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Spécialité Mathématiques 1ʳᵉ

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Fonction exponentielle

Définition par f′ = f et f(0) = 1, nombre e, signe, propriétés algébriques, variations, courbe, équations et inéquations, dérivée de t ↦ e^(at), croissance et décroissance exponentielles, lien avec les suites géométriques.

À propos de cette page
Ce cours de spécialité maths de 1re sur la fonction exponentielle suit cinq parties : définition par f′ = f et f(0) = 1 avec le nombre e et la méthode d’Euler, propriétés algébriques, variations et équations, dérivée de e^(at) et étude de fonctions comme (2x − 3)eˣ, lien avec les suites géométriques. Les démonstrations proposées par le programme (eˣ × e⁻ˣ = 1, positivité, relation fonctionnelle) y sont rédigées.
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Définition, nombre e et signe

Ce qu’il faut savoir

Définition (existence et unicité admises). Il existe une unique fonction f dérivable sur ℝ telle que f′=f et f(0)=1. C’est la fonction exponentielle, notée exp. Ainsi exp(0)=1 et, pour tout réel x, exp′(x)=exp(x).

Produit avec l’opposé. Pour tout réel x : exp(x)×exp(−x)=1. Donc l’exponentielle ne s’annule jamais et exp(−x)=1exp(x).

Signe. Pour tout réel x, exp(x)>0.

Nombre e. On pose e=exp(1)≈2,718 et, pour tout réel x, on note exp(x)=ex (« e puissance x »). Valeurs à connaître : e0=1, e1=e, e−1=1e≈0,368, e2≈7,389.

Dérivée. (ex)′=ex : l’exponentielle est sa propre dérivée.

Équation f′=f (approfondissement, vu en Terminale). Plus généralement (on le démontre en exercice avec h(x)=f(x)ex), les fonctions dérivables sur ℝ telles que f′=f sont les fonctions x↦Cex, où C est un réel : on a alors C=f(0).

Méthode d’Euler. Avec un pas h petit, l’approximation affine f(x+h)≈f(x)+hf′(x) devient, puisque f′=f : f(x+h)≈(1+h)f(x). En partant de f(0)=1 et en avançant n fois du pas h=1n, on obtient e=f(1)≈(1+1n)n.

Exemples

Démonstration de exp(x)exp(−x)=1 et exp(x)>0 (approfondissement proposé par le programme). Soit φ(x)=exp(x)exp(−x). La fonction x↦exp(−x) est dérivable, de dérivée −exp(−x) (dérivée de t↦eat avec a=−1). Par produit : φ′(x)=exp(x)exp(−x) +exp(x)×(−exp(−x)) =0. Une fonction de dérivée nulle sur ℝ est constante : φ(x)=φ(0)=1×1=1. Un produit égal à 1 n’a aucun facteur nul : exp(x)≠0. Enfin exp(x)=exp(x2+x2) =(expx2)2⩾0 (relation fonctionnelle, cas 2) et exp(x)≠0, donc exp(x)>0.

La condition f(0)=1 compte. f(x)=3ex vérifie f′(x)=3ex=f(x), mais f(0)=3≠1 : ce n’est pas la fonction exponentielle.

Signe. L’équation ex=−2 n’a aucune solution, ni ex=0. Et −5ex<0 pour tout réel x.

Euler en Python. La fonction ci-dessous applique n pas de longueur h=1n à partir de y=1 ; elle renvoie (1+1n)n, valeur approchée de e.

def euler(n):
    h = 1 / n
    y = 1
    for k in range(n):
        y = y + h * y
    return y

euler(10) renvoie environ 2,594 et euler(1000) environ 2,717 : plus le pas est petit, plus on approche e≈2,718.

Réflexe — Devant equelque chose, je pense « strictement positif » : un facteur eu ne change jamais le signe d’un produit, et une équation eu=c avec c⩽0 n’a aucune solution.

Attention — ex n’est pas e×x, et e−x n’est pas négatif : e−x=1ex>0. Le signe « moins » porte sur l’exposant, pas sur le résultat.

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Propriétés algébriques

Ce qu’il faut savoir

Relation fonctionnelle. Pour tous réels a et b : ea+b=ea×eb. L’exponentielle transforme les sommes en produits.

Conséquences. Pour tous réels a, b et tout entier relatif n :

RègleFormule
Inversee−a=1ea
Quotientea−b=eaeb
Puissance(ea)n=ena
Produit avec l’opposéea×e−a=1

On calcule comme avec les puissances : on additionne les exposants pour un produit, on les soustrait pour un quotient, on les multiplie pour une puissance.

Exemples

Démonstration de la relation fonctionnelle (approfondissement proposé par le programme). Fixons un réel b et posons h(x)=ex+b×e−x. Par produit (en admettant que x↦ex+b a pour dérivée x↦ex+b, et avec (e−x)′=−e−x) : h′(x) =ex+be−x+ex+b×(−e−x) =0. Donc h est constante : h(x)=h(0)=eb×1 =eb. En multipliant ex+be−x=eb par ex (et e−xex=1) : ex+b=exeb.

Un seul exposant. e3×e−5=e3−5=e−2 ; ex+1e2x=ex+1−2x=e1−x ; (e−x)3×e4x=e−3x+4x=ex.

Rédigé. Simplifier A=(e2x)3×e−xex+5. On transforme la puissance : (e2x)3=e6x. Puis A=e6x×e−xex+5=e6x−x−(x+5) =e4x−5.

Factoriser. e2x=(ex)2, donc e2x+3ex=ex(ex+3).

Réflexe — Je transforme d’abord chaque puissance (eu)n en enu, puis je regroupe tout en un seul exposant, que je réduis en mettant des parenthèses autour de ce que je soustrais.

Attention — ea+b≠ea+eb et une somme ea+eb ne se simplifie pas. Et (ex)2=e2x, pas ex2 : pour x=3, e2x=e6 alors que ex2=e9.

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Variations, courbe, équations et inéquations

Ce qu’il faut savoir

Variations. Pour tout x, exp′(x)=ex>0 : la fonction exponentielle est strictement croissante sur ℝ.

x−1012
ex0,36812,7187,389

(valeurs approchées au millième, sauf e0=1 ; de gauche à droite, ex augmente)

Courbe. Elle passe par (0;1) et (1;e) et reste au-dessus de l’axe des abscisses ; quand x devient très négatif, ex se rapproche de 0 sans l’atteindre. Sa tangente au point d’abscisse 0 a pour équation y=x+1 (car exp(0)=1 et exp′(0)=1).

y = eˣy = x + 1(1 ; e)11

Équations et inéquations. Pour tous réels A et B : eA=eB⟺A=B et eA<eB⟺A<B (de même avec ⩽, >, ⩾). En particulier ex>1⟺x>0 et 0<ex<1⟺x<0.

Exemples

Équation. e2x+1=ex−3 ⟺2x+1=x−3 ⟺x=−4. S={−4}.

Inéquation rédigée. Résoudre e5−2x⩾e. On écrit e=e1 ; l’exponentielle étant strictement croissante, e5−2x⩾e1⟺5−2x⩾1 ⟺−2x⩾−4⟺x⩽2 (on divise par −2<0 : le sens change). S=]−∞;2].

Changement d’inconnue. e2x+ex−2=0. On pose X=ex, avec X>0 : X2+X−2=0, de racines 1 et −2. La racine −2 est impossible (ex>0) ; reste ex=1=e0, soit x=0. S={0}.

Courbe au-dessus de sa tangente en 0. Montrons que ex⩾x+1 pour tout réel x. Soit φ(x)=ex−x−1 ; φ′(x)=ex−1. Or ex−1>0⟺ex>e0 ⟺x>0 : φ est décroissante sur ]−∞;0] et croissante sur [0;+∞[. Son minimum est φ(0)=1−0−1=0, donc φ(x)⩾0, c’est-à-dire ex⩾x+1, avec égalité seulement en x=0.

Réflexe — J’écris chaque membre sous la forme e… (avec 1=e0 et e=e1), je passe aux exposants en citant « l’exponentielle est strictement croissante », je résous, puis je conclus par un ensemble de solutions.

Attention — Le passage aux exposants garde le sens de l’inégalité ; c’est ensuite la division par un nombre négatif qui le change. Et après X=ex, une racine X⩽0 doit être écartée.

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Dériver e^(at) et étudier une fonction

Ce qu’il faut savoir

Dérivée de t↦eat. Pour tout réel a, la fonction t↦eat est dérivable sur ℝ et (eat)′=aeat. Comme eax+b=eb×eax, on en déduit (eax+b)′=aeax+b.

Fonctions t↦ekt et t↦e−kt (k>0). Comme ekt>0, la dérivée kekt est strictement positive : t↦ekt est strictement croissante. La dérivée de t↦e−kt est −ke−kt<0 : elle est strictement décroissante. Les deux courbes passent par (0;1) et sont symétriques l’une de l’autre par rapport à l’axe des ordonnées ; plus k est grand, plus elles sont raides.

Produit. Pour f(x)=u(x)ex, on dérive avec (uv)′=u′v+uv′, puis on factorise par l’exponentielle : f′(x) =(u′(x)+u(x))ex. Comme ex>0, le signe de f′(x) est celui de u′(x)+u(x).

Exemples

Dérivées. (e−0,4t)′ =−0,4e−0,4t ; (7e2t)′=14e2t ; (e3x−2)′=3e3x−2.

Produit. f(x)=(x+2)ex : f′(x) =1×ex+(x+2)ex =(x+3)ex, du signe de x+3.

Étude rédigée. g(x)=(2x−3)ex sur ℝ. On pose u(x)=2x−3, u′(x)=2, v(x)=v′(x)=ex. Alors g′(x) =2ex+(2x−3)ex =(2x−1)ex. Comme ex>0, g′(x) a le signe de 2x−1 : négatif sur ]−∞;12], positif sur [12;+∞[.

x−∞12+∞
g′(x)−0+
g↘−2e1/2↗

Le minimum de g est g(12)=(1−3)e1/2 =−2e1/2.

Quotient. k(x)=exx+1 sur ]−1;+∞[ : k′(x) =ex(x+1)−ex×1(x+1)2 =xex(x+1)2, du signe de x.

Réflexe — Je dérive (le coefficient a de eax+b sort devant), je factorise par l’exponentielle, j’écris « e…>0 donc f′(x) a le signe de… », puis je dresse le tableau de variations et je calcule les extremums en valeur exacte.

Attention — (e−3t)′=−3e−3t, pas e−3t : le coefficient sort devant. Et le signe de f n’est pas celui de f′ : (x−1)ex est négative sur ]−∞;1[ mais décroissante seulement sur ]−∞;0], car sa dérivée vaut xex.

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Suites géométriques et modèles exponentiels

Ce qu’il faut savoir

Lien avec les suites géométriques. Pour tout réel a, la suite définie par un=ena est géométrique de raison ea et de premier terme u0=1, car un+1=e(n+1)a=ena×ea =eaun. Plus généralement, vn=Kena est géométrique de raison ea et de premier terme K.

Sens de variation (K>0). La raison ea est toujours strictement positive. Si a>0, ea>1 : la suite est croissante, chaque terme augmente de (ea−1)×100 %. Si a<0, 0<ea<1 : la suite est décroissante, de taux (ea−1)×100 %, négatif.

Modèles continus. Une grandeur g(t)=Kekt (K>0, k>0) a une croissance exponentielle ; g(t)=Ke−kt, une décroissance exponentielle (médicament éliminé, désintégration radioactive). Ses valeurs aux instants entiers forment une suite géométrique : c’est la version « en temps continu » d’une évolution à taux constant.

Exemples

Croissance. Une grandeur suit le modèle g(t)=200e0,2t. La suite wn=g(n)=200e0,2n est géométrique de raison e0,2≈1,221 : la grandeur augmente d’environ 22,1 % par unité de temps (et non de 20 %).

Décroissance rédigée. g(t)=40e−0,1t ; on donne e−0,1≈0,905. On pose un=g(n)=40e−0,1n. Pour tout entier naturel n : un+1 =40e−0,1(n+1) =40e−0,1n×e−0,1 =e−0,1un. La suite (un) est géométrique de raison e−0,1≈0,905 et de premier terme u0=40 : la grandeur baisse d’environ 9,5 % par unité de temps.

Somme. Avec la formule 1+q+⋯+qn =qn+1−1q−1 (q≠1) et q=e2 : 1+e2+e4+e6 =e8−1e2−1.

Réflexe — Pour un modèle Keat : je pose un=Kean, j’écris un+1=Kean×ea =eaun, je conclus « géométrique de raison ea », puis je traduis la raison en taux : (ea−1)×100 %.

Attention — Le taux n’est pas le coefficient de l’exposant : e0,2≈1,221, donc +22,1 % et non +20 %. Et une décroissance exponentielle ne s’arrête jamais : Ke−kt>0, la grandeur n’atteint jamais 0.

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Pour aller plus loin

Dérivation. Les formules (uv)′=u′v+uv′ et (uv)′ utilisées ici sont établies dans le chapitre Calcul de dérivées ; le lien entre signe de la dérivée et variations, dans Variations, extremums et courbes.

Suites géométriques. Terme général u0qn, sens de variation et somme 1+q+⋯+qn : chapitre Suites géométriques.

Se verra en Terminale. Les limites de l’exponentielle en +∞ et en −∞ et les croissances comparées (« l’exponentielle l’emporte sur les puissances ») sont traitées dans le chapitre Limites de fonctions. La dérivée de eu pour une fonction u quelconque, (eu)′=u′eu, est vue en Terminale, comme la fonction logarithme népérien, qui permet de résoudre ex=4 (solution ln4).

À retenir
  • exp est l’unique fonction dérivable sur ℝ telle que f′=f et f(0)=1 ; e=exp(1)≈2,718 et exp(x)=ex.
  • Pour tout réel x : ex>0 et ex×e−x=1 ; une équation eu=c avec c⩽0 n’a pas de solution.
  • ea+b=eaeb, e−a=1ea, ea−b=eaeb, (ea)n=ena ; une somme ea+eb ne se simplifie pas.
  • exp est strictement croissante : eA=eB⟺A=B et eA<eB⟺A<B ; tangente en 0 : y=x+1.
  • (eat)′=aeat et (eax+b)′=aeax+b ; pour étudier u(x)ex, on factorise par ex>0.
  • Lien avec les suites géométriques : un=Kena est géométrique de raison ea : croissance exponentielle si a>0, décroissance si a<0.

Questions fréquentes

Comment définit-on la fonction exponentielle en 1re ?

C’est l’unique fonction dérivable sur ℝ qui est égale à sa dérivée et qui vaut 1 en 0 (f′ = f et f(0) = 1) ; son existence et son unicité sont admises. On note e = exp(1) ≈ 2,718 et exp(x) = eˣ. La méthode d’Euler permet d’en construire des valeurs approchées.

Quelles sont les propriétés algébriques de l’exponentielle ?

eᵃ⁺ᵇ = eᵃ × eᵇ, e⁻ᵃ = 1/eᵃ, eᵃ⁻ᵇ = eᵃ/eᵇ et (eᵃ)ⁿ = eⁿᵃ pour n entier relatif. Elles se manipulent comme les puissances : on additionne les exposants pour un produit, on les soustrait pour un quotient. En revanche eᵃ + eᵇ ne se simplifie pas.

Comment résoudre une équation ou une inéquation avec des exponentielles ?

On écrit chaque membre sous la forme e^A (avec 1 = e⁰ et e = e¹), puis on utilise e^A = e^B ⇔ A = B et e^A < e^B ⇔ A < B, car l’exponentielle est strictement croissante. Une équation eˣ = un nombre négatif ou nul n’a aucune solution.

Quelle est la dérivée de e^(at) ?

Pour tout réel a, la dérivée de t ↦ e^(at) est t ↦ a e^(at) ; plus généralement (e^(ax + b))′ = a e^(ax + b). Pour un produit comme (2x + 1)eˣ, on utilise (uv)′ = u′v + uv′, puis on factorise par l’exponentielle, qui est toujours strictement positive.

Quel est le lien entre l’exponentielle et les suites géométriques ?

Pour tout réel a, la suite uₙ = e^(na) est géométrique de raison eᵃ. Un modèle K e^(at) pris aux instants entiers donne donc une suite géométrique : si a > 0, c’est une croissance exponentielle de taux (eᵃ − 1) × 100 % ; si a < 0, une décroissance.

Bloqué sur ce chapitre ?

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