À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en première sur « La mise en œuvre du projet républicain » suit le programme officiel d'histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Fonder la République : des monarchistes aux républicains (1870-1879), Les libertés fondamentales et les symboles républicains, L'école gratuite, obligatoire et laïque, La République contestée : boulangisme, Panama, attentats (1886-1894). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — La mise en œuvre du projet républicain en France (1870-1914)
Analyse des termes — Le « projet républicain » désigne l'ambition de fonder un régime durable sur le suffrage universel masculin, les libertés, l'instruction et la laïcité ; sa « mise en œuvre » invite à étudier les étapes, les moyens et les résistances rencontrées. Les bornes vont de la proclamation du 4 septembre 1870 à l'entrée en guerre d'août 1914.
Problématique — Comment les républicains parviennent-ils, entre 1870 et 1914, à transformer un régime provisoire et contesté en une République enracinée dans les institutions, les lois et les esprits ?
Introduction rédigéeLe 4 septembre 1870, au lendemain du désastre de Sedan, la République est proclamée à l'Hôtel de Ville de Paris ; quelques mois plus tard pourtant, les électeurs envoient à l'Assemblée nationale une majorité de monarchistes. Rien ne garantit alors que le régime durera : les deux Républiques précédentes ont fini par un coup d'État, en 1799 et en 1851. Le projet républicain, porté par Gambetta, Ferry ou Clemenceau, veut fonder un régime stable sur le suffrage universel masculin, les libertés publiques, l'instruction du peuple et la laïcité de l'État. Sa mise en œuvre, de 1870 à l'entrée en guerre de 1914, se heurte aux monarchistes, à une grande partie de l'Église catholique, puis aux nationalistes antiparlementaires. Comment les républicains parviennent-ils à transformer un régime provisoire et contesté en une République enracinée dans les institutions, les lois et les esprits ? Nous verrons d'abord comment ils conquièrent le régime entre 1870 et 1879, puis comment ils l'enracinent par la loi, l'école et les symboles, enfin comment ils le défendent et l'achèvent face aux crises, jusqu'en 1914.
I. Conquérir le régime (1870-1879)
- Une République née de la défaite et dominée par les monarchistes.Proclamation du 4 septembre 1870 ; majorité monarchiste élue le 8 février 1871 ; « ordre moral » de Mac Mahon à partir du 24 mai 1873.
- Des institutions votées faute de mieux.Amendement Wallon adopté le 30 janvier 1875 par 353 voix contre 352 ; trois lois constitutionnelles de février et juillet 1875.
- La victoire du Parlement sur le président.Crise du 16 mai 1877, dissolution, victoire des « 363 » en octobre 1877 ; démission de Mac Mahon le 30 janvier 1879.
II. Enraciner la République par la loi, l'école et les symboles (1879-1889)
- Garantir les libertés fondamentales.Lois du 30 juin 1881 (réunion), du 29 juillet 1881 (presse), du 21 mars 1884 (syndicats) ; loi municipale du 5 avril 1884.
- Former des citoyens par l'école.Gratuité (16 juin 1881), obligation de 6 à 13 ans et laïcité des programmes (28 mars 1882), loi Goblet (30 octobre 1886).
- Donner à la République des rites et des symboles.La Marseillaise hymne national (1879), 14 Juillet fête nationale (1880), Monument à la République (1883), funérailles de Victor Hugo (1er juin 1885).
III. Défendre et achever la République (1886-1914)
- Surmonter les contestations antiparlementaires.Échec du boulangisme après l'élection du 27 janvier 1889 ; loi du 17 juillet 1889 ; scandale de Panama (1892-1893).
- Faire triompher le droit dans l'affaire Dreyfus.« J'accuse… ! » (13 janvier 1898) ; gouvernement de défense républicaine (juin 1899) ; réhabilitation de Dreyfus le 12 juillet 1906.
- Achever la laïcisation, sans unanimité ni universalité complète.Loi du 9 décembre 1905 ; inventaires de 1906 ; femmes toujours exclues du vote ; union sacrée du 4 août 1914.
Conclusion rédigéeEntre 1870 et 1914, les républicains ont transformé une République par défaut en un régime solidement installé : ils ont conquis les institutions en 1879, enraciné le régime par les libertés, l'école et les symboles dans les années 1880, puis l'ont défendu contre le boulangisme et l'antidreyfusisme avant d'achever la laïcisation en 1905. Cette réussite a ses limites : les femmes, la moitié de la population, restent exclues du vote, et l'unité proclamée n'a pas effacé les « deux France », républicaine et catholique. En août 1914, l'union sacrée montre pourtant que presque tous les Français se reconnaissent dans la République ; reste à savoir si ce consensus résistera à l'épreuve d'une guerre longue.
Le piège — Réciter les lois dans l'ordre sans montrer qu'elles répondent à des résistances : le sujet porte sur une mise en œuvre, donc sur un combat, pas sur un catalogue.
Sujet 2 — L'État, l'école et les Églises en France de 1879 à 1907
Analyse des termes — Le sujet porte sur la laïcisation, c'est-à-dire le retrait progressif des Églises, surtout catholique, de l'école publique puis de l'État. Il commence avec l'arrivée de Jules Ferry à l'Instruction publique (février 1879) et s'achève avec la loi du 2 janvier 1907, qui apaise l'application de la séparation.
Problématique — Comment la République impose-t-elle la laïcité, de l'école à la séparation, et pourquoi ce processus conflictuel aboutit-il à un compromis ?
Introduction rédigéeEn 1879, les républicains prennent le contrôle de l'État ; en 1907, une loi laisse les églises à la disposition des fidèles d'un État qui ne reconnaît plus aucun culte. Entre ces deux dates, la France se laïcise. La laïcité désigne la neutralité de l'État à l'égard des religions et la garantie de la liberté de conscience ; elle suppose de retirer à l'Église catholique le rôle public que lui donnait le Concordat de 1801, en particulier dans l'école. Pour les républicains, c'est la condition d'une nation de citoyens libres ; pour une grande partie des catholiques, c'est une persécution. Comment la République impose-t-elle la laïcité, de l'école à la séparation, et pourquoi ce processus conflictuel aboutit-il à un compromis ? Nous étudierons d'abord la laïcisation de l'école de 1879 à 1886, puis le passage du Ralliement à l'offensive anticléricale entre 1890 et 1904, enfin la séparation des Églises et de l'État et sa mise en œuvre, de 1905 à 1907.
I. Laïciser l'école (1879-1886)
- Former des maîtres républicains.Loi du 9 août 1879 : une école normale d'instituteurs et une d'institutrices par département ; loi Camille Sée sur les lycées de jeunes filles (21 décembre 1880).
- Remplacer le catéchisme par la morale civique.Loi du 28 mars 1882 ; lettre de Ferry aux instituteurs du 17 novembre 1883 : « L'instruction religieuse appartient aux familles et à l'Église, l'instruction morale à l'école. »
- Laïciser le personnel et affronter la guerre scolaire.Loi Goblet du 30 octobre 1886 ; manuels d'instruction civique mis à l'Index en décembre 1882 ; maintien d'un puissant enseignement catholique dans l'Ouest.
II. Du Ralliement à l'offensive anticléricale (1890-1904)
- Une tentative de réconciliation.Toast du cardinal Lavigerie (novembre 1890) ; encyclique Au milieu des sollicitudes (16 février 1892).
- L'affaire Dreyfus relance l'affrontement.Presse catholique largement antidreyfusarde ; dissolution de la congrégation des assomptionnistes, qui éditent La Croix (1900).
- Le Bloc des gauches frappe les congrégations.Loi du 1er juillet 1901 (autorisation obligatoire) ; refus de Combes (1902-1905) ; loi du 7 juillet 1904 ; rupture avec le Saint-Siège le 30 juillet 1904.
III. Séparer l'État et les Églises (1905-1907)
- Deux conceptions de la séparation s'affrontent.Séparation de combat voulue par Combes contre loi de liberté défendue par Briand et Jaurès ; article 4 sur les associations cultuelles.
- Une loi de liberté et de neutralité.Loi du 9 décembre 1905 : liberté de conscience (article 1er), aucun culte reconnu ni salarié (article 2) ; votes de 341 contre 233 à la Chambre, 179 contre 103 au Sénat.
- Une application d'abord violente, puis apaisée.Vehementer nos (11 février 1906) ; inventaires, mort d'un paroissien à Boeschepe le 6 mars 1906 ; loi du 2 janvier 1907.
Conclusion rédigéeDe 1879 à 1907, la République a retiré aux Églises leur place dans l'école publique, puis dans l'État. Ce combat, mené dans les années 1880 par Ferry et durci par Combes au lendemain de l'affaire Dreyfus, a abouti avec la loi du 9 décembre 1905 à une laïcité libérale, qui garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes. Les inventaires de 1906 montrent la violence du conflit, mais l'apaisement de 1907 prouve que la séparation pouvait être acceptée. La question scolaire, elle, reste ouverte : la place de l'école privée ressurgit tout au long du XXe siècle, jusqu'à la loi Debré de 1959.
Le piège — Faire de 1905 une loi antireligieuse : c'est une loi de liberté, et la séparation de combat voulue par Combes a précisément été écartée.