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Spécialité HGGSP 1ʳᵉ

Ressources · 1ʳᵉ · Spécialité HGGSP

Thème 2 — Axe 1 : essor et déclin des puissances

Notion de puissance, l'empire ottoman de l'apogée à la disparition, la Russie depuis 1991 (spécialité HGGSP de 1re)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité HGGSP en première sur « Thème 2 — Axe 1 : essor et déclin des puissances » suit le programme officiel de spécialité HGGSP de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce que la puissance ?, Les hiérarchies de puissances, L'essor ottoman : une puissance à son apogée (1453-1683), Du recul à la réforme (1683-1876). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en spécialité HGGSP.

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — L'empire ottoman, de l'apogée à la disparition (1453-1923)

Analyse des termes — L'« apogée » désigne le moment où l'empire atteint son extension et son prestige maximaux, sous Soliman le Magnifique (1520-1566) ; la « disparition » renvoie à l'abolition du sultanat (1922) et au traité de Lausanne (1923). Les bornes vont de la prise de Constantinople (1453) à la proclamation de la République turque (29 octobre 1923) : près de cinq siècles, qu'il faut découper en moments.

Problématique — Comment l'empire ottoman, grande puissance des XVe et XVIe siècles, a-t-il perdu sa capacité à imposer sa volonté jusqu'à disparaître, et ce recul fut-il un déclin continu ?

Introduction rédigéeLe 29 mai 1453, le sultan Mehmed II entre dans Constantinople : l'Empire byzantin disparaît et l'État ottoman, né vers 1300 en Anatolie, devient un empire à cheval sur l'Europe et l'Asie. Moins de cinq siècles plus tard, le 24 juillet 1923, le traité de Lausanne consacre la Turquie de Mustafa Kemal sur les ruines de ce même empire. Si l'on définit la puissance, avec Raymond Aron, comme la capacité d'imposer sa volonté aux autres, l'empire ottoman offre l'exemple d'une puissance qui s'est construite puis défaite. L'apogée correspond au règne de Soliman le Magnifique (1520-1566), la disparition à l'abolition du sultanat (1922) puis à la proclamation de la République (1923). Comment l'empire ottoman a-t-il perdu sa capacité à imposer sa volonté jusqu'à disparaître, et ce recul fut-il un déclin continu ? Nous verrons d'abord une grande puissance à son apogée, de 1453 à 1683, puis un long recul face à l'Europe, malgré les réformes, de 1683 à 1876, enfin le dépècement de l'empire et sa disparition, de 1876 à 1923.

I. Une grande puissance à son apogée (1453-1683)

  • Une expansion sur trois continents.Prise de Constantinople (29 mai 1453), conquête de l'Égypte (1517), victoire de Mohács (1526), siège de Vienne (1529), prise de Bagdad (1534).
  • Un État et une armée efficaces.Janissaires recrutés par le devchirme, timars, autorité du sultan-calife après 1517.
  • Un acteur central de la diplomatie européenne.Rapprochement avec François Ier (1535-1536), capitulations ; flotte reconstruite dès 1572 après Lépante, Chypre conservée.

II. Un long recul face à l'Europe, malgré les réformes (1683-1876)

  • Les premiers reculs territoriaux.Échec devant Vienne (12 septembre 1683), traité de Karlowitz (1699) : perte de la Hongrie et de la Transylvanie.
  • La poussée russe et les nationalismes.Traité de Küçük Kaynarca (1774), annexion de la Crimée (1783), indépendance grecque (1830).
  • Un État qui se réforme mais s'endette.Rescrit de Gülhane (1839), admission au concert européen (1856), défaut de paiement (1875).

III. Du dépècement à la disparition (1876-1923)

  • Un empire sous tutelle européenne.Congrès de Berlin (1878), Tunisie (1881), Égypte (1882), Administration de la dette publique ottomane (1881).
  • L'échec du sursaut jeune-turc.Révolution de 1908, perte de la Bosnie et de la Bulgarie (octobre 1908), guerres balkaniques (1912-1913).
  • La guerre, le génocide et la fin de l'empire.Entrée en guerre (novembre 1914), génocide des Arméniens (1915), Sèvres (1920), Lausanne (24 juillet 1923), abolition du califat (1924).
Conclusion rédigéeL'empire ottoman a été, aux XVe et XVIe siècles, l'une des premières puissances du monde, capable d'assiéger Vienne et de traiter d'égal à égal avec les rois de France. À partir de 1683-1699, il recule face à des voisins européens qui se modernisent plus vite, et les nationalismes des Balkans le fragmentent. Ce recul n'est pourtant ni linéaire ni passif : les Tanzimat de 1839 et la résistance des Dardanelles en 1915 montrent un État qui cherche à se réformer et à se défendre. C'est finalement la Première Guerre mondiale, marquée par le génocide des Arméniens, qui entraîne sa disparition entre 1918 et 1923. L'héritier de l'empire, la Turquie, s'est construit contre lui ; mais l'expérience ottomane éclaire une autre trajectoire, celle de la Russie, qui a dû, après 1991, se reconstruire elle aussi sur les ruines d'un empire.

Le piège — Raconter cinq siècles d'un seul trait en faisant commencer le déclin à Lépante (1571) ou à la mort de Soliman (1566) : la moitié des copies oublie que l'empire reste offensif jusqu'en 1683 et qu'il se réforme au XIXe siècle.

Sujet 2 — La Russie depuis 1991 : le retour d'une puissance ?

Analyse des termes — Le sujet part de la disparition de l'URSS (décembre 1991) et va jusqu'à aujourd'hui, en passant par la guerre en Ukraine (2022). Le « retour » suppose une comparaison avec la puissance soviétique ; le point d'interrogation invite à discuter l'ampleur et la nature de ce retour.

Problématique — Après l'effondrement de 1991, la Russie a-t-elle retrouvé une capacité à imposer sa volonté dans le monde, ou n'est-elle qu'une puissance régionale qui compense par la force ses faiblesses ?

Introduction rédigéeLe 25 décembre 1991, le drapeau soviétique est descendu du Kremlin : la superpuissance qui rivalisait avec les États-Unis depuis 1945 disparaît, et la Russie de Boris Eltsine en devient l'héritière amoindrie. Trois décennies plus tard, le 24 février 2022, cette même Russie lance une guerre de grande ampleur contre l'Ukraine et se pose en adversaire déclaré de l'OTAN. Entre ces deux dates, la question du « retour » de la puissance russe n'a cessé d'être posée. La puissance, selon Raymond Aron, est la capacité d'imposer sa volonté aux autres : elle ne se confond pas avec la force, c'est-à-dire avec les ressources. Or la Russie dispose de ressources immenses, mais d'une économie que l'historien Georges Sokoloff jugeait déjà « pauvre ». Après l'effondrement de 1991, la Russie a-t-elle retrouvé une capacité à imposer sa volonté dans le monde, ou n'est-elle qu'une puissance régionale qui compense par la force ses faiblesses ? Nous verrons d'abord une puissance effondrée mais pas anéantie dans les années 1990, puis un redressement fondé sur l'État et les hydrocarbures de 2000 à 2013, enfin une puissance qui s'affirme par la force depuis 2014, mais dont les limites sont visibles.

I. Une puissance effondrée mais pas anéantie (1991-1999)

  • Un recul territorial et humain sans précédent.Disparition de l'URSS (25-26 décembre 1991) ; environ 148 millions d'habitants contre près de 287 millions pour l'URSS en 1989 ; environ 25 millions de Russes hors de Russie.
  • Une crise économique et politique profonde.Inflation de plus de 2 000 % en 1992, crise d'octobre 1993, guerre de Tchétchénie (1994-1996), défaut du 17 août 1998.
  • Des héritages qui préservent un rang.Siège permanent au Conseil de sécurité, arsenal nucléaire remis par l'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan (mémorandums de Budapest, 1994).

II. Un redressement fondé sur l'État et les hydrocarbures (2000-2013)

  • La reconstruction d'un État centralisé.Élection de Vladimir Poutine (mars 2000), verticale du pouvoir, arrestation de Khodorkovski (2003).
  • Une rente qui finance la puissance.Brent d'environ 13 dollars en 1998 à 97 dollars en 2008 ; PIB multiplié par plus de huit entre 1998 et 2013.
  • Une diplomatie qui réclame un rang.Organisation de coopération de Shanghai (2001), OTSC (2002), discours de Munich (10 février 2007), guerre de Géorgie (août 2008).

III. Une puissance qui s'affirme par la force, aux limites visibles (depuis 2014)

  • Des démonstrations de force régionales et lointaines.Annexion de la Crimée (18 mars 2014), intervention en Syrie (30 septembre 2015), Wagner en Centrafrique et au Mali.
  • La guerre en Ukraine, une rupture aux lectures opposées.Invasion du 24 février 2022 ; résolution de l'Assemblée générale de l'ONU du 2 mars 2022 (141 pour, 5 contre, 35 abstentions).
  • Des fragilités structurelles.Hydrocarbures, environ deux tiers des exportations ; PIB comparable à celui de l'Italie ; sanctions ; adhésion de la Finlande (2023) et de la Suède (2024) à l'OTAN ; dépendance envers la Chine.
Conclusion rédigéeDepuis 1991, la Russie a parcouru une trajectoire contrastée : effondrée dans les années 1990, elle s'est redressée sous Vladimir Poutine grâce à la reconstruction de l'État et à la rente des hydrocarbures, puis elle s'est affirmée par la force, de la Géorgie en 2008 à l'Ukraine en 2022. Elle a retrouvé une capacité d'action militaire et diplomatique que peu d'États possèdent, grâce à son arsenal nucléaire et à son siège au Conseil de sécurité. Mais ce retour reste fragile : une économie dépendante du pétrole et du gaz, une population en recul, des sanctions et un rapprochement contraint avec la Chine. Le débat entre ceux qui y voient une puissance mondiale et ceux qui la décrivent comme une puissance régionale reste donc ouvert. Il invite à comparer cette trajectoire avec celle de la première puissance mondiale, les États-Unis, dont la puissance repose sur des fondements bien plus diversifiés.

Le piège — Réciter la chronologie des guerres russes sans jamais évaluer la puissance, ou prendre parti sur la guerre en Ukraine au lieu d'exposer les faits et les positions : le sujet demande de mesurer un « retour », donc de peser atouts et limites.

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