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Histoire-Géographie 1ʳᵉ

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La Première Guerre mondiale : le suicide de l'Europe ?

Thème 4 — La Première Guerre mondiale : le « suicide de l'Europe » et la fin des empires européens (chapitres 1 et 2 : un embrasement mondial et ses grandes étapes ; les sociétés en guerre, des civils acteurs et victimes du conflit)

À propos de cette page
Ce lexique sur « La Première Guerre mondiale : le suicide de l'Europe ? » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : De Sarajevo à la guerre européenne : l'engrenage de l'été 1914, 1914-1916 : du mouvement à la guerre d'usure, Un embrasement mondial : empires, colonies et nouveaux fronts, 1917-1918 : l'année des ruptures et la fin de la guerre. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.

Guerre totale

Guerre qui mobilise toutes les ressources humaines, économiques, financières et morales d'une nation, et qui ne distingue plus nettement combattants et civils.

À ne pas confondre

  • Guerre mondiale — « Mondiale » désigne l'extension géographique du conflit ; « totale » désigne l'intensité de la mobilisation. Une guerre peut être l'un sans l'autre.

Selon l'époque et le point de vue — L'expression se répand à la fin du conflit : le journaliste nationaliste Léon Daudet publie La Guerre totale en 1918, et Ludendorff théorise Der totale Krieg en 1935.

Ce que le mot permet d'écrire — Notion centrale du chapitre 2. Faute à éviter : l'employer sans la prouver ; il faut montrer au moins l'économie, les civils, la propagande et la violence contre les civils.

Guerre de mouvement

Phase où les armées manœuvrent, avancent et reculent sur de grandes distances (août-novembre 1914, puis mars-novembre 1918).

À ne pas confondre

  • Guerre de position — En guerre de position, le front est fixe et l'on attaque des lignes retranchées.

Selon l'époque et le point de vue — Tous les états-majors de 1914 préparent une guerre courte de mouvement (plan Schlieffen, plan XVII français).

Ce que le mot permet d'écrire — Sert à bâtir un plan chronologique. Piège : oublier que 1918 est aussi une guerre de mouvement.

Guerre de position

Guerre de tranchées sur un front stabilisé, où les offensives ne gagnent que quelques kilomètres (fin 1914 – début 1918 à l'Ouest).

À ne pas confondre

  • Guerre d'usure — La position est une forme de combat ; l'usure est une stratégie d'épuisement qui peut s'y dérouler.

Selon l'époque et le point de vue — Elle naît de l'échec de la guerre de mouvement après la Marne et la course à la mer.

Ce que le mot permet d'écrire — À illustrer par la vie des poilus et un chiffre (front d'environ 700 km).

Guerre d'usure

Stratégie visant à épuiser l'adversaire en hommes et en matériel plutôt qu'à percer son front.

À ne pas confondre

  • Bataille décisive — La bataille décisive cherche à gagner la guerre en un coup ; l'usure accepte des pertes immenses sur la durée.

Selon l'époque et le point de vue — Verdun en est l'archétype : Falkenhayn affirme dans ses mémoires (1920) avoir voulu « saigner à blanc » l'armée française, justification rédigée après coup.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour Verdun et la Somme (1916). Faute : croire que l'usure a été choisie dès 1914.

Union sacrée

Rassemblement des forces politiques, syndicales et religieuses françaises autour de la défense nationale à partir d'août 1914.

À ne pas confondre

  • Burgfrieden — Équivalent allemand (« paix civile ») proclamé par Guillaume II : ce n'est pas un terme français.

Selon l'époque et le point de vue — Formule de Raymond Poincaré, message au Parlement du 4 août 1914 ; elle se fissure en 1917 quand les socialistes quittent le gouvernement.

Ce que le mot permet d'écrire — Montre l'adhésion initiale ; à nuancer par la lassitude de 1917.

Mobilisation

Au sens strict, appel sous les drapeaux des hommes en âge de combattre ; au sens large, engagement de toute la société dans l'effort de guerre.

À ne pas confondre

  • Déclaration de guerre — La mobilisation (1er août 1914 en France) précède la déclaration de guerre allemande (3 août).

Selon l'époque et le point de vue — En France, près de 8 millions d'hommes de métropole sont mobilisés entre 1914 et 1918.

Ce que le mot permet d'écrire — Préciser toujours de quelle mobilisation on parle : militaire, économique, financière, culturelle.

Front / arrière

Le front est la zone des combats ; l'arrière (ou « front intérieur ») désigne la société civile qui soutient l'effort de guerre.

À ne pas confondre

  • Zone occupée — Les régions occupées ne sont ni front ni arrière : elles vivent sous l'autorité de l'ennemi.

Selon l'époque et le point de vue — Les soldats reprochent souvent à l'arrière d'ignorer leurs souffrances (« embusqués », « bourrage de crâne »).

Ce que le mot permet d'écrire — Clé pour un plan sur les sociétés en guerre.

Culture de guerre

Ensemble des représentations (haine de l'ennemi, guerre du droit contre la barbarie, sens du sacrifice) par lesquelles les sociétés ont donné sens au conflit.

À ne pas confondre

  • Propagande — La propagande est produite par l'État ; la culture de guerre vient aussi de la société (écoles, Églises, familles).

Selon l'époque et le point de vue — Notion développée par Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, historiens liés à l'Historial de Péronne, dans les années 1990-2000.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour expliquer le consentement ; à mettre en débat avec la contrainte.

Propagande

Diffusion organisée d'informations et d'images destinées à orienter l'opinion.

À ne pas confondre

  • Bourrage de crâne — Expression péjorative employée par les soldats pour dénoncer les mensonges de la presse de l'arrière.

Selon l'époque et le point de vue — Affiches, cartes postales, presse et cinéma sont mobilisés dans tous les pays ; en France, la Maison de la Presse est créée en 1916.

Ce que le mot permet d'écrire — À analyser dans les affiches : identifier l'émetteur, le destinataire et l'objectif.

Censure

Contrôle préalable par l'État de ce que publient la presse et les correspondances.

À ne pas confondre

  • Propagande — La censure empêche de dire ; la propagande fait dire.

Selon l'époque et le point de vue — Loi du 5 août 1914 sur les indiscrétions de la presse ; les journaux paraissent avec des « blancs », la censure est surnommée « Anastasie ».

Ce que le mot permet d'écrire — Lier à la création du Canard enchaîné (1915), qui ruse avec elle.

Poilu

Surnom populaire du soldat français de la Grande Guerre.

À ne pas confondre

  • Tommy — Surnom du soldat britannique ; le soldat américain est appelé « Sammy » en France.

Selon l'époque et le point de vue — Le mot, antérieur à 1914, signifie « homme courageux » dans l'argot militaire ; il s'impose pendant la guerre.

Ce que le mot permet d'écrire — Utiliser pour l'expérience combattante, avec des faits précis (tranchées, artillerie, permissions).

Mutinerie

Refus collectif d'obéir aux ordres dans une unité militaire.

À ne pas confondre

  • Désertion — Acte individuel de fuite ; les mutins de 1917 refusent surtout de monter à l'assaut, pas de défendre les tranchées.
  • Fraternisation — Rapprochement avec l'ennemi, comme lors de la trêve de Noël 1914.

Selon l'époque et le point de vue — Printemps 1917, après l'échec du Chemin des Dames ; étudiées par Guy Pedroncini (1967), puis André Loez (2010).

Ce que le mot permet d'écrire — Montre la lassitude de 1917 ; ne pas en faire une révolution pacifiste générale.

Génocide

Destruction intentionnelle, en tout ou en partie, d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux, en tant que tel.

À ne pas confondre

  • Massacre — Un massacre peut être ponctuel ; le génocide suppose l'intention de détruire un groupe et une organisation.
  • Crime contre l'humanité — Notion plus large (persécutions, déportations) ; le génocide en est la forme la plus grave.

Selon l'époque et le point de vue — Mot forgé par Raphael Lemkin en 1944, défini par la convention de l'ONU du 9 décembre 1948 ; Lemkin s'appuie notamment sur le sort des Arméniens.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour le génocide des Arméniens (1915-1916). Faute : dire que les contemporains employaient ce mot.

Armistice

Convention qui suspend les combats entre belligérants, sans régler la paix.

À ne pas confondre

  • Traité de paix — Le traité fixe frontières, réparations et clauses : Versailles, 28 juin 1919.

Selon l'époque et le point de vue — Armistices de 1918 : Bulgarie (29 septembre), Empire ottoman (30 octobre), Autriche-Hongrie (3 novembre), Allemagne (11 novembre, Rethondes).

Ce que le mot permet d'écrire — Dater la fin de la guerre avec précision.

Brutalisation

Thèse selon laquelle l'expérience de la violence de masse a banalisé la violence dans la vie politique de l'après-guerre.

À ne pas confondre

  • Culture de guerre — La culture de guerre explique la guerre ; la brutalisation en décrit les suites.

Selon l'époque et le point de vue — Proposée par George L. Mosse (Fallen Soldiers, 1990 ; traduction française 1999) ; discutée pour la France, où l'après-guerre est surtout pacifiste.

Ce que le mot permet d'écrire — En ouverture de conclusion vers le fascisme et le nazisme ; ne pas l'appliquer mécaniquement à tous les pays.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Mouvement / position

Oppose les phases où le front bouge (1914, 1918) à celle où il se fige (1915-1917).

Ce qu'il débloque — Structure un plan chronologique des grandes étapes.

Exemple — Sur le sujet « Les grandes étapes de la Première Guerre mondiale », il permet de découper 1914 / 1915-1917 / 1918.

Européen / mondial

Mesure l'extension d'un conflit né dans les Balkans à l'ensemble des empires et des continents.

Ce qu'il débloque — Évite de réduire la guerre au front franco-allemand.

Exemple — Sur le sujet « Un embrasement mondial », il permet de montrer le passage d'une crise austro-serbe à une guerre impliquant Japon, Empire ottoman, États-Unis et colonies.

Front / arrière

Distingue les combattants et les civils, tout en montrant leurs liens (production, courrier, permissions).

Ce qu'il débloque — Construit une partie sur l'engagement total des sociétés.

Exemple — Sur le sujet « Les sociétés en guerre », il permet d'opposer puis de relier l'expérience des poilus et celle des munitionnettes.

Acteurs / victimes

Les civils participent à l'effort de guerre, mais ils subissent aussi la violence.

Ce qu'il débloque — C'est la formulation même du programme : une partie par terme, puis leur articulation.

Exemple — Sur le sujet « Des civils acteurs et victimes », il permet de passer des emprunts et des usines à l'occupation et au génocide des Arméniens.

Consentement / contrainte

Deux explications de la ténacité des sociétés en guerre, au cœur d'un débat historiographique.

Ce qu'il débloque — Nourrit une partie de nuance ou une conclusion.

Exemple — Sur le sujet « Comment les Français ont-ils tenu ? », il permet d'opposer l'école de Péronne et le CRID 14-18.

Rupture / continuité

Mesure ce que la guerre change (violence de masse, fin des empires, rôle de l'État) et ce qu'elle prolonge (domination coloniale, nationalismes).

Ce qu'il débloque — Utile en conclusion et pour discuter la formule du « suicide de l'Europe ».

Exemple — Sur le sujet « La Grande Guerre, suicide de l'Europe ? », il permet de nuancer : effondrement de quatre empires, mais maintien des empires coloniaux vainqueurs.

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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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