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Histoire du théâtre du XVIIe au XXIe siècle : classicisme, romantisme, théâtre contemporain

Objet d'étude : Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle — évolution des formes, des esthétiques et des fonctions de la scène française

À propos de cette page
Ce lexique sur « Histoire du théâtre du XVIIe au XXIe siècle : classicisme, romantisme, théâtre contemporain » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Le siècle des règles : la doctrine classique, Tragédie et comédie classiques : deux régimes de la scène, Le XVIIIe siècle : marivaudage, genre sérieux, satire, Le drame romantique : la révolution de 1830. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.

Classicisme

Esthétique française des années 1630-1680 qui soumet l'œuvre à des règles de mesure, de clarté et d'imitation des Anciens. Au théâtre, elle impose les trois unités, la vraisemblance et la bienséance.

Synonymes

  • Théâtre régulier — désigne le même théâtre, mais du point de vue technique : celui qui respecte les règles, sans porter l'idée d'un idéal de goût

Antonymes

  • Baroque — le baroque, antérieur et concurrent, aime l'instabilité, l'illusion et les décors multiples là où le classicisme cherche l'ordre

À ne pas confondre

  • Antiquité — le classicisme imite les Anciens mais n'est pas antique : Racine écrit en 1677, pas au Ve siècle avant notre ère

Selon l'époque et le point de vue — Construit sous Louis XIV avec l'appui de l'Académie française (1635) et fixé en répertoire par la Comédie-Française (1680) ; il devient au XIXe siècle la norme contre laquelle les romantiques se définissent.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne dites pas d'un texte qu'il est « classique » : montrez-le. Nommez la règle respectée (unité de lieu, récit au lieu de la vue) et dites ce qu'elle produit sur le spectateur.

Règle des trois unités

Exigence classique d'une action unique, se déroulant en un seul jour et en un seul lieu. Elle est formulée par l'abbé d'Aubignac (1657) et versifiée par Boileau (1674).

Synonymes

  • Unités aristotéliciennes — l'expression flatte l'autorité d'Aristote, qui ne parlait en réalité que de l'unité d'action et évoquait la durée sans en faire une loi

Antonymes

  • Dramaturgie ouverte — elle multiplie lieux et années, comme le théâtre shakespearien ou le drame romantique, mais garde souvent une unité d'action

À ne pas confondre

  • Vraisemblance — les unités sont un moyen, la vraisemblance est le but : on resserre le temps pour que le spectateur puisse croire

Selon l'époque et le point de vue — Contestée dès la Querelle du Cid (1637), elle est abandonnée pour le temps et le lieu par Hugo en 1827, mais l'unité d'action survit jusque dans le théâtre contemporain le plus resserré.

Ce que le mot permet d'écrire — En copie, repérez d'abord quelle unité est tenue et laquelle cède : c'est le geste d'analyse le plus rentable pour situer une pièce.

Bienséance

Règle qui interdit de montrer sur scène ce qui choquerait la morale ou la sensibilité du public : sang, mort violente, corps, langage grossier.

Synonymes

  • Décence dramatique — terme moderne et descriptif ; « bienséance » garde en outre l'idée d'un accord avec le goût d'un public précis, celui de la cour et de la ville

Antonymes

  • Théâtre de la cruauté — le courant théorisé par Artaud au XXe siècle veut au contraire frapper physiquement le spectateur, sans écran

À ne pas confondre

  • Censure — la censure est une interdiction extérieure et politique ; la bienséance est une contrainte esthétique intériorisée par l'auteur

Selon l'époque et le point de vue — Elle produit au XVIIe siècle l'art du récit — la mort d'Hippolyte racontée par Théramène (Phèdre, V, 6), le meurtre de Camille commis hors scène dans Horace (1640) ; le drame romantique puis le naturalisme la font tomber.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne dites pas seulement « la bienséance est respectée » : dites ce que le procédé gagne. Le récit différé transforme la violence en parole, et donne au spectateur le temps de la pitié.

Vraisemblance

Conformité de la fiction à ce que le public peut croire possible. Ce n'est pas la vérité des faits, mais l'accord avec l'opinion commune du spectateur.

Synonymes

  • Crédibilité — mot courant, centré sur l'effet reçu ; la vraisemblance classique est aussi une doctrine, avec des règles qui la garantissent

Antonymes

  • Merveilleux — il assume l'impossible (dieux, machines, métamorphoses) et se réfugie au XVIIe siècle dans l'opéra et la tragédie à machines

À ne pas confondre

  • Vérité historique — un fait réel peut être invraisemblable sur scène ; les classiques préfèrent alors l'écarter, ce que Corneille refuse dans Le Cid

Selon l'époque et le point de vue — Centrale au XVIIe siècle, elle est redéfinie par le naturalisme comme exactitude documentaire (Antoine, 1887), puis délibérément congédiée par l'absurde des années 1950.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour analyser un dénouement : demandez-vous si la pièce cherche à vous faire croire ou à vous faire remarquer qu'elle joue. La réponse situe l'esthétique.

Catharsis

Purgation des passions du spectateur, décrite par Aristote dans la Poétique : la tragédie suscite terreur et pitié pour en libérer celui qui regarde.

Synonymes

  • Purgation des passions — traduction française classique du terme grec ; elle insiste sur l'effet médical, moins sur le plaisir esthétique qui l'accompagne

Antonymes

  • Distanciation — Brecht refuse la catharsis : il ne veut pas soulager le spectateur par l'émotion, mais le laisser lucide et critique

À ne pas confondre

  • Morale de la pièce — la catharsis est un effet sur le spectateur, la morale un énoncé dans le texte : les deux peuvent se contredire

Selon l'époque et le point de vue — Reprise par les théoriciens du XVIIe siècle pour justifier moralement la tragédie, elle est contestée au XXe siècle par le théâtre épique et par l'absurde.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne l'invoquez que si vous décrivez un effet précis : quelle terreur, à quel moment, et par quel moyen (récit, aveu, silence). Sinon le mot reste un ornement.

Tragédie

Genre théâtral en cinq actes et en vers, mettant aux prises des personnages de haut rang avec une fatalité qui les dépasse et conduit au malheur ou à la mort.

Synonymes

  • Théâtre tragique — l'adjectif désigne un registre, présent aussi dans un roman ; « tragédie » désigne une forme codifiée, avec ses actes et son vers

Antonymes

  • Comédie — elle prend des personnages de condition moyenne et finit bien, mais peut être plus grinçante qu'une tragédie, comme Le Misanthrope (1666)

À ne pas confondre

  • Drame — le drame mêle les rangs et les tons, et n'exige pas la mort du héros : Chatterton (1835) en meurt, Ruy Blas (1838) aussi, mais par choix et non par règle

Selon l'époque et le point de vue — Dominante au XVIIe siècle (Corneille, Racine), elle se prolonge au XVIIIe (Voltaire), s'épuise au XIXe et revient au XXe sous forme de réécritures mythiques (Giraudoux 1935, Anouilh 1944).

Ce que le mot permet d'écrire — Évitez « c'est tragique parce que le héros meurt ». Cherchez l'impasse : ce que le personnage veut, ce qui l'en empêche, et pourquoi aucune issue n'est disponible.

Comédie

Genre qui fait rire aux dépens des mœurs et des caractères, avec des personnages de condition ordinaire et un dénouement heureux, souvent un mariage.

Synonymes

  • Pièce comique — formule large qui englobe la farce et le vaudeville ; « comédie » suppose chez Molière une visée critique, corriger les mœurs par le rire

Antonymes

  • Tragédie — opposition de genre, non de qualité : la comédie classique est pourtant réputée plus difficile à réussir, Molière le dit en 1663

À ne pas confondre

  • Vaudeville — le vaudeville du XIXe siècle tire son rire de la situation et de la mécanique des quiproquos, non du caractère des personnages

Selon l'époque et le point de vue — De la farce médiévale à la comédie de caractère de Molière, puis à la comédie sentimentale et sociale du XVIIIe (Marivaux, Beaumarchais) et à la machine comique de Feydeau (1896-1899).

Ce que le mot permet d'écrire — Nommez le ressort du rire : caractère, quiproquo, langage, renversement des rangs. Puis dites contre quoi ce rire est dirigé — c'est là que se gagne le point.

Drame romantique

Forme théâtrale des années 1827-1843 qui mêle registres et conditions, renonce aux unités de temps et de lieu, et puise dans l'histoire nationale.

Synonymes

  • Drame historique — insiste sur le matériau, l'histoire ; « romantique » ajoute la théorie du mélange des tons et la figure du héros hors norme

Antonymes

  • Tragédie classique — opposition point par point : unités, bienséance, séparation des genres, vers clos contre vers enjambé

À ne pas confondre

  • Drame bourgeois — celui de Diderot (1757) est sérieux et domestique, sans héros exceptionnel ni couleur historique

Selon l'époque et le point de vue — Programmé par la Préface de Cromwell (1827), imposé par la bataille d'Hernani (1830), il décline après l'échec des Burgraves (1843) ; Musset lui donne sa variante lue puis jouée.

Ce que le mot permet d'écrire — Pour prouver le mélange des tons, citez deux répliques voisines de registre opposé. Une affirmation générale sur « le grotesque et le sublime » ne vaut rien sans ce couple de citations.

Grotesque

Chez Hugo, catégorie du laid, du difforme et du comique bas, que le drame doit associer au sublime pour donner une image complète de la vie.

Synonymes

  • Bas comique — ne retient que le rire ; le grotesque hugolien inclut aussi le monstrueux et le pitoyable, qui ne font pas rire

Antonymes

  • Sublime — les deux termes ne s'excluent pas chez Hugo : ils se complètent et doivent coexister dans la même pièce, parfois dans le même personnage

À ne pas confondre

  • Burlesque — le burlesque traite un sujet noble en style bas par jeu parodique ; le grotesque prétend, lui, dire une vérité du réel

Selon l'époque et le point de vue — Formulé dans la Préface de Cromwell (1827), il se prolonge au XXe siècle dans la farce d'Ubu roi (1896) puis dans le personnage dégradé du théâtre de l'absurde.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne l'employez pas pour dire « ridicule ». Montrez l'alliance : un bouffon qui devient tragique, un roi qui devient risible — c'est le contraste qu'il faut analyser.

Didascalie

Indication scénique donnée par l'auteur en dehors des répliques : nom du locuteur, lieu, geste, ton, entrée et sortie.

Synonymes

  • Indication scénique — synonyme exact mais plus vague ; « didascalie » est le terme technique attendu dans une copie

Antonymes

  • Réplique — la réplique est adressée par un personnage à un autre, la didascalie par l'auteur au lecteur, au metteur en scène et aux comédiens

À ne pas confondre

  • Didascalie interne — celle-là est contenue dans la réplique même (« assieds-toi »), ce qui permettait au théâtre classique d'en écrire très peu

Selon l'époque et le point de vue — Rares et brèves au XVIIe siècle, les didascalies s'étendent au XIXe avec le goût du décor, puis deviennent parfois un véritable texte littéraire chez Beckett et dans le théâtre contemporain.

Ce que le mot permet d'écrire — Comptez-les et pesez-les : leur rareté signale un théâtre de la parole, leur abondance un théâtre où la scène compte autant que le dialogue.

Double énonciation

Propriété du dialogue théâtral : toute réplique est adressée à la fois à un personnage sur scène et au public dans la salle.

Synonymes

  • Double destination — formule plus transparente, mais qui insiste sur le destinataire ; « double énonciation » rappelle qu'il y a deux situations de parole simultanées

Antonymes

  • Énonciation simple — celle d'un dialogue romanesque rapporté, où le lecteur n'est pas un destinataire présent que le comédien peut viser

À ne pas confondre

  • Aparté — l'aparté est un procédé particulier qui rend la double énonciation visible ; celle-ci est permanente, même sans aparté

Selon l'époque et le point de vue — Exploitée par la comédie classique (le spectateur sait ce que le personnage ignore), elle est retournée par Brecht en adresse directe au public, pour briser l'illusion.

Ce que le mot permet d'écrire — C'est l'outil qui explique l'ironie dramatique : dites ce que le public sait et que le personnage ignore, et vous tenez l'effet de la scène.

Quatrième mur

Cloison imaginaire qui sépare la scène de la salle et que les personnages font comme s'ils ne pouvaient franchir : ils ignorent le public.

Synonymes

  • Illusion théâtrale — notion plus large, qui inclut décor et vraisemblance ; le quatrième mur ne désigne qu'un rapport scène-salle

Antonymes

  • Adresse au public — elle abolit ce mur, dans le prologue antique, chez Brecht, ou dans beaucoup de spectacles contemporains

À ne pas confondre

  • Aparté — l'aparté perce le mur sans l'abattre : la convention reste, on l'accepte comme une convention

Selon l'époque et le point de vue — Théorisée dans la seconde moitié du XIXe siècle et poussée à sa limite par André Antoine au Théâtre-Libre (1887), qui fait jouer ses comédiens de dos.

Ce que le mot permet d'écrire — Question à poser sur tout extrait : les personnages savent-ils qu'on les regarde ? La réponse oppose d'un coup le naturalisme au théâtre épique.

Mise en scène

Interprétation d'un texte par un spectacle : choix d'espace, de lumière, de rythme, de jeu, qui font du plateau une œuvre distincte de la pièce écrite.

Synonymes

  • Réalisation scénique — insiste sur l'exécution technique ; « mise en scène » implique un parti pris d'interprétation, signé par un nom

Antonymes

  • Texte dramatique — opposition de nature, non de valeur : le texte reste stable, la mise en scène est unique et datée

À ne pas confondre

  • Scénographie — la scénographie ne concerne que l'espace et le décor ; la mise en scène englobe aussi la direction d'acteurs

Selon l'époque et le point de vue — La fonction naît autour de 1887-1927 : Antoine, Copeau et son « tréteau nu » (1913), puis le Cartel des quatre (1927) ; au XXe siècle, elle devient parfois le point de départ de l'écriture elle-même.

Ce que le mot permet d'écrire — Un même texte peut être monté dans des sens opposés : quand vous analysez, distinguez ce que dit la pièce de ce qu'en fait un spectacle, et ne prêtez pas à l'auteur un choix de metteur en scène.

Distanciation

Ensemble de procédés, théorisés par Brecht, qui empêchent le spectateur de s'identifier au personnage afin qu'il garde un regard critique sur la situation montrée.

Synonymes

  • Effet de distance — traduction approximative de l'allemand ; « distanciation » est le terme reçu en France, avec sa dimension politique

Antonymes

  • Identification — elle est le ressort de la catharsis classique : on souffre avec le héros au lieu de juger sa situation

À ne pas confondre

  • Ironie — l'ironie est un effet de sens dans le texte ; la distanciation est un dispositif de spectacle (adresse au public, pancartes, chansons, rupture d'illusion)

Selon l'époque et le point de vue — Élaborée par Brecht dans les années 1930-1950 avec le théâtre épique, elle irrigue le théâtre public français après 1947 (Vilar, décentralisation) et une grande part de la création contemporaine.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne l'appliquez pas à tout écart d'illusion : repérez un dispositif précis qui coupe l'émotion, puis dites quel jugement il rend possible.

Théâtre de l'absurde

Courant des années 1950 où l'intrigue n'avance plus, le personnage perd son identité et le dialogue se dérègle, pour mettre en scène la difficulté même de faire sens.

Synonymes

  • Nouveau théâtre — appellation française contemporaine des œuvres, plus neutre : elle évite de faire de l'absurde une philosophie commune aux auteurs

Antonymes

  • Théâtre à thèse — il démontre une idée par une intrigue claire, là où l'absurde congédie la démonstration et l'intrigue

À ne pas confondre

  • Absurde camusien — chez Camus, l'absurde est un concept philosophique exposé dans des œuvres de forme classique ; ici, c'est la forme théâtrale elle-même qui est atteinte

Selon l'époque et le point de vue — Annoncé par Ubu roi (1896), il s'impose avec La Cantatrice chauve (1950), En attendant Godot (1953) et Fin de partie (1957), et modifie durablement le statut du personnage.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne concluez jamais qu'une telle pièce « ne veut rien dire ». Montrez une mécanique : répétition, non-réponse, énoncé qui contredit la situation — et dites ce que cette mécanique fait ressentir.

Coup de théâtre

Renversement brusque et imprévu de la situation, qui relance ou dénoue l'action et surprend le spectateur autant que les personnages.

Synonymes

  • Péripétie — la péripétie est tout changement de situation, même préparé ; le coup de théâtre suppose la soudaineté et la surprise

Antonymes

  • Théâtre statique — chez Maeterlinck (1890-1893), rien n'advient : l'attente et le silence remplacent l'événement

À ne pas confondre

  • Deus ex machina — celui-ci résout l'intrigue par une intervention extérieure invraisemblable, ce que les classiques tiennent pour un défaut

Selon l'époque et le point de vue — Ressort essentiel de la comédie d'intrigue et du vaudeville du XIXe siècle ; le théâtre de l'absurde le vide de sens en le répétant sans conséquence.

Ce que le mot permet d'écrire — Signalez-en l'effet dramaturgique plutôt que le contenu : un coup de théâtre déplace le savoir du public, et c'est cet écart de savoir qu'il faut décrire.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Règle / liberté

Toute l'histoire du théâtre français se lit comme une alternance : on codifie (1630-1680), on desserre (1827), on recodifie autrement (naturalisme), on démonte (1950).

Ce qu'il débloque — Situer une pièce sans en connaître la date, en observant ce qu'elle s'autorise.

Exemple — Une pièce en cinq actes, en alexandrins, à lieu unique, avec la mort racontée et non montrée, se place du côté de la règle ; une pièce en tableaux, à décors multiples, mêlant bouffons et rois, du côté de la liberté.

Tragique / comique

Le classicisme sépare les deux registres comme deux genres ; le drame romantique et le théâtre du XXe siècle les font coexister dans la même scène.

Ce qu'il débloque — Analyser un mélange des tons au lieu de le constater.

Exemple — Dans On ne badine pas avec l'amour (1834), le badinage de Perdican et de Camille fait rire, puis la mort de Rosette rend ce rire insoutenable : le comique n'est pas effacé, il est retourné.

Dire / montrer

Ce qui est mis sous les yeux et ce qui reste au récit. La bienséance classique choisit le dire ; le naturalisme et le théâtre contemporain choisissent souvent le montrer.

Ce qu'il débloque — Expliquer la fonction du hors-scène et le rôle des récits.

Exemple — La mort d'Hippolyte, dans Phèdre (V, 6, 1677), n'existe que par le récit de Théramène : la parole y devient plus violente que l'image aurait pu l'être.

Texte / scène

Une pièce est un texte publié et un spectacle joué. Avant 1880, le texte domine ; ensuite, la mise en scène devient une œuvre autonome.

Ce qu'il débloque — Éviter d'attribuer à l'auteur ce qui relève d'une interprétation, et prendre en compte les didascalies.

Exemple — Musset publie d'abord Un spectacle dans un fauteuil (1832-1834) pour la lecture : Lorenzaccio n'est joué qu'après sa mort, ce qui explique sa liberté de décors.

Héros / anti-héros

Le personnage se dégrade au fil des siècles : haut personnage décidé, puis fatalité en marche, puis individu ordinaire, puis silhouette sans nom ni passé.

Ce qu'il débloque — Faire de la caractérisation du personnage un indice d'époque.

Exemple — De Rodrigue qui délibère dans Le Cid (1637) à Hernani qui se dit « une force qui va » (1830), puis aux figures interchangeables de La Cantatrice chauve (1950), la volonté du héros s'efface.

Parole / action

L'action théâtrale peut être un enchaînement d'événements ou, au contraire, se réduire à un conflit de paroles.

Ce qu'il débloque — Analyser une pièce où « il ne se passe rien », sans conclure qu'elle est vide.

Exemple — Dans Pour un oui ou pour un non (Sarraute, 1982), toute la pièce tient dans le litige entre deux amis à propos d'une intonation : la parole n'accompagne plus l'action, elle est l'action.

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