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Spécialité Mathématiques 1ʳᵉ

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Suites géométriques

Définition par récurrence, raison, terme général u(n) = u(0) × qⁿ, sens de variation selon q (q > 0), somme 1 + q + … + qⁿ et somme de termes consécutifs, comportement de qⁿ (approche intuitive), modélisation d'évolutions à taux constant

À propos de cette page
Ce cours de spécialité mathématiques en première sur « Suites géométriques » suit le programme officiel de spécialité mathématiques de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel, Reconnaître une suite géométrique, Terme général et raison, Sens de variation et comportement de qⁿ. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en spécialité mathématiques.
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L'essentiel

Définition. Une suite (un) est géométrique s'il existe un réel q, appelé raison, tel que pour tout entier naturel n : un+1=q×un. On passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre.
Terme général. Pour tout n : un=u0×qn. Plus généralement, pour tous entiers n et p : un=up×qn−p.
Somme. Pour q≠1 : 1+q+q2+…+qn=1−qn+11−q.
Exemple. u0=3 et q=2 : u1=6, u2=12, u3=24 ; et directement u10=3×210=3072.
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Reconnaître une suite géométrique

Trois façons de prouver qu'une suite est géométrique.
  • Relation de récurrence : on établit un+1=q×un pour tout n, avec q indépendant de n.
  • Formule explicite : on calcule un+1 et on fait apparaître un en facteur.
  • Quotient (si aucun terme n'est nul) : on montre que un+1un est une constante.
Exemple. wn=4×3n+1. Pour tout n : wn+1=4×3n+2=3×(4×3n+1)=3wn. Donc (wn) est géométrique de raison 3 et de premier terme w0=12.
Prouver qu'une suite n'est pas géométrique. Un contre-exemple suffit : trois termes consécutifs dont les quotients diffèrent.
Exemple. tn=n2+1 : t0=1, t1=2, t2=5. Or t1t0=2 et t2t1=2,5 : la suite n'est pas géométrique.
Astuce. Trois nombres non nuls a, b, c sont des termes consécutifs d'une suite géométrique si et seulement si b2=ac.
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Terme général et raison

Propriété. Si (un) est géométrique de raison q : pour tout n, un=u0×qn ; pour tous entiers n et p, un=up×qn−p. Si la suite commence à u1 : un=u1×qn−1.
Exemple. Raison 0,5 et u4=80 : u7=u4×0,53=80×0,125=10.
Retrouver la raison. u2=18 et u5=486 : u5=u2×q3, donc q3=48618=27 et q=3. Puis u0=u2q2=189=2, d'où un=2×3n.
Attention. Si les deux termes connus ont des indices dont l'écart est pair, l'équation (par exemple q2=9) a deux solutions opposées : il faut une information sur le signe de q pour conclure.
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Sens de variation et comportement de qⁿ

Propriété (cas q>0). Soit (un) géométrique de premier terme u0>0 et de raison q>0 :
  • si q>1, (un) est strictement croissante ;
  • si q=1, (un) est constante ;
  • si 0<q<1, (un) est strictement décroissante.
Si u0<0, les sens de variation sont inversés.
Pourquoi. un+1−un=qun−un=u0qn(q−1). Comme qn>0, le signe de la différence est celui de u0(q−1).
Exemple. u0=−2 et q=1,5 : u0(q−1)=−1<0, la suite est strictement décroissante (−2 ; −3 ; −4,5 ; …).
Raison négative. Si q<0, les termes changent de signe à chaque rang : la suite n'est ni croissante ni décroissante.
Comportement de qn (approche intuitive). Lorsque n devient très grand :
  • si q>1, qn devient aussi grand que l'on veut ;
  • si q=1, qn=1 pour tout n ;
  • si −1<q<1, qn se rapproche de 0 (en changeant de signe si q<0).
n1050
1,1n≈ 2,594≈ 117,4
0,9n≈ 0,349≈ 0,005
Pour la suite. Les termes 1,1n sont les points d'abscisse entière de la courbe de x↦1,1x. Ces fonctions, dites exponentielles, seront étudiées dans le chapitre « Fonction exponentielle ».
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Somme de termes consécutifs

Propriété. Pour tout réel q≠1 et tout entier naturel n : 1+q+q2+…+qn=1−qn+11−q.
Démonstration (à savoir refaire). Notons S=1+q+…+qn. Alors qS=q+q2+…+qn+1. En soustrayant, tous les termes intermédiaires disparaissent : S−qS=1−qn+1, soit (1−q)S=1−qn+1. Comme q≠1, on a 1−q≠0 et on peut diviser : S=1−qn+11−q.
Somme de termes consécutifs. Pour une suite géométrique de raison q≠1 : S=premier terme×1−qnombre de termes1−q. De up à un (p≤n), il y a n−p+1 termes. Si q=1, la somme vaut (nombre de termes) × (premier terme).
Exemple. u0=3 et q=2 : u0+u1+…+u9=3×1−2101−2=3×1023=3069 (10 termes).
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Évolutions à taux constant

Taux constant. Une grandeur qui augmente de t% à chaque période est multipliée par 1+t100 ; si elle diminue de t%, elle est multipliée par 1−t100. Ses valeurs successives forment une suite géométrique dont la raison est ce coefficient multiplicateur.
Exemple. Une ville compte 12 000 habitants et gagne 2,5 % par an. En notant Pn sa population dans n années : Pn+1=1,025Pn, donc Pn=12000×1,025n et P10≈15361 habitants.
Taux global. Sur n périodes au taux t%, le coefficient multiplicateur global vaut (1+t100)n : les taux ne s'additionnent pas, les coefficients se multiplient.
Exemple. Une baisse de 4 % par an pendant 5 ans : 0,965≈0,815, soit une baisse globale d'environ 18,5%, et non de 20%.
Vocabulaire. On parle de croissance ou de décroissance exponentielle : la variation d'une période à la suivante est proportionnelle à la valeur atteinte.
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Méthodes

Méthode 1 — Montrer qu'une suite auxiliaire est géométrique
  1. Écrire vn+1 à l'aide de la définition de v.
  2. Remplacer un+1 par son expression en fonction de un.
  3. Factoriser pour obtenir vn+1=qvn, avec q indépendant de n.
  4. Conclure (raison, premier terme), puis revenir à un.
Exemple rédigé. u0=10 et un+1=0,5un+2 ; on pose vn=un−4. Pour tout n : vn+1=un+1−4=0,5un−2=0,5(un−4)=0,5vn. Donc (vn) est géométrique de raison 0,5 et de premier terme v0=6. Ainsi vn=6×0,5n et un=vn+4=4+6×0,5n.
Méthode 2 — Calculer une somme de termes consécutifs
  1. Identifier le premier terme et la raison q.
  2. Compter les termes (écart des indices + 1).
  3. Appliquer : premier terme ×1−qnb termes1−q.
  4. Contrôler l'ordre de grandeur.
Exemple rédigé. S=5+15+45+…+3645. On multiplie par 3 à chaque fois : premier terme 5, raison 3. Comme 3645=5×729=5×36, les termes sont 5×3k pour k de 0 à 6 : il y en a 7. Donc S=5×1−371−3=5×−2186−2=5465.
Méthode 3 — Déterminer un seuil
  1. Traduire la question par une inégalité sur un.
  2. Justifier que le seuil sera franchi (comportement de qn).
  3. Chercher le rang à la calculatrice (table de valeurs) ou avec un programme Python utilisant une boucle while.
  4. Conclure en donnant les deux valeurs qui encadrent le seuil.
Exemple rédigé. À partir de quelle année une somme placée à 4 % par an a-t-elle doublé ? On cherche le plus petit n tel que 1,04n≥2. Comme 1,04>1, 1,04n devient aussi grand que l'on veut : ce rang existe.
def seuil():
    n = 0
    u = 1
    while u < 2:
        u = u * 1.04
        n = n + 1
    return n
La fonction renvoie 18 : en effet 1,0417≈1,948<2 et 1,0418≈2,026≥2. La somme a doublé au bout de 18 ans.
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Pièges et erreurs classiques

Ajouter au lieu de multiplier. Une suite géométrique multiplie par q ; ajouter une constante, c'est le cas arithmétique.
Mauvais compte de termes. De u0 à un il y a n+1 termes, de up à un il y en a n−p+1 : c'est ce nombre qui figure en exposant dans la formule de la somme.
Premier terme u1. Si la suite commence à u1, alors un=u1×qn−1, et non u1×qn.
Additionner des taux. Trois hausses successives de 10 % ne font pas 30 % : 1,13=1,331, soit une hausse de 33,1%.
Parenthèses et signe. (−2)4=16 mais −24=−16. Et une suite de raison négative n'est jamais monotone.
Quotient un+1un. Il n'a de sens que si aucun terme n'est nul, et le calculer pour deux ou trois valeurs de n ne prouve rien : il faut l'établir pour tout n.
En bref
  • Suite géométrique : un+1=qun ; un=u0qn=upqn−p.
  • Variations (u0>0, q>0) : croissante si q>1, décroissante si 0<q<1 ; sens inversés si u0<0 ; pas de monotonie si q<0.
  • qn devient aussi grand que l'on veut si q>1 et se rapproche de 0 si −1<q<1.
  • 1+q+…+qn=1−qn+11−q (q≠1) ; somme de termes consécutifs = premier terme ×1−qnb termes1−q.
  • Évolution de t% par période : raison 1±t100 ; les taux ne s'additionnent pas, les coefficients se multiplient.
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