Annales du brevet · 2026 · Français (rédaction)
Sujet du brevet 2026 de français rédaction — Pays du groupe 1 (Série générale)
Corrigé
Sujet d’imagination — Deux animaux échappés d’un zoo en 2026 découvrent un lieu qui les étonne (40 pts)
1. Analyse de la consigne
- Type de texte : un récit, qui prolonge le texte de Zola (Une cage de bêtes féroces, 1867) : deux animaux évadés partent découvrir le monde des hommes. Le récit peut être écrit à la 3e personne (le plus simple, comme chez Zola) ou à la 1re personne (l’un des deux animaux raconte), mais le choix doit être tenu jusqu’au bout.
- Contraintes imposées : deux animaux, une évasion d’un zoo, en 2026 ; leur promenade dans un lieu qui les étonne ; du dialogue inséré dans le récit.
- Temps : passé simple pour les actions, imparfait pour les descriptions ; présent dans les paroles rapportées.
- Ce qui rapporte des points : le regard étonné des animaux, qui découvrent comme pour la première fois des objets et des comportements banals pour nous (comme chez Zola, ce regard extérieur critique les hommes avec humour) ; un lieu décrit avec des détails de 2026 (écrans, téléphones, robots, escalators…) ; un dialogue correctement ponctué (guillemets, tirets, verbes de parole) qui fait avancer le récit ; une fin qui donne un sens à l’aventure.
- Hors-sujets à éviter : raconter seulement l’évasion sans la promenade, un récit sans dialogue, une histoire qui se passe à l’époque de Zola, ou un lieu qui n’étonne pas vraiment les animaux (il faut montrer leur surprise).
2. Plan / brouillon
- Situation initiale : une nuit d’orage d’avril 2026, une branche couche le grillage ; une vieille orang-outan (Bertha) et un jeune suricate (Pipo) s’échappent. Dialogue : Bertha veut aller « regarder les hommes ».
- La rue : les passants ne les voient pas, absorbés par leurs téléphones.
- Le lieu qui étonne : un immense centre commercial (portes automatiques, escalier roulant, robot qui parle, lumière sans ciel). Dialogues de surprise.
- L’animalerie : les hommes enferment aussi les animaux… et eux-mêmes.
- Retour au zoo le soir ; renversement final : Bertha a pitié des visiteurs.
3. Rédaction modèle
Dans la nuit du 3 au 4 avril 2026, un violent orage s’abattit sur la ville. Au matin, une branche arrachée avait couché le grillage qui séparait l’enclos des orangs-outans de celui des suricates. Bertha, une vieille orang-outan au pelage roux, observa longuement la brèche. À côté d’elle, Pipo, un jeune suricate, se dressait déjà sur ses pattes arrière.
« Tu as vu ? chuchota-t-il. Le passage est ouvert !
— Je l’ai vu, répondit Bertha. Depuis trente ans, les hommes viennent me regarder derrière ma vitre. Aujourd’hui, c’est moi qui vais leur rendre visite. »
Ils se glissèrent hors du zoo avant l’arrivée des soigneurs. Dans les rues encore humides, quelques passants marchaient tête baissée, les yeux rivés sur un petit rectangle lumineux. Aucun ne remarqua le grand singe roux qui avançait tranquillement, un suricate perché sur l’épaule.
Bientôt, un immense bâtiment de verre se dressa devant eux. Ses portes s’ouvrirent toutes seules : c’était un centre commercial. À l’intérieur, il faisait aussi clair qu’en plein jour, mais on ne voyait pas le ciel. Une musique sortait des murs, une odeur sucrée de pop-corn flottait partout, et des escaliers montaient sans que personne ait besoin de lever les pieds.
« Regarde, Bertha ! s’exclama Pipo. Leurs escaliers marchent à leur place ! Ils sont donc si fatigués ?
— Ou si paresseux », grommela la vieille orang-outan.
Au premier étage, des centaines d’humains allaient d’une boutique à l’autre, les bras chargés de sacs. Un petit robot balayait le sol en clignotant ; Pipo le renifla avec méfiance, puis fit un bond en arrière quand la machine lui dit : « Pardon. »
« Même leurs machines sont polies, murmura-t-il. Mais pourquoi les hommes ne se parlent-ils pas ? »
Bertha observa la foule. Sur les bancs, des adolescents fixaient leur téléphone sans un mot ; une famille déjeunait en silence, chacun devant son écran. Seule une petite fille les aperçut et tira la manche de sa mère :
« Maman, un singe !
— Oui, oui, ma chérie », répondit la mère sans lever les yeux.
Plus loin, ils s’arrêtèrent devant une animalerie. Dans des aquariums alignés, des poissons tournaient en rond ; derrière une vitre, deux lapins dormaient sur de la sciure. Pipo colla son museau contre le verre.
« Ils ont aussi un zoo, ici…
— Ils enferment tout, mon petit, soupira Bertha. Les poissons, les lapins, et eux-mêmes. Regarde : pas un arbre, pas un nuage. Ils ont construit une cage géante, et ils ne s’en aperçoivent même pas. »
Quand la lumière du soir rougit les vitres, les deux fugitifs reprirent le chemin du zoo. Ils se faufilèrent par la brèche et s’installèrent sous le grand chêne de leur enclos. Le lendemain, en voyant les visiteurs se presser devant sa vitre, leurs téléphones levés pour la photographier, Bertha ne put s’empêcher de sourire : pour la première fois, c’était elle qui avait pitié d’eux.
Sujet de réflexion — La littérature et les arts peuvent-ils rendre les hommes plus humains ? (40 pts)
1. Analyse de la consigne
- Question posée : « Pensez-vous que la littérature et les arts puissent rendre les hommes plus humains ? » C’est une question fermée (on peut répondre oui ou non), qui appelle un avis argumenté ; le plus efficace est une réponse nuancée : oui, en grande partie, mais avec des limites.
- Mots-clés à définir : « la littérature et les arts » (romans, poèmes, théâtre, mais aussi peinture, musique, cinéma : il faut varier les exemples) ; « plus humains » ne veut pas dire « plus intelligents » : c’est devenir plus sensible aux autres, plus compatissant, plus juste, moins cruel. Le texte de Zola, où les hommes paraissent plus féroces que les bêtes, peut servir d’exemple.
- Exemples attendus : la consigne en cite quatre sources : œuvres étudiées en classe, lectures personnelles, pratiques artistiques (théâtre, chorale, dessin…) et œuvres cinématographiques ou artistiques. Chaque argument doit s’appuyer sur un exemple précis (titre, auteur, date, scène).
- Forme : introduction (amorce, question reformulée, annonce du plan), deux ou trois parties en paragraphes avec connecteurs, conclusion qui répond clairement à la question.
- Hors-sujets à éviter : parler du plaisir de lire en général sans dire en quoi il rend « plus humain », résumer longuement des œuvres, ou ne citer que des romans.
2. Plan / brouillon
- I. Les œuvres développent notre empathie : Les Misérables (Hugo, 1862) ; Le Journal d’Anne Frank ; le film Intouchables (2011).
- II. Elles dénoncent la cruauté et nous font réfléchir sur nous-mêmes : La Fontaine, « Les Animaux malades de la peste » ; Guernica de Picasso (1937) ; le texte de Zola et La Planète des Singes ; la pratique du théâtre.
- III. Mais l’art seul ne suffit pas : des criminels amateurs d’art ; l’art mis au service de la propagande (Le Triomphe de la volonté, 1935).
3. Rédaction modèle
Lire un roman, regarder un film ou contempler un tableau : ces activités passent souvent pour de simples loisirs. Pourtant, de nombreux écrivains et artistes ont voulu, par leurs œuvres, changer le regard de leurs contemporains. Dans Une cage de bêtes féroces, Zola imagine ainsi deux animaux évadés qui découvrent avec effroi la violence des hommes. La littérature et les arts peuvent-ils vraiment rendre les hommes plus humains, c’est-à-dire plus sensibles aux autres et moins cruels ? Nous verrons qu’ils développent notre empathie et nous obligent à réfléchir sur nous-mêmes, mais que leur pouvoir a des limites.
Tout d’abord, les œuvres nous font partager la souffrance des autres. Dans Les Misérables, Victor Hugo montre Fantine obligée de vendre ses cheveux et ses dents pour nourrir sa fille, et Cosette exploitée par les Thénardier : le lecteur ne peut plus voir les pauvres comme des coupables. De même, Le Journal d’Anne Frank donne un visage et une voix aux victimes de la Shoah : en lisant les espoirs et les colères de cette adolescente cachée à Amsterdam, on comprend ce que signifie être persécuté. Le cinéma produit le même effet : le film Intouchables (2011), en racontant l’amitié entre un riche tétraplégique et un jeune homme de banlieue, a changé le regard de nombreux spectateurs sur le handicap.
Ensuite, l’art dénonce la cruauté et nous tend un miroir. Dans « Les Animaux malades de la peste », La Fontaine montre le lion pardonné et l’âne condamné pour une faute minuscule : la fable fait réfléchir à l’injustice des puissants. En 1937, Picasso peint Guernica après le bombardement de cette ville espagnole : ses corps disloqués et cette mère qui hurle en tenant son enfant mort sont devenus un symbole contre la guerre. Le texte de Zola, comme le film La Planète des Singes, où les hommes sont enfermés par des singes, nous fait aussi ressentir ce que nous imposons aux animaux. Enfin, la pratique artistique compte : jouer au théâtre, c’est se mettre à la place d’un autre, et chanter dans une chorale apprend à écouter.
Cependant, l’art ne suffit pas toujours. Certains dirigeants nazis aimaient passionnément la musique et la peinture, ce qui ne les a pas empêchés de commettre les pires crimes. L’art peut même servir la haine : en 1935, le film Le Triomphe de la volonté, de Leni Riefenstahl, glorifiait le parti nazi. Et un lecteur peut refermer un livre bouleversant sans rien changer à sa conduite.
En définitive, la littérature et les arts peuvent rendre les hommes plus humains, car ils nous font éprouver la souffrance des autres et nous montrent nos propres défauts. Mais ils ne nous transforment pas malgré nous : ils nous invitent seulement à changer. C’est donc aussi au lecteur et au spectateur de laisser les œuvres agir sur lui.
Tu as 1 h 30 : prends 15 à 20 minutes pour choisir ton sujet et faire un brouillon (plan et idées seulement, ne rédige pas tout au brouillon), une heure pour écrire, et garde 10 minutes pour te relire en traquant les accords et la ponctuation du dialogue. Le dictionnaire est autorisé : sers-t’en pour vérifier un mot dont l’orthographe te fait hésiter.
Pour le sujet d’imagination, inspire-toi du texte de Zola sans le recopier : ce qui fait la réussite du texte, c’est le regard des animaux qui trouve étranges les habitudes des hommes. Choisis un lieu précis (centre commercial, gare, stade, plage, école…) et montre l’étonnement des animaux par des détails concrets et par leurs paroles. N’oublie ni la date (2026) ni le dialogue.
Pour le sujet de réflexion, varie les arts (un roman, un tableau, un film, une pratique personnelle) et donne pour chacun un exemple précis avec son titre et son auteur. Une réponse nuancée, qui montre aussi les limites de l’art, rapporte plus qu’un « oui » répété trois fois. Respecte l’anonymat : ne signe pas ta copie et ne cite ni ton nom ni celui de ton collège.
Extrait du sujet (début du texte)
26GENFRRG11 Page DIPLÔME NATIONAL DU BREVET SESSION 2026 FRANÇAIS RÉDACTION Série générale Durée : 1 h 30 (Coefficient 2) Dès que le sujet vous est remis, assurez-vous qu’il est complet. Ce sujet comporte 2 pages numérotées de la page à la page . Vous composez pour cette partie sur une copie distincte et utilisez en support le sujet de la partie « grammaire et compétences linguistiques – compréhension et compétences d’interprétation » Cette épreuve est notée sur 40 points L’usage du dictionnaire est autorisé L’usage de la calculatrice est interdit 26GENFRRG11 Page Rédaction Les candidats doivent composer, pour cette partie « Rédaction », sur une copie distincte et utilisent en support la partie « grammaire et compétences linguistiques – compréhension et compétences d’interprétation », comme précisé en page de garde. Vous traiterez à votre choix l’un des sujets suivants : Sujet d’imagination Imaginez que deux animaux s’échappent d’un zoo en 202 6. Vous raconterez leur promenade dans un lieu qui les étonne. Vous insérerez du dialogue. Sujet de réflexion Pensez-vous que la littérature et les arts puissent rendre les hommes plus humains ? Vous répondrez à cette question par un développement argumenté en vous appuyant sur les œuvres étudiées en classe, vos lectures personnelles , vos pratiques artistiques et les œuvres cinématographiques et artistiques que vous connaissez. Afin de respecter l’anonymat de votre copie, vous ne devez pas signer votre composition, citer un nom, celui d’un camarade ou celui de votre établissement
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