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La difficile entrée dans l'âge démocratique : la Deuxième République et le Second Empire

1848, suffrage universel masculin, abolition de l'esclavage, coup d'État de 1851, Second Empire autoritaire puis libéral (programme d'histoire de 1re)

À propos de cette page
Ce cours d' en première sur « La difficile entrée dans l'âge démocratique : la Deuxième République et le Second Empire » suit le programme officiel d' de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Février 1848 : une révolution qui fonde la République, Le printemps 1848 : suffrage universel masculin et abolition de l'esclavage, La question sociale : des ateliers nationaux aux journées de Juin, La Constitution de 1848 et l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en .

2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Sujet 1 — La Deuxième République : une difficile entrée dans l'âge démocratique (1848-1851)

Analyse des termes — La Deuxième République est le régime né de la révolution de février 1848 ; elle dure en droit jusqu'au 2 décembre 1852, mais le coup d'État du 2 décembre 1851 la vide de sa nature démocratique, d'où les bornes du sujet. L'« âge démocratique » désigne la souveraineté du peuple exercée par le suffrage universel, ici masculin, et garantie par des libertés : il faut donc suivre le vote et les libertés, pas seulement les gouvernements successifs.

Problématique — Comment la Deuxième République fait-elle entrer la France dans l'âge démocratique, et pourquoi cette entrée aboutit-elle, en moins de quatre ans, à la confiscation du pouvoir par un seul homme ?

Introduction rédigéeLe 25 février 1848, devant l'Hôtel de Ville de Paris, Alphonse de Lamartine convainc une foule en armes de renoncer au drapeau rouge pour garder le drapeau tricolore. La scène résume l'ambition de la Deuxième République, proclamée la veille après l'abdication de Louis-Philippe : fonder un régime de concorde où le peuple tout entier serait souverain. Entrer dans l'âge démocratique, c'est faire reposer le pouvoir sur le suffrage de tous les citoyens, ici de tous les hommes, et sur des libertés garanties. De février 1848 au coup d'État du 2 décembre 1851, qui prive le régime de sa substance démocratique un an avant sa disparition officielle, la France fait cette expérience de manière durable : le suffrage universel masculin ne sera plus jamais supprimé. Comment la Deuxième République fait-elle entrer la France dans l'âge démocratique, et pourquoi cette entrée aboutit-elle, en moins de quatre ans, à la confiscation du pouvoir par un seul homme ? Nous verrons d'abord l'élan démocratique et fraternel du printemps 1848, puis la manière dont, d'avril à décembre 1848, le vote des campagnes et la peur sociale font basculer la République vers l'ordre, avant d'étudier la République conservatrice qui conduit au coup d'État de 1851.

I. Février-avril 1848 : l'élan d'une République démocratique et fraternelle

  • Une révolution parisienne fonde la République et cherche la concorde22-24 février 1848 : barricades, abdication de Louis-Philippe, gouvernement provisoire ; le 25 février, Lamartine fait garder le drapeau tricolore contre le drapeau rouge.
  • Le peuple devient souverain par le voteDécret du 5 mars 1848 : de moins de 250 000 à environ 9 millions d'électeurs ; participation d'environ 84 % le 23 avril 1848.
  • Une République qui étend la liberté et l'égalitéLiberté de la presse et de réunion ; abolition de la peine de mort politique (26 février) ; abolition de l'esclavage (27 avril, Schœlcher, environ 250 000 personnes libérées).

II. Avril-décembre 1848 : la démocratie politique contre la République sociale

  • Les attentes sociales des ouvriers parisiensDécret sur le droit au travail (25 février) ; ateliers nationaux (plus de 100 000 inscrits en juin) ; commission du Luxembourg présidée par Louis Blanc.
  • Le suffrage universel donne la victoire aux modérés et la répression brise la République socialeÉlections du 23 avril ; fermeture des ateliers nationaux (21 juin) ; journées de Juin (23-26 juin) écrasées par Cavaignac, des milliers de morts.
  • Une Constitution démocratique mais fragile, et un président plébiscité par les campagnesConstitution du 4 novembre 1848 (président élu pour 4 ans, non rééligible, pas de dissolution) ; 10 décembre 1848 : Louis-Napoléon Bonaparte obtient 74 % des voix.

III. 1849-1851 : une République conservatrice, puis confisquée

  • Une « République sans républicains »Législatives du 13 mai 1849 : environ deux tiers des sièges au parti de l'Ordre ; exil de Ledru-Rollin après le 13 juin 1849.
  • Une majorité qui se méfie du peuple qu'elle représenteLoi Falloux (15 mars 1850) ; loi du 31 mai 1850 : près de 3 millions d'électeurs exclus par la condition de trois ans de domicile.
  • Le coup d'État retourne le suffrage universel contre la République2 décembre 1851 : dissolution de l'Assemblée et rétablissement du suffrage universel ; résistance du Var et de la Nièvre, environ 27 000 poursuivis ; plébiscite des 20-21 décembre (environ 7,4 millions de oui).
Conclusion rédigéeEn moins de quatre ans, la Deuxième République a donné à la France des fondements démocratiques durables : le suffrage universel masculin, instauré le 5 mars 1848, et l'abolition définitive de l'esclavage, décrétée le 27 avril. Mais l'entrée dans l'âge démocratique a été difficile. La question sociale, tranchée par les armes en juin 1848, a séparé la République des ouvriers ; une majorité de notables, élue par le peuple, a restreint le vote populaire en 1850 ; et Louis-Napoléon Bonaparte a su retourner le suffrage universel contre le régime qui l'avait créé. La leçon est ambiguë : le vote de tous ne suffit pas à faire une démocratie sans libertés ni culture politique partagée. Le Second Empire, qui prétend fonder son autorité sur le peuple, en fera la démonstration ; après 1870, les républicains devront convaincre les campagnes que la République peut aussi garantir l'ordre.

Le piège — Faire un récit linéaire des gouvernements sans montrer la tension entre démocratie politique et question sociale, ou s'arrêter aux journées de Juin en oubliant que le suffrage universel lui-même est restreint en 1850 puis utilisé pour légitimer le coup d'État de 1851.

Sujet 2 — Le Second Empire, un régime autoritaire fondé sur le suffrage universel (1852-1870)

Analyse des termes — Le Second Empire est le régime de Napoléon III, du 2 décembre 1852 au 4 septembre 1870 ; il faut remonter au coup d'État du 2 décembre 1851, qui le fonde. Le sujet associe deux termes en apparence contradictoires, l'autorité d'un seul et la souveraineté du peuple : c'est cette tension, et son évolution vers l'Empire libéral, qu'il faut expliquer.

Problématique — Comment le Second Empire concilie-t-il pouvoir personnel et souveraineté populaire, et pourquoi doit-il s'ouvrir aux libertés à partir de 1860 ?

Introduction rédigéeLe 2 décembre 1852, un an jour pour jour après son coup d'État, Louis-Napoléon Bonaparte devient Napoléon III, empereur des Français, après un plébiscite qui lui a donné 7,8 millions de oui. Le Second Empire, qui dure jusqu'au 4 septembre 1870, est un régime autoritaire : un seul homme concentre les pouvoirs et les libertés publiques sont étroitement surveillées. Pourtant, il ne supprime pas le suffrage universel masculin conquis en 1848 : il en fait au contraire la source de sa légitimité, par les plébiscites et par l'élection du Corps législatif. Cette alliance paradoxale de l'autorité et de la souveraineté populaire, que l'on appelle souvent « césarisme démocratique », n'est pas figée, puisque le régime se libéralise à partir de 1860. Comment le Second Empire concilie-t-il pouvoir personnel et souveraineté populaire, et pourquoi doit-il s'ouvrir aux libertés à partir de 1860 ? Nous étudierons d'abord un pouvoir personnel fondé sur l'appel au peuple, puis le fonctionnement de l'Empire autoritaire, enfin la libéralisation des années 1860 et ses limites.

I. Un pouvoir personnel fondé sur l'appel au peuple

  • Un régime né de la force et ratifié par le voteCoup d'État du 2 décembre 1851 ; plébiscites de décembre 1851 (environ 7,4 millions de oui) et de novembre 1852 (7,82 millions).
  • Des institutions qui concentrent le pouvoirConstitution du 14 janvier 1852 : l'empereur a seul l'initiative des lois, les ministres ne dépendent que de lui ; Corps législatif élu mais sans initiative ; Sénat nommé.
  • Une légitimité à la fois populaire et napoléonienneNom de Bonaparte et légende napoléonienne ; discours de Bordeaux (9 octobre 1852) : « l'Empire, c'est la paix » ; soutien massif des campagnes.

II. L'Empire autoritaire (1852-1860) : un suffrage universel encadré

  • Des élections sous contrôleCandidatures officielles soutenues par les préfets, affiches blanches, maires nommés ; seuls « les Cinq » républicains siègent après les élections de 1857.
  • Des libertés museléesDécret du 17 février 1852 sur la presse (autorisation préalable, avertissements) ; serment des élus ; loi de sûreté générale après l'attentat d'Orsini (1858).
  • Une opposition réduite à l'exil ou au silenceProscription de Victor Hugo (décret du 9 janvier 1852) ; Les Châtiments (1853) ; refus de l'amnistie de 1859.

III. 1860-1870 : la libéralisation et ses limites

  • Des réformes par étapesDroit d'adresse (24 novembre 1860) ; droit de grève (25 mai 1864) ; interpellation (1867) ; lois sur la presse et les réunions (1868) ; initiative des lois au Corps législatif (1869).
  • Une opposition qui se réveille1863 : près de 2 millions de voix pour l'opposition ; Thiers réclame les « libertés nécessaires » (1864) ; 1869 : plus de 3 millions de voix, Gambetta élu à Belleville.
  • Un Empire libéral approuvé, mais emporté par la défaiteMinistère Ollivier (2 janvier 1870) ; plébiscite du 8 mai 1870 (7,36 millions de oui, 1,57 million de non) ; République proclamée le 4 septembre 1870 après Sedan.
Conclusion rédigéeLe Second Empire a été à la fois un régime autoritaire, né d'un coup d'État et fondé sur la surveillance des opinions, et un régime qui a habitué les Français, surtout les ruraux, à voter régulièrement. Contraint de s'ouvrir à partir de 1860 pour conserver ses soutiens, il est devenu en 1870 un Empire libéral approuvé par 7,36 millions d'électeurs. Il n'est pas tombé sous les coups de l'opposition, mais après la capture de l'empereur à Sedan : le 4 septembre 1870, la République est proclamée à Paris sans résistance. Les républicains qui prennent alors le pouvoir, comme Gambetta, se sont formés dans l'opposition à l'Empire ; il leur reste à faire de la République, par le même suffrage universel masculin, un régime capable de rallier les campagnes.

Le piège — Présenter le Second Empire soit comme une simple dictature, soit comme un régime libéral dès l'origine, sans montrer l'évolution ; ou remplir la copie de politique extérieure et de croissance économique, qui relèvent d'autres chapitres et ne répondent pas au sujet.

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