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1ʳᵉ · Français · Le Chevalier de la charrette

Dans Le Chevalier de la charrette, la femme commande-t-elle vraiment ?

Sujet de dissertation — Le Chevalier de la charrette, 1ère

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Analyse des termes

Le code courtois place la dame en position de suzeraine et fait du chevalier son homme ; commander suppose pourtant un pouvoir effectif sur les choses et sur les êtres. Le sujet demande si cette souveraineté est réelle ou seulement rituelle, limitée à la sphère du sentiment.

Problématique

La souveraineté que le roman accorde à la dame est-elle un véritable pouvoir, ou un privilège symbolique à l’intérieur d’un monde qui reste gouverné par les hommes ?

Le plan en trois parties

I

Une parole féminine qui décide du cours du récit

  1. Dès son départ, la reine énonce ce qu’il aurait fallu faire : sa plainte devient la consigne implicite que la quête entière va exécuter.« Ha rois, se vos ce seüssiez, / Ja, ce croi, ne me leissessiez / Sanz chalonge mener un pas ! », épisode du départ de la reine
  2. À Gorre, son refus annule l’effet d’une victoire acquise au prix du sang : une réplique suffit à défaire ce qu’un exploit avait établi.« Moi ? Sire, moi ne puet il plaire ; / De son veoir n’ai ge que faire », épisode des retrouvailles à Gorre
  3. À la fenêtre, c’est son congé qui ouvre le chemin : le héros formule lui-même que tout dépend de cette autorisation.« Se vostre congiez le m’otroie / Tote m’est delivre la voie », épisode de la fenêtre aux barreaux
TransitionCette efficacité de la parole n’est pas un hasard, car le roman lui donne les formes reconnaissables du droit féodal.
II

Un commandement exercé selon les formes du droit féodal

  1. L’ordre transmis à Noauz emploie le verbe même du commandement seigneurial : la reine mande, comme un suzerain mande à son vassal.« Que au noauz que je lui mant », épisode du tournoi de Noauz
  2. Le second ordre est assorti d’une contrepartie explicite, l’amour et la grâce : la relation est contractuelle, donc juridiquement pensée.« Que ancor au noauz le face, / S’avoir vialt l’amor et la grace / La reïne », épisode du second jour du tournoi
  3. L’explication des deux pas a la forme d’un attendu de jugement : elle motive la peine qu’elle a infligée, comme une cour de justice.« Comant ? Don n’eüstes vos honte / De la charrete et si dotastes ? », épisode de l’explication de la reine
TransitionCe pouvoir s’arrête toutefois aux frontières du sentiment, et le roman montre ailleurs une reine qu’on échange et qu’on emprisonne.
III

Un pouvoir cantonné : hors de l’amour, les hommes décident encore

  1. Le don contraignant la livre sans qu’elle soit consultée : dans l’ordre politique, la reine est un objet de transaction entre hommes.« La reïne que je voi ci », épisode du don contraignant de Keu
  2. Le défi de Méléagant la range parmi ses prisonniers : sa souveraineté amoureuse ne la protège d’aucune violence réelle.« Rois Artus, j’ai en ma prison / De ta terre et de ta meison / Chevaliers, dames et puceles », épisode du défi à la cour d’Arthur
  3. La coutume de la charrette rappelle qui fixe les normes de l’honneur : un droit social masculin qu’aucune dame n’a le pouvoir d’abroger.« Qui a forfet estoit repris, / S’estoit sor la charrete mis / Et menez par totes les rues », explication du narrateur sur la coutume de la charrette
Ouverture

Accorder à une femme l’empire des cœurs était-il une manière de la grandir, ou de la tenir à l’écart de tout pouvoir réel ?

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