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Thème 5 — Axe 1 : pouvoir et religion, des liens historiques traditionnels

Couronnement de Charlemagne, le calife et l'empereur byzantin, pouvoir politique et autorité religieuse (spécialité HGGSP de 1re)

À propos de cette page
Ce cours d' en première sur « Thème 5 — Axe 1 : pouvoir et religion, des liens historiques traditionnels » suit le programme officiel d' de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Pouvoir et religion : poser les notions et l'héritage romain, Des rois francs aux protecteurs de Rome (vers 500-799), Noël 800 : le couronnement de Charlemagne, un pouvoir sacralisé, Un empereur qui gouverne aussi l'Église (789-814). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en .

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Pouvoir et religion dans l'Occident carolingien, de 751 à 814

Analyse des termes — Le sujet porte sur les relations entre les souverains carolingiens, rois puis empereur, et l'autorité religieuse, incarnée par le pape et les évêques ; il faut définir sacralisation, sacre et couronnement. Les bornes vont de l'élection et de l'onction de Pépin le Bref (751) à la mort de Charlemagne (814), avec le couronnement de 800 au centre.

Problématique — Comment l'alliance entre les Carolingiens et la papauté a-t-elle fait du souverain franc un pouvoir sacralisé, tout en laissant ouverte la question de la supériorité entre l'empereur et le pape ?

Introduction rédigéeLe 25 décembre 800, à Saint-Pierre de Rome, le pape Léon III pose une couronne sur la tête de Charles, roi des Francs et des Lombards, que la foule acclame comme « couronné par Dieu ». Pour la première fois depuis 476, l'Occident a de nouveau un empereur, et c'est un pontife qui l'a couronné. Cette scène est l'aboutissement d'une alliance commencée un demi-siècle plus tôt, lorsque Pépin le Bref, en 751, s'est fait élire et oindre roi. Entre 751 et la mort de Charlemagne en 814, le pouvoir des Carolingiens se sacralise : il se présente comme voulu par Dieu et consacré par des rites religieux, le sacre, qui est une onction d'huile sainte, puis le couronnement impérial. Mais ce lien étroit entre pouvoir et religion pose une question qui traversera tout le Moyen Âge occidental : qui, du pape ou de l'empereur, tient l'autre ? Nous nous demanderons donc comment l'alliance entre les Carolingiens et la papauté a fait du souverain franc un pouvoir sacralisé, tout en laissant ouverte la question de leur supériorité respective. Nous verrons d'abord comment le sacre scelle l'alliance entre 751 et 799, puis comment le couronnement de 800 crée un empereur chrétien, enfin comment Charlemagne gouverne l'Église sans que soit tranchée la question de la hiérarchie des pouvoirs.

I. Une alliance scellée par le sacre (751-799)

  • L'onction fonde une royauté nouvelle, voulue par Dieu.751 : Pépin le Bref, avec l'accord du pape Zacharie, est élu à Soissons puis oint par des évêques ; première onction royale en Gaule franque.
  • Le pape consacre la dynastie et en fait sa protectrice.754 : Étienne II oint Pépin et ses fils à Saint-Denis et lui donne le titre de patrice des Romains ; 756 : donation de Pépin, naissance des États pontificaux.
  • Charles se veut le bras armé de l'Église.774 : prise de Pavie ; 772-804 : conversion forcée des Saxons ; 796 : lettre à Léon III, au roi les armes, au pape la prière.

II. Noël 800 : un empereur couronné par le pape

  • Une crise romaine et une vacance à Byzance rendent le couronnement possible.25 avril 799 : agression de Léon III, refuge à Paderborn ; depuis 797, l'impératrice Irène règne seule à Constantinople.
  • Le rituel sacralise l'empereur.25 décembre 800, messe de Noël à Saint-Pierre : couronnement, acclamation « couronné par Dieu », prosternation du pape (Annales royales des Francs).
  • Le titre impérial est à la fois chrétien et contesté.Réserve de Charles selon Éginhard (Vie de Charlemagne, chap. 28) ; protestations byzantines, puis reconnaissance du titre en 812.

III. Un empereur chef de la chrétienté, une question ouverte (789-814)

  • L'empereur gouverne l'Église franque.789 : Admonitio generalis ; 794 : synode de Francfort ; 809 : concile d'Aix sur le Filioque, que le pape refuse d'insérer au Credo.
  • L'empire se pense comme un imperium christianum.Serment de 802 ; missi dominici envoyés par deux, un laïc et un ecclésiastique ; Charles surnommé David à la cour.
  • Qui fait l'empereur ? La réponse reste disputée.813 : Charlemagne couronne lui-même Louis à Aix-la-Chapelle ; 816 : Étienne IV sacre Louis le Pieux à Reims.
Conclusion rédigéeDe 751 à 814, les Carolingiens ont construit un pouvoir sacralisé : oints en 751 et 754, protecteurs de la papauté, ils obtiennent en 800 un titre impérial conféré dans une basilique, au cours d'une messe, par le successeur de saint Pierre. Charlemagne gouverne alors l'Église franque comme un ministère confié par Dieu, réforme le clergé et préside les synodes. Mais l'alliance repose sur une ambiguïté : le pape a posé la couronne, l'empereur la transmet lui-même à son fils en 813, et le pape vient pourtant sacrer Louis le Pieux en 816. Cette question laissée ouverte explose au XIe siècle, lors de la querelle des Investitures (1075-1122), qui oppose papes et empereurs sur la nomination des évêques. Elle invite aussi à comparer l'Occident à Byzance, où l'empereur convoque les conciles sans avoir besoin du pape pour être couronné.

Le piège — Raconter la vie de Charlemagne ou ses conquêtes au lieu d'analyser les rapports entre pouvoir et religion, et réduire le sujet à la seule journée du 25 décembre 800.

Sujet 2 — Le calife et l'empereur byzantin : pouvoir politique et autorité religieuse (VIIe-Xe siècle)

Analyse des termes — Il faut définir le calife, successeur du Prophète à la tête de l'umma, et le basileus, empereur romain d'Orient élu de Dieu, puis distinguer pouvoir politique (commander) et autorité religieuse (fixer le dogme). Les bornes vont de 629 (titre de basileus sous Héraclius) et 632 (premier calife) à 945, quand le calife abbasside perd le pouvoir effectif, le sujet appelant une comparaison constante.

Problématique — Si le calife et le basileus fondent tous deux leur pouvoir sur Dieu, exercent-ils la même autorité religieuse et avec quelles limites ?

Introduction rédigéeEn 691-692, le calife omeyyade Abd al-Malik fait achever à Jérusalem le Dôme du Rocher, dont les inscriptions coraniques s'adressent directement aux chrétiens ; à quelques centaines de kilomètres, l'empereur de Constantinople se présente, lui aussi, comme le protecteur de la vraie foi. Le calife, du mot arabe khalifa, « successeur », dirige depuis 632 la communauté des croyants, l'umma ; le basileus, titre adopté par Héraclius en 629, est l'empereur romain d'Orient, élu de Dieu. Tous deux détiennent le pouvoir politique : commander les armées, lever l'impôt, juger. Mais qu'en est-il de l'autorité religieuse, c'est-à-dire du droit de dire ce qu'il faut croire ? Du VIIe au Xe siècle, ces deux souverains voisins et rivaux offrent deux réponses différentes. Nous nous demanderons donc si, en fondant tous deux leur pouvoir sur Dieu, le calife et le basileus exercent la même autorité religieuse, et avec quelles limites. Nous verrons d'abord qu'ils sont deux souverains investis par Dieu, puis que leurs pouvoirs religieux sont inégaux, enfin que ces deux autorités, contestées, connaissent des évolutions divergentes.

I. Deux souverains investis par Dieu

  • Le basileus est l'élu de Dieu, héritier de Constantin.Titre de basileus adopté par Héraclius en 629 ; couronnement à Sainte-Sophie avec le patriarche depuis le Ve siècle ; Novelle 6 de Justinien (535).
  • Le calife succède au Prophète à la tête de la communauté.632 : Abou Bakr, successeur de l'envoyé de Dieu ; Omar (634-644), commandeur des croyants ; sourate 4, verset 59.
  • Deux pouvoirs qui s'affichent dans la pierre et la monnaie.Sainte-Sophie consacrée en 537 ; Dôme du Rocher à Jérusalem (691-692) et dinars sans image d'Abd al-Malik à partir de 696-697.

II. Protéger la foi : des pouvoirs religieux inégaux

  • Le basileus convoque les conciles qui définissent l'orthodoxie.Constantinople (381), Chalcédoine (451), Constantinople II (553), Nicée II (787).
  • Il peut aller jusqu'à imposer une doctrine.730 : Léon III impose l'iconoclasme et dépose le patriarche Germain ; concile de Hiéreia (754) sous Constantin V.
  • Le calife, lui, échoue à fixer le dogme.833 : mihna d'al-Ma'mun sur le Coran créé ; résistance d'Ahmad ibn Hanbal ; abandon vers 848-850, autorité des oulémas.

III. Deux autorités contestées, deux évolutions divergentes

  • À Byzance, l'Église résiste et l'orthodoxie s'impose à l'empereur.Résistance de Théodore Stoudite (759-826) ; restauration des images par Théodora en 843.
  • L'islam se divise sur la légitimité du chef.Chiites fidèles aux imams descendants d'Ali ; califat fatimide proclamé en 909, califat de Cordoue en 929.
  • Le calife perd le pouvoir effectif, le basileus le garde.945 : les Bouyides maîtres de Bagdad ; le calife garde un rôle symbolique, tandis que le basileus reste souverain à Constantinople.
Conclusion rédigéeLe calife et le basileus sont deux souverains sacralisés, qui tirent leur légitimité de Dieu et se doivent de protéger la foi. Mais leur autorité religieuse diffère profondément : le basileus convoque les conciles et peut imposer une doctrine, comme l'iconoclasme en 730, alors que le calife, après l'échec de la mihna, laisse aux oulémas l'interprétation de la loi. Dans les deux cas, pourtant, des contre-pouvoirs religieux limitent le souverain : les moines et les patriarches à Byzance, qui obtiennent la restauration des images en 843 ; les savants et les divisions de l'umma dans le monde musulman, jusqu'à la perte du pouvoir effectif par le calife en 945. Cette comparaison invite à se tourner vers l'Occident, où le pape revendique une autorité distincte de celle de l'empereur depuis Gélase (494), et à observer comment ces liens traditionnels ont été remis en cause à l'époque contemporaine.

Le piège — Juxtaposer une partie sur le calife et une partie sur le basileus sans jamais les comparer, ou faire du calife un « pape » et du basileus un prêtre.

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