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Ce cours de spécialité HGGSP en première sur « Thème 1 — Axe 1 : penser la démocratie, directe ou représentative » suit le programme officiel de spécialité HGGSP de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Penser la démocratie : de quoi parle-t-on ?, Naissance de la démocratie athénienne (594-429 av. J.-C.), Les institutions d'une démocratie directe, Être citoyen à Athènes : fondements et limites. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en spécialité HGGSP.
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — La démocratie athénienne au Ve siècle av. J.-C. : un gouvernement du peuple par le peuple ?
Analyse des termes — Il faut définir la démocratie directe, le « peuple » (dèmos) et la citoyenneté, en rappelant que le mot peuple n'a pas le même sens à Athènes et aujourd'hui. Les bornes vont des réformes de Clisthène (508-507) à la fin de la guerre du Péloponnèse et au procès de Socrate (404-399 av. J.-C.).
Problématique — Dans quelle mesure la démocratie athénienne du Ve siècle av. J.-C. confie-t-elle réellement le pouvoir au peuple, et à quel peuple ?
Introduction rédigéeEn 431-430 av. J.-C., Périclès affirme, selon Thucydide, que le régime d'Athènes porte le nom de démocratie parce qu'il est gouverné dans l'intérêt du plus grand nombre. Le mot dèmokratia associe le dèmos, le peuple, et le kratos, le pouvoir : dans une démocratie directe, les citoyens votent eux-mêmes les lois, sans représentants. Née des réformes de Clisthène en 508-507, approfondie par Éphialte en 462-461 puis par Périclès, la démocratie athénienne atteint son apogée au Ve siècle avant d'être ébranlée par la guerre du Péloponnèse (431-404). Mais le « peuple » dont parle Périclès n'est pas celui de nos démocraties : c'est le corps des citoyens, hommes adultes nés de parents athéniens. Dans quelle mesure la démocratie athénienne du Ve siècle confie-t-elle réellement le pouvoir au peuple, et à quel peuple ? Nous verrons d'abord qu'elle organise un pouvoir exercé directement par les citoyens, puis que ce peuple est restreint, avant de montrer qu'il s'agit d'un régime débattu, guidé par des chefs et traversé par des crises.
I. Un pouvoir exercé directement par les citoyens
- Une démocratie construite par étapes, qui brise le pouvoir des grandes familles.Clisthène (508-507) : dix tribus, environ 140 dèmes, Conseil des 500 ; Éphialte (462-461) retire ses pouvoirs à l'Aréopage.
- Une assemblée souveraine où chacun peut parler.L'Ecclésia sur la Pnyx vote les lois, la guerre et la paix ; iségorie : « Qui veut prendre la parole ? »
- Le tirage au sort et le misthos rendent la participation effective, même pour les pauvres.Boulè tirée au sort, 6 000 héliastes par an, misthos des juges instauré par Périclès (2 oboles, puis 3 vers 425).
II. Un peuple restreint : les limites de la citoyenneté
- Une citoyenneté de plus en plus fermée.Loi de Périclès de 451-450 : père et mère athéniens exigés.
- Une majorité d'habitants exclus du pouvoir.Femmes, métèques (taxe du metoikion), esclaves ; entre 30 000 et 60 000 citoyens seulement vers 431 selon les estimations.
- Une démocratie qui repose en partie sur la domination d'autres cités.Trésor de la ligue de Délos transféré à Athènes en 454 ; répression de Thasos en 465 ; Parthénon (447-432).
III. Un régime débattu, entre chefs influents et crises
- Des élus qui guident le peuple.Périclès stratège de 443 à 429 ; Thucydide : « de nom une démocratie, en fait le gouvernement du premier citoyen » (II, 65).
- Des critiques contemporaines du pouvoir du grand nombre.Pseudo-Xénophon (vers 430-420) : les pauvres dominent car ils font la force de la flotte ; Platon après 399.
- Des crises qui montrent la fragilité mais aussi l'enracinement du régime.Quatre-Cents (411), Trente (404-403), restauration de 403 ; ostracisme utilisé jusqu'à Hyperbolos vers 416.
Conclusion rédigéeLa démocratie athénienne du Ve siècle av. J.-C. est bien un gouvernement du peuple par le peuple, au sens où les citoyens décident à l'Ecclésia, jugent à l'Héliée et administrent par le tirage au sort, grâce au misthos. Mais ce peuple est une minorité : la loi de 451-450 ferme la citoyenneté, femmes, métèques et esclaves en sont exclus, et l'empire de la ligue de Délos finance une partie du régime. Guidée par des stratèges élus comme Périclès, contestée par ses critiques et renversée en 411 et en 404, elle se rétablit pourtant dès 403. Cette expérience continue d'inspirer les débats sur la participation : en 1819, Benjamin Constant explique pourquoi les Modernes ne peuvent plus vivre la liberté des Anciens et doivent recourir à la représentation.
Le piège — Réciter les institutions dans la première partie puis condamner l'exclusion des femmes et des esclaves avec les valeurs d'aujourd'hui : il faut expliquer la logique antique de la citoyenneté (participation, service militaire, filiation) avant d'en montrer les limites.
Sujet 2 — Démocratie directe et démocratie représentative : deux manières de penser la liberté politique, d'Athènes à Benjamin Constant
Analyse des termes — Il faut définir la démocratie directe (les citoyens décident eux-mêmes) et la démocratie représentative (ils élisent ceux qui décident), ainsi que la liberté politique. Le sujet va d'Athènes au Ve siècle av. J.-C. au discours de Constant en 1819, avec une ouverture possible sur les formes actuelles.
Problématique — Pourquoi les démocraties modernes ont-elles substitué la représentation à la participation directe, et ce choix signifie-t-il un renoncement à l'idéal athénien de la liberté ?
Introduction rédigée« Le peuple anglais pense être libre ; il se trompe fort » : en 1762, dans Du contrat social, Rousseau juge que les Anglais ne sont libres que le jour de l'élection. Il pose ainsi la question qui sépare deux formes de démocratie. Dans la démocratie directe, celle d'Athènes au Ve siècle av. J.-C., les citoyens votent eux-mêmes les lois ; dans la démocratie représentative, née des révolutions de la fin du XVIIIe siècle, ils élisent des représentants qui décident en leur nom. Chacune repose sur une conception de la liberté politique : participer au pouvoir ou jouir de ses droits sous la protection des lois. En 1819, Benjamin Constant théorise cette différence entre la liberté des Anciens et celle des Modernes. Pourquoi les démocraties modernes ont-elles substitué la représentation à la participation directe, et ce choix signifie-t-il un renoncement à l'idéal athénien ? Nous étudierons d'abord la liberté des Anciens, puis la liberté des Modernes et le gouvernement représentatif, avant de montrer que cette opposition doit être dépassée.
I. La liberté des Anciens : décider soi-même
- À Athènes, être libre, c'est participer au pouvoir.Périclès (431-430) : celui qui se tient à l'écart de la politique est un citoyen « inutile » (Thucydide, II, 40).
- Le tirage au sort, instrument de l'égalité.Boulè de 500 membres tirés au sort, au plus deux fois dans une vie ; Montesquieu (1748) : le sort est « de la nature de la démocratie ».
- Une liberté collective qui n'offre guère de garanties à l'individu.Ostracisme (Aristide en 482, Thémistocle vers 471) ; condamnation de Socrate en 399 ; Constant : l'individu « esclave dans tous ses rapports privés ».
II. La liberté des Modernes : choisir et contrôler ses représentants
- Des conditions nouvelles rendent la participation directe impossible.Constant (1819) : taille des États, commerce, fin de l'esclavage en Europe.
- La représentation, choix fondateur des révolutions.Constituants américains (1787) ; Sieyès, discours du 7 septembre 1789 ; article 6 de la Déclaration de 1789.
- La liberté devient un ensemble de garanties individuelles.Constant : « la sécurité dans les jouissances privées » ; sûreté, opinion, culte, propriété ; Charte de 1814.
III. Une opposition à dépasser
- La représentation a ses critiques.Rousseau, Du contrat social (1762) : le peuple anglais n'est libre que durant l'élection des membres du parlement.
- Constant lui-même appelle à combiner les deux libertés.Le danger moderne : l'apathie de citoyens absorbés par leur indépendance privée ; Manin (1995) sur la part aristocratique de l'élection.
- Les démocraties actuelles mêlent représentation et participation.Article 3 de la Constitution de 1958 ; votations suisses ; Convention citoyenne pour le climat (2019-2020, 150 tirés au sort).
Conclusion rédigéeLa démocratie directe d'Athènes et la démocratie représentative des Modernes reposent sur deux conceptions de la liberté : décider soi-même, au prix d'un fort contrôle de la cité sur l'individu, ou choisir des représentants pour jouir en sécurité de ses droits. La taille des États, le commerce et la fin de l'esclavage expliquent, selon Constant en 1819, le passage de l'une à l'autre. Mais ce passage n'est pas un renoncement complet : Constant lui-même avertit contre l'apathie des citoyens et appelle à combiner les deux libertés. Les démocraties actuelles, qui associent élections, référendums et assemblées tirées au sort, prolongent ce débat. Reste à savoir comment ces régimes résistent aux crises : c'est la question des avancées et des reculs de la démocratie.
Le piège — Opposer en bloc une démocratie athénienne « vraie » à une démocratie moderne « trahie », ou l'inverse : il faut montrer que chaque forme répond à des conditions historiques précises et que Constant cherche à les combiner.