La Première Guerre mondiale : le suicide de l'Europe ?
Thème 4 — La Première Guerre mondiale : le « suicide de l'Europe » et la fin des empires européens (chapitres 1 et 2 : un embrasement mondial et ses grandes étapes ; les sociétés en guerre, des civils acteurs et victimes du conflit)
À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en première sur « La Première Guerre mondiale : le suicide de l'Europe ? » suit le programme officiel d'histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : De Sarajevo à la guerre européenne : l'engrenage de l'été 1914, 1914-1916 : du mouvement à la guerre d'usure, Un embrasement mondial : empires, colonies et nouveaux fronts, 1917-1918 : l'année des ruptures et la fin de la guerre. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.
4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.
Document 1 — L'appel du gouvernement aux femmes françaises (août 1914)
Facile
Appel officiel du gouvernement, affiché dans les communes · René Viviani, président du Conseil, « Appel aux femmes françaises », daté du 6 août 1914, publié dans la presse et affiché dans les communes à partir du 7 août 1914 (extrait).
Quelques jours après la mobilisation générale (premier jour : 2 août 1914), des millions de paysans ont quitté leurs fermes en pleine moisson, dans une France où l'agriculture emploie encore près de 40 % des actifs. Le chef du gouvernement s'adresse aux femmes et aux enfants des campagnes.
« La guerre a été déchaînée par l'Allemagne malgré les efforts de la France, de la Russie, de l'Angleterre pour maintenir la paix. À l'appel de la patrie, vos pères, vos fils et vos maris se sont levés et demain ils auront relevé le défi. Le départ pour l'armée de tous ceux qui peuvent porter les armes laisse les travaux des champs interrompus : la moisson est inachevée, le temps des vendanges est proche. Au nom du gouvernement de la République, au nom de la nation tout entière groupée derrière lui, je fais appel à votre vaillance, à celle des enfants que leur âge seul, et non leur courage, dérobe au combat. Je vous demande de maintenir l'activité des campagnes, de terminer les récoltes de l'année, de préparer celles de l'année prochaine. Vous ne pouvez pas rendre à la patrie un plus grand service. [...] Debout, donc, femmes françaises, jeunes enfants, filles et fils de la patrie ! Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur le champ de bataille. Préparez-vous à leur montrer, demain, la terre cultivée, les récoltes rentrées, les champs ensemencés ! Il n'y a pas, dans ces heures graves, de labeur infime. Tout est grand qui sert le pays. Debout ! À l'action ! Au labeur ! Il y aura demain de la gloire pour tout le monde. Vive la République ! Vive la France ! »
En analysant le document, montrez comment le gouvernement mobilise les civils des campagnes dès le début de la guerre et ce que cet appel révèle de la nature du conflit.
Présentez le document : nature, auteur, date, destinataires.
Quelle situation des campagnes le document décrit-il ? Expliquez-en la cause.
Relevez deux expressions qui montrent le rôle attendu des femmes et des enfants. Quelle vision de la guerre justifie cet effort ?
En quoi ce document montre-t-il que la guerre devient une guerre totale ? Quelles sont ses limites pour connaître le travail réel des femmes ?
Voir la réponse rédigée
1. Il s'agit d'un appel officiel rédigé par René Viviani, président du Conseil, c'est-à-dire chef du gouvernement de la IIIe République. Daté du 6 août 1914, il est publié et affiché à partir du 7 août, soit moins d'une semaine après le premier jour de la mobilisation générale (2 août). Il s'adresse aux « femmes françaises » et aux « jeunes enfants », en particulier ceux des campagnes, puisqu'il parle de moisson et de vendanges.
2. Le document décrit des campagnes privées de leurs bras : « les travaux des champs » sont « interrompus », « la moisson est inachevée, le temps des vendanges est proche ». La cause est la mobilisation : « tous ceux qui peuvent porter les armes » sont partis à l'armée. Comme l'agriculture occupe encore près de 40 % des actifs en 1914, la mobilisation des paysans menace le ravitaillement du pays et de l'armée.
3. Viviani demande aux femmes de « maintenir l'activité des campagnes », de « terminer les récoltes » et de « préparer celles de l'année prochaine ». La formule « Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur le champ de bataille » met en parallèle le travail des civils et le combat des soldats. Cet effort est justifié par une guerre défensive, « déchaînée par l'Allemagne », menée pour « la patrie », « la République » et « la France » : c'est l'esprit de l'union sacrée proclamée par Poincaré le 4 août.
4. Le document montre que dès les premiers jours, le gouvernement ne compte pas seulement sur les soldats : il fait des civils, femmes et enfants compris, des acteurs de la guerre (« Tout est grand qui sert le pays »). C'est un trait de la guerre totale, qui mobilise toute la nation. Mais le texte a des limites : c'est un appel, donc un discours de mobilisation, pas une description ; il ne dit rien des difficultés concrètes (travaux de force, réquisitions de chevaux, isolement) ni du travail des femmes dans les usines d'armement, qui ne se développera qu'à partir de 1915. En août 1914, le gouvernement croit d'ailleurs à une guerre courte : il parle de « demain ».
Ce que cette analyse apprend — Relier chaque idée à une citation courte entre guillemets, puis confronter le discours officiel à la réalité connue par le cours.
Document 2 — « On les aura ! » : une affiche pour financer la guerre (1916)
Moyen
Affiche de propagande illustrée (lithographie en couleurs) · Abel Faivre (1867-1945), « On les aura ! 2e Emprunt de la Défense nationale », affiche, 1916 ; nombreux exemplaires conservés dans les collections publiques françaises.
À l'automne 1916, la France sort de huit mois de bataille à Verdun et l'offensive de la Somme s'enlise. L'État, qui ne peut financer la guerre par le seul impôt, lance son deuxième grand emprunt auprès des particuliers.
Description. L'affiche, verticale, est occupée presque entièrement par un seul personnage : un fantassin français en capote bleu horizon, coiffé du casque Adrian, un fusil à la main. Il se tourne à demi vers le spectateur et tend le bras en avant, la main ouverte, bouche ouverte comme s'il lançait un cri de ralliement à ses camarades. Le fond, clair et à peine esquissé, suggère un champ de bataille. En grosses lettres, le slogan « On les aura ! » domine l'image. En bas figurent les mentions « 2e Emprunt de la Défense nationale » et l'invitation à souscrire.
Repère. « Courage ! On les aura ! » conclut l'ordre du jour du général Pétain du 10 avril 1916, pendant la bataille de Verdun. Le 2e emprunt de la Défense nationale est lancé à l'automne 1916.
Après avoir présenté le document, montrez comment cette affiche cherche à mobiliser l'arrière au service du front, puis montrez-en les limites.
Présentez le document : nature, auteur, date, commanditaire.
Décrivez le personnage et expliquez le choix du slogan « On les aura ! ».
Qu'attend-on concrètement des civils ? Pourquoi l'État en a-t-il besoin en 1916 ?
En quoi cette affiche relève-t-elle de la propagande ? Quelles limites présente-t-elle pour comprendre la réalité de la guerre ?
Voir la réponse rédigée
1. C'est une affiche de propagande dessinée par Abel Faivre, illustrateur et caricaturiste, en 1916. Le commanditaire est l'État français, puisqu'elle annonce le « 2e Emprunt de la Défense nationale ». Elle s'adresse à tous les civils capables d'épargner.
2. Le personnage est un poilu reconnaissable à sa capote bleu horizon et à son casque Adrian, équipements généralisés en 1915. Son bras tendu et sa bouche ouverte en font un meneur qui entraîne ses camarades et, au-delà, le spectateur. Le slogan reprend la formule de Pétain à Verdun (ordre du jour du 10 avril 1916) : il exprime la confiance dans la victoire au moment où la bataille d'usure est la plus terrible. L'affiche transforme ainsi Verdun en symbole de la détermination nationale.
3. On demande aux civils de souscrire à l'emprunt, c'est-à-dire de prêter leur épargne à l'État, qui la remboursera avec intérêts. En 1916, la guerre coûte des sommes colossales (obus, canons, soldes, importations) ; l'impôt ne suffit pas, et l'État recourt aux bons de la Défense nationale (1915) puis à quatre grands emprunts entre 1915 et 1918. L'affiche montre donc que l'arrière est un acteur du conflit : sans son argent, le front ne peut tenir.
4. C'est de la propagande : un message simple, une image héroïque, une émotion (fierté, confiance) et une action attendue (souscrire). Elle culpabilise implicitement le civil : si le soldat donne sa vie, le civil peut bien prêter son argent. Mais l'image est idéalisée : le soldat est propre, déterminé, intact ; rien ne montre la boue, les morts, les blessures, ni la lassitude qui conduira aux mutineries de 1917. Les soldats appelaient ce genre de discours le « bourrage de crâne ». L'affiche renseigne sur ce que l'État voulait faire croire, pas sur l'expérience réelle du front.
Ce que cette analyse apprend — Pour une image : décrire (personnage, couleurs, texte), identifier l'émetteur et le destinataire, dire l'objectif, puis confronter l'image à la réalité.
Document 3 — Le bilan humain de la guerre pour les principaux belligérants
Moyen
Tableau statistique (ordres de grandeur) · Tableau de synthèse établi pour ce chapitre (2026) : ordres de grandeur arrondis d'après les estimations couramment retenues par les historiens ; pour la France, voir Antoine Prost, « Compter les vivants et les morts : l'évaluation des pertes françaises de 1914-1918 », Le Mouvement social, n° 222, 2008 (environ 1,4 million de morts). Les écarts entre auteurs sont importants, surtout pour la Russie.
Au lendemain de la guerre, chaque État dresse le bilan de ses pertes, souvent de manière incomplète ; les historiens les ont depuis réévaluées. Le tableau rassemble les ordres de grandeur admis aujourd'hui.
Pays
Hommes mobilisés (millions)
Soldats morts (millions)
Part des mobilisés tués
Part de la population de 1914
France
≈ 8,4
≈ 1,4
≈ 16 %
≈ 3,4 %
Allemagne
≈ 13
≈ 2
≈ 15 %
≈ 3 %
Russie
12 à 15
≈ 1,8
12 à 15 %
≈ 1 %
Autriche-Hongrie
≈ 8
≈ 1,1
≈ 14 %
≈ 2 %
Royaume-Uni (sans l'Empire)
≈ 6
≈ 0,7
≈ 12 %
≈ 1,6 %
Italie
≈ 5,6
≈ 0,6
≈ 11 %
≈ 1,7 %
États-Unis
≈ 4,3
≈ 0,12
≈ 3 %
≈ 0,1 %
Ensemble des belligérants
65 à 70
≈ 9 à 10
—
—
Les chiffres de la France incluent les soldats venus des colonies. Les morts civils ne figurent pas dans le tableau.
En vous appuyant sur le tableau et sur vos connaissances, mesurez l'ampleur des pertes militaires et expliquez les différences entre les belligérants.
Quels pays ont perdu le plus de soldats en valeur absolue ? Donnez les chiffres.
Quel pays est le plus touché proportionnellement à sa population ? Proposez deux explications.
Comment expliquer la faiblesse relative des pertes américaines ?
Pourquoi ces chiffres doivent-ils être maniés avec prudence, et que ne disent-ils pas du bilan de la guerre ?
Voir la réponse rédigée
1. En valeur absolue, l'Allemagne est le pays qui perd le plus de soldats, environ 2 millions, devant la Russie (environ 1,8 million), la France (environ 1,4 million) et l'Autriche-Hongrie (environ 1,1 million). Au total, près de 9 à 10 millions de soldats meurent sur 65 à 70 millions de mobilisés, soit environ un mobilisé sur sept.
2. La France est la plus touchée proportionnellement : environ 3,4 % de sa population de 1914 et environ 16 % de ses mobilisés sont tués. Première explication : la France a mobilisé une part exceptionnelle de ses hommes (8,4 millions pour moins de 40 millions d'habitants), car sa population est bien moins nombreuse que celle de l'Allemagne. Deuxième explication : le front de l'Ouest traverse son territoire et elle y combat du premier au dernier jour, avec des pertes énormes dès 1914 (environ 27 000 tués le seul 22 août) puis à Verdun, en Champagne et au Chemin des Dames. Cela représente en moyenne près de 900 morts par jour.
3. Les États-Unis n'entrent en guerre que le 6 avril 1917, et leurs troupes ne combattent massivement qu'à partir du printemps et de l'été 1918, soit quelques mois. Leurs pertes (environ 120 000 morts, dont une part importante due à la grippe) sont donc faibles au regard de leurs 4,3 millions de mobilisés et de leur population d'environ 100 millions d'habitants. Leur apport est pourtant décisif en hommes frais, en matériel et en crédits.
4. Ce sont des estimations : les archives russes et austro-hongroises sont lacunaires, les disparus sont difficiles à compter, et les auteurs divergent (d'où les fourchettes pour la Russie). Surtout, le tableau ne dit pas tout : il omet les morts civils (génocide des Arméniens, victimes du blocus, des occupations et des bombardements), les millions de blessés et de mutilés, les veuves et orphelins, les destructions matérielles. Il ne montre pas non plus les pertes des empires coloniaux ni des pays comme la Serbie, qui perd une part énorme de sa population. Le bilan réel est donc plus lourd que ces chiffres.
Ce que cette analyse apprend — Lire un tableau en valeurs absolues puis relatives, expliquer chaque écart par un fait daté, et finir par la critique de la source.
Document 4 — Les Alliés dénoncent les massacres d'Arméniens (24 mai 1915)
Difficile
Déclaration diplomatique commune · Déclaration commune des gouvernements français, britannique et russe, 24 mai 1915, communiquée à la presse par l'agence Havas (extrait ; les noms de lieux sont ceux du texte de l'époque).
L'Empire ottoman est en guerre contre la Russie depuis novembre 1914 et les troupes franco-britanniques ont débarqué aux Dardanelles le 25 avril 1915. Le 24 avril, plusieurs centaines de notables arméniens ont été arrêtés à Constantinople ; la loi de déportation est adoptée quelques jours après cette déclaration.
« Depuis un mois environ, la population kurde et turque de l'Arménie procède de connivence et souvent avec l'aide des autorités ottomanes à des massacres des Arméniens. De tels massacres ont eu lieu vers la mi-avril à Erzeroum, [...] Bitlis, Mouch, Sassoun, Zeitoun et dans toute la Cilicie. Les habitants d'une centaine de villages aux environs de Van ont été tous assassinés. Dans la ville même, le quartier arménien est assiégé par les Kurdes. En même temps, à Constantinople, le gouvernement ottoman sévit contre la population arménienne inoffensive. En présence de ces nouveaux crimes de la Turquie contre l'humanité et la civilisation, les gouvernements alliés font savoir publiquement à la Sublime Porte qu'ils tiendront personnellement responsables desdits crimes tous les membres du gouvernement ottoman ainsi que ceux de ses agents qui se trouveraient impliqués dans de pareils massacres. »
Après avoir présenté le document, montrez ce qu'il révèle des violences subies par les Arméniens en 1915 et discutez sa portée et ses limites.
Présentez le document en précisant qui parle, à qui, et dans quel contexte.
Quelles violences sont dénoncées ? Où et par qui sont-elles commises selon le texte ?
Expliquez l'expression « crimes […] contre l'humanité et la civilisation ». En quoi est-elle nouvelle ?
Confrontez le document à vos connaissances : que minimise-t-il ou ignore-t-il encore en mai 1915 ?
Pourquoi les Alliés ont-ils intérêt à faire cette déclaration ? Quelle en est la portée réelle ?
Voir la réponse rédigée
1. Ce document est une déclaration diplomatique commune de trois pays de l'Entente — la France, le Royaume-Uni et la Russie — rendue publique le 24 mai 1915 par l'agence Havas. Elle s'adresse à la « Sublime Porte », c'est-à-dire au gouvernement ottoman, mais aussi à l'opinion internationale, notamment aux pays neutres. Elle intervient un mois après la rafle des notables arméniens de Constantinople (24 avril 1915), alors que l'Empire ottoman, allié de l'Allemagne depuis novembre 1914, affronte les Russes dans le Caucase et les Franco-Britanniques aux Dardanelles.
2. Le texte dénonce des « massacres des Arméniens » commis « vers la mi-avril » dans de nombreuses localités d'Anatolie orientale (Erzeroum, Bitlis, Mouch, Sassoun) et en Cilicie ; il affirme que « les habitants d'une centaine de villages aux environs de Van ont été tous assassinés ». Il attribue ces tueries à « la population kurde et turque », agissant « de connivence et souvent avec l'aide des autorités ottomanes », et signale qu'à Constantinople « le gouvernement ottoman sévit contre la population arménienne inoffensive ».
3. L'expression qualifie des violences commises par un État contre une partie de sa propre population, en temps de guerre, comme une atteinte à l'humanité entière et non comme une affaire intérieure. Elle est nouvelle dans un texte diplomatique : elle annonce l'idée, qui ne s'imposera qu'en 1945 avec le procès de Nuremberg, que les dirigeants peuvent être « personnellement responsables » de tels crimes. Le mot « génocide » n'existe pas encore : il sera forgé par Raphael Lemkin en 1944.
4. En mai 1915, le texte minimise le rôle de l'État : il présente les massacres comme l'œuvre de populations locales aidées par les autorités, alors que les historiens ont établi qu'il s'agit d'un plan organisé par le gouvernement jeune-turc (Talaat, ministre de l'Intérieur) et exécuté par l'Organisation spéciale et l'administration. Il ne peut pas encore évoquer la loi de déportation adoptée à la fin mai 1915 ni les marches de la mort vers les déserts de Syrie (Deir ez-Zor), qui feront la majorité des victimes : entre un et un million et demi de morts au total selon les estimations.
5. La déclaration a une dimension humanitaire, mais aussi un intérêt de guerre : elle discrédite un ennemi et s'inscrit dans la propagande qui présente la guerre de l'Entente comme celle de la « civilisation » contre la barbarie ; la Russie, protectrice des chrétiens d'Orient, y trouve aussi un argument. Sa portée réelle est faible : elle n'arrête pas les déportations, et les procès engagés à Constantinople en 1919-1920 contre des responsables jeunes-turcs restent sans suite durable. Le document montre donc à la fois une prise de conscience précoce et l'impuissance des États à protéger des civils pendant une guerre totale.
Ce que cette analyse apprend — Pour un document diplomatique : distinguer ce que le texte affirme, ce qu'il sait au moment où il est écrit, et ce que l'historien sait aujourd'hui.
Bloqué sur ce chapitre ?
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.