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La plante, productrice de matière organique
Photosynthèse (phase photochimique, cycle de Calvin), devenir des glucides (saccharose, amidon, cellulose, lignine), métabolites secondaires, utilisations par l'être humain (programme de Terminale spécialité SVT)
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Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Bilan chiffré de la photosynthèse
FacileUn jeune pommier produit par photosynthèse, au cours d'une journée ensoleillée, 27 g de glucose. Masses molaires atomiques : C = 12 g/mol ; H = 1 g/mol ; O = 16 g/mol.
- a) Écrire l'équation bilan simplifiée de la photosynthèse et nommer l'organite où elle se déroule.
- b) Calculer la quantité de matière de glucose produite.
- c) En déduire la masse de CO₂ absorbée et la masse de O₂ libérée.
- d) Calculer la masse d'eau consommée d'après l'équation simplifiée, puis vérifier la conservation de la masse.
a) 6 CO₂ + 6 H₂O → C₆H₁₂O₆ + 6 O₂. La photosynthèse se déroule dans les chloroplastes des cellules chlorophylliennes.
b) M(C₆H₁₂O₆) = 6 × 12 + 12 × 1 + 6 × 16 = 180 g/mol. n = m ÷ M = 27 ÷ 180 = 0,15 mol de glucose.
c) D'après l'équation, la formation de 1 mol de glucose consomme 6 mol de CO₂ et libère 6 mol de O₂ : n(CO₂) = n(O₂) = 6 × 0,15 = 0,90 mol.
M(CO₂) = 12 + 2 × 16 = 44 g/mol, donc m(CO₂) = 0,90 × 44 = 39,6 g de CO₂ absorbé.
M(O₂) = 2 × 16 = 32 g/mol, donc m(O₂) = 0,90 × 32 = 28,8 g de O₂ libéré.
d) n(H₂O) = 6 × 0,15 = 0,90 mol ; M(H₂O) = 2 × 1 + 16 = 18 g/mol ; m(H₂O) = 0,90 × 18 = 16,2 g.
Masse des réactifs : 39,6 + 16,2 = 55,8 g. Masse des produits : 27 + 28,8 = 55,8 g.
Les deux masses sont égales : la masse se conserve.
Exercice 2 — Chromatographie des pigments d'une feuille
FacileUn extrait de pigments d'épinard, obtenu par broyage dans l'acétone, est déposé sur une bande de papier dont l'extrémité plonge dans un solvant organique. Au bout de 20 minutes, le front du solvant a migré de 9,6 cm. On observe quatre taches : orange à 9,1 cm, jaune à 6,2 cm, vert-bleu à 4,3 cm, vert-jaune à 3,0 cm du dépôt.
- a) Définir le rapport frontal Rf et le calculer, au centième, pour chaque tache.
- b) Identifier le pigment correspondant à chaque tache.
- c) Préciser où se trouvent ces pigments dans la cellule.
- d) Expliquer l'intérêt, pour la plante, de posséder plusieurs pigments différents.
a) Le rapport frontal est le quotient de la distance parcourue par un pigment par la distance parcourue par le front du solvant : Rf = d(pigment) ÷ d(solvant), toujours compris entre 0 et 1.
Tache orange : 9,1 ÷ 9,6 ≈ 0,95 ; tache jaune : 6,2 ÷ 9,6 ≈ 0,65 ; tache vert-bleu : 4,3 ÷ 9,6 ≈ 0,45 ; tache vert-jaune : 3,0 ÷ 9,6 ≈ 0,31.
b) Par leur couleur et leur ordre de migration : orange = carotènes ; jaune = xanthophylles ; vert-bleu = chlorophylle a ; vert-jaune = chlorophylle b.
c) Ces pigments sont insérés dans les membranes des thylakoïdes des chloroplastes.
d) Chaque pigment absorbe des longueurs d'onde un peu différentes. Les pigments accessoires (chlorophylle b, caroténoïdes) absorbent notamment dans le bleu et le bleu-vert, là où la chlorophylle a absorbe moins, et lui transmettent l'énergie captée. La plante exploite ainsi une plus large part de la lumière reçue, ce qui augmente l'efficacité de la phase photochimique.
Exercice 3 — Feuille panachée et cache opaque
FacileUn géranium à feuilles panachées (zones vertes et zones blanches dépourvues de chlorophylle) est placé 48 h à l'obscurité. Une de ses feuilles est ensuite en partie recouverte d'un cache opaque, puis la plante est éclairée pendant 6 h. La feuille est décolorée à l'éthanol chaud puis plongée dans l'eau iodée. Résultats : zones vertes éclairées → bleu-noir ; zones blanches éclairées → jaune-brun ; zones vertes sous le cache → jaune-brun.
- a) Indiquer ce que révèle la coloration bleu-noir.
- b) Justifier le séjour préalable de 48 h à l'obscurité.
- c) Exploiter les résultats pour identifier deux conditions nécessaires à la production d'amidon par la feuille.
- d) Expliquer pourquoi l'amidon des feuilles est qualifié de « transitoire ».
a) L'eau iodée colore l'amidon en bleu-noir : les zones bleu-noir contiennent de l'amidon, les zones jaune-brun (couleur du réactif) n'en contiennent pas.
b) À l'obscurité, l'amidon présent dans les feuilles est hydrolysé et exporté sans être renouvelé. Après 48 h, la feuille n'en contient plus : tout amidon détecté ensuite a été produit pendant les 6 h d'éclairement. Sans cette précaution, on ne pourrait pas attribuer l'amidon observé à l'expérience.
c) Zones vertes éclairées et zones blanches éclairées ne diffèrent que par la présence de chlorophylle : seules les premières produisent de l'amidon, donc la chlorophylle est nécessaire.
Zones vertes éclairées et zones vertes sous le cache ne diffèrent que par l'éclairement : seules les premières produisent de l'amidon, donc la lumière est nécessaire.
L'amidon est donc un produit de la photosynthèse.
d) Le jour, le glucose produit en excès est stocké sous forme d'amidon dans les chloroplastes ; la nuit, cet amidon est hydrolysé, converti en saccharose et exporté par la sève élaborée. Il ne reste donc qu'un temps limité dans la feuille, comme le confirme sa disparition après 48 h d'obscurité.
Exercice 4 — L'expérience de Hill
MoyenUne suspension de chloroplastes isolés d'épinard est placée dans un milieu sans CO₂ contenant des ions ferriques Fe³⁺, accepteurs d'électrons (ils sont réduits en ions Fe²⁺). On mesure la concentration en O₂ dissous : obscurité de 0 à 2 min, lumière de 2 à 8 min, obscurité de 8 à 10 min.
| Temps (min) | 0 | 2 | 4 | 6 | 8 | 10 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| O₂ (µmol/L) | 212 | 212 | 238 | 263 | 289 | 289 |
- a) Calculer la vitesse moyenne de production de O₂ pendant la période éclairée.
- b) Montrer que le dioxygène produit ne peut pas provenir du CO₂ et identifier sa source.
- c) Exploiter la comparaison avec le témoin pour expliquer le rôle des ions Fe³⁺.
- d) Écrire la demi-équation d'oxydation de l'eau, celle de réduction de Fe³⁺, puis l'équation globale.
- e) Expliquer pourquoi, dans une feuille, l'accepteur naturel R doit être en permanence régénéré, et par quel processus il l'est.
a) Entre 2 et 8 min, la concentration passe de 212 à 289 µmol/L : v = (289 − 212) ÷ (8 − 2) = 77 ÷ 6 ≈ 12,8 µmol·L⁻¹·min⁻¹.
b) Le milieu ne contient pas de CO₂, et pourtant du O₂ est produit à la lumière. Le dioxygène ne peut donc pas provenir du CO₂. La seule autre molécule du milieu contenant de l'oxygène et disponible en grande quantité est l'eau : le O₂ provient de l'oxydation de l'eau. Cette production n'a lieu qu'à la lumière (aucune variation de 0 à 2 min ni de 8 à 10 min).
c) Sans Fe³⁺, aucun O₂ n'est produit malgré la lumière. L'oxydation de l'eau libère des électrons qui doivent être captés : Fe³⁺ joue le rôle d'accepteur d'électrons et se trouve réduit en Fe²⁺. Il remplace ici l'accepteur naturel R, perdu ou épuisé lors de l'isolement des chloroplastes.
d) Oxydation : 2 H₂O → O₂ + 4 H⁺ + 4 e⁻.
Réduction : Fe³⁺ + e⁻ → Fe²⁺ (à multiplier par 4 pour échanger 4 électrons).
Bilan : 4 Fe³⁺ + 2 H₂O → 4 Fe²⁺ + O₂ + 4 H⁺.
e) Le chloroplaste ne contient qu'une quantité limitée de R. S'il était entièrement réduit en RH₂, plus aucun électron ne pourrait être accepté et l'oxydation de l'eau s'arrêterait, comme dans le témoin. Dans la feuille, c'est le cycle de Calvin qui réoxyde RH₂ en R lors de la réduction de l'APG. C'est ce couplage qui explique qu'une plante privée de CO₂ cesse de dégager du O₂.
Exercice 5 — Cycle de Calvin : effet de l'obscurité
MoyenDes chlorelles (algues unicellulaires) éclairées et alimentées en CO₂ sont brusquement placées à l'obscurité à t = 0 s. On dose l'APG et le RuBP (unités arbitraires).
| Temps (s) | −15 | 0 | 15 | 30 | 60 |
|---|---|---|---|---|---|
| APG | 44 | 44 | 73 | 92 | 96 |
| RuBP | 37 | 37 | 15 | 7 | 4 |
- a) Décrire l'évolution des deux concentrations après l'arrêt de l'éclairement.
- b) Expliquer l'accumulation d'APG.
- c) Expliquer la chute de la concentration en RuBP, puis la stabilisation de l'APG.
- d) Un élève conclut : « Le cycle de Calvin n'utilise pas la lumière, donc il se poursuit toute la nuit. » Expliquer son erreur à l'aide des données.
a) À la lumière, les deux concentrations sont stables (44 u.a. pour l'APG, 37 u.a. pour le RuBP) : production et consommation s'équilibrent. Après l'arrêt de l'éclairement, l'APG augmente fortement (de 44 à 96 u.a. en 60 s, plus que doublé, l'essentiel en 30 s) tandis que le RuBP s'effondre (de 37 à 4 u.a.).
b) L'APG est produit par la fixation du CO₂ sur le RuBP par la Rubisco, réaction qui n'utilise ni ATP ni RH₂. Il est consommé par sa réduction en trioses phosphate, qui exige l'ATP et le RH₂ fournis par la phase photochimique. À l'obscurité, ces molécules s'épuisent en quelques secondes : l'APG continue d'être produit mais n'est plus consommé, il s'accumule.
c) Le RuBP continue d'être consommé par la fixation du CO₂, mais sa régénération à partir des trioses phosphate exige de l'ATP et des trioses qui ne sont plus produits : il n'est plus renouvelé et s'épuise. Quand il n'en reste presque plus (7 puis 4 u.a.), la fixation du CO₂ s'arrête : l'APG n'est plus produit et sa concentration se stabilise (92 puis 96 u.a.).
d) Le cycle de Calvin n'utilise pas directement la lumière, mais il dépend de l'ATP et du RH₂ produits uniquement à la lumière. Les données montrent qu'en moins d'une minute le RuBP est épuisé et la fixation du CO₂ stoppée. Le cycle de Calvin s'arrête donc la nuit : la plante ne fait alors que respirer.
Exercice 6 — D'où vient l'amidon d'une pomme de terre ?
MoyenUn tubercule de pomme de terre de 230 g contient 17 % d'amidon (en masse). L'amidon est un polymère de motifs C₆H₁₀O₅ (M = 162 g/mol), chaque motif provenant d'une molécule de glucose. M(CO₂) = 44 g/mol.
- a) Calculer la masse d'amidon contenue dans le tubercule.
- b) Montrer que la formation de cet amidon a nécessité la fixation d'environ 64 g de CO₂ par photosynthèse.
- c) Un élève affirme que cet amidon a été fabriqué par photosynthèse dans le tubercule. Expliquer son erreur et retracer le trajet du carbone, de l'atmosphère jusqu'à l'amidon.
- d) Expliquer l'intérêt, pour la plante, de stocker ses glucides sous forme d'amidon plutôt que de glucose.
a) m(amidon) = 230 × 17 ÷ 100 = 39,1 g.
b) Nombre de motifs, donc de molécules de glucose utilisées : n = 39,1 ÷ 162 ≈ 0,241 mol.
D'après l'équation de la photosynthèse, chaque glucose provient de 6 CO₂ : n(CO₂) = 6 × 0,241 ≈ 1,45 mol.
m(CO₂) = 1,45 × 44 ≈ 63,7 g, soit environ 64 g de CO₂, ce qu'il fallait montrer.
c) Le tubercule est une tige souterraine, à l'obscurité, dont les cellules ne contiennent pas de chloroplastes fonctionnels : il ne réalise pas la photosynthèse. Trajet du carbone : le CO₂ entre par les stomates des feuilles → il est fixé par la Rubisco dans le stroma des chloroplastes (cycle de Calvin) → glucose → saccharose, exporté par la sève élaborée (phloème) → dans le tubercule, organe puits, le saccharose est hydrolysé → le glucose est polymérisé en amidon dans les amyloplastes.
d) L'amidon est insoluble : il s'accumule sans augmenter la concentration du cytoplasme, donc sans provoquer d'entrée d'eau par osmose, alors que la même quantité de glucose dissous ferait gonfler les cellules. C'est de plus une forme compacte et stable, hydrolysable en glucose selon les besoins (germination, repousse au printemps).
Exercice 7 — Cellulose, lignine et bois
MoyenUne coupe transversale de tige de tournesol est colorée au carmin-vert d'iode : les parois des vaisseaux du xylème et des fibres sont vertes, celles du parenchyme et du phloème sont roses. Par ailleurs, la matière sèche d'un bois de résineux contient 43 % de cellulose, 28 % d'hémicelluloses et 25 % de lignine.
- a) Interpréter la coloration obtenue.
- b) Calculer les masses de cellulose et de lignine contenues dans une planche de ce bois pesant 3,5 kg de matière sèche.
- c) Expliquer en quoi la lignine est indispensable à une plante de grande taille.
- d) Pour fabriquer du papier, on élimine la lignine du bois. Justifier que le papier soit alors constitué essentiellement de glucose polymérisé.
a) Le carmin colore la cellulose en rose, le vert d'iode colore la lignine en vert. Les parois du parenchyme et du phloème sont uniquement cellulosiques ; celles du xylème et des fibres sont imprégnées de lignine.
b) m(cellulose) = 3,5 × 43 ÷ 100 = 1,505 kg ≈ 1,5 kg ; m(lignine) = 3,5 × 25 ÷ 100 = 0,875 kg ≈ 0,88 kg.
c) La lignine rigidifie les parois : elle permet à la tige de supporter son propre poids et un port dressé sur plusieurs mètres, ce qui place les feuilles dans la lumière. Elle rend les parois des vaisseaux du xylème imperméables et résistantes : la sève brute, aspirée par la transpiration, y circule sans que les vaisseaux s'écrasent. Enfin, elle protège contre de nombreux micro-organismes. Sans lignine, pas d'arbres.
d) La lignine n'est pas un glucide (polymère phénolique). Une fois éliminée, il reste surtout la cellulose, polymère de glucose (les hémicelluloses, polymères d'autres sucres, étant en partie éliminées elles aussi). Les fibres de papier sont donc essentiellement des chaînes de glucose produites à partir de la photosynthèse de l'arbre.
Exercice 8 — Type bac — Quels pigments pour quelle lumière ?
DifficileDocument 1. Absorbance d'une solution de chlorophylle a pure.
Document 2. Spectre d'action d'une élodée (plante aquatique) : dégagement de O₂ sous différentes lumières monochromatiques de même énergie, en % du maximum.
| λ (nm) | 430 | 470 | 520 | 560 | 610 | 660 | 700 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Absorbance chlorophylle a | 0,92 | 0,28 | 0,05 | 0,04 | 0,16 | 0,81 | 0,07 |
| O₂ dégagé (% du maximum) | 84 | 69 | 22 | 14 | 42 | 100 | 11 |
- 1. Comparer les documents 1 et 2 entre 610 et 700 nm et en déduire le rôle de la chlorophylle a.
- 2. Montrer que la chlorophylle a ne suffit pas à expliquer l'activité photosynthétique mesurée à 470 et à 520 nm, puis proposer une explication à l'aide du document 3.
- 3. Expliquer pourquoi les feuilles nous apparaissent vertes.
- 4. Un serriste éclaire ses tomates uniquement avec des LED rouges (665 nm) et bleues (445 nm). Justifier ce choix à l'aide des trois documents et discuter les conséquences de l'absence de lumière verte.
1. Entre 610 et 700 nm, les deux grandeurs varient ensemble : l'absorbance passe de 0,16 à un maximum de 0,81 à 660 nm, puis chute à 0,07 à 700 nm ; le dégagement de O₂ passe de 42 % à 100 % à 660 nm, puis chute à 11 %. Dans le rouge, la photosynthèse est d'autant plus intense que la chlorophylle a absorbe la lumière : la chlorophylle a est un pigment photosynthétique qui capte l'énergie lumineuse utilisée par la phase photochimique.
2. À 470 nm, la chlorophylle a n'absorbe plus que 0,28, soit environ 30 % de son maximum (0,92), alors que le dégagement de O₂ atteint encore 69 % du maximum. À 520 nm, l'absorbance est quasi nulle (0,05, environ 5 % du maximum), mais l'activité vaut encore 22 %. Rapportée à l'absorbance, l'activité est bien plus forte qu'en rouge : 69 ÷ 0,28 ≈ 246 et 22 ÷ 0,05 = 440, contre 100 ÷ 0,81 ≈ 123 à 660 nm. Une partie de la lumière utilisée à ces longueurs d'onde n'est donc pas absorbée par la chlorophylle a.
Le document 3 montre que la chlorophylle b (vers 455-470 nm) et les caroténoïdes (jusqu'à 510 nm environ) absorbent dans cette zone et transmettent l'énergie à la chlorophylle a. Le spectre d'action correspond donc à l'absorption de l'ensemble des pigments, et non de la seule chlorophylle a.
3. Vers 560 nm (vert), l'absorbance de la chlorophylle a est minimale (0,04) et l'activité aussi (14 %) ; aucun pigment accessoire n'absorbe fortement à cette longueur d'onde. La lumière verte est donc peu absorbée : elle est réfléchie ou transmise par la feuille et parvient à notre œil.
4. La lumière rouge à 665 nm est proche du maximum d'absorption de la chlorophylle a et du maximum d'activité (100 % à 660 nm). La lumière bleue à 445 nm se situe dans la zone où absorbent à la fois la chlorophylle a (0,92 à 430 nm), la chlorophylle b et les caroténoïdes, avec une activité élevée (84 % à 430 nm, 69 % à 470 nm). Presque toute l'énergie électrique convertie en lumière est donc utilisable par la photosynthèse.
Supprimer le vert n'entraîne qu'une faible perte : l'activité y est réduite (14 à 22 %), sans être nulle. Le choix est donc économiquement pertinent, au prix d'une petite part de lumière utilisable non fournie.
Exercice 9 — Type bac — Suivre le carbone marqué
DifficileDes chlorelles cultivées à la lumière reçoivent du ¹⁴CO₂. Après une durée variable, elles sont tuées brutalement dans l'éthanol bouillant, puis les molécules sont séparées par chromatographie. On mesure la part de la radioactivité totale retrouvée dans chaque molécule (en %). Données simplifiées.
| Durée d'exposition | APG | Trioses phosphate | Hexoses phosphate (glucose, fructose) | Saccharose | Autres (amidon, acides aminés, lipides) |
|---|---|---|---|---|---|
| 2 s | 87 | 8 | 5 | 0 | 0 |
| 5 s | 63 | 21 | 13 | 3 | 0 |
| 40 s | 26 | 18 | 29 | 19 | 8 |
| 3 min | 10 | 12 | 23 | 39 | 16 |
- 1. Identifier la première molécule organique formée à partir du CO₂ et justifier.
- 2. Établir l'ordre de formation des molécules marquées et montrer qu'il est cohérent avec le fonctionnement du cycle de Calvin.
- 3. Montrer que les hexoses sont à l'origine du saccharose et des autres molécules organiques.
- 4. Les acides aminés marqués contiennent de l'azote. Indiquer l'origine de cet élément et ce que cela révèle des besoins de la plante.
- 5. Justifier la nécessité de tuer les algues en une fraction de seconde.
1. Après seulement 2 s, 87 % de la radioactivité se trouve dans l'APG. Plus la durée est courte, plus la part de l'APG est élevée : c'est la première molécule marquée. L'APG est la première molécule organique formée par la fixation du CO₂. Sa part diminue ensuite (87 → 63 → 26 → 10 %) : c'est un intermédiaire, transformé en d'autres molécules.
2. La part des trioses phosphate est maximale à 5 s (21 %) puis diminue ; celle des hexoses phosphate est maximale à 40 s (29 %) puis diminue ; celle du saccharose augmente encore à 3 min (39 %), comme celle des autres molécules (16 %), absentes avant 40 s. Ordre de formation : APG → trioses phosphate → hexoses phosphate → saccharose et autres molécules. C'est cohérent avec le cycle de Calvin : la Rubisco fixe le CO₂ sur le RuBP en formant l'APG, qui est réduit en trioses phosphate ; une partie des trioses est exportée pour former les hexoses.
3. Le saccharose et les autres molécules ne deviennent marqués qu'après les hexoses, et leur part augmente pendant que celle des hexoses diminue (29 → 23 %). Le carbone passe donc des hexoses vers ces molécules. Le saccharose étant formé de glucose et de fructose, il en dérive directement. Le glucose issu de la photosynthèse est bien à l'origine de toutes les molécules organiques de la plante.
4. L'azote ne provient pas du CO₂. Il est prélevé dans le sol par les racines sous forme d'ions minéraux (nitrates, ammonium) et acheminé par la sève brute. Le squelette carboné des acides aminés vient de la photosynthèse, l'azote des ions minéraux : la plante a besoin d'ions minéraux, en plus du CO₂, de l'eau et de la lumière, pour produire toute sa matière organique.
5. Les transformations se font en quelques secondes : en 3 s, la part de l'APG chute de 87 à 63 %. Si la mort des cellules était lente, les enzymes continueraient de transformer les molécules et le marqueur progresserait le long de la voie. L'éthanol bouillant dénature instantanément les enzymes : la répartition mesurée correspond exactement à la durée d'exposition choisie.
Exercice 10 — Type bac — Nicotine : une défense qui a un coût
DifficileOn étudie un tabac sauvage, dont les feuilles sont consommées par des chenilles de papillon. Données simplifiées.
Document 1. Teneur en nicotine (un alcaloïde) des feuilles, cinq jours après le traitement, en µg par g de matière fraîche.
| Plantes intactes | Plantes dont des feuilles ont été blessées | Plantes intactes traitées au jasmonate de méthyle |
|---|---|---|
| 410 | 1 130 | 1 240 |
Document 2. Masse moyenne des chenilles après 7 jours : 34 mg sur des plantes sauvages, 71 mg sur des plantes génétiquement modifiées incapables de produire de la nicotine.
Document 3. Biomasse sèche après quatre semaines, sans chenilles : 58,6 g pour des plantes témoins, 47,3 g pour des plantes traitées au jasmonate.
- 1. Montrer que la production de nicotine est induite par la blessure et préciser le rôle du jasmonate.
- 2. Montrer, par un calcul, que la nicotine protège la plante contre les chenilles.
- 3. Calculer la diminution relative de biomasse des plantes traitées au jasmonate et proposer une explication.
- 4. En déduire l'avantage, pour la plante, d'une défense induite plutôt que permanente.
- 5. Expliquer pourquoi de telles défenses chimiques sont essentielles pour un organisme fixé, et citer une utilisation humaine d'un alcaloïde végétal.
1. Après une blessure, la teneur en nicotine passe de 410 à 1 130 µg/g, soit 1 130 ÷ 410 ≈ 2,8 fois plus : la production de nicotine est déclenchée par la blessure. Des plantes intactes traitées au jasmonate atteignent 1 240 µg/g, soit environ 3,0 fois plus que les témoins, sans aucune blessure. Le jasmonate suffit donc à déclencher la réponse : c'est le signal qui relaie l'information « blessure » et induit la synthèse de nicotine.
2. Sur des plantes sans nicotine, les chenilles atteignent 71 mg contre 34 mg sur des plantes sauvages : 71 ÷ 34 ≈ 2,1. Sans nicotine, elles grossissent environ deux fois plus, donc consomment davantage de feuilles. La nicotine limite la croissance des chenilles : c'est une molécule de défense.
3. Diminution relative : (58,6 − 47,3) ÷ 58,6 = 11,3 ÷ 58,6 ≈ 0,193, soit une baisse d'environ 19,3 %. Ces plantes n'ont perdu aucune feuille : la baisse ne vient pas d'une consommation par des herbivores. Explication : la synthèse des défenses (nicotine et autres molécules induites par le jasmonate) détourne du glucose, de l'énergie et de l'azote (la nicotine est une molécule azotée) qui ne servent plus à la croissance. La défense a un coût en matière organique.
4. Une défense permanente imposerait ce coût en continu, même en l'absence d'herbivores. Une défense induite ne le paie que lorsque la plante est attaquée : elle concilie protection et croissance.
5. Une plante fixée ne peut ni fuir ni se cacher : elle ne peut que tolérer la perte de certains organes ou rendre ses tissus toxiques ou peu appétents. Les métabolites secondaires comme la nicotine compensent ainsi l'absence de mobilité. Exemple d'utilisation humaine : la morphine du pavot est utilisée comme antidouleur (on peut aussi citer la quinine contre le paludisme, ou la nicotine autrefois employée comme insecticide).
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