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Histoire-Géographie 1ʳᵉ

Ressources · 1ʳᵉ · Histoire-Géographie

La France et la construction de nouveaux États par la guerre et la diplomatie

Napoléon III et le principe des nationalités, Crimée, unités italienne et allemande, guerre de 1870, Commune (programme d'histoire de 1re)

À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en première sur « La France et la construction de nouveaux États par la guerre et la diplomatie » suit le programme officiel d'histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le principe des nationalités, boussole de Napoléon III, La guerre de Crimée et le congrès de Paris : la France de retour (1853-1856), L'unité italienne : la France, alliée décisive (1858-1861), Rome, Pologne, Mexique : les limites d'une politique (1861-1870). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — Napoléon III et l'unité italienne (1858-1870)

Analyse des termes — L'unité italienne désigne le processus qui rassemble les États de la péninsule en un seul royaume sous la maison de Savoie ; le sujet porte sur le rôle de l'empereur des Français dans ce processus, pas sur tout le Risorgimento. Les bornes vont de l'entrevue de Plombières (1858), qui engage la France, à la prise de Rome (20 septembre 1870), qui achève l'unité après le départ des troupes françaises.

Problématique — Dans quelle mesure Napoléon III a-t-il été l'artisan de l'unité italienne, et pourquoi en est-il aussi devenu le frein ?

Introduction rédigéeLe 24 juin 1859, à Solférino, Napoléon III commande en personne l'armée franco-sarde qui bat les Autrichiens de François-Joseph. Onze ans plus tard, le 20 septembre 1870, les troupes italiennes entrent dans Rome, que les soldats français viennent de quitter pour combattre la Prusse. Entre ces deux dates, l'Italie, simple « expression géographique » selon le chancelier autrichien Metternich, est devenue un État : le royaume d'Italie, proclamé le 17 mars 1861. L'unité italienne désigne ce rassemblement des États de la péninsule sous l'autorité de la maison de Savoie, de l'entrevue de Plombières (1858), qui scelle l'alliance franco-piémontaise, jusqu'à la prise de Rome (1870). Napoléon III, qui se veut le champion du principe des nationalités, en a été un acteur décisif, mais aussi un obstacle. Dans quelle mesure l'empereur des Français a-t-il été l'artisan de l'unité italienne, et pourquoi en est-il aussi devenu le frein ? Nous verrons d'abord qu'il choisit d'engager la France aux côtés du Piémont jusqu'à la victoire de 1859, puis que l'unité lui échappe entre 1859 et 1861, avant de montrer que la question romaine révèle, jusqu'en 1870, les limites de sa politique.

I. Choisir l'Italie : une alliance voulue et une guerre gagnée (1856-1859)

  • Le principe des nationalités sert à défaire l'ordre de 1815, dont l'Autriche est la gardienne en Italie.Au congrès de Paris, Cavour obtient que la question italienne soit évoquée le 8 avril 1856.
  • Une alliance secrète et intéressée lie la France au Piémont.Entrevue de Plombières, 21 juillet 1858 : aide française contre Nice et la Savoie.
  • L'armée française gagne la guerre de 1859.Magenta (4 juin) et Solférino (24 juin 1859) chassent l'Autriche de Lombardie.

II. Une unité qui échappe à la France (1859-1861)

  • L'empereur s'arrête à mi-chemin, par crainte de la Prusse et des catholiques.Armistice de Villafranca, 11 juillet 1859 : la Vénétie reste autrichienne ; Cavour démissionne.
  • Il monnaie son accord au rattachement de l'Italie centrale.Traité de Turin, 24 mars 1860 ; plébiscites d'avril à Nice et en Savoie, « oui » à plus de 99 % des votants.
  • Le mouvement national va plus loin que ce que souhaitait Napoléon III, partisan d'une Italie fédérée.Expédition des Mille de Garibaldi (mai-septembre 1860) ; royaume d'Italie proclamé le 17 mars 1861.

III. Rome, limite de la politique des nationalités (1861-1870)

  • La garnison française à Rome protège le pape pour ménager les catholiques français.Présence française depuis 1849 ; le Parlement italien proclame Rome capitale le 27 mars 1861.
  • La France cherche des compromis qui déçoivent les Italiens.Convention du 15 septembre 1864 ; Vénétie remise à l'Italie par l'intermédiaire de Napoléon III en 1866 ; Mentana, 3 novembre 1867.
  • L'unité s'achève grâce à la défaite française.Départ des troupes françaises en août 1870 ; entrée des Italiens à Rome le 20 septembre 1870.
Conclusion rédigéeNapoléon III a donc rendu possible l'unité italienne : sans l'armée française, le Piémont n'aurait pas chassé l'Autriche de Lombardie en 1859. Mais il voulait une Italie fédérée et reconnaissante, non un État unitaire et puissant ; dès Villafranca, le mouvement national, porté par Cavour et par Garibaldi, le dépasse, et il le freine à Rome pour ménager les catholiques français. La France y gagne Nice et la Savoie, mais pas l'amitié durable qu'elle espérait : Mentana a blessé l'opinion italienne, et l'Italie reste neutre en 1870. L'unité s'achève paradoxalement grâce à la défaite française. Le même principe des nationalités, appliqué à l'Allemagne, allait se retourner contre la France : c'est à Versailles, le 18 janvier 1871, que naît l'Empire allemand.

Le piège — Raconter tout le Risorgimento en oubliant la France, ou, à l'inverse, faire de Napoléon III le seul auteur de l'unité. Le sujet porte sur son rôle : Cavour, Garibaldi et les plébiscites servent à montrer ce qui lui échappe. Autre faute fréquente : s'arrêter en 1861, alors que Rome n'est prise qu'en 1870.

Sujet 2 — La France face à la construction de l'unité allemande (1862-1871)

Analyse des termes — L'unité allemande désigne la formation, sous la direction de la Prusse et sans l'Autriche, d'un État national rassemblant les États allemands : l'Empire proclamé le 18 janvier 1871. Le sujet commence avec l'arrivée de Bismarck au pouvoir (septembre 1862) et s'achève avec le traité de Francfort (10 mai 1871) ; il porte sur l'attitude de la France, pas sur l'histoire intérieure allemande.

Problématique — Comment la France, qui prétendait arbitrer l'Europe, est-elle devenue la spectatrice, puis l'adversaire et enfin la victime de l'unité allemande ?

Introduction rédigéeLe 18 janvier 1871, dans la galerie des Glaces du château de Versailles, le roi de Prusse Guillaume Ier est proclamé empereur allemand, tandis que Paris, assiégé, subit les obus de l'artillerie allemande. Huit ans plus tôt, en septembre 1862, Otto von Bismarck devenait ministre-président de Prusse avec un programme : régler la question allemande « par le fer et le sang ». L'unité allemande désigne la formation d'un État national regroupant, sous la direction de la Prusse et sans l'Autriche, les États de l'ancienne Confédération germanique. La France de Napoléon III, qui s'était voulue l'arbitre de l'Europe au congrès de Paris en 1856 et la protectrice des nationalités en Italie, assiste d'abord à cette construction, tente ensuite d'en tirer profit, puis la combat en 1870. Comment la France, qui prétendait arbitrer l'Europe, est-elle devenue la spectatrice, puis l'adversaire et enfin la victime de l'unité allemande ? Nous verrons qu'elle laisse d'abord faire la Prusse de 1862 à 1866, qu'elle cherche ensuite en vain des compensations jusqu'à la crise de juillet 1870, avant que la guerre de 1870-1871 fasse d'elle, malgré elle, le ciment de l'unité allemande.

I. Une France spectatrice qui laisse faire la Prusse (1862-1866)

  • Bismarck annonce une unification par la force, sous direction prussienne.Discours du 30 septembre 1862 : « par le fer et le sang ».
  • Napoléon III laisse la Prusse avancer, espérant une guerre longue dont il serait l'arbitre.Guerre des Duchés (1864) ; entrevue de Biarritz avec Bismarck (octobre 1865).
  • La victoire éclair de la Prusse ruine ce calcul.Sadowa, 3 juillet 1866 ; paix de Prague (23 août 1866) et Confédération de l'Allemagne du Nord (1867).

II. Une France inquiète qui cherche en vain des compensations (1866-1870)

  • Les demandes françaises isolent la France.Revendications sur le Rhin puis crise du Luxembourg, réglée par le traité de Londres du 11 mai 1867 ; la « politique des pourboires ».
  • Les États du Sud se rapprochent de la Prusse.Alliances militaires secrètes d'août 1866, rendues publiques en 1867.
  • La crise espagnole sert de détonateur.Candidature Hohenzollern retirée le 12 juillet 1870 ; dépêche d'Ems le 13 ; déclaration de guerre le 19 juillet 1870.

III. La guerre, ciment de l'unité allemande et défaite française (1870-1871)

  • La défaite militaire emporte le Second Empire.Capitulation de Sedan le 2 septembre 1870 ; République proclamée à Paris le 4 septembre.
  • La guerre soude le Sud au Nord de l'Allemagne.Traités d'adhésion de novembre 1870 ; proclamation de l'Empire dans la galerie des Glaces le 18 janvier 1871.
  • La paix consacre durablement l'affaiblissement français.Traité de Francfort, 10 mai 1871 : Alsace (sauf Belfort) et Moselle, environ 1,6 million d'habitants, 5 milliards de francs-or.
Conclusion rédigéeDe 1862 à 1871, la France est passée du rôle d'arbitre à celui de vaincue. Napoléon III a laissé la Prusse écarter l'Autriche en 1866, en misant sur une guerre longue qui n'a pas eu lieu ; ses demandes de compensations l'ont isolé, et le gouvernement impérial s'est laissé entraîner par la dépêche d'Ems dans une guerre que Bismarck attendait. Sedan a emporté le Second Empire, et la guerre a soudé le Sud au Nord de l'Allemagne : l'Empire allemand est né de la guerre contre la France, et sur son sol. En arrachant l'Alsace-Moselle, le traité de Francfort installe pour plus de quarante ans un antagonisme franco-allemand, entretenu par le souvenir des provinces perdues, qui pèsera sur la marche à la guerre de 1914.

Le piège — Réduire la guerre de 1870 à la ruse de Bismarck et à la dépêche d'Ems : l'exigence française de garanties, l'aveuglement du gouvernement et l'état de l'opinion pèsent aussi. Autre erreur fréquente : confondre la Prusse et l'Empire allemand, État fédéral de vingt-cinq États dont le roi de Prusse devient l'empereur.

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