Thème 5 — Axe 1 : pouvoir et religion, des liens historiques traditionnels
Couronnement de Charlemagne, le calife et l'empereur byzantin, pouvoir politique et autorité religieuse (spécialité HGGSP de 1re)
À propos de cette page
Ce lexique sur « Thème 5 — Axe 1 : pouvoir et religion, des liens historiques traditionnels » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Pouvoir et religion : poser les notions et l'héritage romain, Des rois francs aux protecteurs de Rome (vers 500-799), Noël 800 : le couronnement de Charlemagne, un pouvoir sacralisé, Un empereur qui gouverne aussi l'Église (789-814). Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.
Pouvoir politique
Capacité de commander une population sur un territoire : faire la loi, juger, lever l'impôt, faire la guerre.
À ne pas confondre
Autorité religieuse — Le pouvoir politique contraint par la force ; l'autorité religieuse oblige les consciences par la foi.
Selon l'époque et le point de vue — Le latin distingue la potestas, puissance de commander ; le pape Gélase l'attribue aux rois en 494.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert dans tout sujet du thème 5. Faute à éviter : croire qu'au Moyen Âge le pouvoir politique est indépendant de la religion.
Autorité religieuse
Capacité reconnue de dire le vrai en matière de foi, de fixer le dogme et de guider les fidèles.
À ne pas confondre
Clergé — Le clergé est un groupe de personnes consacrées ; l'autorité religieuse peut appartenir à d'autres, comme les oulémas, qui ne sont pas des prêtres.
Selon l'époque et le point de vue — L'auctoritas désigne à Rome un prestige moral ; Gélase la réserve aux pontifes en 494.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour comparer Rome, Byzance et le califat. Faute : supposer qu'elle est toujours détenue par un chef unique.
Sacralisation
Processus par lequel un pouvoir se présente comme voulu par Dieu et reçoit un caractère sacré, souvent par un rite.
À ne pas confondre
Divinisation — Le souverain sacralisé n'est pas un dieu : il est choisi et protégé par Dieu, contrairement au culte impérial païen.
Selon l'époque et le point de vue — Le terme sert aux historiens pour décrire la royauté franque après 751 et l'Empire carolingien après 800.
Ce que le mot permet d'écrire — Mot-clé du jalon sur Charlemagne. Faute : l'employer sans décrire le rite précis (onction, couronnement, acclamation).
Sacre
Cérémonie religieuse au cours de laquelle un évêque ou le pape oint le souverain d'huile sainte.
À ne pas confondre
Couronnement — Le couronnement est la remise d'une couronne ; il peut exister sans onction, comme en 800 ou en 813.
Selon l'époque et le point de vue — Imitée des rois d'Israël, l'onction royale apparaît en Gaule franque avec Pépin le Bref en 751, renouvelée par le pape en 754.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à dater la sacralisation des Carolingiens. Faute : écrire que Charlemagne est « sacré » en 800 comme si c'était sa première onction.
Théocratie
Régime où le pouvoir est censé appartenir à Dieu et s'exerce par ceux qui parlent en son nom, souvent des religieux.
À ne pas confondre
Pouvoir sacralisé — Un roi sacralisé gouverne en laïc protégé par Dieu ; une théocratie place le pouvoir entre les mains d'autorités religieuses.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot est forgé au Ier siècle par l'historien juif Flavius Josèphe pour décrire le gouvernement d'Israël.
Ce que le mot permet d'écrire — À manier avec prudence : ni l'Empire carolingien, ni Byzance, ni le califat abbasside ne sont des théocraties au sens strict.
Césaropapisme
Situation où le souverain (César) exerce aussi l'autorité suprême sur l'Église, comme un pape.
À ne pas confondre
Symphonie — La symphonie décrit un accord entre deux pouvoirs distincts ; le césaropapisme, la domination de l'un sur l'autre.
Selon l'époque et le point de vue — Terme forgé à l'époque moderne et popularisé par le sociologue Max Weber ; Gilbert Dagron en a montré les limites en 1996.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour Byzance, à citer puis à nuancer. Faute : l'employer comme un mot d'époque, ou comme un constat indiscutable.
Symphonie
Idéal byzantin d'harmonie entre le sacerdoce, chargé des choses divines, et l'empire, chargé des choses humaines.
À ne pas confondre
Séparation — La symphonie suppose deux pouvoirs unis vers un même but, pas deux domaines indépendants.
Selon l'époque et le point de vue — Formulée par Justinien dans la préface de la Novelle 6, en 535.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile dans une dissertation sur Byzance. Faute : oublier que, dans la pratique, l'empereur pèse souvent plus lourd.
Basileus
Titre grec de l'empereur byzantin, souverain unique de l'Empire romain d'Orient, élu de Dieu.
À ne pas confondre
Imperator — Même fonction, mais le mot latin évoque le commandement militaire romain ; basileus signifie roi et souligne la monarchie chrétienne.
Selon l'époque et le point de vue — Adopté officiellement par Héraclius en 629 ; Byzance accorde ce titre à Charlemagne en 812.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour désigner l'empereur byzantin à partir du VIIe siècle. Faute : l'appliquer au calife ou au pape.
Calife
Du mot arabe khalifa, « successeur » : chef de la communauté musulmane après Mahomet, qui détient le pouvoir politique et protège la foi.
À ne pas confondre
Imam (chiite) — Pour les chiites, l'imam, descendant d'Ali, possède une autorité religieuse que les sunnites ne reconnaissent pas au calife.
Selon l'époque et le point de vue — Titre porté par Abou Bakr dès 632, puis par les Omeyyades, les Abbassides et, en concurrence, les Fatimides (909) et les Omeyyades de Cordoue (929).
Ce que le mot permet d'écrire — Jalon du programme. Faute : faire du calife un prophète ou un « pape de l'islam ».
Commandeur des croyants
Titre du calife, qui souligne son rôle de chef de la communauté, notamment à la guerre.
À ne pas confondre
Sultan — Le sultan détient la puissance militaire effective, comme les Seldjoukides après 1055, tandis que le calife garde la légitimité.
Selon l'époque et le point de vue — Titre adopté par le deuxième calife, Omar (634-644).
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour montrer que le calife est d'abord un chef politique et militaire investi d'une mission religieuse.
Umma
Communauté de l'ensemble des musulmans, qui dépasse les appartenances tribales ou ethniques.
À ne pas confondre
État — L'umma est une communauté de croyants ; elle ne coïncide plus avec un État unique après la fragmentation du califat.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot apparaît dans le Coran ; il désigne la communauté fondée par Mahomet à Médine après l'Hégire (622).
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à expliquer ce que le calife dirige. Faute : croire que l'umma est restée politiquement unie.
Oulémas
Savants en sciences religieuses musulmanes, spécialistes du Coran, de la tradition et du droit, qui interprètent la loi.
À ne pas confondre
Clergé — Les oulémas ne reçoivent aucun sacrement et ne forment pas une Église hiérarchisée.
Selon l'époque et le point de vue — Leur autorité s'affirme face au calife lors de l'échec de la mihna (833-848 environ).
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour nuancer le pouvoir religieux du calife. Faute : les oublier dans un sujet sur le califat.
Imperium christianum
Empire chrétien : l'Empire carolingien pensé comme la communauté politique de tous les chrétiens latins, confiée à un souverain par Dieu.
À ne pas confondre
Saint-Empire — Le Saint-Empire est une construction postérieure, née du couronnement d'Otton Ier en 962.
Selon l'époque et le point de vue — Expression employée par Alcuin, conseiller de Charlemagne, dans les années 790.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour la partie sur le gouvernement de Charlemagne. Faute : parler d'« empire d'Occident » comme titre officiel.
Iconoclasme
Doctrine qui rejette le culte des images religieuses (icônes) et conduit à les interdire ou les détruire.
À ne pas confondre
Aniconisme — L'aniconisme est l'absence d'images, comme sur les monnaies omeyyades après 696-697, sans querelle de destruction.
Selon l'époque et le point de vue — Imposé à Byzance par Léon III en 730, abandonné en 787, repris en 815, définitivement condamné en 843.
Ce que le mot permet d'écrire — Meilleur exemple de l'intervention du basileus dans le dogme. Faute : oublier que la crise se termine par une défaite impériale.
Schisme
Rupture de communion à l'intérieur d'une religion, entre deux Églises qui ne se reconnaissent plus.
À ne pas confondre
Hérésie — L'hérésie est une doctrine jugée fausse ; le schisme est une rupture d'obéissance, qui peut exister sans désaccord de dogme majeur.
Selon l'époque et le point de vue — Le terme grec signifie déchirure ; 1054 marque les excommunications réciproques entre Rome et Constantinople.
Ce que le mot permet d'écrire — En ouverture de conclusion. Faute : placer le schisme en 800 ou en 843.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Auctoritas / potestas
L'autorité morale de celui qui guide les âmes et la puissance de celui qui commande.
Ce qu'il débloque — Permet d'organiser toute réflexion sur les relations entre pape et empereur.
Exemple — Sur le sujet « Pouvoir et religion dans l'Occident carolingien », il permet de montrer que Charlemagne détient la potestas, mais que Léon III revendique l'auctoritas en le couronnant.
Pouvoir temporel / pouvoir spirituel
Le gouvernement des choses de ce monde et celui des âmes.
Ce qu'il débloque — Sert à décrire les empiètements réciproques.
Exemple — Sur le sujet « Le pape et l'empereur », il permet de montrer que le pape devient souverain temporel en 756 et que l'empereur légifère sur l'Église en 789.
Continuité / rupture
Ce qui prolonge un modèle ancien et ce qui innove.
Ce qu'il débloque — Structure une partie sur l'héritage romain.
Exemple — Sur le sujet « Le couronnement de 800 », il permet de montrer la continuité avec Constantin et la rupture d'un empereur couronné par le pape.
Théorie / pratique
Les textes qui disent comment le pouvoir devrait fonctionner, et les crises qui montrent comment il fonctionne.
Ce qu'il débloque — Évite une copie qui ne cite que des principes.
Exemple — Sur le sujet « L'empereur byzantin et l'Église », il permet d'opposer la symphonie de la Novelle 6 (535) à la crise iconoclaste (730-843).
Unité / fragmentation
L'idéal d'une communauté unie sous un chef, et la réalité des divisions.
Ce qu'il débloque — Utile pour la fin de la période.
Exemple — Sur le sujet « Le calife, chef de la communauté », il permet d'opposer l'umma idéale à la coexistence de trois califes après 929.
Légitimité / puissance effective
Le droit reconnu de gouverner, et la capacité réelle de le faire.
Ce qu'il débloque — Permet une troisième partie nuancée.
Exemple — Sur le sujet « Le calife abbasside », il permet de montrer qu'après 945 le calife garde la légitimité mais perd la puissance au profit des Bouyides.
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