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Lycée · 1ʳᵉ · Spécialité Mathématiques

Fonction exponentielle

Définition par l'équation f' = f, propriétés algébriques, variations, lien avec les suites géométriques (programme 2026 de première spécialité maths)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité mathématiques en première sur « Fonction exponentielle » suit le programme officiel de spécialité mathématiques de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel : définition et nombre e, Propriétés algébriques, Variations, courbe et équations, Les fonctions t ↦ e^{at}. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en spécialité mathématiques.
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L'essentiel : définition et nombre e

Définition. On admet qu'il existe une unique fonction f dérivable sur telle que f=f et f(0)=1. Cette fonction est appelée fonction exponentielle et notée exp.
Nombre e. On pose e=exp(1)2,718. Pour tout réel x, on note exp(x)=ex : on lit « e puissance x » ou « exponentielle de x ».
Premières valeurs. e0=1, e1=e, e1=1e0,368, e27,389.
Propriété fondamentale. La fonction exponentielle est dérivable sur et est sa propre dérivée : pour tout réel x, exp(x)=exp(x), c'est-à-dire (ex)=ex.
Positivité. Pour tout réel x, ex>0. En particulier, l'exponentielle ne s'annule jamais : l'équation ex=0 n'a aucune solution, et ex=2 non plus.
Exemple. La fonction f(x)=3ex vérifie f(x)=3ex=f(x), mais f(0)=31 : ce n'est pas la fonction exponentielle. La condition f(0)=1 est indispensable pour l'unicité.
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Propriétés algébriques

Relation fonctionnelle. Pour tous réels a et b : ea+b=ea×eb. L'exponentielle transforme les sommes en produits.
Conséquences. Pour tous réels a, b et tout entier relatif n :
ea=1ea ;
eab=eaeb ;
(ea)n=ena ;
ea×ea=1.
Exemples. e3×e5=e35=e2 ; ex+1e2x=ex+12x=e1x ; (ex)2=e2x (et non ex2) ; (ex)3×e4x=e3x+4x=ex.
Démonstration exigible : ex×ex=1 et ex>0.
Soit φ la fonction définie sur par φ(x)=exp(x)exp(x). Elle est dérivable comme produit de fonctions dérivables, et φ(x)=exp(x)exp(x)+exp(x)×(exp(x))=0. Donc φ est constante sur , égale à φ(0)=exp(0)exp(0)=1. Ainsi exp(x)exp(x)=1 pour tout x : l'exponentielle ne s'annule pas (un produit nul aurait un facteur nul).
De plus exp(x)=exp(x2+x2)=(expx2)20, et comme exp(x)0, on conclut exp(x)>0.
Astuce. Les exposants se manipulent comme ceux des puissances : additionner les exposants pour un produit, soustraire pour un quotient, multiplier pour une puissance.
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Variations, courbe et équations

Variations. Pour tout x, exp(x)=ex>0 : la fonction exponentielle est strictement croissante sur .
x01+
ex1e
Équations et inéquations. Comme exp est strictement croissante, pour tous réels A et B :
eA=eBA=B ;
eA<eBA<B (même sens pour , >, ).
Exemples. e2x+1=ex32x+1=x3x=4.
e3x<ex+43x<x+4x<2 : l'ensemble des solutions est ];2[.
ex>1ex>e0x>0.
Courbe représentative. La courbe de exp passe par (0;1) et (1;e), est située au-dessus de l'axe des abscisses, et sa tangente au point d'abscisse 0 a pour équation y=x+1 (car exp(0)=1 et exp(0)=1). Quand x devient très négatif, ex se rapproche de 0 sans l'atteindre.
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Les fonctions t ↦ e^{at}

Propriété. Soit a un réel. La fonction g:teat est dérivable sur et g(t)=aeat.
Variations. Comme eat>0, le signe de g(t) est celui de a :
• si a>0, g est strictement croissante sur (croissance exponentielle) ;
• si a<0, g est strictement décroissante sur (décroissance exponentielle) ;
• si a=0, g est constante égale à 1.
Exemples. (e0,4t)=0,4e0,4t : fonction strictement décroissante. (7e2t)=14e2t : fonction strictement croissante.
Plus généralement. Si u est une fonction dérivable, (eu)=ueu. Ce résultat est au programme de terminale ; en première, on se limite à u(t)=at et aux produits du type (mt+p)et que l'on dérive avec la formule (uv)=uv+uv.
Exemple de produit. Pour f(x)=(x+2)ex : f(x)=1×ex+(x+2)ex=(x+3)ex. Le signe de f(x) est celui de x+3.
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Lien avec les suites géométriques

Propriété. Soit a un réel et (un) la suite définie par un=ean. Alors pour tout entier naturel n, un+1=ea(n+1)=ean×ea=eaun. La suite (un) est géométrique de raison q=ea et de premier terme u0=1. Plus généralement, vn=Kean est géométrique de raison ea et de premier terme K.
Interprétation. ea est un réel strictement positif : la raison est toujours positive.
• Si a>0, alors ea>1 : la suite est croissante, chaque terme augmente d'un pourcentage fixe (ea1)×100 %.
• Si a<0, alors 0<ea<1 : la suite est décroissante.
Exemple. Une grandeur suit le modèle continu g(t)=200e0,2t. La suite wn=g(n)=200e0,2n est géométrique de raison e0,21,221 : la grandeur augmente d'environ 22,1 % par unité de temps.
À retenir. La fonction teat est la version « en temps continu » d'une suite géométrique : les valeurs prises aux entiers forment une suite géométrique de raison ea.
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Méthodes

Méthode 1 — Simplifier une expression avec des exponentielles
  1. Transformer chaque puissance (eu)n en enu.
  2. Regrouper en un seul exposant : produit → somme des exposants, quotient → différence.
  3. Réduire l'exposant obtenu.
Exemple rédigé. Simplifier A=(e2x)3×exex+5.
A=e6x×exex+5=e6xx(x+5)=e4x5.
Méthode 2 — Résoudre une équation ou une inéquation
  1. Écrire chaque membre sous la forme eA (en utilisant 1=e0 et e=e1 si besoin).
  2. Appliquer eA=eBA=B ou eA<eBA<B.
  3. Résoudre l'équation ou l'inéquation sur les exposants ; conclure par un ensemble de solutions.
Exemple rédigé. Résoudre e52xe.
e52xe152x12x4x2 (on divise par 2<0, le sens change). S=];2].
Méthode 3 — Étudier les variations d'un produit (mx+p)ex
  1. Dériver avec (uv)=uv+uv et factoriser par ex.
  2. Utiliser ex>0 : le signe de f(x) est celui du facteur affine.
  3. Dresser le tableau de variations et calculer l'extremum.
Exemple rédigé. f(x)=(2x3)ex sur .
f(x)=2ex+(2x3)ex=(2x1)ex. Comme ex>0, f(x) a le signe de 2x1 : négatif sur ];12], positif sur [12;+[. Donc f est décroissante puis croissante, avec un minimum f(12)=2e1/23,30.
Méthode 4 — Passer d'un modèle continu à une suite géométrique
  1. Poser un=g(n)g(t)=Keat.
  2. Calculer un+1=Kea(n+1)=ea×un : la raison est ea.
  3. Traduire la raison en pourcentage d'évolution : (ea1)×100 %.
Exemple rédigé. g(t)=40e0,1t. un=g(n)=40e0,1n, donc un+1=40e0,1ne0,1=e0,1un. Suite géométrique de raison e0,10,905 : baisse d'environ 9,5 % par unité de temps.
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Pièges et erreurs classiques

Confondre e2x et ex2. (ex)2=e2x. En revanche ex2 est l'exponentielle de x2 : pour x=3, e2x=e6 et ex2=e9.
Inventer une règle pour la somme. ea+bea+eb et ea+eb ne se simplifie pas. Seuls les produits, quotients et puissances se transforment.
Oublier que ex>0. ex=5 ou ex=0 n'ont aucune solution. Dans un tableau de signes, une ligne « ex » est toujours positive : c'est le facteur affine qui décide du signe.
Dériver eat sans le coefficient. (e3t)=3e3t, pas e3t. Le coefficient a sort devant.
Confondre « décroissante » et « négative ». f(x)=(x1)ex est décroissante sur ];0] mais négative sur ];1[ : le signe de f vient de x1, le sens de variation vient de f(x)=xex.
Diviser par un négatif dans une inéquation. ex<e4x<4x>4. Le passage aux exposants conserve le sens, mais la division par 1 le change.
En bref
  • exp est l'unique fonction dérivable sur telle que exp=exp et exp(0)=1 ; on note exp(x)=ex, e2,718.
  • Pour tout x, ex>0 ; exp est strictement croissante ; eA=eBA=B et eA<eBA<B.
  • ea+b=eaeb, ea=1ea, eab=eaeb, (ea)n=ena.
  • (eat)=aeat : croissante si a>0, décroissante si a<0.
  • un=Kean est géométrique de raison ea : l'exponentielle est la suite géométrique « en continu ».
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