Simone Schwarz-Bart écrit un français travaillé par l’oralité créole, ses images et ses proverbes. Le sujet demande si cette langue est le moyen du récit ou ce que le roman cherche avant tout à faire exister.
L’écriture de Schwarz-Bart est-elle un instrument au service d’une histoire, ou l’objet même que le roman entreprend de transmettre ?
Le plan en trois parties
Une prose qui vient de l’oral
- Les sentences rapportées introduisent dans le récit une syntaxe de la parole parlée : le roman accueille une autre langue que la sienne.Deuxième partie, les leçons en proverbes de Reine Sans Nom
- L’ouverture, qui pense le pays en images plutôt qu’en concepts, annonce un livre où l’on raisonne comme on raconte.Première partie, les pages liminaires sur le pays
- L’attribution d’un surnom par le village prouve que la langue du roman est une langue qui nomme, c’est-à-dire qui agit.Première partie, l’attribution du surnom de Reine Sans Nom
Une langue qui porte un monde
- Les images de pluie, de vent et de saisons ne décorent pas : elles constituent le système de pensée de la narratrice.Le titre et le réseau d’images météorologiques
- Le vocabulaire des plantes et de leurs usages fait entrer dans le français une science locale qu’il ne possédait pas.Deuxième partie, l’apprentissage des plantes auprès de Man Cia
- Les conversations d’enfance sur la vie à venir disent l’avenir en termes de terre et de travail : la langue formate les rêves.Deuxième partie, l’enfance et les promesses partagées avec Elie
Mais cette langue reste au service d’une vie
- Le récit que fait l’homme revenu de France est écouté pour ce qu’il apprend, non pour sa beauté : la parole y a une fonction.Deuxième partie, l’arrivée d’Amboise et son récit de la France
- Élever une enfant en lui répétant les mots reçus montre que la langue n’existe que pour être passée à quelqu’un.Deuxième partie, l’éducation de la petite Sonore
- Ceux qui viennent parler à la vieille femme cherchent un conseil, non un style : la langue du roman se juge à son utilité.Deuxième partie, la vieillesse de Télumée et les visites du village
Une langue peut-elle être sauvée par un livre écrit dans une autre ?