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1ʳᵉ · Français · Le Chevalier de la charrette

Peut-on lire Le Chevalier de la charrette comme le roman d’une cour défaillante ?

Sujet de dissertation — Le Chevalier de la charrette, 1ère

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Analyse des termes

La cour d’Arthur est, dans le roman arthurien, le centre de la valeur et de la justice. La « défaillance » désignerait son incapacité à protéger les siens et à produire le héros dont elle a besoin. Le sujet engage donc une lecture politique de l'œuvre.

Problématique

Chrétien met-il en scène l’effondrement de la cour arthurienne, ou se sert-il de sa faiblesse pour faire apparaître un héros d’un autre ordre ?

Le plan en trois parties

I

Une cour prise en défaut dès les premiers vers

  1. Méléagant vient défier Arthur dans sa propre salle et lui annonce qu’il détient ses sujets : l’humiliation est publique et le roi ne réplique pas.« Rois Artus, j’ai en ma prison / De ta terre et de ta meison / Chevaliers, dames et puceles », épisode du défi à la cour d’Arthur
  2. Le don contraignant révèle un droit qui se retourne contre le royaume : la coutume oblige le roi à livrer la reine à son pire défenseur.« La reïne que je voi ci », épisode du don contraignant de Keu
  3. Gauvain, fleur de la chevalerie arthurienne, refuse la charrette : le meilleur de la cour s’arrête au seuil de ce que l’aventure exige.« Si le tint a molt grant folie / Et dit qu’il n’i montera mie », épisode de Gauvain devant la charrette
TransitionCes manquements ne relèvent pas de la lâcheté mais d’un excès de mesure, ce qui rend la critique plus profonde.
II

Une défaillance qui tient à un excès de mesure

  1. Devant les deux ponts, Gauvain raisonne, compare et choisit le moins périlleux : sa prudence est raisonnable et c’est précisément pourquoi elle échoue.« Molt est perilleus et grevains / Li uns et li autres passages », épisode du choix des deux ponts
  2. La plainte de la reine au départ dit tout bas ce que la cour ne veut pas entendre : il aurait fallu un défi, et personne ne l’a relevé.« Ha rois, se vos ce seüssiez, / Ja, ce croi, ne me leissessiez / Sanz chalonge mener un pas ! », épisode du départ de la reine
  3. La coutume de la charrette montre une société qui a codifié l’infamie : elle protège l’honneur par des règles qui l’empêchent d’agir.« Qui a forfet estoit repris, / S’estoit sor la charrete mis / Et menez par totes les rues », explication du narrateur sur la coutume de la charrette
TransitionCette défaillance n’est pas une fin en soi, elle ouvre la place que viendra occuper un héros que la cour n’aurait pas su former.
III

Une cour défaillante qui rend possible un héros d’un autre ordre

  1. Le duel final est expédié par un homme seul, hors de toute délibération de cour : la justice revient au bras du héros, non à l’institution.« Lanceloz vient, si li deslace / Le hiaume et la teste li tranche », épisode du duel final
  2. La prophétie du cimetière désignait déjà un individu, seul, par son propre corps : la délivrance est confiée à une personne, non à une armée.« Cil qui levera / cele lame seus par son cors / gitera ces et celes fors », épisode de la lame du cimetière
  3. La révélation du nom en plein combat fait surgir une gloire qui ne doit rien à la table ronde : Lancelot s’impose comme un centre concurrent.« Lanceloz del Lac a a non », épisode du nom crié pendant le combat
Ouverture

Un royaume qui ne peut être sauvé que par un homme dont il réprouve les moyens n’a-t-il pas déjà perdu ce qu’il prétendait défendre ?

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