Ressources · 1ʳᵉ · Spécialité Mathématiques
Fonction exponentielle
Définition par f′ = f et f(0) = 1, nombre e, signe, propriétés algébriques, variations, courbe, équations et inéquations, dérivée de t ↦ e^(at), croissance et décroissance exponentielles, lien avec les suites géométriques.
À propos de cette page
Définition, nombre e et signe
Définition (existence et unicité admises). Il existe une unique fonction dérivable sur telle que et . C’est la fonction exponentielle, notée . Ainsi et, pour tout réel , .
Produit avec l’opposé. Pour tout réel : . Donc l’exponentielle ne s’annule jamais et .
Signe. Pour tout réel , .
Nombre . On pose et, pour tout réel , on note (« e puissance x »). Valeurs à connaître : , , , .
Dérivée. : l’exponentielle est sa propre dérivée.
Équation (approfondissement, vu en Terminale). Plus généralement (on le démontre en exercice avec ), les fonctions dérivables sur telles que sont les fonctions , où est un réel : on a alors .
Méthode d’Euler. Avec un pas petit, l’approximation affine devient, puisque : . En partant de et en avançant fois du pas , on obtient .
Démonstration de et (approfondissement proposé par le programme). Soit . La fonction est dérivable, de dérivée (dérivée de avec ). Par produit : . Une fonction de dérivée nulle sur est constante : . Un produit égal à n’a aucun facteur nul : . Enfin (relation fonctionnelle, cas 2) et , donc .
La condition compte. vérifie , mais : ce n’est pas la fonction exponentielle.
Signe. L’équation n’a aucune solution, ni . Et pour tout réel .
Euler en Python. La fonction ci-dessous applique pas de longueur à partir de ; elle renvoie , valeur approchée de .
def euler(n):
h = 1 / n
y = 1
for k in range(n):
y = y + h * y
return y
euler(10) renvoie environ et euler(1000) environ : plus le pas est petit, plus on approche .
Réflexe — Devant , je pense « strictement positif » : un facteur ne change jamais le signe d’un produit, et une équation avec n’a aucune solution.
Attention — n’est pas , et n’est pas négatif : . Le signe « moins » porte sur l’exposant, pas sur le résultat.
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Propriétés algébriques
Relation fonctionnelle. Pour tous réels et : . L’exponentielle transforme les sommes en produits.
Conséquences. Pour tous réels , et tout entier relatif :
| Règle | Formule |
|---|---|
| Inverse | |
| Quotient | |
| Puissance | |
| Produit avec l’opposé |
On calcule comme avec les puissances : on additionne les exposants pour un produit, on les soustrait pour un quotient, on les multiplie pour une puissance.
Démonstration de la relation fonctionnelle (approfondissement proposé par le programme). Fixons un réel et posons . Par produit (en admettant que a pour dérivée , et avec ) : . Donc est constante : . En multipliant par (et ) : .
Un seul exposant. ; ; .
Rédigé. Simplifier . On transforme la puissance : . Puis .
Factoriser. , donc .
Réflexe — Je transforme d’abord chaque puissance en , puis je regroupe tout en un seul exposant, que je réduis en mettant des parenthèses autour de ce que je soustrais.
Attention — et une somme ne se simplifie pas. Et , pas : pour , alors que .
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Variations, courbe, équations et inéquations
Variations. Pour tout , : la fonction exponentielle est strictement croissante sur .
(valeurs approchées au millième, sauf ; de gauche à droite, augmente)
Courbe. Elle passe par et et reste au-dessus de l’axe des abscisses ; quand devient très négatif, se rapproche de sans l’atteindre. Sa tangente au point d’abscisse a pour équation (car et ).
Équations et inéquations. Pour tous réels et : et (de même avec , , ). En particulier et .
Équation. . .
Inéquation rédigée. Résoudre . On écrit ; l’exponentielle étant strictement croissante, (on divise par : le sens change). .
Changement d’inconnue. . On pose , avec : , de racines et . La racine est impossible () ; reste , soit . .
Courbe au-dessus de sa tangente en 0. Montrons que pour tout réel . Soit ; . Or : est décroissante sur et croissante sur . Son minimum est , donc , c’est-à-dire , avec égalité seulement en .
Réflexe — J’écris chaque membre sous la forme (avec et ), je passe aux exposants en citant « l’exponentielle est strictement croissante », je résous, puis je conclus par un ensemble de solutions.
Attention — Le passage aux exposants garde le sens de l’inégalité ; c’est ensuite la division par un nombre négatif qui le change. Et après , une racine doit être écartée.
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Dériver e^(at) et étudier une fonction
Dérivée de . Pour tout réel , la fonction est dérivable sur et . Comme , on en déduit .
Fonctions et (). Comme , la dérivée est strictement positive : est strictement croissante. La dérivée de est : elle est strictement décroissante. Les deux courbes passent par et sont symétriques l’une de l’autre par rapport à l’axe des ordonnées ; plus est grand, plus elles sont raides.
Produit. Pour , on dérive avec , puis on factorise par l’exponentielle : . Comme , le signe de est celui de .
Dérivées. ; ; .
Produit. : , du signe de .
Étude rédigée. sur . On pose , , . Alors . Comme , a le signe de : négatif sur , positif sur .
| ↘ | ↗ |
Le minimum de est .
Quotient. sur : , du signe de .
Réflexe — Je dérive (le coefficient de sort devant), je factorise par l’exponentielle, j’écris « donc a le signe de… », puis je dresse le tableau de variations et je calcule les extremums en valeur exacte.
Attention — , pas : le coefficient sort devant. Et le signe de n’est pas celui de : est négative sur mais décroissante seulement sur , car sa dérivée vaut .
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Suites géométriques et modèles exponentiels
Lien avec les suites géométriques. Pour tout réel , la suite définie par est géométrique de raison et de premier terme , car . Plus généralement, est géométrique de raison et de premier terme .
Sens de variation (). La raison est toujours strictement positive. Si , : la suite est croissante, chaque terme augmente de . Si , : la suite est décroissante, de taux , négatif.
Modèles continus. Une grandeur (, ) a une croissance exponentielle ; , une décroissance exponentielle (médicament éliminé, désintégration radioactive). Ses valeurs aux instants entiers forment une suite géométrique : c’est la version « en temps continu » d’une évolution à taux constant.
Croissance. Une grandeur suit le modèle . La suite est géométrique de raison : la grandeur augmente d’environ par unité de temps (et non de ).
Décroissance rédigée. ; on donne . On pose . Pour tout entier naturel : . La suite est géométrique de raison et de premier terme : la grandeur baisse d’environ par unité de temps.
Somme. Avec la formule () et : .
Réflexe — Pour un modèle : je pose , j’écris , je conclus « géométrique de raison », puis je traduis la raison en taux : .
Attention — Le taux n’est pas le coefficient de l’exposant : , donc et non . Et une décroissance exponentielle ne s’arrête jamais : , la grandeur n’atteint jamais .
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Pour aller plus loin
Dérivation. Les formules et utilisées ici sont établies dans le chapitre Calcul de dérivées ; le lien entre signe de la dérivée et variations, dans Variations, extremums et courbes.
Suites géométriques. Terme général , sens de variation et somme : chapitre Suites géométriques.
Se verra en Terminale. Les limites de l’exponentielle en et en et les croissances comparées (« l’exponentielle l’emporte sur les puissances ») sont traitées dans le chapitre Limites de fonctions. La dérivée de pour une fonction quelconque, , est vue en Terminale, comme la fonction logarithme népérien, qui permet de résoudre (solution ).
- est l’unique fonction dérivable sur telle que et ; et .
- Pour tout réel : et ; une équation avec n’a pas de solution.
- , , , ; une somme ne se simplifie pas.
- est strictement croissante : et ; tangente en : .
- et ; pour étudier , on factorise par .
- Lien avec les suites géométriques : est géométrique de raison : croissance exponentielle si , décroissance si .
Questions fréquentes
Comment définit-on la fonction exponentielle en 1re ?
C’est l’unique fonction dérivable sur ℝ qui est égale à sa dérivée et qui vaut 1 en 0 (f′ = f et f(0) = 1) ; son existence et son unicité sont admises. On note e = exp(1) ≈ 2,718 et exp(x) = eˣ. La méthode d’Euler permet d’en construire des valeurs approchées.
Quelles sont les propriétés algébriques de l’exponentielle ?
eᵃ⁺ᵇ = eᵃ × eᵇ, e⁻ᵃ = 1/eᵃ, eᵃ⁻ᵇ = eᵃ/eᵇ et (eᵃ)ⁿ = eⁿᵃ pour n entier relatif. Elles se manipulent comme les puissances : on additionne les exposants pour un produit, on les soustrait pour un quotient. En revanche eᵃ + eᵇ ne se simplifie pas.
Comment résoudre une équation ou une inéquation avec des exponentielles ?
On écrit chaque membre sous la forme e^A (avec 1 = e⁰ et e = e¹), puis on utilise e^A = e^B ⇔ A = B et e^A < e^B ⇔ A < B, car l’exponentielle est strictement croissante. Une équation eˣ = un nombre négatif ou nul n’a aucune solution.
Quelle est la dérivée de e^(at) ?
Pour tout réel a, la dérivée de t ↦ e^(at) est t ↦ a e^(at) ; plus généralement (e^(ax + b))′ = a e^(ax + b). Pour un produit comme (2x + 1)eˣ, on utilise (uv)′ = u′v + uv′, puis on factorise par l’exponentielle, qui est toujours strictement positive.
Quel est le lien entre l’exponentielle et les suites géométriques ?
Pour tout réel a, la suite uₙ = e^(na) est géométrique de raison eᵃ. Un modèle K e^(at) pris aux instants entiers donne donc une suite géométrique : si a > 0, c’est une croissance exponentielle de taux (eᵃ − 1) × 100 % ; si a < 0, une décroissance.
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