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Spécialité Mathématiques 1ʳᵉ

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Indépendance et répétition d'épreuves

Événements indépendants, indépendance et événements contraires, succession de deux épreuves indépendantes, épreuve de Bernoulli, répétition d'épreuves identiques et indépendantes (arbres, n ≤ 4)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité mathématiques en première sur « Indépendance et répétition d'épreuves » suit le programme officiel de spécialité mathématiques de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel, Reconnaître deux événements indépendants, Indépendance et événements contraires, Succession de deux épreuves indépendantes. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en spécialité mathématiques.
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L'essentiel

Définition — événements indépendants. Deux événements A et B d'un même univers sont indépendants lorsque P(A∩B)=P(A)×P(B).
Propriété — lien avec les probabilités conditionnelles. Si P(A)≠0, alors A et B sont indépendants si et seulement si PA(B)=P(B) : savoir que A est réalisé ne modifie pas la probabilité de B.
Propriété — événements contraires. Si A et B sont indépendants, alors A et B―, A― et B, A― et B― sont aussi indépendants.
Définition — épreuve de Bernoulli. Expérience aléatoire à deux issues : le succès S, de probabilité p, et l'échec S―, de probabilité 1−p. Le nombre p est le paramètre de l'épreuve.
Répétition d'épreuves identiques et indépendantes. Si l'on répète n fois (n⩽4 dans ce chapitre) la même épreuve de Bernoulli de façon indépendante, un chemin de l'arbre comportant k succès et n−k échecs a pour probabilité pk(1−p)n−k.
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Reconnaître deux événements indépendants

Pour savoir si A et B sont indépendants, on calcule les trois probabilités P(A), P(B), P(A∩B) et on compare P(A∩B) au produit P(A)×P(B).

Exemple. On lance un dé équilibré à six faces. A = « obtenir un nombre pair » ={2;4;6}, B = « obtenir au plus 2 » ={1;2}, C = « obtenir au moins 4 » ={4;5;6}.
• A∩B={2} : P(A∩B)=16 et P(A)×P(B)=12×13=16. A et B sont indépendants.
• A∩C={4;6} : P(A∩C)=13 alors que P(A)×P(C)=14. A et C ne sont pas indépendants.
Pourquoi PA(B)=P(B) ? Si P(A)≠0, PA(B)=P(A∩B)P(A). Cette quantité vaut P(B) exactement lorsque P(A∩B)=P(A)×P(B). Dans l'exemple : PA(B)=1/61/2=13=P(B).
Hypothèse de modélisation. Dans un énoncé, l'indépendance est souvent donnée (« on suppose que les pannes surviennent indépendamment ») : on peut alors multiplier les probabilités. Sans cette information, il faut la démontrer par le calcul.
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Indépendance et événements contraires

Propriété. Si A et B sont indépendants, alors A et B― sont indépendants.

Démonstration (exigible). Les événements A∩B et A∩B― sont incompatibles et leur réunion est A, donc P(A)=P(A∩B)+P(A∩B―).
Ainsi P(A∩B―)=P(A)−P(A∩B).
Comme A et B sont indépendants, P(A∩B)=P(A)×P(B), d'où P(A∩B―)=P(A)−P(A)P(B)=P(A)(1−P(B)).
Or 1−P(B)=P(B―), donc P(A∩B―)=P(A)×P(B―) : A et B― sont indépendants.
En appliquant ce résultat au couple (B―,A), puis à (A―,B―), on obtient les deux autres cas.

Exemple. A et B indépendants, P(A)=0,3 et P(B)=0,6.
P(A∩B―)=0,3×0,4=0,12 ; P(A―∩B―)=0,7×0,4=0,28.
Donc P(A∪B)=1−P(A―∩B―)=1−0,28=0,72.
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Succession de deux épreuves indépendantes

Deux épreuves sont indépendantes lorsque le résultat de la première n'influe pas sur celui de la seconde (lancers successifs, tirages avec remise, appareils sans lien…).

Modélisation. Une issue est un couple (x;y) et P((x;y))=P(x)×P(y). Sur l'arbre, les branches du second niveau portent les mêmes probabilités quel que soit le résultat du premier niveau.
Exemple. On lance une pièce équilibrée, puis un dé équilibré à six faces. La probabilité d'obtenir « pile puis 6 » est 12×16=112.
Contre-exemple. Deux tirages sans remise dans une urne ne sont pas indépendants : la composition de l'urne change après le premier tirage, donc les probabilités du second niveau dépendent de la branche.
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Épreuve de Bernoulli et répétition d'épreuves

On répète n fois (n⩽4), de façon indépendante, une même épreuve de Bernoulli de paramètre p. L'arbre comporte 2n chemins ; chaque chemin se lit comme une suite de S et de S―.

Nombre d'épreuves nNombre de cheminsChemins à 0,1,…,n succès (comptés sur l'arbre)
241 ; 2 ; 1
381 ; 3 ; 3 ; 1
4161 ; 4 ; 6 ; 4 ; 1
Exemple. p=0,2 et n=3.
• « Trois succès » : un seul chemin SSS, de probabilité 0,23=0,008.
• « Exactement un succès » : trois chemins SS―S―, S―SS―, S―S―S, chacun de probabilité 0,2×0,82=0,128 ; total 3×0,128=0,384.
• « Au moins un succès » : 1−0,83=1−0,512=0,488.
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Méthodes

Méthode 1 — Démontrer que deux événements sont (ou ne sont pas) indépendants
  1. Calculer P(A), P(B) et P(A∩B) (tableau, énoncé, arbre).
  2. Calculer le produit P(A)×P(B).
  3. Comparer avec P(A∩B) et conclure par une phrase.
Exemple rédigé. P(A)=0,45, P(B)=0,4, P(A∩B)=0,18. On a P(A)×P(B)=0,45×0,4=0,18=P(A∩B), donc A et B sont indépendants.
Méthode 2 — Calculer P(A∪B) quand A et B sont indépendants
  1. Calculer P(A∩B)=P(A)×P(B).
  2. Appliquer P(A∪B)=P(A)+P(B)−P(A∩B).
  3. Contrôler avec 1−P(A―)×P(B―).
Exemple rédigé. P(A)=0,25, P(B)=0,7, indépendants. P(A∩B)=0,175, donc P(A∪B)=0,25+0,7−0,175=0,775. Contrôle : 1−0,75×0,3=1−0,225=0,775.
Méthode 3 — « Au moins un succès » : passer par le contraire
  1. Identifier le contraire : « aucun succès ».
  2. Il correspond au seul chemin S―S―⋯S―, de probabilité (1−p)n.
  3. Conclure : P(au moins un succès)=1−(1−p)n.
Exemple rédigé. n=4, p=0,1 : P=1−0,94=1−0,6561=0,3439.
Méthode 4 — Probabilité d'obtenir exactement k succès (n⩽4)
  1. Lister (ou compter sur l'arbre) les chemins à k succès.
  2. Calculer la probabilité d'un chemin : pk(1−p)n−k.
  3. Multiplier par le nombre de chemins (ils sont incompatibles).
Exemple rédigé. n=3, p=0,25, k=1 : trois chemins, chacun de probabilité 0,25×0,752=0,140625. Probabilité cherchée : 3×0,140625=0,421875.
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Pièges et erreurs classiques

Indépendants ≠ incompatibles. Incompatibles : P(A∩B)=0. Indépendants : P(A∩B)=P(A)P(B). Si P(A)>0 et P(B)>0, deux événements incompatibles ne sont jamais indépendants.
Multiplier sans justification. La formule P(A∩B)=P(A)×P(B) n'est valable que si l'indépendance est donnée ou démontrée. En général, P(A∩B)=P(A)×PA(B).
« Au moins un » n'est pas « n×p ». Avec p=0,4 et n=3, 3×0,4=1,2>1 : absurde. La bonne valeur est 1−0,63=0,784.
Oublier des chemins. « Exactement deux succès sur trois » correspond à trois chemins, pas à un seul.
Condition P(A)≠0. La caractérisation PA(B)=P(B) n'a de sens que si P(A)≠0 ; la définition par le produit, elle, s'applique toujours.
En bref
  • A et B indépendants ⟺P(A∩B)=P(A)×P(B) ; si P(A)≠0, c'est PA(B)=P(B).
  • L'indépendance se transmet aux contraires : A et B―, A― et B―…
  • Deux épreuves indépendantes : on multiplie les probabilités le long des branches, identiques au second niveau.
  • Épreuve de Bernoulli : deux issues, succès (p) et échec (1−p).
  • n répétitions indépendantes : un chemin à k succès vaut pk(1−p)n−k ; on multiplie par le nombre de chemins.
  • « Au moins un succès » =1−(1−p)n.
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