot permet d'écrire — Explique la tentation des ententes et leur instabilité. Faute : conclure que les joueurs coopèrent spontanément.

Entente (cartel)

Accord, explicite ou tacite, entre entreprises concurrentes pour limiter la concurrence : fixation des prix, partage des marchés, limitation de la production.

À ne pas confondre

  • Concentration — Dans l'entente, les entreprises restent juridiquement indépendantes ; la concentration les réunit (fusion, rachat).

Selon l'époque et le point de vue — Interdite aux États-Unis par la section 1 du Sherman Act (1890), en Europe par le traité de Rome (1957), en France par l'ordonnance de 1986 (article L. 420-1 du Code de commerce).

Ce que le mot permet d'écrire — Au cœur des sujets sur l'oligopole. Faute : oublier que l'OPEP, cartel d'États, n'est pas soumise au droit de la concurrence.

Abus de position dominante

Pratique d'une entreprise dominante qui utilise sa puissance pour évincer des concurrents ou exploiter ses clients (ventes liées, prix d'éviction, refus de vente, discriminations).

À ne pas confondre

  • Position dominante — La position dominante est licite ; seul son abus est sanctionné.

Selon l'époque et le point de vue — Interdit par l'article 86 du traité de Rome (1957), devenu article 102 du TFUE ; en France, article L. 420-2 du Code de commerce. Exemples : Microsoft (2004), Google Shopping (2017).

Ce que le mot permet d'écrire — Illustre le deuxième volet de la politique de la concurrence. Faute : écrire que « dominer un marché est interdit ».

Politique de la concurrence

Ensemble des actions publiques visant à préserver la concurrence : sanction des ententes et des abus de position dominante, contrôle des concentrations et, dans l'UE, des aides d'État.

À ne pas confondre

  • Politique industrielle — La politique industrielle soutient des secteurs ou des « champions » ; elle peut entrer en conflit avec la politique de la concurrence (affaire Alstom-Siemens, 2019).

Selon l'époque et le point de vue — Née avec le Sherman Act (1890) ; en France, Conseil de la concurrence (1986) puis Autorité de la concurrence (2008) ; dans l'UE, Commission européenne.

Ce que le mot permet d'écrire — Troisième partie naturelle de nombreux plans. Faute : la réduire aux amendes et oublier le contrôle des fusions.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Preneur de prix / faiseur de prix

Oppose l'entreprise qui subit le prix du marché à celle qui le fixe grâce à son pouvoir de marché.

Ce qu'il débloque — Point de départ de toute comparaison entre concurrence et marchés imparfaits.

Exemple — Sur le sujet « Comment le monopole fixe-t-il son prix ? », il permet d'ouvrir par la différence avec l'entreprise en concurrence.

Coopération / non-coopération

Oppose l'entente (les firmes maximisent leur profit commun) à la rivalité (chacune maximise son profit propre).

Ce qu'il débloque — Structure l'analyse de l'oligopole et du dilemme du prisonnier.

Exemple — Sur le sujet « Pourquoi les ententes sont-elles instables ? », il permet d'opposer le gain collectif de la coopération à l'incitation individuelle à trahir.

Concurrence par les prix / concurrence hors prix

Oppose la rivalité sur les tarifs (guerre des prix) à la rivalité par la qualité, l'innovation, la marque.

Ce qu'il débloque — Permet de classer les stratégies des oligopoles.

Exemple — Sur le sujet « Quelles stratégies pour les entreprises en oligopole ? », il permet d'opposer l'arrivée de Free Mobile (2012) à la rivalité technologique d'Airbus et Boeing.

Efficacité statique / efficacité dynamique

Oppose l'allocation des ressources à un instant donné (prix bas, quantités élevées) à la capacité d'innover dans le temps.

Ce qu'il débloque — Sert à nuancer : le monopole est inefficace à court terme mais peut financer l'innovation.

Exemple — Sur le sujet « Le pouvoir de marché est-il défavorable aux consommateurs ? », il permet de dépasser l'opposition entre Smith et Schumpeter.

Structure / comportement

Oppose le nombre et la taille des entreprises à la manière dont elles agissent (entente, abus, menace d'entrée).

Ce qu'il débloque — Montre que le droit sanctionne des comportements plus que des structures.

Exemple — Sur le sujet « Faut-il démanteler les grandes entreprises ? », il permet d'articuler théorie des marchés contestables (1982) et sanction des abus.

Politique de la concurrence / politique industrielle

Oppose la défense de la concurrence au soutien à de grandes entreprises nationales ou européennes.

Ce qu'il débloque — Débat contemporain à mobiliser en fin de copie.

Exemple — Sur le sujet « Quels sont les objectifs de la politique de la concurrence ? », il permet d'ouvrir sur le refus de la fusion Alstom-Siemens (2019).

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