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Spécialité SES 1ʳᵉ

Ressources · 1ʳᵉ · Spécialité SES

Comment se construisent et évoluent les liens sociaux ?

Groupes sociaux, réseaux, solidarité mécanique et organique, liens sociaux fragilisés et formes de sociabilité (spécialité SES de 1re)

À propos de cette page
Ce lexique sur « Comment se construisent et évoluent les liens sociaux ? » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Les groupes sociaux, premiers lieux où se construisent les liens, Les réseaux sociaux, une forme spécifique de coordination et de sociabilité, Durkheim : de la solidarité mécanique à la solidarité organique, Communauté, société et les quatre liens de Paugam. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.

Lien social

Ensemble des relations qui unissent les individus entre eux et à la société, et qui leur procurent protection et reconnaissance.

À ne pas confondre

  • Relation sociale — Une relation est une interaction entre personnes ; le lien social désigne l'ensemble de ces attaches et leur capacité à faire tenir la société.

Selon l'époque et le point de vue — Question fondatrice de la sociologie depuis Durkheim (1893) ; systématisée par Serge Paugam dans Le Lien social (2008).

Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tout sujet sur l'intégration et la cohésion. Faute à éviter : en faire un simple synonyme d'amitié.

Groupe social

Ensemble d'individus en interaction, ayant conscience d'appartenir au groupe et reconnus comme tels par les autres.

À ne pas confondre

  • Catégorie statistique — Regroupement construit par le statisticien selon un critère (âge, profession) ; ses membres ne se connaissent pas forcément.

Selon l'époque et le point de vue — Notion centrale de la sociologie américaine du début du XXe siècle (Cooley, 1909), reprise par toute la sociologie des groupes.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour montrer où se construisent les liens. Faute : appeler « groupe » les « 15-24 ans ».

Groupe primaire

Groupe restreint fondé sur des relations directes, durables et affectives (famille, bande d'amis, voisinage).

À ne pas confondre

  • Groupe secondaire — Plus large, aux relations plus formelles et orientées vers un but.

Selon l'époque et le point de vue — Concept forgé par Charles H. Cooley dans Social Organization (1909).

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer le rôle des liens affectifs. Faute : croire qu'un groupe primaire est forcément familial.

Groupe secondaire

Groupe de plus grande taille, où les relations sont plus impersonnelles, souvent indirectes et organisées autour d'un objectif (entreprise, syndicat, association).

À ne pas confondre

  • Organisation — Une organisation est un groupe secondaire doté de règles et d'une structure formelle ; tout groupe secondaire n'est pas aussi structuré.

Selon l'époque et le point de vue — Défini par contraste avec le groupe primaire de Cooley par la sociologie américaine des années 1920-1930.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à analyser les liens de participation organique et élective. Faute : penser qu'il n'y a aucun lien affectif dans un groupe secondaire.

Groupe de référence

Groupe auquel un individu se compare ou dont il adopte les normes et les valeurs, qu'il en soit membre ou non.

À ne pas confondre

  • Groupe d'appartenance — Groupe dont l'individu est effectivement membre.

Selon l'époque et le point de vue — Notion développée par Robert K. Merton (avec Alice Rossi) au tournant des années 1950.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à expliquer des comportements ou des aspirations. Faute : le confondre systématiquement avec le groupe d'appartenance.

Réseau social

Ensemble des relations (liens) qui unissent des individus ou des organisations (nœuds), sans frontière nette ni conscience d'appartenance commune.

À ne pas confondre

  • Réseau social numérique — Plateforme en ligne qui rend visible et étend une partie des réseaux ; ce n'est qu'un cas particulier.

Selon l'époque et le point de vue — Sociogramme de Moreno (1934), expérience de Milgram (1967), travaux de Granovetter (1973).

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour la coordination entre acteurs et la sociabilité. Faute : le réduire à Instagram ou TikTok.

Liens faibles

Relations peu intenses, peu intimes et peu fréquentes (simples connaissances), qui relient souvent des cercles sociaux différents.

À ne pas confondre

  • Liens forts — Relations intenses, fréquentes et intimes (famille, amis proches), qui apportent surtout soutien et information redondante.

Selon l'époque et le point de vue — Mark Granovetter, « The Strength of Weak Ties », American Journal of Sociology, 1973.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour l'accès à l'emploi et à l'information. Faute : confondre lien faible et lien fragilisé.

Capital social

Ensemble des ressources qu'un individu peut mobiliser grâce à son réseau durable de relations.

À ne pas confondre

  • Capital culturel — Ressources liées aux savoirs, aux diplômes et aux pratiques culturelles, non aux relations.

Selon l'époque et le point de vue — Pierre Bourdieu, 1980 ; Robert Putnam (2000) en donne une version collective (confiance, engagement civique).

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer que les réseaux sont inégaux. Faute : le confondre avec le capital d'une entreprise.

Sociabilité

Ensemble des relations qu'un individu entretient avec les autres et des formes que prennent ces relations.

À ne pas confondre

  • Socialisation — Processus d'apprentissage des normes et des valeurs (chapitre précédent), non pratique des relations.

Selon l'époque et le point de vue — Étudiée par Georg Simmel au début du XXe siècle, puis mesurée en France par François Héran (enquête INSEE de 1982-1983).

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour l'évolution des liens (numérique, associations). Faute : la confondre avec la socialisation.

Solidarité mécanique

Chez Durkheim, cohésion fondée sur les ressemblances entre individus et sur une conscience collective forte.

À ne pas confondre

  • Solidarité organique — Cohésion fondée sur les différences complémentaires nées de la division du travail.

Selon l'époque et le point de vue — Durkheim, De la division du travail social, 1893 ; « mécanique » par analogie avec la cohésion des corps bruts.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour décrire les sociétés peu différenciées et ce qui en subsiste. Faute : croire qu'elle a totalement disparu.

Solidarité organique

Chez Durkheim, cohésion fondée sur l'interdépendance d'individus spécialisés et différents, comme les organes d'un corps.

À ne pas confondre

  • Solidarité mécanique — Fondée sur les similitudes, non sur la complémentarité.

Selon l'époque et le point de vue — Durkheim, 1893 : elle se développe avec la division du travail, elle-même liée au volume et à la densité des sociétés.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour les sociétés modernes et l'État social. Faute : la juger plus fragile parce que les individus sont différents.

Conscience collective

Ensemble des croyances et des sentiments communs à la moyenne des membres d'une société.

À ne pas confondre

  • Opinion publique — État momentané des opinions mesuré par sondage, non socle durable de croyances partagées.

Selon l'époque et le point de vue — Durkheim, De la division du travail social, 1893.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour expliquer la solidarité mécanique et son recul. Faute : dire qu'elle disparaît dans les sociétés modernes ; elle devient plus abstraite.

Intégration sociale

Processus par lequel un individu est attaché à des groupes et à la société, et situation d'une société dont les membres sont liés entre eux.

À ne pas confondre

  • Insertion — Terme plus restreint, souvent limité à l'accès à l'emploi ou au logement.

Selon l'époque et le point de vue — Notion durkheimienne (Le Suicide, 1897), reprise par Castel et Paugam dans les années 1990.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à relier liens et cohésion. Faute : la confondre avec l'assimilation culturelle.

Individualisation

Processus par lequel les individus s'autonomisent des appartenances héritées et choisissent davantage leurs liens.

À ne pas confondre

  • Individualisme — Valeur ou attitude, parfois entendue comme égoïsme ; l'individualisation est un processus social.

Selon l'époque et le point de vue — Analysée par Durkheim (1893) comme compatible avec la cohésion, puis par la sociologie de la famille depuis les années 1970.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour l'évolution des liens. Faute : l'assimiler à un repli égoïste.

Désaffiliation

Situation de décrochage où se cumulent absence de travail et isolement relationnel.

À ne pas confondre

  • Exclusion — Terme d'état, plus flou ; la désaffiliation insiste sur un processus de décrochage.

Selon l'époque et le point de vue — Robert Castel, Les Métamorphoses de la question sociale, 1995, avec les zones d'intégration et de vulnérabilité.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour les liens fragilisés. Faute : l'appliquer à tout chômeur, même bien entouré.

Isolement social

Situation objective d'une personne qui a très peu de relations avec les autres (famille, amis, voisins, collègues, associations).

À ne pas confondre

  • Solitude — Sentiment subjectif de manque de relations, qu'on peut éprouver même entouré.

Selon l'époque et le point de vue — Mesuré en France notamment par les enquêtes « solitudes » de la Fondation de France depuis 2010.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert pour les facteurs de fragilisation. Faute : l'assimiler au fait de vivre seul.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Communauté / société

Liens affectifs et hérités d'un côté, liens contractuels et choisis de l'autre (Tönnies, 1887).

Ce qu'il débloque — Permet d'ouvrir un sujet sur l'évolution historique des liens.

Exemple — Sur le sujet « Les liens sociaux s'affaiblissent-ils ? », il permet de montrer que le passage à la société n'est pas une disparition du lien mais un changement de nature.

Similitude / complémentarité

Fondements des solidarités mécanique et organique chez Durkheim (1893).

Ce qu'il débloque — Structure une première partie sur la transformation des liens.

Exemple — Sur le sujet « Comment la division du travail transforme-t-elle la cohésion sociale ? », il permet d'opposer les deux solidarités puis de montrer leur coexistence.

Liens forts / liens faibles

Relations intimes et fréquentes contre simples connaissances (Granovetter, 1973).

Ce qu'il débloque — Sert à analyser le rôle des réseaux dans l'accès aux ressources.

Exemple — Sur le sujet « Les réseaux sociaux sont-ils une ressource ? », il permet de montrer que les proches soutiennent mais que les connaissances informent.

Protection / reconnaissance

Les deux apports de chaque lien selon Paugam (2008).

Ce qu'il débloque — Sert à évaluer ce que perd un individu quand un lien se rompt.

Exemple — Sur le sujet « Le chômage fragilise-t-il les liens sociaux ? », il permet de montrer que le chômeur perd un revenu (protection) mais aussi l'estime de soi (reconnaissance).

Groupe / réseau

Ensemble délimité avec conscience d'appartenance contre ensemble de relations sans frontière.

Ce qu'il débloque — Sert à distinguer deux cadres de construction des liens.

Exemple — Sur le sujet « Où se construisent les liens sociaux ? », il permet de passer des appartenances (famille, école) aux relations choisies et étendues.

Affaiblissement / recomposition

Les liens peuvent se défaire ou changer de forme.

Ce qu'il débloque — Sert de fil directeur pour une dissertation qui refuse le catastrophisme.

Exemple — Sur le sujet « Le numérique menace-t-il le lien social ? », il permet de montrer que les liens se recomposent en ligne tout en se fragilisant pour certains.

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