À propos de cette page
Ce cours de mathématiques en première sur « Fonctions exponentielles x ↦ aˣ et variation exponentielle » suit le programme officiel de mathématiques de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel, Des suites géométriques aux fonctions x ↦ aˣ, Propriétés algébriques, Sens de variation et courbes. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en mathématiques.
1
L'essentiel
Définition. Soit un réel strictement positif. La fonction exponentielle de base est la fonction définie sur par . Elle prolonge aux réels positifs la suite géométrique : pour tout entier naturel , .
Valeurs repères. , et . Pour tout , : une fonction exponentielle ne s'annule jamais.
Sens de variation (admis). Si , est strictement croissante ; si , elle est strictement décroissante ; si , elle est constante égale à 1.
Exemple. Pour : , et . Comme , est strictement croissante.
2
Des suites géométriques aux fonctions x ↦ aˣ
Une suite géométrique n'est définie qu'aux entiers : elle décrit une grandeur relevée à intervalles réguliers. La fonction « remplit les trous » : aux entiers, elle prend les valeurs de la suite, et sa courbe relie les points sans cassure.
Exposant . Pour et entier , est l'unique réel positif dont la puissance -ième vaut : . C'est la racine -ième de ; pour , .
Exemples. car ; car ; car .
Exposants fractionnaires. Plus généralement, : par exemple .
3
Propriétés algébriques
Les règles de calcul sur les puissances entières restent vraies pour des exposants réels (propriétés admises).
| Propriété ( ; ) | Exemple |
|---|
| |
| (si ) | |
| |
| |
Conséquence clé. Pour tout et tout , : augmenter de multiplie la valeur par , quel que soit . En particulier, passer de à multiplie par : c'est la « raison » de la suite géométrique, étendue aux durées non entières.
4
Sens de variation et courbes
Toutes les courbes représentatives passent par le point , puisque .
Comparer deux puissances de même base. Si : . Si : (l'ordre s'inverse).
Exemple. car et .
Comparer deux bases. Si , alors pour tout , : sur , la courbe de base est au-dessus de celle de base (sur le graphique, celle de base 2 domine celle de base 1,25).
Allure. Pour , les valeurs finissent par dépasser n'importe quel seuil (croissance « explosive ») ; pour , elles se rapprochent de 0 sans jamais l'atteindre.
5
Évolution à taux constant : croissance et décroissance exponentielles
Modèle. Une grandeur de valeur initiale qui évolue d'un taux (écrit en décimal, ) par unité de temps est modélisée par Le réel est le coefficient multiplicateur par unité de temps.
| Taux | Coefficient | Évolution |
|---|
| | croissance exponentielle |
| | décroissance exponentielle |
Exemple. Une chaîne compte 4 000 abonnés et gagne 6 % d'abonnés par mois : ( en mois). Au bout d'un mois et demi : abonnés.
Taux sur une fraction de période. Sur une durée , le coefficient est , quel que soit l'instant de départ. Sur d'unité, il vaut : on en déduit le taux équivalent . De même, si une grandeur est multipliée par en périodes à taux constant, le coefficient par période est .
6
Temps de doublement et demi-vie
Temps de doublement. Pour une croissance exponentielle de coefficient , c'est la durée telle que . Au bout de , la grandeur a doublé ; elle double ensuite à nouveau tous les . Il ne dépend pas de la valeur initiale, car .
Demi-vie. Pour une décroissance de coefficient , c'est la durée telle que : la grandeur est divisée par 2 tous les .
Sans logarithme, on les obtient de deux façons :
- graphiquement : on trace la droite d'équation (ou ) et on lit l'abscisse du point d'intersection avec la courbe ;
- par tâtonnement : avec le tableau de valeurs de la calculatrice, on encadre au pas 1, puis on affine au pas 0,1, puis 0,01.
Exemple. Une grandeur perd 20 % par heure : et , puis et . La demi-vie est comprise entre 3,1 h et 3,2 h.
7
Méthodes
Méthode — Simplifier une expression avec les propriétés- Repérer une base commune (ou un exposant commun).
- Appliquer la règle adaptée : produit → somme des exposants, quotient → différence, puissance d'une puissance → produit.
- Calculer l'exposant obtenu, puis la valeur si elle est simple (racine connue).
Exemple rédigé. . Donc .
Méthode — Modéliser une évolution à taux constant- Identifier la valeur initiale et l'unité de temps.
- Traduire le taux en coefficient : hausse de → ; baisse de → .
- Écrire et en déduire le sens de variation.
- Calculer à la calculatrice et conclure avec l'unité.
Exemple rédigé. Le volume d'un glacier, 1,8 km³ en 2020, diminue de 3,5 % par décennie. Le coefficient est , donc ( en décennies). Comme , est décroissante. En 2045, : 1,65 km³.
Méthode — Déterminer un temps de doublement par tâtonnement- Écrire l'équation (ou ).
- Au pas 1, encadrer la solution entre deux entiers consécutifs.
- Affiner au pas 0,1 (puis 0,01) entre ces deux entiers.
- Conclure par une phrase, en justifiant par la monotonie.
Exemple rédigé. Une grandeur croît de 12 % par an : on cherche tel que . Au pas 1 : et . Au pas 0,1 : et . La fonction étant croissante, la grandeur double entre 6,1 et 6,2 ans : environ 6,2 ans.
Méthode — Calculer un taux équivalent avec l'exposant - Écrire le coefficient sur la grande période.
- Le coefficient sur de période est .
- Le taux équivalent est , converti en pourcentage.
Exemple rédigé. Hausse de 9 % par an : . Coefficient mensuel : . Le taux mensuel équivalent est environ 0,72 % (et non %).
8
Pièges et erreurs classiques
Base et exposant confondus. , et non .
Pas de règle pour une somme. en général : seuls les produits, quotients et puissances se simplifient.
Additionner les taux. +3 % par an pendant 10 ans donne un coefficient , soit +34,4 %, et non +30 %.
Diviser le taux. +21 % par an correspond à , soit +10 % par semestre, et non +10,5 %.
Inéquations avec . La fonction est décroissante : équivaut à . Oublier d'inverser le sens est l'erreur la plus fréquente.
Base négative ou nulle. n'est définie ici que pour : n'a pas de sens.
Temps de doublement. Il ne dépend pas de la valeur initiale et ne s'obtient pas en divisant 100 par le taux : à 12 % par an, ans, alors que le doublement a lieu vers 6,2 ans.
En bref
- Pour , prolonge la suite géométrique aux réels positifs ; , est la racine -ième de .
- ; ; ; ; aucune règle pour une somme.
- : strictement croissante ; : strictement décroissante ; : constante. Toutes les courbes passent par .
- Évolution de taux par unité : ; taux équivalent sur d'unité : .
- Temps de doublement () et demi-vie () : lecture graphique ou tâtonnement ; ils ne dépendent pas de .