À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en première sur « La Première Guerre mondiale : le suicide de l'Europe ? » suit le programme officiel d'histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : De Sarajevo à la guerre européenne : l'engrenage de l'été 1914, 1914-1916 : du mouvement à la guerre d'usure, Un embrasement mondial : empires, colonies et nouveaux fronts, 1917-1918 : l'année des ruptures et la fin de la guerre. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — La Première Guerre mondiale : un embrasement mondial et ses grandes étapes (1914-1918).
Analyse des termes — « Embrasement » désigne un incendie qui se propage : il faut montrer comment une crise balkanique devient une guerre européenne puis mondiale, en s'étendant à de nouveaux belligérants, aux empires et à d'autres continents. Les bornes vont de l'entrée en guerre (fin juillet – début août 1914) à l'armistice du 11 novembre 1918 ; le sujet porte sur les étapes militaires et l'extension du conflit, pas sur les sociétés ni sur la paix.
Problématique — Comment un conflit né d'une crise européenne de l'été 1914 est-il devenu, par étapes successives, une guerre mondiale d'une violence inédite ?
Introduction rédigée« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles », écrit Paul Valéry en 1919, au lendemain d'un conflit qui a tué près de 10 millions de soldats. Commencée comme une crise entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie après l'attentat de Sarajevo du 28 juin 1914, la Première Guerre mondiale s'est étendue, par un véritable embrasement, à l'Europe entière puis aux empires coloniaux, à l'Asie, au Moyen-Orient et à l'Amérique. Entre la fin juillet 1914 et l'armistice du 11 novembre 1918, elle a changé plusieurs fois de visage : guerre de mouvement, guerre de position, guerre d'usure, puis de nouveau guerre de mouvement. Comment un conflit né d'une crise européenne de l'été 1914 est-il devenu, par étapes successives, une guerre mondiale d'une violence inédite ? Nous verrons d'abord comment, en 1914, la crise balkanique se transforme en une guerre européenne qui s'enlise, puis comment, en 1915-1916, cette guerre d'usure se mondialise, avant d'étudier les ruptures de 1917 et le dénouement de 1918.
I. 1914 : d'une crise balkanique à une guerre européenne qui s'enlise
- Le jeu des alliances transforme l'attentat de Sarajevo en guerre européenne.28 juin 1914, assassinat de François-Ferdinand ; déclarations de guerre du 28 juillet au 4 août 1914.
- La guerre de mouvement est d'une violence inouïe et échoue à l'Ouest comme à l'Est à produire la décision.Environ 27 000 Français tués le 22 août 1914 ; Tannenberg (26-30 août) ; arrêt allemand sur la Marne (5-12 septembre).
- La course à la mer aboutit à une guerre de position.Fin 1914, front continu d'environ 700 km de la mer du Nord à la Suisse.
II. 1915-1916 : une guerre d'usure qui se mondialise
- De nouveaux belligérants élargissent la guerre au-delà de l'Europe de l'Ouest.Japon (23 août 1914), Empire ottoman (novembre 1914), Italie (23 mai 1915), Bulgarie (octobre 1915).
- De nouveaux fronts s'ouvrent hors d'Europe occidentale.Dardanelles (avril 1915 – janvier 1916) ; révolte arabe (juin 1916) ; conquête des colonies allemandes d'Afrique.
- À l'Ouest, les batailles d'usure incarnent une guerre industrielle.Verdun (21 février – décembre 1916, environ 300 000 morts) ; la Somme (à partir du 1er juillet 1916, plus d'un million de victimes).
III. 1917-1918 : ruptures et dénouement d'une guerre mondiale
- 1917 bouleverse l'équilibre des forces.Entrée en guerre des États-Unis le 6 avril 1917 ; révolutions russes (mars et novembre 1917).
- La crise touche aussi les armées de l'Entente.Échec du Chemin des Dames (16 avril 1917) et mutineries de mai-juin ; Caporetto (octobre 1917).
- Le retour du mouvement en 1918 conduit à l'effondrement des Empires centraux.Brest-Litovsk (3 mars 1918), offensive allemande du 21 mars, contre-offensive alliée du 18 juillet, armistices de Moudros (30 octobre) et de Rethondes (11 novembre 1918).
Conclusion rédigéeEn un peu plus de quatre ans, la Première Guerre mondiale est passée d'une crise balkanique à un conflit planétaire. L'échec de la guerre courte en 1914 a imposé une guerre de position puis d'usure, symbolisée par Verdun et la Somme en 1916 ; l'entrée en guerre de l'Empire ottoman, de l'Italie, puis des États-Unis et la mobilisation des empires coloniaux en ont fait une guerre mondiale ; les ruptures de 1917 et le retour du mouvement en 1918 ont conduit à l'effondrement des Empires centraux et à l'armistice du 11 novembre 1918. Mais cet armistice ne suffit pas à rétablir la paix : il reste à construire un nouvel ordre international, alors que quatre empires ont disparu et que les violences se prolongent à l'Est. C'est tout l'enjeu des traités de 1919-1920.
Le piège — Réduire la guerre au seul front franco-allemand (Marne, Verdun, armistice) : le sujet demande explicitement l'« embrasement mondial », il faut donc placer dans chaque partie un fait extra-européen ou impérial daté.
Sujet 2 — Les sociétés en guerre : des civils acteurs et victimes de la guerre (1914-1918).
Analyse des termes — Les « sociétés en guerre » désignent les populations non combattantes des pays belligérants (arrière, régions occupées, colonies) ; « acteurs » renvoie à leur participation à l'effort de guerre, « victimes » aux violences qu'elles subissent. Le cadre est celui des principaux belligérants entre août 1914 et novembre 1918, avec la France comme exemple principal, sans oublier l'Allemagne, la Belgique et l'Empire ottoman.
Problématique — En quoi la Première Guerre mondiale, en mobilisant les civils au service du front, fait-elle aussi d'eux des cibles, au point d'effacer la frontière entre combattants et non-combattants ?
Introduction rédigée« Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur le champ de bataille » : dès août 1914, le président du Conseil René Viviani demande aux femmes et aux enfants des campagnes de prendre part à la guerre. Pendant plus de quatre ans, les sociétés des pays belligérants, c'est-à-dire les populations civiles de l'arrière, des régions occupées et des colonies, sont engagées dans le conflit : elles en deviennent des acteurs, par leur travail, leur argent et leur adhésion, mais aussi des victimes, par l'occupation, le blocus, les bombardements et les massacres. C'est l'un des traits de la guerre totale. En quoi la Première Guerre mondiale, en mobilisant les civils au service du front, fait-elle aussi d'eux des cibles, au point d'effacer la frontière entre combattants et non-combattants ? Nous montrerons d'abord que les civils sont mobilisés au service du front, puis qu'ils sont encadrés par l'État entre consentement et lassitude, avant de voir qu'ils deviennent eux-mêmes des victimes de la guerre.
I. Des civils mobilisés : l'arrière au service du front
- L'économie est réorganisée pour produire des armes.Albert Thomas à l'Armement (1915-1917) ; loi Dalbiez du 17 août 1915 rappelant des ouvriers qualifiés à l'usine.
- Les femmes remplacent les hommes aux champs et à l'usine.Appel de Viviani aux femmes (août 1914) ; environ 400 000 munitionnettes en 1918.
- Les civils et les colonies financent et approvisionnent la guerre.Quatre emprunts de la Défense nationale (1915-1918) ; environ 200 000 travailleurs coloniaux et chinois en France.
II. Des civils encadrés, entre consentement et lassitude
- L'union sacrée soude d'abord la nation.Message de Poincaré du 4 août 1914 ; vote des crédits de guerre par les socialistes.
- Censure et propagande façonnent une culture de guerre.Loi du 5 août 1914 sur la presse ; affiche « On les aura ! » (1916) ; « bourrage de crâne ».
- La lassitude grandit, sans rompre la ténacité.Naissance du Canard enchaîné (10 septembre 1915) ; grèves des midinettes (mai-juin 1917) ; fermeté de Clemenceau à partir de novembre 1917.
III. Des civils victimes : la guerre totale frappe les non-combattants
- L'invasion et l'occupation exposent les civils à la violence.Dinant (23 août 1914, 674 civils tués) ; dix départements français occupés, déplacements forcés de Lille à Pâques 1916.
- Les civils de l'arrière sont aussi visés par les bombardements et le blocus.Tir sur l'église Saint-Gervais à Paris (29 mars 1918, près de 90 morts) ; « hiver des rutabagas » en Allemagne (1916-1917).
- La violence extrême aboutit au génocide des Arméniens.Rafle du 24 avril 1915 à Constantinople, déportations vers la Syrie ; entre un et un million et demi de morts.
Conclusion rédigéeEntre 1914 et 1918, les civils ont été pleinement des acteurs de la guerre : ils ont produit les armes, financé les emprunts, remplacé les hommes partis, et la plupart ont tenu, entre adhésion à la cause nationale et contraintes de l'État. Mais cette mobilisation totale a aussi fait d'eux des cibles, des villages belges de 1914 aux déportés arméniens de 1915 et aux Parisiens bombardés de 1918 : la distinction entre combattants et non-combattants s'est effacée. Ce bilan pèse sur l'après-guerre, avec ses veuves, ses orphelins pupilles de la Nation et ses régions dévastées, et il annonce, selon l'historien George Mosse, une brutalisation des sociétés que la Seconde Guerre mondiale portera à un degré plus grand encore.
Le piège — Faire une partie « acteurs » et une partie « victimes » sans les relier : la meilleure copie montre que c'est précisément parce que les civils participent à l'effort de guerre qu'ils deviennent des cibles (usines bombardées, blocus pour affamer l'arrière, suspicion envers les minorités).