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Annales du brevet · 2026 · Français (rédaction)

Sujet du brevet 2026 de français rédaction — Asie (Série générale)

Français (rédaction) · Série générale · Asie · session 2026 · 2 pages · source : Eduscol (ministère de l'Éducation nationale)

Corrigé

Corrigé détaillé rédigé par Ben, professeur particulier. Chaque question est justifiée comme on l'attend le jour de l'épreuve.

Sujet de réflexion — Les obstacles renforcent-ils la détermination des individus ? (40 pts)

Analyse de la consigne

  • Type de texte : un texte argumentatif (« développement argumenté et organisé »), à la première personne possible (« Selon vous »), au présent de vérité générale.
  • La question : les difficultés (préjugés, échecs, interdits, pauvreté, handicap…) rendent-elles plus volontaire, plus décidé à atteindre son but ? Le mot « renforcent » appelle une réponse nuancée : souvent oui, mais pas toujours, et pas à n'importe quelle condition.
  • Exigences : des exemples précis tirés des lectures et de la culture personnelle et artistique (film, peinture, musique, photographie, théâtre, bande dessinée…) ; au moins 30 lignes ; introduction, paragraphes argumentés avec connecteurs, conclusion.
  • Le texte du sujet fournit un excellent premier exemple : la commandante d'Ultramarins, qui s'impose malgré les moqueries.
  • Hors-sujets à éviter : raconter une histoire au lieu d'argumenter ; parler seulement de l'égalité hommes-femmes ; aligner des exemples sans expliquer en quoi ils répondent à la question.

Plan

  1. Oui : un obstacle donne une raison de se battre et forge la volonté (la commandante d'Ultramarins ; le film Billy Elliot ; Malala Yousafzai).
  2. Mais des obstacles trop lourds ou trop répétés peuvent briser la volonté (Gervaise dans L'Assommoir de Zola ; le harcèlement scolaire).
  3. Ce qui fait la différence : le soutien des autres et la force d'une passion (la « main » sur l'épaule dans le texte ; le professeur de danse de Billy).

Rédaction modèle

Dans Ultramarins, publié en 2021, Mariette Navarro raconte le parcours d'une femme devenue commandante de navire malgré les moqueries de ses collègues, qui prétendaient qu'elle n'avait « pas les bras costauds ». Loin de la décourager, ces obstacles semblent l'avoir poussée à conquérir son autorité « de haute lutte ». Pourtant, tout le monde ne réagit pas ainsi face aux difficultés. On peut donc se demander si les obstacles renforcent vraiment la détermination des individus. Nous verrons d'abord qu'ils peuvent forger la volonté, puis qu'ils risquent aussi de la briser, avant de chercher ce qui fait la différence.

Tout d'abord, un obstacle peut donner une raison supplémentaire de se battre. Quand on nous dit qu'une chose est impossible, on a parfois envie de prouver le contraire. C'est le cas de l'héroïne d'Ultramarins : plus on doute d'elle, plus elle travaille, jusqu'à devenir « celle qui donne les ordres ». Le film Billy Elliot, de Stephen Daldry, montre la même chose. Dans une ville minière du nord de l'Angleterre, un jeune garçon découvre la danse classique, mais son père et son frère, mineurs en grève, jugent que ce n'est pas une activité pour un garçon. Cette interdiction ne l'arrête pas : il s'entraîne en cachette et finit par entrer à l'école royale de ballet de Londres. Dans la réalité aussi, certaines personnes tirent leur force des épreuves. La jeune Pakistanaise Malala Yousafzai, qui défendait le droit des filles à aller à l'école, a été blessée par balle par des talibans en 2012. Au lieu de se taire, elle a poursuivi son combat dans le monde entier et a reçu le prix Nobel de la paix en 2014. Ainsi, l'obstacle transforme parfois un simple désir en véritable volonté.

Cependant, il serait naïf de croire que les difficultés rendent toujours plus fort. Lorsqu'elles sont trop lourdes ou se répètent sans fin, elles peuvent au contraire épuiser les individus. Dans L'Assommoir, Émile Zola raconte l'histoire de Gervaise, une blanchisseuse courageuse qui rêve seulement de travailler, de manger à sa faim et de vivre tranquille. À force de travail, elle ouvre sa propre boutique. Mais après l'accident de son mari, tombé d'un toit, les malheurs s'enchaînent : la misère, l'alcool et le regard des autres finissent par l'anéantir. Dans la vie quotidienne, on le constate aussi : un élève harcelé chaque jour ne devient pas forcément plus combatif ; il peut perdre confiance en lui et abandonner. Le texte lui-même le laisse deviner : on « ne donnait pas long » de la carrière de la commandante, car beaucoup avant elle avaient sans doute renoncé.

Dès lors, qu'est-ce qui permet de surmonter un obstacle au lieu d'être écrasé par lui ? D'abord, le soutien des autres. Dans Ultramarins, le seul moment où la commandante est près de perdre le contrôle, « une main » se pose sur son épaule pour l'apaiser. Billy Elliot, de son côté, n'aurait rien pu faire sans sa professeure de danse, qui croit en lui, puis sans son père, qui finit par changer d'avis. Ensuite, la force d'une passion : la commandante « appartient à l'eau », et c'est cet amour de la mer qui lui donne le courage de continuer. Un obstacle se surmonte plus facilement quand on sait pourquoi on se bat.

En conclusion, les obstacles peuvent renforcer la détermination : ils obligent à se dépasser et donnent à la réussite une valeur particulière. Mais ils ne le font pas toujours, car ils peuvent aussi briser les plus fragiles. Ce n'est donc pas l'obstacle en lui-même qui rend fort, mais la passion qui nous anime et les personnes qui nous soutiennent. C'est pourquoi chacun de nous peut, à sa manière, être la « main » posée sur l'épaule de quelqu'un qui doute.

Sujet d'imagination — Le discours de la commandante devant des élèves (40 pts)

Analyse de la consigne

  • Situation : la commandante du texte, après sa première traversée, parle devant les élèves d'une école. La consigne peut se comprendre de deux façons (sa toute première traversée de jeune officier, ou sa première traversée comme commandante) : l'important est de rester cohérent. Le modèle ci-dessous combine les deux : elle revient de sa première traversée comme commandante et se souvient de ses débuts.
  • Forme : les paroles de la commandante au discours direct, donc à la première personne, entre guillemets (une ou deux phrases de récit pour planter le décor sont possibles, mais l'essentiel est son discours). Au moins 35 lignes.
  • Deux contenus obligatoires : 1) un récit de ce qu'elle a vécu en mer et de ce qu'elle a ressenti face à l'attitude de ses collègues (passé composé et imparfait) ; 2) une argumentation en faveur du travail des femmes à des postes à responsabilité (présent, arguments distincts, connecteurs).
  • Fidélité au texte : fille de commandant, formée à l'École des officiers, première traversée sans dormir, moqueries « quand elle tournait le dos », préjugés sur le « métier d'homme », le poing serré, la main posée sur son épaule, l'autorité conquise par le travail.
  • Marques de l'oral : interpellation du public (« vous »), questions oratoires, phrases exclamatives, registre courant et soutenu (pas familier).
  • À éviter : un récit à la troisième personne, un texte sans argument, un discours qui oublie les sentiments, et tout nom propre (consigne d'anonymat).

Plan

  1. Ouverture : salutation, annonce du double objectif (raconter, convaincre).
  2. Récit : son enfance de fille de commandant, sa première traversée, les sourires dans son dos, sa colère, la main sur l'épaule, l'autorité conquise.
  3. Arguments : commander n'est pas une question de muscles ; les équipes mixtes décident mieux ; c'est une question de justice et d'exemple pour les filles.
  4. Appel final aux élèves, filles et garçons.

Rédaction modèle

La commandante posa sa casquette sur le bureau, observa un instant les élèves silencieux, puis se lança :

« Bonjour à tous. Je rentre tout juste de ma première traversée comme commandante, et l'on m'a demandé de vous raconter ma vie en mer. Je vais le faire, mais je voudrais aussi vous parler d'une chose qui me tient à cœur : la place des femmes aux postes de responsabilité.

Je suis fille de commandant. Petite, je connaissais le nom des différentes parties d'un navire avant de savoir lacer mes chaussures. La mer n'a jamais été pour moi un rêve lointain : c'était une évidence. J'ai donc suivi l'école qui forme les officiers de la marine, j'ai appris la navigation, les cartes, les machines, la météo. Puis est arrivée ma toute première traversée, comme jeune officier.

Je ne vous cache pas que je n'ai presque pas dormi. Je voulais tout voir, tout comprendre, je courais de la passerelle à la salle des machines. Pourtant, ce dont je me souviens le mieux, ce ne sont ni les vagues ni la fatigue. Ce sont les sourires. Des sourires en coin, dès que je tournais le dos. Certains répétaient que je ne tiendrais pas trois mois, que je finirais par rester à terre, que je n'avais pas les bras assez costauds. Personne ne me le disait en face, bien sûr.

Je me suis sentie seule, souvent humiliée. Le soir, dans ma cabine, il m'arrivait de serrer les dents pour ne pas pleurer de rage. Un jour, j'ai même serré le poing : un matelot venait de se moquer de moi devant tout l'équipage. Heureusement, un officier a posé la main sur mon épaule, et ma colère est retombée. Ce jour-là, j'ai compris que je ne gagnerais pas leur respect par la force, mais par le travail. Alors j'ai travaillé. Je n'ai brûlé aucune étape, j'ai appris de chacun, j'ai fait mes preuves. Aujourd'hui, c'est moi qui donne les ordres, et plus personne ne sourit dans mon dos.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela ? Parce que ces préjugés existent encore, sur les navires comme dans les entreprises, les hôpitaux ou les laboratoires. Et je voudrais vous convaincre qu'ils sont faux.

D'abord, commander n'est pas une question de muscles. Sur un navire moderne, ce sont les machines qui soulèvent les charges. Ce qu'on attend d'un chef, c'est du calme, du jugement, le sens des responsabilités. Ces qualités-là ne dépendent pas du fait d'être un homme ou une femme !

Ensuite, une équipe dirigée par des hommes et des femmes est plus forte. Chacun apporte son regard et son expérience, et les décisions sont mieux réfléchies. Se priver de la moitié des talents, ce serait comme prendre la mer avec un seul moteur.

Enfin, c'est une question de justice. Les filles qui sont dans cette salle ont exactement le même droit que les garçons de rêver grand. Mais pour oser, il faut des exemples. Quand une petite fille voit une femme sur la passerelle d'un navire, elle se dit : “Pourquoi pas moi ?”

Alors je vous le demande, à vous toutes et à vous tous : ne laissez jamais personne décider à votre place de ce dont vous êtes capables. Et le jour où une nouvelle collègue arrivera dans votre équipe, soyez la main posée sur son épaule, jamais le sourire dans son dos. »

Conseils pour le jour J

Choisis ton sujet en cinq minutes, pas plus. Le sujet d'imagination est le plus proche du texte : relis les lignes 15 à 31 et réutilise les détails précis (les sourires dans son dos, le poing serré, la main sur l'épaule) pour rendre ton récit crédible. Mais n'oublie pas la seconde moitié de la consigne : sans arguments clairs en faveur des femmes aux postes à responsabilité, tu perds une grosse partie des points.

Pour le sujet de réflexion, la question appelle une réponse nuancée (« oui, souvent… mais pas toujours… ») : une copie qui ne dit que « oui » plafonne. Prépare au brouillon trois ou quatre exemples précis et variés (un livre, un film, une personne réelle, le texte du sujet) et, pour chacun, la phrase qui explique en quoi il répond à la question.

Astuce. Garde les dix dernières minutes pour te relire : au discours direct, vérifie l'ouverture et la fermeture des guillemets et la cohérence des temps (passé composé et imparfait pour raconter, présent pour argumenter). Compte aussi tes lignes : 30 pour la réflexion, 35 pour l'imagination, au minimum.
Extrait du sujet (début du texte)

26GENFRRAA1 Page DIPLÔME NATIONAL DU BREVET SESSION 2026 FRANÇAIS Rédaction Série générale Durée : 1 h 30 (Coefficient 2) Dès que le sujet vous est remis, assurez-vous qu’il est complet. Ce sujet comporte 2 pages numérotées de la page à la page . Vous composez pour cette partie sur une copie distincte et utilisez en support le sujet de la partie « grammaire et compétences linguistiques – compréhension et compétences d’interprétation » Cette épreuve est notée sur 40 points L’usage du dictionnaire est autorisé. L’usage de la calculatrice est interdit. 26GENFRRAA1 Page Rédaction Les candidats doivent composer, pour cette partie « Rédaction », sur une copie distincte et utilisent en support la partie « grammaire et compétences linguistiques – compréhension et compétences d’interprétation », comme précisé en page de garde. Vous traiterez à votre choix l’un des sujets suivants : Sujet de réflexion Selon vous, les obstacles renforcent -ils la détermination des individus ? Vous présenterez votre réflexion dans un développement argumenté et organisé. Vous illustrerez votre propos à l’aide d’exemples issus de vos lectures et de votre culture personnelle et artistique (peinture, film, musique, photographie, théâtre, bande dessinée, etc.). Vous traiterez le sujet en 30 lignes au moins. Sujet d’imagination La commandante du navire, après sa première traversée, est invitée dans une école pour raconter son expérience en mer. Elle profite de l'occasion pour défendre, dans le cadre de son récit, le travail des femmes à des postes à responsabilité. Elle rappelle ce qu'elle a vécu en mer, ce qu'elle a ressenti à cause de l'attitude de ses collègues et elle expose ses arguments en faveur du travail des femmes à des postes à responsabilité. Imaginez et rédigez les paroles qu’elle prononce au discours direct. Vous traiterez le sujet en 35 lignes au moins. Afin de respecter l’anonymat de votre copie, vous ne devez pas signer votre composition, citer un nom, celui d’un camarade ou celui de votre établissement.

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