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Spécialité Mathématiques 1ʳᵉ

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Second degré : forme canonique, équations et factorisation

Trinôme et parabole, formes développée, canonique et factorisée, sommet et variations, discriminant et résolution de ax² + bx + c = 0, factorisation, somme et produit des racines, racine évidente.

À propos de cette page
Ce cours de spécialité maths de 1re sur le second degré suit cinq parties : les trois formes d’un trinôme (développée, canonique, factorisée), la forme canonique avec le sommet de la parabole et le tableau de variations, le discriminant et la résolution de ax² + bx + c = 0, la factorisation, puis la somme et le produit des racines avec la racine évidente. La démonstration de la formule des solutions, exigible, y est rédigée.
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Les trois formes d’un trinôme

Ce qu’il faut savoir

Définition. Une fonction polynôme du second degré (ou trinôme) est une fonction f définie sur ℝ par f(x)=ax2+bx+c, où a, b, c sont des réels avec a≠0. Sa courbe représentative est une parabole, tournée vers le haut si a>0, vers le bas si a<0.

Trois écritures d’un même trinôme.

• forme développée ax2+bx+c : elle donne f(0)=c et sert au calcul de Δ ;

• forme canonique a(x−α)2+β : elle donne le sommet S(α;β), l’extremum et les variations ;

• forme factorisée a(x−x1)(x−x2), quand elle existe : elle donne les racines x1 et x2, solutions de f(x)=0.

Le coefficient a est le même dans les trois écritures. Pour prouver que deux écritures sont égales, on développe et on compare.

Cas simples de modélisation. x↦ax2 : parabole de sommet l’origine ; x↦ax2+c : même parabole décalée verticalement, de sommet (0;c) ; x↦a(x−x1)(x−x2) : parabole qui coupe l’axe des abscisses en x1 et x2.

Exemples

Reconnaître un trinôme. x(5−2x)=−2x2+5x est un trinôme, avec a=−2, b=5 et c=0. En revanche, (x+3)2−x2=x2+6x+9−x2 =6x+9 est une fonction affine : les termes en x2 s’annulent.

Vérifier trois formes. Soit f(x)=3x2+6x−24. En développant : 3(x+1)2−27 =3(x2+2x+1)−27 =3x2+6x−24 et 3(x−2)(x+4)=3(x2+2x−8) =3x2+6x−24. Donc, pour tout réel x, f(x)=3(x+1)2−27 =3(x−2)(x+4).

Choisir la forme. Forme développée : f(0)=−24. Forme canonique : 3(x+1)2⩾0, donc f(x)⩾−27, avec égalité pour x=−1 ; le minimum de f vaut −27. Forme factorisée : f(x)=0⟺x−2=0 ou x+4=0⟺x=2 ou x=−4.

Résoudre f(x)=−24. La forme développée est la bonne : 3x2+6x−24=−24⟺3x2+6x =0⟺3x(x+2)=0⟺x=0 ou x=−2.

Réflexe — Avant de calculer, je regarde ce qu’on me demande. Une image en 0, une équation f(x)=c : forme développée. Un sommet, un extremum, des variations : forme canonique. L’équation f(x)=0, les points de la parabole sur l’axe des abscisses : forme factorisée.

Attention — La forme factorisée n’existe pas toujours (parabole qui ne coupe pas l’axe des abscisses). Et le coefficient a ne disparaît jamais : 3(x−2)(x+4) n’est pas égal à (x−2)(x+4).

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Forme canonique, sommet et variations

Ce qu’il faut savoir

Propriété (forme canonique). Tout trinôme f(x)=ax2+bx+c (a≠0) s’écrit de façon unique f(x)=a(x−α)2+β, avec α=−b2a et β=f(α).

Sommet. La parabole a pour sommet S(α;β) ; elle est symétrique par rapport à la droite d’équation x=α (remarque, non exigible).

Variations.

a>0a<0
sur ]−∞;α]f décroissantef croissante
sur [α;+∞[f croissantef décroissante
extremumminimum β, atteint en αmaximum β, atteint en α

Symétrie. Deux réels distincts x1 et x2 ont la même image par f si et seulement s’ils sont symétriques par rapport à α : α=x1+x22.

Exemples

Démonstration de la forme canonique (le calcul général sert à démontrer la formule des solutions ; en pratique, on complète le carré sur des exemples simples). Comme a≠0, on factorise par a les termes en x2 et en x, puis on reconnaît le début d’une identité remarquable : ax2+bx+c=a[x2+bax]+c =a[(x+b2a)2−b24a2]+c =a(x+b2a)2−b2−4ac4a. On obtient la forme annoncée avec α=−b2a et β=−b2−4ac4a. En remplaçant x par α, le carré s’annule : f(α)=β.

Compléter le carré. h(x)=2x2+12x+13 =2(x2+6x)+13. Or x2+6x=(x+3)2−9. Donc h(x)=2[(x+3)2−9]+13 =2(x+3)2−5. Contrôle : α=−122×2=−3 et h(−3)=18−36+13=−5.

Avec α et β. g(x)=−x2+6x−5 : α=−62×(−1)=3 et β=g(3)=−9+18−5=4, donc g(x)=−(x−3)2+4. Comme a=−1<0, g est croissante sur ]−∞;3], décroissante sur [3;+∞[, et admet un maximum égal à 4 en x=3. Le sommet de sa parabole est S(3;4).

Symétrie. g(1)=−1+6−5=0 et g(5)=−25+30−5=0 : 1 et 5 ont la même image, et leur milieu 1+52=3 est bien l’abscisse du sommet.

Réflexe — Pour le sommet, je calcule α=−b2a, puis β=f(α) en remplaçant dans la forme développée. Le signe de a donne le sens de la parabole : minimum si a>0, maximum si a<0. Je contrôle en développant a(x−α)2+β.

Attention — Le signe de α se lit dans x−α : dans 5(x+4)2−1, on a x+4=x−(−4), donc α=−4 et non 4. Et β n’est pas le terme constant c de la forme développée.

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Discriminant et résolution de ax² + bx + c = 0

Ce qu’il faut savoir

Définition. Le discriminant du trinôme ax2+bx+c est le réel Δ=b2−4ac.

Théorème (résolution de ax2+bx+c=0, a≠0).

Signe de ΔSolutions dans ℝ
Δ>0deux solutions distinctes : x1=−b−Δ2a et x2=−b+Δ2a
Δ=0une seule solution (dite double) : x0=−b2a
Δ<0aucune solution réelle

Les solutions de f(x)=0 sont les racines du trinôme : ce sont les abscisses des points où la parabole coupe l’axe des abscisses.

Si b=0 ou c=0, on n’a pas besoin de Δ : on factorise ou on isole x2.

Exemples

Démonstration (exigible). D’après la démonstration de la forme canonique, pour tout réel x : f(x)=a[(x+b2a)2−Δ4a2]. Comme a≠0, f(x)=0⟺(x+b2a)2=Δ4a2, et 4a2>0.

• Si Δ<0 : le membre de droite est strictement négatif, alors qu’un carré est positif. Il n’y a aucune solution.

• Si Δ=0 : l’équation devient (x+b2a)2=0, soit x=−b2a. Une seule solution.

• Si Δ>0 : Δ4a2=(Δ2a)2. Or X2=k2⟺X=k ou X=−k. Donc x+b2a=Δ2a ou x+b2a=−Δ2a, c’est-à-dire x=−b+Δ2a ou x=−b−Δ2a. Deux solutions distinctes, car Δ≠0.

Δ>0. x2−7x+10=0 : Δ=(−7)2−4×1×10=49−40=9, 9=3. Solutions : 7−32=2 et 7+32=5. 𝒮={2;5}.

Δ=0. 4x2−12x+9=0 : Δ=144−144=0, une seule solution x0=122×4=32.

Δ<0. x2+x+3=0 : Δ=1−12=−11<0, donc 𝒮=∅.

Racines irrationnelles. 5x2−2x−1=0 : Δ=(−2)2−4×5×(−1)=4+20=24 et 24=26. Les solutions sont 2−2610=1−65 et 1+65.

Sans discriminant. x2=6x⟺x2−6x=0 ⟺x(x−6)=0⟺x=0 ou x=6.

Se ramener au second degré. x4−10x2+9=0. On pose X=x2 : X2−10X+9=0, Δ=100−36=64, d’où X=1 ou X=9. Puis x2=1 ou x2=9 : 𝒮={−3;−1;1;3}. Une valeur négative de X serait écartée, car X=x2⩾0. La même idée vaut avec X=x : alors x=X2 et l’on garde seulement X⩾0.

Réflexe — Je ramène tout dans un membre et je réduis pour obtenir ax2+bx+c=0. Si b=0 ou c=0, je factorise. Sinon, j’écris a, b, c, je calcule Δ en mettant les nombres négatifs entre parenthèses, et je conclus selon son signe en donnant l’ensemble 𝒮 des solutions.

Attention — Pour b=−5, b2=(−5)2=25 et non −25. On ne divise jamais par x : de x2=6x, on ne déduit pas « x=6 », on perdrait 0. Avec un paramètre, (m+1)x2+2x−1=0 n’est pas du second degré pour m=−1 : ce cas se traite à part.

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Factoriser un trinôme, retrouver un trinôme

Ce qu’il faut savoir

Propriété (factorisation). Soit f(x)=ax2+bx+c avec a≠0.

Signe de ΔForme factorisée
Δ>0f(x)=a(x−x1)(x−x2), où x1 et x2 sont les deux racines
Δ=0f(x)=a(x−x0)2, où x0=−b2a
Δ<0pas de factorisation en produit de facteurs du premier degré

Si Δ<0, une écriture a(x−u)(x−v) donnerait la racine u, alors que f(x)=0 n’a pas de solution : c’est impossible.

Retrouver un trinôme à partir de sa parabole. Sommet S(α;β) connu : on part de f(x)=a(x−α)2+β. Racines x1 et x2 connues : on part de f(x)=a(x−x1)(x−x2). Un point supplémentaire de la courbe donne a.

Exemples

Δ>0. 3x2+x−2 : Δ=12−4×3×(−2)=1+24=25. Racines : −1−56=−1 et −1+56=23. Donc 3x2+x−2=3(x+1)(x−23) =(x+1)(3x−2).

Δ=0. 4x2+4x+1 : Δ=16−16=0 et x0=−48=−12. Donc 4x2+4x+1=4(x+12)2 =(2x+1)2.

Δ<0. x2+x+1 : Δ=1−4=−3<0. Ce trinôme ne se factorise pas.

Par le sommet. Parabole de sommet S(−1;6) passant par A(1;−2) : f(x)=a(x+1)2+6 et f(1)=4a+6=−2, d’où a=−2. Ainsi f(x)=−2(x+1)2+6 =−2x2−4x+4.

Par les racines. Parabole qui coupe l’axe des abscisses en 1 et 5 et passe par B(0;10) : g(x)=a(x−1)(x−5) et g(0)=a×(−1)×(−5)=5a=10, d’où a=2. Ainsi g(x)=2(x−1)(x−5) =2x2−12x+10.

Réflexe — Pour factoriser, je calcule Δ, puis les racines, et j’écris a(x−x1)(x−x2) en gardant a devant. Je contrôle en développant. Pour retrouver un trinôme, je pars de la forme qui contient ce que l’énoncé donne (sommet ou racines), puis un point de la courbe donne a.

Attention — Oublier a : 3x2+x−2 n’est pas égal à (x+1)(x−23), il manque le facteur 3. Et une racine négative donne un « + » : la racine −1 donne le facteur x−(−1)=x+1.

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Somme et produit des racines, racine évidente

Ce qu’il faut savoir

Propriété (somme et produit des racines). Si Δ⩾0, les racines x1 et x2 de ax2+bx+c (éventuellement égales) vérifient x1+x2=−baetx1x2=ca.

Réciproque utile (approfondissement du programme). Deux nombres de somme S et de produit P sont les solutions de l’équation x2−Sx+P=0.

Racine évidente. On teste 1, −1, 2, −2… : 1 est racine si et seulement si a+b+c=0 ; −1 est racine si et seulement si a−b+c=0. L’autre racine s’obtient alors par le produit ca (ou la somme −ba).

Signe des racines. Si a et c sont de signes contraires, alors ac<0, donc Δ=b2−4ac>0 : il y a deux racines, et leur produit ca<0 montre qu’elles sont de signes contraires.

Exemples

Démonstration. Si Δ>0 : x1+x2=−b−Δ−b+Δ2a=−2b2a =−ba et x1x2=(−b)2−(Δ)24a2 =b2−b2+4ac4a2=ca. Si Δ=0, x1=x2=−b2a : la somme vaut −ba et le produit b24a2=4ac4a2=ca, car b2=4ac.

Démonstration de la réciproque. Si u+v=S et uv=P, alors pour tout x, (x−u)(x−v)=x2−(u+v)x+uv =x2−Sx+P : les solutions de x2−Sx+P=0 sont exactement u et v.

Racine 1. 2x2−9x+7 : 2−9+7=0, donc 1 est racine. Le produit des racines vaut 72, donc l’autre racine est 72. Contrôle par la somme : 1+72=92=−−92.

Autre racine évidente. x2+2x−35=0 : 52+2×5−35=0, donc 5 est solution. Le produit des solutions vaut −35, l’autre est −7. Contrôle : 5+(−7)=−2=−21.

Somme et produit donnés. Deux nombres ont pour somme 11 et pour produit 28 : ce sont les solutions de x2−11x+28=0. Δ=121−112=9, d’où 11−32=4 et 11+32=7.

Expression symétrique. 3x2−6x−1=0 : a et c sont de signes contraires, il y a donc deux racines. S=2 et P=−13, donc x12+x22 =(x1+x2)2−2x1x2 =4+23=143, sans calculer les racines.

Réflexe — Avant de calculer Δ, je teste 1 (a+b+c=0 ?) et −1 (a−b+c=0 ?). Si l’un marche, le produit ca donne l’autre racine, et la somme −ba sert de contrôle.

Attention — Les formules −ba et ca ne décrivent des racines que si Δ⩾0 : pour x2+x+1, Δ<0, il n’y a pas de racines, même si −ba=−1 se calcule. Et l’équation associée à S et P est x2−Sx+P=0, avec un signe « − » devant S.

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Pour aller plus loin

Signe du trinôme et inéquations. Le signe de ax2+bx+c (signe de a à l’extérieur des racines), les tableaux de signes, les inéquations du second degré et la position de deux courbes sont traités dans le chapitre Signe du trinôme et inéquations.

Variations par la dérivée. Le sens de variation d’un trinôme se retrouve aussi avec sa dérivée f′(x)=2ax+b, qui s’annule en α=−b2a : voir le chapitre Variations, extremums et courbes.

À retenir
  • f(x)=ax2+bx+c (a≠0) : forme développée ; a(x−α)2+β : forme canonique ; a(x−x1)(x−x2) : forme factorisée. Le même a partout.
  • α=−b2a, β=f(α) ; sommet S(α;β) ; minimum β si a>0, maximum β si a<0.
  • Δ=b2−4ac : deux solutions −b±Δ2a si Δ>0, une solution −b2a si Δ=0, aucune si Δ<0.
  • Factorisation : a(x−x1)(x−x2) si Δ>0, a(x−x0)2 si Δ=0, impossible si Δ<0.
  • Si Δ⩾0 : x1+x2=−ba et x1x2=ca ; 1 est racine si a+b+c=0 ; deux nombres de somme S et de produit P sont les solutions de x2−Sx+P=0.

Questions fréquentes

Comment choisir entre forme développée, canonique et factorisée ?

On choisit la forme qui répond à la question : la forme développée donne f(0) = c et sert à calculer le discriminant ; la forme canonique a(x − α)² + β donne le sommet, l’extremum et les variations ; la forme factorisée a(x − x₁)(x − x₂) donne les solutions de f(x) = 0. Le coefficient a est le même dans les trois.

Comment trouver la forme canonique d’un trinôme ?

On calcule α = −b/(2a), puis β = f(α), et on écrit f(x) = a(x − α)² + β. On peut aussi factoriser a dans les termes en x² et en x et compléter le carré : x² + px = (x + p/2)² − p²/4. Le sommet de la parabole est S(α ; β).

Comment résoudre une équation du second degré avec le discriminant ?

On ramène l’équation à la forme ax² + bx + c = 0, on calcule Δ = b² − 4ac. Si Δ > 0, deux solutions (−b − √Δ)/(2a) et (−b + √Δ)/(2a) ; si Δ = 0, une seule solution −b/(2a) ; si Δ < 0, aucune solution réelle. Si b = 0 ou c = 0, on factorise directement.

Comment factoriser un trinôme du second degré ?

On cherche ses racines : si Δ > 0, ax² + bx + c = a(x − x₁)(x − x₂) ; si Δ = 0, ax² + bx + c = a(x − x₀)² ; si Δ < 0, le trinôme ne se factorise pas en produit de facteurs du premier degré. Il ne faut pas oublier le coefficient a devant les parenthèses.

À quoi servent la somme et le produit des racines ?

Si Δ ≥ 0, les racines vérifient x₁ + x₂ = −b/a et x₁x₂ = c/a. Avec une racine évidente (1 est racine quand a + b + c = 0), le produit donne l’autre racine sans calculer Δ. Et deux nombres de somme S et de produit P sont les solutions de x² − Sx + P = 0.

Bloqué sur ce chapitre ?

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