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Œuvre intégrale en théâtre et parcours associé

Objet d’étude : Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle — lire, analyser et contextualiser une pièce au programme

À propos de cette page
Ce lexique sur « Œuvre intégrale en théâtre et parcours associé » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Œuvre intégrale et parcours associé : ce que le programme demande, Lire une pièce comme une partition : la structure de l’action, Suivre la parole : ce que les personnages font en parlant, Du texte à la scène : tenir compte des mises en scène. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.

Œuvre intégrale

Œuvre lue et étudiée en entier dans le cadre d’un objet d’étude, par opposition au groupement de textes. En première, quatre œuvres intégrales sont étudiées, une par objet d’étude, chacune accompagnée de son parcours.

Synonymes

  • Lecture intégrale — désigne l’acte de lire l’œuvre en entier, pas son statut dans le programme : on peut lire intégralement une œuvre qui n’est pas inscrite au descriptif
  • Œuvre au programme — insiste sur la liste nationale ; une œuvre intégrale peut aussi être une lecture cursive choisie librement

Antonymes

  • Groupement de textes — réunit des extraits d’auteurs différents autour d’une question ; l’œuvre intégrale impose au contraire de tenir compte de l’ensemble, y compris des passages faibles
  • Lecture cursive — également intégrale, mais non évaluée par une explication linéaire : elle sert de comparaison, pas de support d’épreuve

À ne pas confondre

  • Extrait — l’extrait s’analyse pour lui-même ; dans une œuvre intégrale, un passage ne s’interprète qu’en fonction de sa place dans la courbe de l’action

Selon l'époque et le point de vue — La notion s’est imposée dans les programmes de lycée à partir des années 1990, contre une tradition scolaire des « morceaux choisis » : le BO de 2019 la renforce en imposant une liste nationale renouvelée périodiquement.

Ce que le mot permet d'écrire — Écrivez-la pour signaler que votre exemple tient compte de l’ensemble : « ce que la scène 5 promet, le dénouement de l’acte V le refuse ». C’est cette circulation d’un bout à l’autre de la pièce qui distingue une copie d’œuvre intégrale d’une copie d’extrait.

Parcours associé

Intitulé imposé par le programme national et accompagné de textes complémentaires choisis par le professeur : il fixe la question sous laquelle l’œuvre intégrale est interrogée (« mensonge et comédie », « théâtre et dispute »).

Synonymes

  • Problématique du programme — le parcours est plus large qu’une problématique : il ouvre un champ de lectures, il ne formule pas encore une question précise — c’est à l’élève de la formuler

Antonymes

  • Lecture libre — le parcours contraint l’angle : une interprétation brillante mais étrangère au parcours reste hors sujet à la dissertation

À ne pas confondre

  • Textes complémentaires — les textes sont les moyens du parcours, pas le parcours lui-même : le parcours survit intact si le professeur change ses textes
  • Objet d’étude — l’objet d’étude est le cadre historique et générique (« le théâtre du XVIIe au XXIe siècle ») ; le parcours est la question posée à l’intérieur de ce cadre

Selon l'époque et le point de vue — Les parcours apparaissent avec la réforme du lycée de 2019, en remplacement des anciens « corpus » : leur formulation en deux termes reliés (« mensonge et comédie ») est délibérément tendue, pour obliger à une discussion.

Ce que le mot permet d'écrire — Au brouillon, transformez toujours l’intitulé en question et soulignez le mot qui ne va pas de soi. Dans la copie, faites revenir ce mot : un correcteur doit voir en trois lignes que vous traitez « les jeux » du cœur, et pas l’amour en général.

Double énonciation

Propriété fondamentale du dialogue théâtral : toute réplique est adressée simultanément à un personnage sur scène et au public dans la salle. Le spectateur reçoit donc des informations que le destinataire n’a pas.

Synonymes

  • Double destination — formule descriptive équivalente, mais moins technique : dans une copie, le terme attendu est « double énonciation »

Antonymes

  • Énonciation simple — celle d’une conversation réelle, où il n’existe pas de tiers destinataire légitime ; le théâtre s’en écarte par construction

À ne pas confondre

  • Ironie dramatique — l’ironie dramatique est un effet produit par la double énonciation lorsque le public sait ce que le personnage ignore ; la double énonciation est le mécanisme, l’ironie l’un de ses résultats
  • Adresse au public — l’adresse est explicite et locale (aparté, prologue) ; la double énonciation est permanente, même quand les personnages semblent parler entre eux

Selon l'époque et le point de vue — Le mécanisme est aussi ancien que le théâtre grec, mais le théâtre classique le dissimule (il veut l’illusion), le théâtre romantique le joue, et le théâtre du XXe siècle l’exhibe volontiers — chez Brecht, il devient un outil politique.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne vous contentez pas de la nommer : dites ce qu’elle produit ici. « En avouant son mensonge à Cliton, Dorante nous prend à témoin : le public devient complice, ce qui neutralise la condamnation morale. » C’est la complicité, pas le terme, qui rapporte des points.

Didascalie

Indication scénique écrite par l’auteur et non prononcée : liste des personnages, lieu, gestes, tons, entrées et sorties. Les didascalies initiales ouvrent la pièce ou la scène, les didascalies internes s’insèrent dans le dialogue.

Synonymes

  • Indication scénique — synonyme courant, mais plus vague : il englobe parfois les notes d’un metteur en scène, qui ne sont pas du texte d’auteur

Antonymes

  • Réplique — la réplique est dite par un personnage et engage sa parole ; la didascalie est dite par l’auteur et engage le plateau

À ne pas confondre

  • Didascalie implicite — information scénique contenue dans la réplique elle-même (« approche-toi »), qui impose un geste sans quitter le dialogue : très fréquente au XVIIe siècle, où les didascalies écrites sont rares

Selon l'époque et le point de vue — Rares et fonctionnelles chez Corneille et Molière, elles s’allongent au XIXe siècle avec le goût du décor, deviennent envahissantes chez certains auteurs du XXe (Beckett), et se réduisent au minimum chez Sarraute, qui veut que tout passe par la voix.

Ce que le mot permet d'écrire — Comptez-les et comparez leur densité d’un passage à l’autre : leur rareté soudaine, ou leur prolifération, est un signal. Écrivez « l’auteur indique » et non « le personnage dit » — la confusion des deux est l’une des fautes les plus repérables en français.

Dramaturgie

Art de construire une pièce : agencement de l’action, distribution de la parole, gestion du temps et de l’espace, choix des entrées et des sorties. C’est la « mécanique » du texte, indépendamment de sa réalisation scénique.

Synonymes

  • Construction dramatique — synonyme presque exact, mais limité à l’architecture ; la dramaturgie inclut aussi l’économie de l’information donnée au spectateur

Antonymes

  • Mise en scène — la dramaturgie est inscrite dans le texte par l’auteur ; la mise en scène est ce qu’un artiste en fait au plateau, et elle peut la contredire

À ne pas confondre

  • Intrigue — l’intrigue est l’histoire nouée et dénouée ; la dramaturgie est la manière de la présenter — même intrigue, dramaturgies opposées

Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient du théâtre grec et désigne d’abord l’écriture même des drames ; il prend son sens moderne au XVIIIe siècle avec Lessing (Dramaturgie de Hambourg, 1767-1769), puis désigne au XXe siècle une fonction dans l’équipe artistique.

Ce que le mot permet d'écrire — C’est le mot qui vous sort du résumé : « la dramaturgie du Menteur repose sur la relance — chaque acte ajoute un mensonge pour réparer le précédent ». Employez-le pour parler de la structure, jamais pour parler du style.

Exposition

Ensemble des premières scènes qui informent le spectateur : qui sont les personnages, où et quand se déroule l’action, quel problème la met en marche. Le théâtre classique exige qu’elle soit achevée à la fin du premier acte.

Synonymes

  • Scène d’ouverture — désigne une scène, l’exposition peut en occuper plusieurs ; et toutes les ouvertures ne sont pas expositives (un prologue, un chœur)

Antonymes

  • Dénouement — l’exposition ouvre les possibles, le dénouement les referme ; les comparer dans une conclusion est presque toujours rentable

À ne pas confondre

  • In medias res — procédé qui commence l’action déjà lancée, obligeant l’exposition à se faire après coup, dans le dialogue : c’est le cas chez Sarraute, où la brouille a déjà eu lieu

Selon l'époque et le point de vue — Codifiée par la doctrine classique au XVIIe siècle (clarté, vraisemblance, économie), elle se relâche au XIXe siècle, puis est délibérément sabotée au XXe : certaines pièces n’exposent jamais complètement qui parle ni où l’on est.

Ce que le mot permet d'écrire — Analysez ce que l’exposition cache autant que ce qu’elle dit : un personnage absent de l’exposition mais décisif ensuite est un effet calculé. Formulez : « l’exposition installe un rapport de force, non seulement une situation ».

Péripétie

Renversement imprévu qui modifie la situation des personnages et relance l’action. Une péripétie n’est pas un simple épisode : elle change ce que le spectateur peut attendre de la suite.

Synonymes

  • Coup de théâtre — péripétie brutale et spectaculaire ; toute péripétie n’est pas un coup de théâtre, certaines sont discrètes et n’apparaissent qu’après coup
  • Retournement — terme général, utilisable hors du théâtre ; « péripétie » est le mot technique attendu dans l’analyse dramatique

Antonymes

  • Scène de transition — elle fait passer d’un lieu ou d’un groupe à un autre sans rien renverser : la confondre avec une péripétie fausse le schéma de l’action

À ne pas confondre

  • Quiproquo — le quiproquo est une erreur d’identification qui peut durer des actes entiers ; la péripétie est un événement ponctuel

Selon l'époque et le point de vue — Aristote, dans la Poétique, en fait l’un des ressorts de la tragédie, aux côtés de la reconnaissance. Le mélodrame du XIXe siècle en multiplie l’usage ; le théâtre contemporain, chez Sarraute par exemple, s’en passe presque entièrement.

Ce que le mot permet d'écrire — Servez-vous en pour situer un extrait : « ce passage se lit juste après la péripétie qui rend le mariage impossible, ce qui explique le changement de ton ». Situer, c’est déjà analyser dans une épreuve sur œuvre intégrale.

Dénouement

Dernières scènes qui résolvent l’intrigue et fixent le sort des personnages. Un dénouement est dit complet quand aucun fil ne reste pendant, nécessaire quand il découle de ce qui précède, et rapide quand il ne s’attarde pas.

Synonymes

  • Résolution — terme neutre et large ; « dénouement » conserve la métaphore du nœud, utile pour parler de la structure

Antonymes

  • Nœud — le nœud est le moment où les intérêts deviennent inconciliables ; le dénouement les sépare ou les réconcilie
  • Fin ouverte — elle refuse justement de dénouer, et laisse le spectateur en suspens : c’est un choix de dramaturgie moderne

À ne pas confondre

  • Catastrophe — terme classique pour un dénouement malheureux ; un dénouement peut être heureux, comme celui du Menteur, qui marie le menteur au lieu de le punir

Selon l'époque et le point de vue — Le classicisme veut un dénouement vraisemblable et moral ; le drame romantique en fait un emportement pathétique ; le théâtre du XXe siècle en refuse souvent le principe même — la pièce s’arrête, elle ne se résout pas.

Ce que le mot permet d'écrire — Confrontez systématiquement le dénouement à l’intitulé du parcours : c’est là que la pièce prend parti. « Si le mensonge triomphe au dernier acte, la comédie ne condamne pas le mensonge : elle en vit. » Une phrase de ce type peut porter une partie entière de dissertation.

Quiproquo

Malentendu par lequel un personnage prend une personne, une parole ou une situation pour une autre. Ressort comique majeur, parce que le public voit l’erreur que les personnages ne voient pas.

Synonymes

  • Malentendu — plus large : un malentendu peut être tragique et lucide, le quiproquo suppose une erreur d’identification, souvent réparable

Antonymes

  • Reconnaissance — elle dissipe le quiproquo en révélant la véritable identité ; dans une comédie, elle intervient au dénouement

À ne pas confondre

  • Mensonge — le menteur trompe volontairement ; la victime d’un quiproquo se trompe seule. Dans Le Menteur, Corneille superpose les deux : Dorante ment à tout va, mais se trompe lui-même sur le nom de celle qu’il aime

Selon l'époque et le point de vue — Hérité de la comédie latine (Plaute), il structure la comédie d’intrigue espagnole et française du XVIIe siècle, puis le vaudeville du XIXe. Le théâtre contemporain en déplace le siège : ce n’est plus une identité qu’on confond, mais une intention ou un ton.

Ce que le mot permet d'écrire — Nommez-le, puis dites qui sait quoi : un quiproquo n’intéresse que par la carte des savoirs qu’il dessine. « Le spectateur sait, Cliton soupçonne, Dorante ignore : le rire naît de cet étagement. »

Tirade

Longue réplique ininterrompue adressée à un ou plusieurs personnages présents. Elle suspend l’échange, impose un rythme et donne au personnage le pouvoir de la parole pendant tout le temps où il la tient.

Synonymes

  • Long discours — formule descriptive, non technique ; « tirade » précise en outre que la parole est adressée sur scène

Antonymes

  • Stichomythie — elle fait l’inverse : répliques très brèves qui se coupent, donc partage conflictuel du temps de parole

À ne pas confondre

  • Monologue — le monologue se dit seul ou sans destinataire présent ; la tirade a toujours un interlocuteur sur le plateau, ce qui change tout : elle exerce une pression sur quelqu’un

Selon l'époque et le point de vue — Ornement obligé de la tragédie et de la comédie en vers au XVIIe siècle (tirade de récit, de délibération, de fureur), elle devient chez Musset un lieu de sincérité soudaine, puis, chez certains auteurs du XXe siècle, une parole qui tourne à vide.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne dites pas seulement « c’est une tirade » : décrivez son mouvement (constat, puis retournement, puis élan) et l’effet produit sur le silencieux d’en face. Une tirade est aussi ce qu’elle fait subir à celui qui l’écoute.

Monologue

Discours qu’un personnage tient seul en scène, ou sans destinataire présent capable de lui répondre. Il donne accès à la délibération intérieure et informe le public sans passer par un confident.

Synonymes

  • Soliloque — insiste sur le fait de se parler à soi-même ; un monologue peut au contraire être une prière, une adresse à un absent ou au public

Antonymes

  • Dialogue — le dialogue suppose l’échange et la réponse ; le monologue abolit la résistance de l’autre, donc aussi la contradiction

À ne pas confondre

  • Aparté — l’aparté est bref et se glisse au milieu d’une scène peuplée ; le monologue occupe la scène entière
  • Tirade — la tirade a un interlocuteur présent : elle argumente, séduit ou blesse ; le monologue se contente de penser tout haut

Selon l'époque et le point de vue — Le théâtre classique l’accepte comme une convention de vraisemblance discutée ; le romantisme en fait un morceau lyrique ; le théâtre moderne le dissout — chez Sarraute, la parole intérieure est redistribuée entre deux voix, ce qui rend le monologue inutile.

Ce que le mot permet d'écrire — Cherchez ce que le monologue ne dit pas : un personnage seul se mentant à lui-même est un cas d’école. Écrivez : « le monologue expose une délibération, mais sa conclusion était acquise dès la première phrase — la délibération est donc une comédie que le personnage se joue ».

Aparté

Bref propos qu’un personnage prononce sans être entendu des autres personnages présents, mais entendu du public. C’est la forme la plus visible de la double énonciation.

Synonymes

  • À part — c’est la didascalie qui l’indique dans les éditions anciennes ; le nom technique du procédé reste « aparté »

Antonymes

  • Réplique ouverte — elle est entendue de tous sur scène : la comparer à l’aparté voisin révèle l’écart entre ce qu’un personnage dit et ce qu’il pense

À ne pas confondre

  • Adresse au public — l’adresse rompt franchement l’illusion et parle à la salle en son nom ; l’aparté maintient la fiction, le public n’est qu’un témoin toléré

Selon l'époque et le point de vue — Très employé dans la comédie du XVIIe siècle pour informer le public à peu de frais, il devient suspect au XIXe siècle au nom du réalisme, puis revient au XXe comme outil assumé de distance critique.

Ce que le mot permet d'écrire — Faites-en un instrument de comparaison : relevez un aparté et la réplique qui le suit, et mesurez l’écart. C’est souvent le moyen le plus rapide de prouver l’hypocrisie ou la lucidité d’un personnage sans affirmer gratuitement.

Stichomythie

Échange de répliques très brèves, de longueur comparable, souvent d’un vers ou d’une ligne chacune. Le rythme s’accélère, les mots se reprennent d’une bouche à l’autre : la forme dit le conflit avant le contenu.

Synonymes

  • Échange rapide — descriptif seulement ; la stichomythie suppose une régularité métrique ou une symétrie de longueur, pas seulement de la vitesse

Antonymes

  • Tirade — un seul personnage confisque le temps ; en stichomythie, le temps est disputé mètre par mètre

À ne pas confondre

  • Répartie — la répartie est une réplique isolée et spirituelle ; la stichomythie est un régime d’échange qui dure

Selon l'époque et le point de vue — Née de la tragédie grecque, où elle scande les affrontements, elle est virtuose chez Corneille et Racine grâce à l’alexandrin partagé, se maintient en prose chez Musset, et devient chez Sarraute le tissu même de la pièce : la dispute avance par éclats.

Ce que le mot permet d'écrire — Repérez la reprise de mots : en stichomythie, chaque personnage s’empare du terme de l’autre pour le retourner. Écrivez ce que la reprise fait : « en reprenant le mot de Camille pour le retourner, Perdican transforme un aveu en argument ».

Chœur

Voix collective qui commente l’action sans en être le moteur principal : elle situe, juge, annonce. Musset en introduit un dans On ne badine pas avec l’amour, groupe de villageois qui ouvre la pièce et observe les protagonistes.

Synonymes

  • Voix collective — formule moderne ; « chœur » renvoie à la tradition antique et à sa fonction de médiation entre la scène et la salle

Antonymes

  • Protagoniste — le protagoniste agit et risque ; le chœur assiste et parle, ce qui lui donne une autorité sans engagement

À ne pas confondre

  • Confident — le confident est un personnage individuel attaché à un protagoniste ; le chœur est anonyme et parle au nom d’une communauté
  • Coryphée — porte-parole du chœur dans le théâtre grec ; certaines mises en scène de Musset y réduisent le chœur, ce qui change son sens

Selon l'époque et le point de vue — Central dans la tragédie grecque, écarté par le classicisme français (sauf chez Racine, dans Esther et Athalie), il réapparaît au XIXe siècle comme un archaïsme assumé, puis au XXe comme moyen de politiser la scène.

Ce que le mot permet d'écrire — Demandez-vous à qui le chœur donne raison. Chez Musset, il installe le village comme témoin et juge, ce qui transforme une querelle amoureuse en scandale public : c’est un argument précieux pour le parcours « les jeux du cœur et de la parole ».

Sous-conversation

Notion forgée par Nathalie Sarraute (L’Ère du soupçon, 1956) : le mouvement intérieur, à peine nommable, qui s’agite sous les paroles échangées. Au théâtre, elle devient l’objet même du dialogue.

Synonymes

  • Non-dit — le non-dit est ce qu’on tait volontairement ; la sous-conversation est involontaire et pré-verbale, elle n’a pas encore de mots

Antonymes

  • Conversation — la conversation est la surface polie de l’échange ; chez Sarraute, elle sert de couvercle, et la pièce consiste à le soulever

À ne pas confondre

  • Sous-texte — le sous-texte est un outil d’acteur, une intention prêtée à la réplique ; la sous-conversation est une réalité psychique que l’écriture cherche à rendre sensible
  • Monologue intérieur — le monologue intérieur est encore du langage articulé attribué à un je ; la sous-conversation est partagée et anonyme, elle passe d’un personnage à l’autre

Selon l'époque et le point de vue — Élaborée dans les essais et les romans de Sarraute à partir des années 1950, contre le personnage de roman traditionnel, elle passe au théâtre dans les pièces des années 1960-1980, dont Pour un oui ou pour un non (1982), créée à la scène en 1986.

Ce que le mot permet d'écrire — C’est le terme qui permet d’analyser une pièce où il ne se passe rien : « le conflit ne porte pas sur un fait mais sur une intonation ; l’enjeu dramatique est la sous-conversation, que les deux personnages tentent de faire remonter en mots ». Décrivez le dispositif, sans recopier le texte, encore protégé.

Mise en scène

Ensemble des choix par lesquels un artiste réalise une pièce au plateau : espace, costumes, distribution, rythme, coupes, jeu, lumière. Elle propose une interprétation du texte, elle ne le reproduit pas.

Synonymes

  • Réalisation scénique — terme technique et neutre ; « mise en scène » implique en plus une signature, une lecture assumée

Antonymes

  • Texte de théâtre — le texte est stable et publié, la mise en scène est unique et périssable : une pièce a un texte et cent mises en scène

À ne pas confondre

  • Scénographie — la scénographie ne concerne que la conception de l’espace et du décor ; elle est une composante de la mise en scène
  • Adaptation — l’adaptation réécrit le texte (coupes massives, ajouts, changement de langue) ; une mise en scène peut respecter le texte intégralement et pourtant en renverser le sens

Selon l'époque et le point de vue — La fonction se constitue à la fin du XIXe siècle (Antoine, Lugné-Poe), s’affirme au XXe avec Copeau, Jouvet, Vilar, puis devient dominante : depuis les années 1970, on parle d’un théâtre « de metteur en scène » autant que d’auteur.

Ce que le mot permet d'écrire — À l’entretien, appuyez-vous sur une captation vue en entier et sur trois choix identifiés, avec leur effet. Dans un commentaire, prenez garde : une mise en scène éclaire une interprétation possible, elle ne prouve jamais ce que dit le texte.

Explication linéaire

Analyse d’un texte suivant son déroulement, du début à la fin, par mouvements. Elle constitue la première partie de l’oral du bac de français (8 points), et porte obligatoirement sur un texte inscrit au descriptif.

Synonymes

  • Lecture linéaire — même exercice, appellation plus scolaire ; le terme officiel de l’épreuve est « explication linéaire »

Antonymes

  • Commentaire composé — le commentaire organise l’analyse en axes thématiques et abandonne l’ordre du texte ; l’explication linéaire suit cet ordre, ce qui la rend plus sûre mais expose à la paraphrase

À ne pas confondre

  • Paraphrase — la paraphrase redit le texte dans d’autres mots ; l’explication linéaire nomme un procédé et son effet à chaque étape, ce qui est l’inverse
  • Entretien — l’entretien porte sur une œuvre entière et engage une lecture personnelle ; l’explication porte sur une vingtaine de lignes et engage la précision

Selon l'époque et le point de vue — L’exercice, ancien dans l’enseignement français (la « lecture expliquée »), a été rétabli comme épreuve orale par la réforme de 2019, après deux décennies de « lecture analytique » plus libre.

Ce que le mot permet d'écrire — Annoncez vos mouvements et justifiez le découpage : c’est la première chose que le jury évalue. Terminez chaque mouvement par une phrase de bilan, et gardez pour la conclusion le lien avec l’œuvre intégrale et le parcours — c’est ce qui distingue une explication de première d’une récitation.

Carnet de lecture

Cahier personnel tenu pendant la lecture d’une œuvre intégrale : fil de l’action, fiches de personnages, citations référencées, notes sur le parcours et sur les représentations. Outil de travail, et non exercice noté.

Synonymes

  • Journal de lecture — insiste sur la dimension subjective et chronologique ; le carnet, lui, se réorganise par rubriques pour être utilisable en épreuve

Antonymes

  • Résumé — le résumé remplace l’œuvre et ne sert qu’à réciter ; le carnet suppose au contraire la lecture, et garde la trace d’une interprétation

À ne pas confondre

  • Fiche de révision — la fiche synthétise le cours du professeur ; le carnet garde vos réactions de lecteur, seule matière recevable à l’entretien

Selon l'époque et le point de vue — Le programme de 2019 encourage explicitement le carnet de lecture, dans la continuité d’une tradition de « commonplace books » et de carnets d’écrivains, pour réhabiliter la lecture personnelle contre la seule analyse en classe.

Ce que le mot permet d'écrire — Notez toujours, en face d’une citation, ce qu’elle prouve : la citation sans étiquette est inutilisable sous la pression de l’épreuve. Et gardez une colonne « ce qui me résiste » : une réserve argumentée est la meilleure entrée en matière d’un entretien.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Texte / représentation

Le texte est une partition écrite, stable, publiée ; la représentation est sa réalisation unique et transitoire, portée par des corps et un espace.

Ce qu'il débloque — Permet de séparer ce que l’auteur impose (répliques, didascalies, découpage) de ce qu’un metteur en scène décide (âge des acteurs, époque, coupes) — donc de savoir ce qui peut servir de preuve dans un commentaire et ce qui n’en est pas une.

Exemple — Sur le chœur d’On ne badine pas avec l’amour, Musset impose une voix collective ; en faire un groupe de villageois ou un acteur unique relève de la représentation, et change la portée sociale de la pièce.

Action / parole

L’action est ce qui change irréversiblement la situation ; la parole est ce que les personnages en font — mais au théâtre, parler est souvent l’action elle-même (promettre, mentir, rompre).

Ce qu'il débloque — Permet de mesurer la place respective de l’événement et du dialogue, et donc de caractériser une dramaturgie en une phrase.

Exemple — Chez Corneille, la parole invente l’action : le mensonge de Dorante crée des faits qui n’ont pas eu lieu. Chez Sarraute, il n’y a presque plus d’action : la parole se prend elle-même pour objet.

Œuvre / parcours

L’œuvre est le corpus obligatoire, lu en entier ; le parcours est la question sous laquelle on la lit, illustrée par quelques textes complémentaires.

Ce qu'il débloque — Permet de doser les exemples dans une dissertation sur œuvre : environ trois exemples de l’œuvre pour un du parcours, ce dernier servant à élargir ou à contraster.

Exemple — Sur « théâtre et dispute », la pièce de Sarraute fournit le cas limite (une brouille sans cause objective), et un texte du parcours — une dispute de comédie classique, par exemple — fournit le contraste qui en fait ressortir l’étrangeté.

Personnage / rôle

Le personnage est un être de papier défini par ce qu’il veut et par sa manière de parler ; le rôle est sa fonction dans la machine dramatique (l’opposant, l’adjuvant, le confident, le raisonneur).

Ce qu'il débloque — Permet d’éviter la psychologie gratuite : au lieu de spéculer sur les sentiments, on décrit une fonction, ce qui est démontrable par le texte.

Exemple — Cliton, dans Le Menteur, est plus qu’un valet comique : son rôle est de relayer l’étonnement du public et de mesurer, à chaque scène, l’ampleur des mensonges de Dorante.

Lecture cursive / explication linéaire

La lecture cursive parcourt une œuvre entière pour la comparer et la situer ; l’explication linéaire scrute une vingtaine de lignes mouvement par mouvement.

Ce qu'il débloque — Permet de calibrer son travail : on ne lit pas une œuvre intégrale comme on prépare un texte du descriptif, et l’on n’attend pas le même degré de détail dans les deux cas.

Exemple — Une pièce lue en lecture cursive ne peut pas être demandée en explication linéaire à l’oral, mais elle peut parfaitement servir de comparaison pendant l’entretien.

Conflit / dispute

Le conflit oppose des intérêts ou des valeurs incompatibles ; la dispute est un affrontement verbal, qui peut n’avoir aucun enjeu extérieur et se nourrir de lui-même.

Ce qu'il débloque — Permet de préciser la nature de la tension dramatique, et de discuter l’intitulé « théâtre et dispute » au lieu de le paraphraser.

Exemple — Camille et Perdican ont un conflit — l’amour contre le vœu religieux — que leurs disputes expriment. Chez Sarraute, il n’y a plus de conflit d’intérêts : la dispute est l’enjeu, et suffit à tenir une pièce.

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