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Grammaire et langue française : syntaxe, lexique, énonciation au service de l'analyse

Maîtriser les outils linguistiques pour analyser et commenter les textes littéraires en Première

À propos de cette page
Ce lexique sur « Grammaire et langue française : syntaxe, lexique, énonciation au service de l'analyse » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : La situation d'énonciation : qui parle, à qui, d'où ?, L'interrogation : formes, constructions, valeurs, La négation : portée, formes, valeurs, La subordonnée relative : antécédent, fonction du relatif, valeur. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.

Situation d'énonciation

Ensemble des données qui entourent la production d'un énoncé : un locuteur, un destinataire, un lieu, un moment. Elle répond à la question « qui parle, à qui, où et quand ? ».

Synonymes

  • Contexte énonciatif — insiste sur l'entourage de l'énoncé, alors que « situation d'énonciation » désigne l'acte même de parler
  • Acte d'énonciation — désigne le fait de produire l'énoncé, non les paramètres qui l'entourent

Antonymes

  • Énoncé — l'énoncé est le produit, la situation d'énonciation est le cadre de sa production : ne jamais confondre le dit et le dire

À ne pas confondre

  • Contexte — le contexte est l'entourage textuel d'un mot ou d'une phrase, la situation d'énonciation est extralinguistique

Selon l'époque et le point de vue — Notion forgée par la linguistique du XXe siècle (Benveniste, 1966) et entrée dans les programmes de lycée avec l'étude des genres argumentatifs et épistolaires.

Ce que le mot permet d'écrire — Dans une copie, ne décris pas la situation d'énonciation pour elle-même : montre qu'elle produit un effet. Dire que Hugo écrit « je partirai » ancré dans son présent permet d'expliquer pourquoi le lecteur se sent pris à témoin.

Déictique

Mot dont le sens ne se fixe que par référence à la situation d'énonciation : pronoms de 1re et 2e personne, démonstratifs, adverbes comme ici, maintenant, hier, demain.

Synonymes

  • Embrayeur — même réalité, vue du côté de l'ancrage : l'embrayeur « branche » l'énoncé sur la situation
  • Indice d'énonciation — terme plus large, qui englobe aussi les temps verbaux et les modalisateurs

Antonymes

  • Repère autonome — « la veille », « ce jour-là » situent sans renvoyer au moment de la parole : ils coupent l'énoncé au lieu de l'ancrer

À ne pas confondre

  • Anaphorique — l'anaphorique renvoie à un mot du texte, le déictique renvoie au monde autour du locuteur : « il » est anaphorique, « moi » est déictique

Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient du grec deiktikos, « qui montre du doigt » ; la poésie lyrique du XIXe siècle en fait un instrument d'émotion en interpellant un destinataire absent.

Ce que le mot permet d'écrire — Relever un déictique ne suffit pas : dis ce qu'il installe. « Demain, dès l'aube » place le lecteur à côté du poète, sur la route, avant même que le mot « tombe » ne soit prononcé.

Discours indirect libre

Manière de rapporter les paroles ou les pensées d'un personnage sans subordonnant ni guillemets : les temps et les personnes sont ceux du récit, le vocabulaire et le ton sont ceux du personnage.

Synonymes

  • Style indirect libre — même procédé ; « style » est le terme traditionnel, « discours » le terme des programmes

Antonymes

  • Discours direct — le direct isole la parole par des guillemets et conserve son énonciation entière ; l'indirect libre la fond dans le récit

À ne pas confondre

  • Discours indirect — l'indirect est subordonné (« il dit qu'il partait ») ; l'indirect libre supprime la subordination et devient ambigu
  • Discours narrativisé — le narrativisé résume l'acte de parole (« il donna son accord ») sans en restituer les mots

Selon l'époque et le point de vue — Flaubert en fait l'instrument central de Madame Bovary (1857) : l'ironie naît de l'indécision entre la voix du narrateur et celle d'Emma. Zola et Maupassant le généralisent.

Ce que le mot permet d'écrire — Dans une copie, c'est le procédé qui prouve l'ironie : écris que le lecteur ne peut plus attribuer la phrase, et que cette indécision est un jugement porté sans être signé.

Interrogation totale

Interrogation qui porte sur l'ensemble de la phrase et à laquelle on répond par oui, non ou si. Elle ne comporte aucun mot interrogatif.

Synonymes

  • Question fermée — terme des sciences sociales ; il désigne le même fait mais ne dit rien de la construction syntaxique

Antonymes

  • Interrogation partielle — la partielle porte sur un seul constituant et exige un mot interrogatif : elle attend une information, non un oui

À ne pas confondre

  • Phrase déclarative à intonation montante — « Tu viens ? » est bien une interrogation totale : l'intonation, à l'oral, est une marque syntaxique à part entière

Selon l'époque et le point de vue — L'ancien français interrogeait surtout par inversion ; est-ce que se répand au XVIe siècle et l'interrogation par simple intonation s'impose à l'oral au XIXe.

Ce que le mot permet d'écrire — Précise toujours la construction avec le type : « interrogation totale par inversion simple » vaut deux fois « interrogation ». Et dis ce que le registre révèle du personnage.

Interrogation partielle

Interrogation qui porte sur un constituant de la phrase et qui comporte un mot interrogatif : pronom (qui, que, quoi, lequel), déterminant (quel), adverbe (où, quand, comment, pourquoi, combien).

Synonymes

  • Question ouverte — insiste sur la liberté de la réponse, sans décrire le mot interrogatif qui la marque

Antonymes

  • Interrogation totale — la totale se contente d'un oui ou d'un non ; la partielle réclame un contenu, donc un mot interrogatif

À ne pas confondre

  • Exclamation en quel — « Quel malheur ! » emploie le même déterminant mais n'interroge pas : c'est un degré d'intensité, marqué par le point d'exclamation

Selon l'époque et le point de vue — Le tour « Que sais-je ? » de Montaigne (Essais, 1580) fait de l'interrogation partielle l'emblème du scepticisme, puis toute la poésie romantique en fait un cri.

Ce que le mot permet d'écrire — Dis sur quel constituant l'interrogation porte : dans « Où vont tous ces enfants ? » (Hugo, 1856), elle interroge le lieu, et le lecteur découvre la réponse — l'usine — comme une condamnation.

Interrogation indirecte

Proposition subordonnée qui rapporte une question sans la poser : elle dépend d'un verbe de question ou de savoir, dont elle est le plus souvent COD, et perd le point d'interrogation, l'inversion et est-ce que.

Synonymes

  • Complétive interrogative — appellation plus précise : elle rappelle que cette subordonnée est un complément essentiel du verbe, comme la complétive en que

Antonymes

  • Interrogation directe — la directe est une phrase autonome, ponctuée d'un point d'interrogation ; l'indirecte est enchâssée et ne l'est jamais

À ne pas confondre

  • Circonstancielle en si — test décisif : si l'on peut remplacer si par est-ce que, la subordonnée est interrogative ; sinon elle est hypothétique
  • Relative en ce que — « ce qu'il voulait » après demander est interrogatif ; après aimer (« j'aime ce qu'il fait »), ce est antécédent et la proposition est relative

Selon l'époque et le point de vue — Le français classique mêlait encore les deux constructions ; la grammaire scolaire du XIXe siècle a figé la règle d'effacement de l'inversion, aujourd'hui souvent transgressée à l'oral.

Ce que le mot permet d'écrire — Au bac, c'est la question de grammaire la plus rentable : identifie le verbe recteur, dis que la subordonnée est son COD, précise totale ou partielle, puis fais la transformation à la forme directe.

Question rhétorique

Interrogation qui n'attend pas de réponse parce qu'elle la contient : elle équivaut à une affirmation ou à une négation énergique.

Synonymes

  • Interrogation oratoire — terme de la rhétorique ancienne, qui souligne la destination au public plutôt que l'absence de réponse

Antonymes

  • Vraie question — la vraie question suppose l'ignorance du locuteur ; la rhétorique suppose son accord anticipé avec le destinataire

À ne pas confondre

  • Interrogation délibérative — la délibérative interroge réellement, mais soi-même et sur une conduite à tenir : « Que faire ? » hésite, la rhétorique assène

Selon l'époque et le point de vue — Arme majeure de l'éloquence latine, elle irrigue la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle : « Si c'est ici le meilleur des mondes possibles, que sont donc les autres ? » (Voltaire, Candide, 1759).

Ce que le mot permet d'écrire — Ne l'appelle rhétorique qu'après avoir montré que la réponse est donnée par le contexte. Écris ensuite ce qu'elle fait au lecteur : elle le place du côté de l'auteur avant qu'il ait pu juger.

Négation totale

Négation qui porte sur l'ensemble de la phrase et en inverse la valeur : elle se marque par ne… pas, ou ne… point dans un registre littéraire.

Synonymes

  • Négation de phrase — désigne la même portée, en insistant sur le domaine nié plutôt que sur les marques employées

Antonymes

  • Négation partielle — la partielle ne nie qu'un constituant : dans « personne ne rit », c'est le sujet qui est nié, non le fait de rire

À ne pas confondre

  • Restriction ne… que — ne… que n'annule rien : elle affirme un élément à l'exclusion de tous les autres

Selon l'époque et le point de vue — Le ne de l'ancien français niait seul ; pas et point, d'abord de simples renforcements (« il n'avance pas d'un pas »), sont devenus les vraies marques de la négation moderne.

Ce que le mot permet d'écrire — Interroge d'abord la portée. Dans « Le ciel n'est pas plus pur que le fond de mon cœur » (Racine, Phèdre, 1677), la négation touche le comparatif et produit un éloge : le dire, c'est tout le commentaire.

Négation partielle

Négation qui ne porte que sur un constituant de la phrase, marquée par ne associé à personne, rien, aucun, nul, jamais, plus, guère, nulle part, ni… ni.

Synonymes

  • Négation de constituant — formulation savante, plus explicite sur ce qui est nié, mais moins employée par les jurys

Antonymes

  • Négation totale — la totale nie la relation prédicative entière ; la partielle laisse le prédicat debout et supprime un de ses arguments

À ne pas confondre

  • Négation lexicale — « inconsolé » nie par un préfixe, sans ne : la phrase reste affirmative, ce qui rend la négation plus sourde

Selon l'époque et le point de vue — Personne, rien, pas un, aucun étaient à l'origine des noms ou des déterminants positifs ; leur valeur négative s'est fixée par contagion du ne qui les accompagnait.

Ce que le mot permet d'écrire — Nomme le constituant nié. « Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ? » (Hugo, 1856) nie le sujet un par un : la construction rend le dénombrement plus cruel qu'un « aucun ne rit ».

Portée de la négation

Étendue de l'énoncé sur laquelle la négation agit réellement, qui ne coïncide pas toujours avec la place des marques négatives.

Synonymes

  • Champ de la négation — image spatiale du même fait ; « portée » est le terme attendu par les grammaires scolaires

Antonymes

  • Assertion — l'assertion pose un fait sans réserve : analyser une portée consiste précisément à trouver quel morceau d'assertion survit

À ne pas confondre

  • Type de négation — totale ou partielle décrit la forme ; la portée décrit le sens, et les deux peuvent diverger dans une phrase complexe

Selon l'époque et le point de vue — La question intéresse les logiciens depuis Port-Royal (1662) et revient dans les programmes de lycée en 2019, comme point d'analyse à part entière.

Ce que le mot permet d'écrire — C'est l'analyse qui distingue une bonne copie : « je ne pense pas qu'il vienne » ne nie pas la pensée mais la venue, et Racine niant un comparatif obtient une hyperbole d'innocence.

« Ne » explétif

Ne employé seul, sans second élément négatif, et dépourvu de valeur de négation : on le trouve après les verbes de crainte, après avant que, à moins que, de peur que, et après les comparatifs d'inégalité.

Synonymes

  • Ne abusif — vieille appellation normative, qui condamne un tour parfaitement correct : à éviter dans une copie

Antonymes

  • Ne discordantiel — dans « il ne vient pas », le ne participe bien à la négation : le distinguer de l'explétif, c'est vérifier s'il a un partenaire

À ne pas confondre

  • Ne seul de registre soutenu — dans « je ne puis », « si je ne me trompe », le ne est vraiment négatif : le supprimer inverse le sens, ce qui n'arrive jamais avec l'explétif

Selon l'époque et le point de vue — Tour attesté dès le Moyen Âge, encore vivant chez Racine et Molière, longtemps condamné par les grammairiens puis réhabilité comme marque de registre soutenu.

Ce que le mot permet d'écrire — Le piège classique de l'oral. Dis : « ce ne est explétif, on peut le supprimer sans changer le sens, l'énoncé n'est donc pas négatif » — la manipulation vaut plus que l'étiquette.

Restriction (ne… que)

Tournure qui exclut tout élément sauf un : elle a la forme d'une négation mais la valeur d'une affirmation exclusive.

Synonymes

  • Exception — insiste sur l'élément préservé ; « restriction » insiste sur le champ réduit, et c'est le terme des grammaires

Antonymes

  • Négation totale — « il ne parle pas » supprime le fait ; « il ne parle que de lui » le maintient et en resserre l'objet

À ne pas confondre

  • Seulement — l'adverbe restreint avec la même valeur mais sans le squelette négatif, donc sans l'effet de resserrement progressif que produit ne… que

Selon l'époque et le point de vue — Née du croisement du ne négatif et du que comparatif (« il n'a plus que trois sous »), la tournure est devenue au XVIIe siècle un outil privilégié de la pointe classique.

Ce que le mot permet d'écrire — Signale que la négation est apparente. Puis commente le mouvement : ne… que balaie d'abord tout, et ne laisse subsister qu'un élément que l'énoncé place ainsi en pleine lumière.

Litote

Figure qui consiste à dire moins pour faire entendre plus, le plus souvent en niant le contraire de ce que l'on veut affirmer.

Synonymes

  • Atténuation — désigne l'effet général d'affaiblissement ; la litote est le procédé précis, presque toujours construit sur une négation

Antonymes

  • Hyperbole — l'hyperbole exagère l'expression pour dire beaucoup ; la litote la réduit, et obtient parfois davantage
  • Euphémisme — l'euphémisme atténue pour ménager le lecteur ou la bienséance ; la litote atténue pour renforcer, et c'est l'inverse de l'intention

À ne pas confondre

  • Antiphrase — l'antiphrase dit le contraire de sa pensée et compte sur l'ironie ; la litote n'est pas ironique, elle est retenue

Selon l'époque et le point de vue — Figure grecque de la modestie oratoire, elle devient au XVIIe siècle l'expression même de la bienséance : « Va, je ne te hais point » (Corneille, Le Cid, III, 4, 1637).

Ce que le mot permet d'écrire — Ne dis pas « il y a une litote » : dis ce que la retenue coûte au personnage. Chimène, qui ne peut aimer l'assassin de son père, ne dispose que de la négation pour avouer son amour.

Antécédent

Nom, pronom ou groupe nominal que reprend un pronom relatif, et que la proposition subordonnée relative vient compléter.

Synonymes

  • Terme repris — formulation descriptive ; « antécédent » est le terme technique exigé, et il indique en outre la position, avant le relatif

Antonymes

  • Relative substantive — cas où il n'y a précisément aucun antécédent (« Qui vivra verra ») : la relative y occupe elle-même une fonction de groupe nominal

À ne pas confondre

  • Sujet de la subordonnée — l'antécédent est hors de la subordonnée ; le pronom relatif, lui, peut y être sujet — ce sont deux analyses différentes

Selon l'époque et le point de vue — Le mot vient du latin antecedens, « qui va devant ». La grammaire de Port-Royal (1660) en fait déjà la clé de l'analyse de la relative.

Ce que le mot permet d'écrire — À l'oral, cite l'antécédent puis remplace le relatif par lui : « dont » dans « pas un seul ne rit » devient « pas un seul de ces enfants » — la manipulation prouve que dont est complément du nom.

Relative explicative

Proposition subordonnée relative encadrée de virgules, qui ajoute une information sur un être déjà identifié, sans restreindre le sens de l'antécédent.

Synonymes

  • Relative appositive — même réalité vue par sa syntaxe : la relative est en apposition, d'où le détachement par virgules

Antonymes

  • Relative déterminative — la déterminative, sans virgule, restreint l'extension du nom : la supprimer change le sens de la phrase

À ne pas confondre

  • Épithète détachée — l'épithète détachée est un adjectif ou un participe, la relative explicative est une proposition à verbe conjugué

Selon l'époque et le point de vue — La distinction, formalisée au XIXe siècle, sert la lecture des textes d'idées : c'est elle qui sépare une affirmation universelle d'une affirmation restreinte à quelques-uns.

Ce que le mot permet d'écrire — Sers-toi de la ponctuation comme d'une preuve. « Les hommes qui mentent me déplaisent » ne concerne que les menteurs ; « Les hommes, qui mentent, me déplaisent » les accuse tous : la virgule est un argument.

Proposition subordonnée complétive

Subordonnée introduite par la conjonction que, complément essentiel du verbe de la principale : COD le plus souvent, parfois sujet, attribut ou complément de l'adjectif.

Synonymes

  • Complétive conjonctive — précise que le subordonnant est une conjonction, par opposition à la complétive interrogative ou infinitive

Antonymes

  • Circonstancielle — la circonstancielle est un complément de phrase, mobile et supprimable ; la complétive est essentielle et fixe

À ne pas confondre

  • Relative en que — dans la relative, que est un pronom qui a un antécédent et une fonction (COD) dans la subordonnée ; dans la complétive, que n'est qu'un outil de liaison

Selon l'époque et le point de vue — Le choix du mode est l'un des grands chantiers de la langue classique : « Je veux qu'on me distingue » (Molière, Le Misanthrope, I, 1, 1666) impose le subjonctif parce qu'Alceste exige.

Ce que le mot permet d'écrire — Justifie toujours le mode : un subjonctif dans une complétive signale la volonté, le doute ou le sentiment, donc la subjectivité du personnage. C'est un argument de caractérisation, pas une règle récitée.

Proposition subordonnée circonstancielle

Subordonnée introduite par une conjonction ou une locution conjonctive, complément de phrase : elle indique le temps, la cause, la conséquence, le but, la concession, la condition ou la comparaison.

Synonymes

  • Complément circonstanciel propositionnel — formulation qui insiste sur la fonction plutôt que sur la forme ; utile pour éviter de confondre étiquette et rôle

Antonymes

  • Complément essentiel — le complément essentiel ne peut être ni déplacé ni supprimé ; la circonstancielle se caractérise justement par cette double liberté

À ne pas confondre

  • Complétive — test unique et suffisant : déplace, puis supprime. Ce qui passe est circonstanciel, ce qui résiste est essentiel

Selon l'époque et le point de vue — Le nombre des valeurs a varié selon les grammaires ; les programmes de 2019 retiennent au lycée le temps, la cause, la conséquence, le but, la concession-opposition, la condition et la comparaison.

Ce que le mot permet d'écrire — Donne trois choses : la valeur, le mode qu'elle impose, l'effet. « Bien qu'il fût vieux, il partit » exige le subjonctif et place l'obstacle avant l'action, ce qui fait de ce départ un acte de volonté.

Connecteur logique

Mot ou locution qui explicite le rapport entre deux énoncés ou deux paragraphes : addition, opposition, cause, conséquence, concession, conclusion.

Synonymes

  • Articulateur — terme plus large, qui couvre aussi les repères temporels et les marqueurs d'énumération d'un plan

Antonymes

  • Juxtaposition — la juxtaposition laisse le lecteur établir le lien : son absence de connecteur est parfois plus violente qu'un « donc »

À ne pas confondre

  • Conjonction de subordination — la conjonction de subordination enchâsse une proposition dans une autre ; le connecteur relie des énoncés de même rang, et reste mobile

Selon l'époque et le point de vue — La rhétorique classique les nommait « liaisons » et en faisait une obligation du discours ; la prose du XXe siècle les supprime souvent pour imiter la pensée en train de se faire.

Ce que le mot permet d'écrire — Dans un texte d'idées, les connecteurs donnent le plan de l'auteur : suis-les, et ton explication linéaire épouse le raisonnement du texte au lieu de le paraphraser.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Forme / valeur

La forme est ce que la langue construit (une interrogation partielle par inversion) ; la valeur est ce que l'énoncé fait (une accusation déguisée en question).

Ce qu'il débloque — Elle sépare l'analyse grammaticale de l'interprétation littéraire, et empêche les deux fautes symétriques : décrire sans interpréter, interpréter sans décrire.

Exemple — « Si c'est ici le meilleur des mondes possibles, que sont donc les autres ? » (Voltaire, Candide, 1759) : forme d'une interrogation partielle directe, valeur d'un réquisitoire contre l'optimisme leibnizien.

Nature (classe) / fonction

La nature dit ce qu'un mot est en lui-même (pronom relatif, conjonction de subordination) ; la fonction dit le rôle qu'il tient dans une construction donnée (sujet, COD, complément du nom).

Ce qu'il débloque — C'est le premier critère de notation de la question de grammaire à l'oral : une réponse qui donne une nature là où l'on attend une fonction perd la moitié des points.

Exemple — Dans « l'homme dont je parle », la nature de dont est « pronom relatif » et sa fonction est « COI du verbe parle » : deux réponses distinctes à donner l'une après l'autre.

Énoncé ancré / énoncé coupé

L'énoncé ancré porte les marques de sa situation d'énonciation (je, tu, ici, maintenant, présent) ; l'énoncé coupé les efface (3e personne, passé simple, la veille).

Ce qu'il débloque — La distinction explique la distance d'un texte à son lecteur, et signale les basculements : passer de l'un à l'autre est toujours un geste d'écriture.

Exemple — Dans « Melancholia » (Hugo, 1856), les trois questions initiales sont ancrées et prennent le lecteur à témoin ; « Ils travaillent » bascule dans l'énoncé coupé et referme le constat.

Complétive / circonstancielle

La complétive est un complément essentiel du verbe, fixe et indispensable ; la circonstancielle est un complément de phrase, déplaçable et supprimable.

Ce qu'il débloque — Elle fournit la seule justification recevable à l'oral : le test de déplacement et de suppression, appliqué à haute voix devant l'examinateur.

Exemple — « Je veux qu'on me distingue » (Molière, 1666) : la subordonnée ne se déplace pas, c'est une complétive COD. « Bien qu'il fût vieux, il partit » se déplace et se supprime : circonstancielle.

Déterminative / explicative

La relative déterminative restreint l'extension de l'antécédent et n'est pas détachée ; la relative explicative ajoute une information sur un être déjà identifié et s'encadre de virgules.

Ce qu'il débloque — Elle transforme une virgule en argument d'interprétation, notamment dans les textes d'idées où elle décide de la portée d'une affirmation.

Exemple — « Les hommes qui mentent me déplaisent » ne visent que les menteurs ; « Les hommes, qui mentent, me déplaisent » accusent l'humanité entière.

Négation grammaticale / négation lexicale

La négation grammaticale emploie ne et un second élément ; la négation lexicale passe par un préfixe privatif (in-, a-, dé-, mé-, non-) dans une phrase affirmative.

Ce qu'il débloque — Elle explique pourquoi certaines négations frappent plus que d'autres : la négation lexicale s'installe dans le mot, on ne peut pas la retirer de l'énoncé.

Exemple — « Je suis le ténébreux, — le veuf, — l'inconsolé » (Nerval, « El Desdichado », 1854) : trois attributs affirmatifs, dont deux portent la privation dans leur forme même.

Coordination / subordination

La coordination relie deux éléments de même rang par et, ou, mais, or, car, ni, donc ; la subordination enchâsse une proposition dans une autre, dont elle devient un constituant.

Ce qu'il débloque — Elle permet de décrire un rythme de phrase : la parataxe coordonnée accumule et presse, la subordination hiérarchise et raisonne.

Exemple — « Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer. » (Hugo, 1856) : après huit vers de subordonnées enchevêtrées, la juxtaposition tombe comme un verdict.

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