La France et la construction de nouveaux États par la guerre et la diplomatie
Napoléon III et le principe des nationalités, Crimée, unités italienne et allemande, guerre de 1870, Commune (programme d'histoire de 1re)
À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en première sur « La France et la construction de nouveaux États par la guerre et la diplomatie » suit le programme officiel d'histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le principe des nationalités, boussole de Napoléon III, La guerre de Crimée et le congrès de Paris : la France de retour (1853-1856), L'unité italienne : la France, alliée décisive (1858-1861), Rome, Pologne, Mexique : les limites d'une politique (1861-1870). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.
4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.
Document 1 — Napoléon III entre en guerre pour l'Italie (1859)
Facile
Proclamation officielle (texte) · Napoléon III, proclamation au peuple français, palais des Tuileries, 3 mai 1859, publiée au Moniteur universel (extraits).
Le 29 avril 1859, après un ultimatum, l'armée autrichienne entre au Piémont, allié de la France depuis l'entrevue secrète de Plombières (juillet 1858). Napoléon III s'adresse à tous les Français pour justifier une guerre qu'il va conduire en personne.
Français ! L'Autriche, en faisant entrer son armée sur le territoire du roi de Sardaigne, notre allié, nous déclare la guerre. Elle viole ainsi les traités, la justice, et menace nos frontières. [...] L'Autriche a amené les choses à cette extrémité, qu'il faut qu'elle domine jusqu'aux Alpes, ou que l'Italie soit libre jusqu'à l'Adriatique ; car, dans ce pays, tout coin de terre demeuré indépendant est un danger pour son pouvoir.
Jusqu'ici la modération a été la règle de ma conduite ; maintenant l'énergie devient mon premier devoir. [...]
Le but de cette guerre est donc de rendre l'Italie à elle-même, non de la faire changer de maître, et nous aurons à nos frontières un peuple ami, qui nous devra son indépendance.
Nous n'allons pas en Italie fomenter le désordre, ni ébranler le pouvoir du Saint-Père, que nous avons replacé sur son trône, mais le soustraire à cette pression étrangère qui s'appesantit sur toute la Péninsule. [...]
Je vais bientôt me mettre à la tête de l'armée.
En analysant ce document, montrez comment Napoléon III justifie son intervention en Italie, et quelles en sont les limites.
Présentez le document : nature, auteur, destinataires, contexte.
Comment l'empereur justifie-t-il l'entrée en guerre ?
Quels buts de guerre affiche-t-il ? En quoi relèvent-ils du principe des nationalités, et en quoi servent-ils la France ?
Quelles limites le texte laisse-t-il apparaître ? Confrontez-le à la suite des événements.
Voir la réponse rédigée
1. Ce document est une proclamation officielle de Napoléon III au peuple français, datée du 3 mai 1859 et publiée au Moniteur universel, le journal officiel de l'Empire. Elle s'adresse à toute la nation au moment où la France entre en guerre contre l'Autriche. L'Autriche vient d'envahir le royaume de Piémont-Sardaigne, auquel Napoléon III s'est secrètement lié à Plombières en juillet 1858. L'empereur, qui annonce qu'il va « se mettre à la tête de l'armée », doit convaincre l'opinion et rassurer l'Europe.
2. L'empereur présente la guerre comme défensive et subie. C'est l'Autriche qui « nous déclare la guerre » en envahissant le territoire du « roi de Sardaigne, notre allié » ; elle « viole [...] les traités, la justice » et « menace nos frontières ». Il insiste sur sa propre retenue : « la modération a été la règle de ma conduite ». Le texte tait évidemment l'accord de Plombières, qui prévoyait cette guerre et ses contreparties : Cavour a tout fait pour provoquer l'ultimatum autrichien.
3. Le but affiché est de « rendre l'Italie à elle-même, non de la faire changer de maître » : c'est l'application du principe des nationalités, qui reconnaît aux Italiens le droit de se gouverner sans tutelle étrangère. L'alternative « qu'elle domine jusqu'aux Alpes, ou que l'Italie soit libre jusqu'à l'Adriatique » promet même une Italie débarrassée de l'Autriche, Vénétie comprise. Mais l'intérêt français est explicite : la France aura à ses frontières « un peuple ami, qui nous devra son indépendance », c'est-à-dire un État reconnaissant, qui affaiblit l'Autriche et brise l'ordre de 1815. Le texte ne dit rien, en revanche, de Nice et de la Savoie, promises à la France.
4. Deux limites apparaissent. D'abord, l'empereur promet de ne pas « ébranler le pouvoir du Saint-Père », qu'il protège à Rome depuis 1849 : or une Italie unie voudra Rome pour capitale, ce qui annonce la question romaine, réglée seulement en 1870. Ensuite, la promesse d'une Italie libre « jusqu'à l'Adriatique » n'est pas tenue : dès le 11 juillet 1859, à Villafranca, Napoléon III signe l'armistice après Solférino et laisse la Vénétie à l'Autriche, par crainte de la Prusse et de l'opinion catholique. La proclamation est donc autant un instrument de propagande qu'un programme : elle habille en guerre de libération une guerre préparée et intéressée.
Ce que cette analyse apprend — Confronter un discours officiel aux faits qui le suivent (Villafranca, Rome) pour distinguer le but affiché du but réel.
Document 2 — Les plébiscites de Nice et de la Savoie (avril 1860)
Moyen
Tableau statistique (résultats électoraux) · Résultats officiels des plébiscites des 15-16 avril 1860 (comté de Nice) et des 22-23 avril 1860 (Savoie) sur la réunion à la France, publiés en 1860.
À Plombières (1858), Cavour avait promis Nice et la Savoie en échange de l'aide française contre l'Autriche. En mars 1860, Napoléon III accepte que l'Italie centrale rejoigne le Piémont et obtient en retour la cession des deux provinces, que des plébiscites doivent ratifier.
Savoie (22-23 avril 1860)
Comté de Nice (15-16 avril 1860)
Inscrits
135 449
30 712
Votants
130 839
25 933
« Oui » à la réunion à la France
130 533
25 743
« Non »
235
160
Bulletins nuls
71
30
Vote au suffrage universel masculin. Les électeurs répondent par oui ou par non à la réunion de leur province à la France, décidée par le traité de Turin du 24 mars 1860 entre Napoléon III et Victor-Emmanuel II.
En analysant ce document, montrez comment la France obtient Nice et la Savoie, et discutez la portée de ces plébiscites.
Présentez le document et son contexte.
Calculez, pour chaque province, le taux de participation et la part des « oui » parmi les inscrits.
Que montrent ces résultats, et pourquoi Napoléon III tient-il à ce vote ?
Quelles réserves un historien doit-il formuler sur ces chiffres ?
Voir la réponse rédigée
1. Ce tableau donne les résultats officiels des plébiscites organisés en avril 1860 dans le comté de Nice (15-16 avril) et en Savoie (22-23 avril), deux provinces du royaume de Piémont-Sardaigne. Ils font suite au traité de Turin du 24 mars 1860, par lequel Victor-Emmanuel II cède ces territoires à la France : c'est la contrepartie promise à Plombières (1858) pour l'aide française de 1859, et le prix de l'accord de Napoléon III au rattachement de l'Italie centrale au Piémont.
2. En Savoie, la participation atteint 130 839 votants sur 135 449 inscrits, soit environ 96,6 % ; les « oui » représentent 130 533 voix, soit 96,4 % des inscrits et 99,8 % des votants. Dans le comté de Nice, 25 933 votants sur 30 712 inscrits donnent une participation d'environ 84,4 % ; les 25 743 « oui » font 83,8 % des inscrits et 99,3 % des votants. Les « non » sont infimes : 235 en Savoie, 160 à Nice.
3. Les résultats donnent l'image d'une adhésion quasi unanime à la réunion à la France. Napoléon III tient à ce vote parce qu'il fonde sa politique sur le principe des nationalités et sur la souveraineté populaire : le rattachement ne doit pas apparaître comme une annexion imposée, mais comme le choix libre des populations. C'est aussi un argument face au Royaume-Uni et à la Suisse, inquiets de voir la France s'agrandir. Le suffrage donne une légitimité à ce qui est, en réalité, une compensation territoriale négociée entre souverains.
4. Plusieurs réserves s'imposent. Le vote intervient après la signature du traité : il ratifie un fait accompli, sans autre choix que oui ou non, et sans option de rester italien sous une autre forme ou, pour le nord de la Savoie, de rejoindre la Suisse. Les autorités, le clergé et les notables appellent à voter oui, et les bulletins non sont rares. Dans le Chablais et le Faucigny, beaucoup votent « oui et zone » pour obtenir une zone franche avec Genève, accordée en juin 1860. À Nice, l'abstention (près de 16 %) est plus forte, et Garibaldi, né à Nice, proteste contre la cession de sa ville natale. Ces chiffres mesurent donc une ratification encadrée plus qu'un choix pleinement libre, même si l'attrait de la France est réel.
Ce que cette analyse apprend — Faire parler des chiffres (taux calculés sur les inscrits et sur les votants), puis critiquer les conditions de production de la source.
Document 3 — La proclamation de l'Empire allemand vue par Anton von Werner
Moyen
Peinture d'histoire (document iconographique) · Anton von Werner, La Proclamation de l'Empire allemand (18 janvier 1871), huile sur toile, 1885, Friedrichsruh, musée Bismarck.
Anton von Werner, peintre officiel, assistait à la cérémonie du 18 janvier 1871, alors que Paris était assiégé. Il en a peint plusieurs versions : une première en 1877 pour le château de Berlin, puis celle-ci, offerte à Bismarck en 1885 par la famille impériale pour ses soixante-dix ans.
Description du tableau. La scène se déroule dans la galerie des Glaces du château de Versailles. À gauche, sur une estrade, devant un mur de drapeaux régimentaires, se tient le roi de Prusse Guillaume Ier, en uniforme, entouré de princes allemands, dont son fils le prince héritier Frédéric. À côté de lui, le grand-duc Frédéric Ier de Bade lève le bras droit pour lancer les acclamations en l'honneur du nouvel empereur.
Au centre, au pied de l'estrade et bien isolé dans la lumière, Bismarck est vêtu d'un uniforme blanc de cuirassier qui attire le regard ; près de lui se tient le chef d'état-major, le maréchal von Moltke. À droite, une foule serrée d'officiers en uniformes d'apparat brandit casques et sabres et répond aux vivats.
À l'arrière-plan, on reconnaît les hautes fenêtres, les miroirs et le plafond peint à la gloire de Louis XIV. Aucun civil, aucun député n'apparaît sur la toile.
En analysant ce tableau, montrez quelle image de l'unité allemande il construit, et ce qu'il signifie pour la France.
Présentez le document : auteur, date, événement représenté, destinataire.
Qui le peintre met-il en valeur, et par quels moyens ?
Quelle conception de l'unité allemande ce tableau exprime-t-il ?
Pourquoi le choix de Versailles est-il lourd de sens pour la France ?
Voir la réponse rédigée
1. Il s'agit d'une peinture d'histoire d'Anton von Werner, peintre officiel de la cour de Prusse, qui représente la proclamation de l'Empire allemand le 18 janvier 1871 dans la galerie des Glaces de Versailles. Cette version date de 1885 : elle a été offerte à Bismarck par la famille impériale pour ses soixante-dix ans. Le tableau n'est donc pas une photographie de l'événement, mais une image construite quatorze ans après, pour célébrer le fondateur de l'Empire.
2. Deux pôles structurent la composition. À gauche, Guillaume Ier domine la scène depuis une estrade, entouré des princes : c'est la légitimité dynastique. Mais le centre du tableau revient à Bismarck, isolé dans la lumière et rendu visible par un uniforme blanc qui tranche sur les uniformes sombres ; Moltke, l'artisan des victoires, est à ses côtés. Le peintre fait ainsi du chancelier le véritable héros de l'unité, ce qui s'explique par le destinataire du tableau. Les officiers qui brandissent casques et sabres forment un chœur qui acclame.
3. L'unité représentée est une unité par le haut : elle est proclamée par les princes, dans un décor militaire, au milieu de l'armée victorieuse. Aucun civil ni aucun représentant élu n'est présent : l'Empire naît de l'accord des souverains et de la victoire des armes, conformément au programme de Bismarck qui voulait régler la question allemande « par le fer et le sang » (1862). C'est l'inverse de l'unité libérale par un parlement, tentée à Francfort en 1848-1849. Le geste du grand-duc de Bade rappelle aussi que les États du Sud, entrés dans la guerre aux côtés de la Prusse, adhèrent à l'Empire.
4. Proclamer l'Empire à Versailles, c'est le faire naître dans le palais de Louis XIV, dont les peintures du plafond célèbrent les guerres ; c'est aussi rappeler que ce roi a pris Strasbourg en 1681. Le lieu transforme la victoire militaire en humiliation symbolique : Paris est encore assiégé, et l'unité allemande s'accomplit sur le sol de la France vaincue. La France, qui avait aidé l'Italie à naître en 1859, voit l'Allemagne se construire contre elle. Le souvenir de cette cérémonie pèse lourd : en 1919, la France fera signer le traité de paix dans la même galerie des Glaces.
Ce que cette analyse apprend — Analyser une image en distinguant l'événement représenté (1871) du moment et du commanditaire de l'œuvre (1885), qui orientent sa composition.
Document 4 — La dépêche d'Ems : comment une dépêche devient un casus belli
Difficile
Documents diplomatiques d'époque (deux versions d'un télégramme) · Heinrich Abeken, télégramme envoyé d'Ems à Bismarck au nom du roi Guillaume Ier, 13 juillet 1870 ; version abrégée par Bismarck et publiée le soir même par la Norddeutsche Allgemeine Zeitung, 13 juillet 1870 (traduction française).
Le 12 juillet 1870, la candidature de Léopold de Hohenzollern au trône d'Espagne a été retirée ; le gouvernement français, non satisfait, charge son ambassadeur Benedetti d'obtenir du roi de Prusse, en cure à Ems, une garantie pour l'avenir. Le secrétaire Abeken rend compte de l'entrevue à Bismarck, resté à Berlin, qui en publie une version raccourcie.
Version A — le télégramme reçu par Bismarck
Sa Majesté le roi m'écrit : « Le comte Benedetti m'a arrêté au passage sur la promenade pour me demander finalement, d'une manière très importune, de l'autoriser à télégraphier aussitôt que je m'engageais pour tout l'avenir à ne jamais plus donner mon consentement si les Hohenzollern revenaient sur leur candidature. Je finis par refuser assez sévèrement, car on ne peut ni ne doit prendre de tels engagements à tout jamais. [...] » Sa Majesté a décidé [...] de ne plus recevoir le comte Benedetti et de lui faire dire seulement par un aide de camp que Sa Majesté avait reçu du prince la confirmation de la nouvelle que Benedetti avait déjà reçue de Paris, et qu'elle n'avait plus rien à dire à l'ambassadeur. Sa Majesté laisse à Votre Excellence le soin de décider si la nouvelle exigence de Benedetti et le refus qui lui a été opposé ne devraient pas être aussitôt communiqués tant à nos ambassades qu'à la presse.
Version B — le texte publié par Bismarck
Après que la nouvelle de la renonciation du prince héritier de Hohenzollern eut été communiquée officiellement au gouvernement impérial français par le gouvernement royal espagnol, l'ambassadeur de France a encore adressé à Sa Majesté le roi, à Ems, la demande de l'autoriser à télégraphier à Paris que Sa Majesté le roi s'engageait pour tout l'avenir à ne plus jamais donner son consentement si les Hohenzollern revenaient sur leur candidature. Sa Majesté le roi a alors refusé de recevoir encore une fois l'ambassadeur et lui a fait dire par l'aide de camp de service que Sa Majesté n'avait plus rien à communiquer à l'ambassadeur.
En confrontant les deux versions, montrez comment Bismarck transforme un incident diplomatique en casus belli, et discutez la part de responsabilité des deux gouvernements dans la guerre de 1870.
Présentez les deux documents et le contexte de l'entrevue d'Ems.
Relevez ce que Bismarck a supprimé ou modifié entre la version A et la version B. Quel effet produit ce montage ?
Pourquoi Bismarck a-t-il intérêt à une guerre contre la France en juillet 1870 ?
Peut-on faire de Bismarck le seul responsable de la guerre ? Justifiez à l'aide du document et de vos connaissances.
Voir la réponse rédigée
1. Le document réunit deux versions d'un même compte rendu. La version A est le télégramme envoyé d'Ems le 13 juillet 1870 par Heinrich Abeken, conseiller du roi Guillaume Ier, au ministre-président Bismarck : il rapporte l'entrevue entre le roi et l'ambassadeur de France Benedetti. La version B est le texte abrégé par Bismarck et publié le soir même dans la presse. Le contexte est la crise de la succession d'Espagne : la candidature d'un Hohenzollern, cousin du roi de Prusse, a inquiété Paris, qui y voyait un encerclement ; elle a été retirée le 12 juillet, mais le gouvernement français exige en plus une garantie pour l'avenir.
2. Bismarck ne falsifie pas les faits, il les monte. Il supprime les nuances de la version A : la rencontre fortuite « sur la promenade », le refus motivé par un principe (« on ne peut ni ne doit prendre de tels engagements à tout jamais »), et surtout le fait que le roi fait transmettre à l'ambassadeur la confirmation de la renonciation. Il ne reste qu'une demande française présentée comme insistante et un refus sec : le roi « a refusé de recevoir encore une fois l'ambassadeur » et n'a « plus rien à communiquer ». Publié, ce texte donne l'impression que l'ambassadeur de France a été éconduit ; en Allemagne, il fait croire à une exigence française insultante. Dans ses mémoires (1898), Bismarck dit avoir voulu produire sur « le taureau gaulois » l'effet du « drapeau rouge ».
3. Bismarck veut achever l'unité allemande. Depuis 1866, la Confédération de l'Allemagne du Nord existe, mais les États du Sud (Bavière, Wurtemberg, Bade) restent indépendants et en partie hostiles à la Prusse. Une guerre défensive contre la France, présentée comme l'agresseur, déclencherait les alliances militaires de 1866 et susciterait un élan national capable de souder le Nord et le Sud. Il compte aussi sur la supériorité de l'armée prussienne, organisée par Moltke. C'est exactement ce qui se produit : la France déclare la guerre le 19 juillet, et les États du Sud entrent dans le conflit aux côtés de la Prusse.
4. Bismarck a voulu et provoqué la guerre, mais il n'en est pas le seul responsable. La version A montre que c'est le gouvernement français, avec le ministre des Affaires étrangères Gramont, qui relance la crise alors que la candidature était retirée, en exigeant une garantie « pour tout l'avenir ». À Paris, une partie de la presse et de l'opinion réclame la guerre depuis Sadowa, et le régime, fragilisé, cherche un succès. Le 15 juillet, le Corps législatif vote les crédits malgré les avertissements de Thiers, et Émile Ollivier en accepte la responsabilité « d'un cœur léger ». La dépêche est donc le casus belli, mais les causes de la guerre tiennent aussi à l'imprudence française et à une rivalité ouverte en 1866.
Ce que cette analyse apprend — Comparer deux versions d'un même texte pour mesurer le travail d'un auteur, puis distinguer le déclencheur d'un conflit de ses causes.
Bloqué sur ce chapitre ?
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