La France et la construction de nouveaux États par la guerre et la diplomatie
Napoléon III et le principe des nationalités, Crimée, unités italienne et allemande, guerre de 1870, Commune (programme d'histoire de 1re)
À propos de cette page
Ce lexique sur « La France et la construction de nouveaux États par la guerre et la diplomatie » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Le principe des nationalités, boussole de Napoléon III, La guerre de Crimée et le congrès de Paris : la France de retour (1853-1856), L'unité italienne : la France, alliée décisive (1858-1861), Rome, Pologne, Mexique : les limites d'une politique (1861-1870). Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.
Principe des nationalités
Principe selon lequel chaque nation a le droit de former un État indépendant, ou de s'unir en un seul État si elle est divisée.
À ne pas confondre
Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes — Formule du XXe siècle (Wilson, Lénine, 1917-1918), qui insiste sur le choix des populations ; le principe du XIXe siècle insiste sur l'existence de la nation.
Selon l'époque et le point de vue — Né des idées de la Révolution française et du romantisme, il est porté après 1815 par les libéraux et les patriotes, comme l'Italien Mazzini, fondateur de la Jeune-Italie (1831). Napoléon III en fait à partir de 1852 une ligne de la politique extérieure française.
Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable dans tout sujet sur la politique extérieure du Second Empire. Faute à éviter : en faire une règle appliquée partout ; l'empereur l'oublie en Pologne (1863) ou au Mexique.
Nation
Communauté humaine qui a conscience de former un peuple, par une histoire, une culture, souvent une langue, et la volonté de vivre ensemble.
À ne pas confondre
État — Organisation politique souveraine sur un territoire : en 1850, la nation italienne existe sans État italien.
État-nation — État dont les frontières coïncident avec celles d'une nation : c'est le but des unifications.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot prend son sens politique en 1789, quand la nation devient souveraine. En 1870-1882, l'Alsace oppose deux définitions : Fustel de Coulanges et Renan insistent sur la volonté, des savants allemands sur la langue et la culture.
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à problématiser l'annexion de 1871. Faute à éviter : confondre nation et État, ou plaquer l'opposition « nation française volontaire / nation allemande ethnique » sans nuance.
Risorgimento
Mot italien (« résurgence, renaissance ») qui désigne le mouvement politique et culturel conduisant à l'unité italienne, des années 1830 à 1870.
À ne pas confondre
Unité italienne — L'unité est le résultat (royaume d'Italie en 1861, Rome capitale en 1871) ; le Risorgimento est le mouvement qui y conduit.
Selon l'époque et le point de vue — Le terme est popularisé par le journal Il Risorgimento, fondé à Turin en 1847 par Cavour. Il associe des républicains (Mazzini, Garibaldi) et la monarchie piémontaise (Cavour, Victor-Emmanuel II).
Ce que le mot permet d'écrire — Sujets sur l'Italie et le rôle de la France. Faute à éviter : le réduire à Garibaldi, ou oublier que la monarchie de Savoie en prend la direction.
Plébiscite
Vote par lequel une population approuve ou rejette, par oui ou par non, une proposition : rattachement d'un territoire, changement de régime.
À ne pas confondre
Référendum — Le référendum porte sur un texte ; le plébiscite ratifie souvent un fait accompli ou un homme, ce qui lui donne une connotation d'approbation obligée.
Selon l'époque et le point de vue — Du latin plebiscitum, décision de la plèbe. Pratiqué sous la Révolution et par les Bonaparte ; en Italie, chaque étape de l'unité est ratifiée par plébiscite (1860, 1866, 1870).
Ce que le mot permet d'écrire — Exemple clé : Nice et la Savoie, avril 1860. Faute à éviter : y voir un libre choix sans examen ; en 1860, le traité de Turin est signé avant le vote.
Concert européen
Pratique de concertation entre les grandes puissances, qui règlent les crises européennes par des congrès et des conférences après 1815.
À ne pas confondre
Sainte-Alliance — Pacte de 1815 limité aux monarchies d'Autriche, de Prusse et de Russie, au nom de la religion et de l'ordre ; le concert est plus large et plus pragmatique.
Selon l'époque et le point de vue — Issu du congrès de Vienne (1814-1815). Le congrès de Paris (1856), présidé par la France, en est un sommet ; les guerres de 1859, 1866 et 1870 le contournent.
Ce que le mot permet d'écrire — Montre le passage d'un règlement diplomatique à un règlement par la guerre. Faute à éviter : croire qu'il disparaît en 1856 ; la conférence de Londres règle encore la crise du Luxembourg (1867).
Confédération germanique
Union d'une quarantaine d'États allemands, créée en 1815 et présidée par l'Autriche, avec une Diète siégeant à Francfort.
À ne pas confondre
Confédération de l'Allemagne du Nord — Créée en 1867 par la Prusse après Sadowa, sans l'Autriche ni les États du Sud : c'est le noyau de l'Empire de 1871.
Selon l'époque et le point de vue — Créée par le congrès de Vienne, dissoute par la paix de Prague (23 août 1866).
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à montrer que l'unité allemande se fait sans l'Autriche. Faute à éviter : la confondre avec l'Empire allemand de 1871.
Realpolitik
Politique fondée sur les rapports de force et l'intérêt de l'État plutôt que sur des principes idéologiques ou moraux.
À ne pas confondre
Machiavélisme — Jugement moral péjoratif ; la Realpolitik est une méthode revendiquée, qui sait aussi être modérée : Bismarck ménage l'Autriche vaincue en 1866.
Selon l'époque et le point de vue — Le mot est forgé en 1853 par le publiciste allemand Ludwig von Rochau ; il est ensuite associé à Bismarck.
Ce que le mot permet d'écrire — Caractérise la méthode de Bismarck face au principe des nationalités de Napoléon III. Faute à éviter : l'employer pour toute politique cynique, hors de son contexte.
Casus belli
Fait qui justifie, ou sert de prétexte à, une déclaration de guerre.
À ne pas confondre
Causes de la guerre — La dépêche d'Ems est le casus belli de 1870 ; les causes sont plus profondes : rivalité depuis Sadowa, volonté de Bismarck d'achever l'unité, fragilité du régime impérial.
Selon l'époque et le point de vue — Expression latine (« cas de guerre ») du vocabulaire diplomatique moderne.
Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour 1859 (invasion du Piémont) et 1870 (Ems). Faute à éviter : confondre le déclencheur et les causes.
Compensation territoriale
Territoire qu'une puissance réclame en échange de son soutien ou de sa neutralité, au nom de l'équilibre européen.
À ne pas confondre
Annexion — L'annexion incorpore un territoire, souvent par la force ; la compensation relève du marchandage diplomatique. Nice et la Savoie (1860) sont une compensation.
Selon l'époque et le point de vue — Logique classique de l'équilibre européen. Après Sadowa (1866), les demandes françaises (Rhin, Luxembourg) sont moquées par Bismarck sous le nom de « politique des pourboires ».
Ce que le mot permet d'écrire — Montre que le principe des nationalités se double d'intérêts. Faute à éviter : présenter Nice et la Savoie comme une conquête militaire.
Question romaine
Problème posé par le sort de Rome, capitale réclamée par l'Italie mais siège de l'État pontifical protégé par une garnison française.
À ne pas confondre
Autorité religieuse du pape — La question porte sur le pouvoir temporel (le pape souverain d'un État), non sur son autorité spirituelle.
Selon l'époque et le point de vue — Ouverte le 27 mars 1861, quand le Parlement italien proclame Rome capitale ; tranchée le 20 septembre 1870 ; le pape se dit ensuite « prisonnier du Vatican » jusqu'aux accords du Latran (1929).
Ce que le mot permet d'écrire — Montre les limites de la politique italienne de Napoléon III. Faute à éviter : croire que l'unité italienne est achevée en 1861.
Armistice
Suspension des combats décidée d'un commun accord, qui ne met pas fin juridiquement à la guerre.
À ne pas confondre
Traité de paix — Le traité met fin à l'état de guerre : armistice le 28 janvier 1871, préliminaires le 26 février, traité de Francfort le 10 mai 1871.
Selon l'époque et le point de vue — En 1859, l'armistice de Villafranca (11 juillet) arrête la guerre d'Italie avant la paix de Zurich (novembre 1859).
Ce que le mot permet d'écrire — Sert à dater finement les sorties de guerre. Faute à éviter : dire que la guerre de 1870 s'achève le 28 janvier 1871.
Commune de Paris
Gouvernement insurrectionnel de Paris, du 18 mars au 28 mai 1871, né du refus de la capitulation et de l'Assemblée élue en février, écrasé par l'armée de Versailles.
À ne pas confondre
Commune (collectivité locale) — Avec une majuscule, il s'agit de l'insurrection de 1871, qui reprend le nom de la Commune révolutionnaire de Paris de 1792.
Selon l'époque et le point de vue — De brèves Communes éclatent aussi en 1871 à Lyon, Marseille ou Saint-Étienne. La Semaine sanglante (21-28 mai) en fait un lieu de mémoire du mouvement ouvrier.
Ce que le mot permet d'écrire — Dans ce chapitre, elle est traitée comme une conséquence de la guerre. Faute à éviter : l'isoler du siège de Paris et de la capitulation.
Alsace-Moselle
Territoires annexés par l'Empire allemand en 1871 : l'Alsace (sauf Belfort) et la Moselle, avec une partie de la Meurthe et des Vosges.
À ne pas confondre
Alsace-Lorraine — Expression courante mais trompeuse : l'essentiel de la Lorraine (Nancy, Épinal) reste français.
Selon l'époque et le point de vue — En allemand, Reichsland Elsass-Lothringen, « terre d'Empire » administrée par le pouvoir impérial. Redevenue française en 1918, ce que confirme le traité de Versailles (1919).
Ce que le mot permet d'écrire — Conséquence majeure du traité de Francfort. Faute à éviter : dire que toute la Lorraine est perdue.
Droit d'option
Possibilité offerte par le traité de Francfort aux habitants de l'Alsace-Moselle de garder la nationalité française, jusqu'au 1er octobre 1872, à condition de s'établir en France.
À ne pas confondre
Plébiscite — L'option est un choix individuel qui oblige à émigrer ; aucun plébiscite n'a consulté les populations annexées en 1871.
Selon l'époque et le point de vue — Plus de cent mille déclarations d'option sont déposées, mais beaucoup d'optants restent sur place, et leur choix est alors annulé par les autorités allemandes.
Ce que le mot permet d'écrire — Nuance le thème du « refus » alsacien. Faute à éviter : croire que les Alsaciens ont voté contre l'annexion.
Revanche
Volonté d'effacer la défaite de 1870-1871 et de reprendre l'Alsace-Moselle.
À ne pas confondre
Souvenir des provinces perdues — La revanche est un objectif de guerre ; le souvenir est un sentiment, bien plus répandu que la volonté réelle de reprendre les armes.
Selon l'époque et le point de vue — L'expression « revanche pour Sadowa » circule dès 1866 contre la Prusse ; après 1871, elle vise l'Allemagne. Paul Déroulède fonde la Ligue des patriotes en 1882.
Ce que le mot permet d'écrire — Pour les conclusions et les ouvertures vers 1914. Faute à éviter : faire de la revanche la cause unique de la Première Guerre mondiale.
Les repères du programme
Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.
Guerre / diplomatie
Les deux instruments, complémentaires, de la construction des nouveaux États : on négocie pour préparer la guerre, on se bat pour peser à la table des négociations.
Ce qu'il débloque — Organise un plan chronologique en montrant l'alternance des moments.
Exemple — Sur le sujet « La France et l'unité italienne », il permet d'opposer Plombières (diplomatie secrète, 1858) et Solférino (guerre, 1859), puis de montrer que Villafranca est un acte diplomatique qui interrompt la guerre.
Principe / intérêt
L'idéal affiché (le principe des nationalités) et les calculs de puissance (compensations, prestige, opinion catholique).
Ce qu'il débloque — Sert à nuancer toute partie sur Napoléon III.
Exemple — Sur le sujet « Napoléon III et les nationalités », il permet de confronter l'Italie et la Roumanie, où il aide des nations, à la Pologne et au Mexique, où il les ignore.
Arbitre / vaincu
La trajectoire de la France entre 1856 (congrès de Paris) et 1871 (traité de Francfort).
Ce qu'il débloque — Donne un fil directeur et une conclusion.
Exemple — Sur le sujet « La France face à l'unification allemande », il permet de construire trois parties : la France laisse faire, la France s'inquiète, la France est vaincue.
Par le haut / par le bas
Unification conduite par les rois, les ministres et les armées, ou portée par les peuples, les volontaires et les parlements.
Ce qu'il débloque — Compare les deux unités.
Exemple — Sur le sujet « Unité italienne et unité allemande », il permet d'opposer l'initiative de Garibaldi (1860) au tableau de Versailles, où l'on ne voit que des princes et des officiers (1871).
Nation héritée / nation choisie
La nation définie par la langue et la culture, ou par la volonté de ses membres.
Ce qu'il débloque — Problématise l'annexion de l'Alsace-Moselle.
Exemple — Sur le sujet « Les conséquences de la guerre de 1870 », il permet de confronter l'annexion sans consultation (1871) aux plébiscites de Nice et de la Savoie (1860).
Court terme / long terme
Les résultats immédiats d'une décision et ses effets durables.
Ce qu'il débloque — Utile en conclusion et pour juger une politique.
Exemple — Sur le sujet « La France et l'unité italienne », il permet de montrer qu'à court terme la France gagne Nice et la Savoie, mais qu'à long terme Mentana (1867) prive la France de l'alliance italienne en 1870.
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