Ressources · 1ʳᵉ · Maths sans spécialité
Suites géométriques et croissance exponentielle
Coefficient multiplicateur, évolutions successives et puissances (rappels de seconde), suite géométrique définie par récurrence, raison, terme de rang n, évolution à taux constant et intérêts composés, sens de variation, représentation graphique et problèmes de seuil, sans calculatrice.
À propos de cette page
Rappels de seconde : coefficient multiplicateur, évolutions successives, puissances
Coefficient multiplicateur. Augmenter une grandeur de , c’est la multiplier par ; la diminuer de , c’est la multiplier par . Ce nombre est le coefficient multiplicateur . Réciproquement, un coefficient traduit une hausse de , et un coefficient compris entre et une baisse de .
Évolutions successives. Le coefficient multiplicateur global de plusieurs évolutions successives est le produit de leurs coefficients. Les taux, eux, ne s’additionnent pas.
Puissances. Pour un réel et un entier , ( facteurs), et . Pour tous entiers naturels et : et . Une même évolution répétée fois a pour coefficient global : c’est le point de départ des suites géométriques.
Traduire. Hausse de : . Baisse de : . Un coefficient traduit une hausse de ; un coefficient , une baisse de .
Deux évolutions. Le prix d’un vélo augmente de , puis baisse de : . Le prix a augmenté de , et non de .
La même évolution répétée. Trois hausses successives de : , soit une hausse globale de , et non de .
Calculer une puissance à la main. ; ; ; .
Réflexe — Je traduis chaque pourcentage en coefficient multiplicateur, je multiplie les coefficients, et je ne reviens au taux qu’à la fin : taux .
Attention — Baisser de , c’est multiplier par , pas par . Et une puissance n’est pas un produit par l’exposant : (et non ), (et non ).
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Suite géométrique : définition par récurrence et raison
Définition. Une suite est géométrique lorsqu’on passe d’un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre réel : pour tout entier naturel , . Le réel est la raison. Une suite géométrique est déterminée par son premier terme et sa raison.
Dans ce chapitre, comme au programme de 1re, les suites géométriques sont à termes strictement positifs : le premier terme et la raison sont strictement positifs.
Reconnaître. Une suite à termes strictement positifs est géométrique si et seulement si le quotient est constant, c’est-à-dire ne dépend pas de ; ce quotient est la raison. Deux quotients différents suffisent à prouver qu’une suite n’est pas géométrique. En situation : une grandeur multipliée par le même nombre à chaque étape (« double chaque mois », « augmente de par an ») donne une suite géométrique ; une grandeur à laquelle on ajoute le même nombre donne une suite arithmétique.
Au tableur. Rangs en colonne A, termes en colonne B : si est en B2, on saisit en B3 la formule =B2*q (avec la valeur de ), puis on la recopie vers le bas. La cellule B5 contient alors .
Une situation. Une chaîne de podcasts compte abonnés à son lancement, et ce nombre double chaque mois. On note le nombre d’abonnés après mois : et . La suite est géométrique de raison : , , .
Une liste de nombres. ; ; ; : on a . Chaque nombre est le cinquième du précédent : ce sont les premiers termes d’une suite géométrique de raison . En revanche, pour ; ; ; , on a mais : ce n’est pas une suite géométrique (on ajoute : c’est une suite arithmétique de raison ).
Une suite explicite. . On remplace par : , donc . Le quotient ne dépend pas de : est géométrique de raison , de premier terme .
Au tableur. On place € à par an, intérêts ajoutés au capital. B2 contient et B3 la formule =B2*1,04, recopiée vers le bas : B3 affiche et B4 affiche .
Réflexe — Pour une suite donnée par une formule, je calcule en gardant la lettre ; dans une situation, je cherche « multiplié par le même nombre » (géométrique) ou « augmenté du même nombre » (arithmétique).
Attention — Des quotients égaux sur les premiers termes ne prouvent rien : ; ; ; a deux quotients égaux à , puis . Et ne définit pas une suite géométrique : la raison d’une suite géométrique multiplie.
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Terme de rang n
Terme de rang . Soit géométrique de raison .
- Premier terme : pour tout entier naturel , .
- Premier terme : pour tout entier , .
- Plus généralement, pour tous entiers : .
Pourquoi : pour aller de à , on multiplie par une fois pour chaque rang franchi, donc fois. Réciproquement, une suite de la forme (avec et ) est géométrique de raison et de premier terme .
Deux termes connus. . Si les rangs se suivent, ce quotient est la raison. Sinon, on cherche le nombre positif dont la puissance donne ce quotient : donne , car et . On revient ensuite au premier terme avec .
Premier terme de rang . et : .
Premier terme de rang . et : , donc .
Deux termes connus. est géométrique à termes positifs, et . Alors , donc . Or et la raison est positive : . Puis , d’où .
Dans une situation datée. Une région compte bornes de recharge en 2026 et prévoit de bornes en plus chaque année. Le nombre de bornes l’année est . L’année 2028 correspond à : bornes.
Réflexe — Je repère le rang du premier terme donné : avec , l’exposant est ; avec , c’est . Pour aller de à , je multiplie fois par ; pour redescendre, je divise.
Attention — n’est pas : seule la raison est élevée à la puissance. Et dans une situation datée, l’exposant est l’écart avec l’année de départ : 2028 correspond à , pas à .
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Évolution à taux constant et intérêts composés
Modéliser. Si une grandeur augmente de à chaque période, alors : la suite est géométrique de raison , et . Pour une baisse de à chaque période, la raison est .
Évolution globale. Après périodes, le coefficient multiplicateur global est , et le taux global vaut .
Intérêts composés. Un capital est placé à par an à intérêts composés : chaque année, les intérêts s’ajoutent au capital et rapportent à leur tour des intérêts. Le capital après années est : suite géométrique. À intérêts simples, les intérêts sont toujours calculés sur le capital de départ : on ajoute chaque année la même somme , et la suite est arithmétique.
Croissance exponentielle. Une grandeur a une croissance exponentielle lorsqu’elle est multipliée par un même nombre pendant des durées égales (décroissance exponentielle si ) : sa variation d’une période à la suivante est proportionnelle à la valeur atteinte. Une croissance linéaire, elle, ajoute toujours la même quantité.
Intérêts composés ou simples. On place € à par an. À intérêts composés : , , €. À intérêts simples, on ajoute chaque année € : € au bout de ans. Sur ans, avec : environ € à intérêts composés, contre € à intérêts simples.
Une décroissance exponentielle. Un journal imprimé tire exemplaires en 2026, et son tirage baisse de par an. Le tirage l’année est : exemplaires. Coefficient global en deux ans : , soit une baisse de , et non de .
Linéaire ou exponentielle ? Une cagnotte qui reçoit € de plus chaque mois a une croissance linéaire (suite arithmétique de raison ). Un nombre d’abonnés qui augmente de chaque mois a une croissance exponentielle (suite géométrique de raison ).
Réflexe — « Augmente de par période » : raison ; « diminue de » : raison . Puis , et le taux global avec .
Attention — par an pendant ans ne fait pas , mais environ (). Et la raison d’une baisse de est , ni ni .
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Sens de variation et représentation graphique
Sens de variation. Soit géométrique de premier terme et de raison : tous ses termes sont strictement positifs. Pour tout , , qui a le signe de . Donc :
- si , la suite est strictement croissante ;
- si , elle est strictement décroissante ;
- si , elle est constante.
Une hausse de par période donne une suite croissante, une baisse de une suite décroissante.
Représentation graphique. On place les points , sans les relier. Ils ne sont pas alignés (sauf si ) : avec , les montées d’un point au suivant sont de plus en plus grandes ; avec , les points descendent de moins en moins vite et se rapprochent de l’axe des abscisses sans jamais l’atteindre. On lit et , et .
Linéaire contre exponentielle. Une suite géométrique de raison finit toujours par dépasser une suite arithmétique, même si elle commence plus bas : c’est ce que l’on observe sur des exemples, et ce que l’on retiendra.
Lire le sens de variation. est strictement croissante, car et : c’est une hausse de par étape. serait strictement décroissante (baisse de ).
Le démontrer. . Pour tout , . Comme , cette différence est strictement négative : est strictement décroissante.
Lecture graphique. Les points ronds représentent une suite , les points carrés une suite :
Les points carrés sont alignés : on monte de à chaque rang, est arithmétique de raison et . Les points ronds ne sont pas alignés : , , , , on multiplie par à chaque rang, est géométrique de raison et . La suite part plus bas et reste derrière jusqu’au rang (), mais : la suite géométrique passe devant au rang , et l’écart ne fait ensuite que grandir ( contre ).
Réflexe — Termes positifs : je compare la raison à . Sur un graphique : je lis et , je calcule ; des points alignés signalent une suite arithmétique, des montées qui grandissent dans un même rapport une suite géométrique.
Attention — Une suite géométrique décroissante à termes positifs ne devient jamais nulle ni négative : se rapproche de sans l’atteindre. Et la raison donne une suite décroissante, même avec un premier terme très grand.
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Problèmes de seuil
Problème de seuil. On cherche le plus petit rang à partir duquel dépasse une valeur (ou passe en dessous). Si la suite est croissante, une fois dépassé, tous les termes suivants le dépassent aussi ; de même vers le bas pour une suite décroissante.
De proche en proche. Avec une raison simple ( ; ; …), on calcule les termes à la main jusqu’au premier qui convient.
Avec un tableau de valeurs. Comme , . On lit dans un tableau des puissances de (tableur, calculatrice, ou valeurs données par l’énoncé) le premier rang qui convient.
Autres outils. Sur un graphique : le premier point situé au-dessus (ou au-dessous) de la droite horizontale . Avec un algorithme : une boucle « tant que » calcule les termes un par un et s’arrête au premier qui convient. Cas particulier : le temps de doublement est le premier tel que .
De proche en proche. Une lettre d’information compte inscrits, et ce nombre est multiplié par chaque mois. Quand dépasse-t-il ? Les termes valent ; ; ; ; ; : et . Le seuil est franchi au bout de mois.
Avec un tableau. On cherche le plus petit tel que , c’est-à-dire .
et : . Vérification : et .
Un temps de doublement. Un capital est placé à par an à intérêts composés. On donne et . Après ans, le capital est multiplié par environ : pas tout à fait doublé. Il double au bout de ans.
Avec un algorithme. Cette fonction Python renvoie le premier rang où passe sous la valeur A :
def seuil(A):
n = 0
u = 3000
while u >= A:
u = u * 0.8
n = n + 1
return n
Tant que , on passe au terme suivant. L’appel seuil(1000) renvoie , comme avec le tableau.
Réflexe — Je traduis l’énoncé par une inégalité (« dépasse » : ; « au moins » : ; « passe sous » : ), je divise par , je lis le premier rang qui convient, je vérifie le rang précédent, et je réponds dans le contexte (mois, année …).
Attention — est inférieur à : ans ne suffisent pas, on ne prend pas « l’entier le plus proche ». Et une suite géométrique à termes positifs ne passe jamais sous : « » n’a pas de solution.
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Pour aller plus loin
Somme de termes consécutifs. La somme (pour ) et la somme de termes consécutifs d’une suite géométrique ne sont pas au programme du tronc commun ; elles sont étudiées en spécialité, comme les suites géométriques de raison négative : Suites géométriques (1re spécialité).
De la suite à la fonction. La suite se prolonge en une fonction définie pour tout réel , avec par exemple : Fonctions exponentielles x ↦ aˣ.
Taux d’évolution moyen. Quel taux, répété chaque année, donne la même évolution globale ? Par exemple, une hausse de en ans correspond à environ par an, et non : Taux d’évolution moyen et indices.
Rappels et automatismes. Coefficient multiplicateur, valeur initiale, évolution réciproque : Automatismes : taux d’évolution. Croissance linéaire et suites arithmétiques : Suites arithmétiques et croissance linéaire.
- Hausse de : ; baisse : ; évolutions successives : on multiplie les coefficients ; fois la même évolution : .
- est géométrique de raison si pour tout ; à termes positifs, on le démontre en montrant que ne dépend pas de .
- ; ; ; avec deux termes, et .
- Évolution de par période, intérêts composés : suite géométrique de raison (croissance exponentielle) ; ajout d’une somme fixe, intérêts simples : suite arithmétique (croissance linéaire).
- Termes positifs : croissante si , décroissante si ; les points ne sont pas alignés.
- Seuil : inégalité, comparé à , premier rang qui convient (tableau, calcul de proche en proche, boucle « tant que »), rang précédent vérifié.
Questions fréquentes
Comment passer d’un pourcentage d’évolution au coefficient multiplicateur ?
On ajoute le taux à 1 pour une hausse, on le retranche pour une baisse : +4 % donne × 1,04 et −25 % donne × 0,75. Pour des évolutions successives, on multiplie les coefficients : +50 % puis −50 % donne 1,5 × 0,5 = 0,75, soit une baisse de 25 %.
Comment montrer qu’une suite est géométrique ?
On calcule le quotient uₙ₊₁ ÷ uₙ en gardant la lettre n (les termes doivent être non nuls). S’il ne dépend pas de n, la suite est géométrique et ce quotient est sa raison : pour uₙ = 5 × 3ⁿ, uₙ₊₁ ÷ uₙ = 3. Deux quotients différents suffisent à prouver qu’une suite n’est pas géométrique.
Quelle est la formule du terme général d’une suite géométrique ?
uₙ = u₀ × qⁿ si le premier terme est u₀, et uₙ = u₁ × qⁿ⁻¹ si c’est u₁. Par exemple, avec u₀ = 2 et q = 3, u₄ = 2 × 81 = 162. Avec deux termes connus, le quotient uₙ ÷ uₚ est égal à qⁿ⁻ᵖ, ce qui donne la raison.
Comment modéliser une hausse de t % par an avec une suite ?
La grandeur est multipliée chaque année par 1 + t/100 : c’est une suite géométrique de raison 1 + t/100. Un capital de 1 000 € placé à 3 % par an à intérêts composés vaut 1 000 × 1,03ⁿ euros au bout de n ans ; à intérêts simples, il vaudrait 1 000 + 30n euros, une suite arithmétique.
Comment savoir si une suite géométrique est croissante ?
Pour une suite à termes positifs, on compare la raison à 1 : strictement croissante si q > 1, strictement décroissante si 0 < q < 1, constante si q = 1. Ainsi 200 × 0,95ⁿ est décroissante (baisse de 5 % par étape), malgré son grand premier terme.
Comment résoudre un problème de seuil sans calculatrice ?
On écrit u₀ × qⁿ > A, on divise par u₀, puis on compare qⁿ à A ÷ u₀ à l’aide d’un tableau de puissances ou en calculant les termes de proche en proche. Par exemple, 5 × 2ⁿ > 1 000 donne 2ⁿ > 200 : 2⁷ = 128 et 2⁸ = 256, donc n = 8.
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