À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « L'organisation fonctionnelle des plantes à fleurs » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel, Des surfaces d'échange très étendues, Les stomates, régulateurs des échanges, Xylème et phloème : la circulation des sèves. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .
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L'essentiel
Plante à fleurs et vie fixée. Une plante à fleurs (Angiosperme) est un être vivant pluricellulaire fixé : elle passe toute sa vie là où sa graine a germé, à l'interface entre le sol et l'air. Elle doit y trouver toutes ses ressources et y affronter toutes les contraintes du milieu.
Deux appareils complémentaires. L'appareil aérien (tiges, feuilles, bourgeons) capte la lumière et échange des gaz (CO₂, O₂, vapeur d'eau) avec l'atmosphère. L'appareil souterrain (racines) ancre la plante et prélève l'eau et les ions minéraux du sol.
Surface d'échange. Interface entre l'organisme et son milieu à travers laquelle passent matière ou énergie. Son efficacité augmente avec son aire, sa finesse et le rapport surface/volume de l'organe.
Système conducteur. Le xylème conduit la sève brute (eau + ions minéraux) des racines vers les feuilles ; le phloème conduit la sève élaborée (eau + sucres, surtout du saccharose) des organes sources vers les organes puits.
Stomate. Pore de l'épiderme (l'ostiole) bordé de deux cellules de garde, dont l'ouverture règle les échanges gazeux et la transpiration.
Fil conducteur du chapitre : chaque structure répond à une contrainte de la vie fixée — puiser sur place, relier le sol et l'air, résister sur place.
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Des surfaces d'échange très étendues
Dans l'air : les feuilles. Le limbe est une lame mince, souvent épaisse de moins d'un demi-millimètre : grande surface pour capter la lumière, faible volume, donc rapport surface/volume élevé. À l'intérieur, les cellules sont séparées par des lacunes remplies d'air, reliées à l'extérieur par les stomates : la surface réelle d'échange gazeux dépasse largement la surface visible de la feuille.
Dans le sol : les racines. Le système racinaire est très ramifié. Près de l'extrémité de chaque racine, la zone pilifère porte des milliers de poils absorbants, prolongements de cellules de l'épiderme racinaire, larges d'une dizaine de micromètres. C'est la principale zone d'absorption de l'eau et des ions minéraux.
Ordre de grandeur. Chez un pied de seigle cultivé quelques mois, la surface cumulée des racines et des poils absorbants a été estimée à plusieurs centaines de mètres carrés, soit plus de cent fois celle des parties aériennes.
Mycorhize. Association symbiotique entre des racines et un champignon du sol, présente chez la grande majorité des plantes à fleurs. Les filaments du champignon (hyphes), plus fins que les poils absorbants, explorent un volume de sol bien plus grand et cèdent à la plante de l'eau et des ions (notamment des phosphates) ; la plante fournit au champignon des molécules organiques (sucres).
Retenir la logique : surface étendue + faible épaisseur + rapport surface/volume élevé = échanges efficaces.
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Les stomates, régulateurs des échanges
L'épiderme des organes aériens est recouvert d'une cuticule cireuse, presque imperméable à l'eau et aux gaz : elle limite le dessèchement mais bloque aussi les échanges. Les stomates, souvent plus nombreux sur la face inférieure des feuilles, sont donc la voie principale d'entrée du CO₂ et de sortie de la vapeur d'eau.
Ouverture et fermeture. Quand les cellules de garde se gorgent d'eau (turgescence), elles se courbent et l'ostiole s'ouvre ; quand elles perdent de l'eau, l'ostiole se ferme. La lumière favorise l'ouverture ; le manque d'eau provoque la fermeture, déclenchée par une hormone végétale, l'acide abscissique (ABA).
Transpiration. Perte d'eau sous forme de vapeur par les parties aériennes, essentiellement par les stomates. La plus grande partie de l'eau absorbée par les racines (souvent plus de 90 %) est ainsi rejetée dans l'atmosphère.
Un compromis permanent. Stomates ouverts : le CO₂ entre, mais l'eau sort. Stomates fermés : l'eau est économisée, mais le CO₂ n'entre presque plus. La plante ajuste l'ouverture selon la lumière, l'humidité de l'air et l'eau disponible dans le sol.
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Xylème et phloème : la circulation des sèves
| Xylème | Phloème |
|---|
| Cellules conductrices | Vaisseaux : cellules mortes, vides, placées bout à bout, parois épaissies de lignine | Tubes criblés : cellules vivantes, parois transversales percées de pores (cribles), associées à des cellules compagnes |
| Sève | Brute : eau + ions minéraux, très diluée | Élaborée : eau + saccharose (concentré), acides aminés |
| Sens | Des racines vers les feuilles | Des sources vers les puits, vers le haut ou vers le bas |
| Moteur | L'évaporation de l'eau dans les feuilles (transpiration) aspire la colonne d'eau | L'accumulation de sucres dans les tubes criblés des sources y attire l'eau et crée un flux vers les puits |
Dans la tige, xylème et phloème sont regroupés en faisceaux conducteurs (xylème vers l'intérieur, phloème vers l'extérieur) ; dans la feuille, ils forment les nervures. Le système conducteur fait de la plante un tout : les racines, non chlorophylliennes, reçoivent des sucres venus des feuilles, et les feuilles reçoivent l'eau et les ions venus des racines.
Source et puits. Un organe source exporte des sucres (feuille adulte éclairée, organe de réserve qui se vide au printemps). Un organe puits en importe (racines, bourgeons, jeunes feuilles, fleurs, fruits, organes de réserve qui se remplissent).
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Se défendre et s'adapter au milieu
Incapable de fuir, la plante doit résister sur place aux agressions du milieu vivant (herbivores, parasites, microorganismes) et aux variations du milieu physique (sécheresse, froid, lumière).
Défenses contre les agresseurs. Structurales : cuticule, écorce, épines, poils urticants. Chimiques : molécules toxiques ou répulsives (tanins, alcaloïdes…), souvent stockées dans les vacuoles. Certaines sont produites en permanence, d'autres seulement après une attaque (défenses induites), parfois dans toute la plante grâce à un signal transmis à distance. Certaines plantes s'associent aussi à des animaux qui les protègent.
Un développement modulé par le milieu. La plante grandit toute sa vie grâce à ses méristèmes (bourgeons, extrémités des racines) et produit ses organes de façon répétée. Des hormones végétales, comme l'auxine, contrôlent ce développement, dont les conditions du milieu (lumière, eau, température) modifient le résultat : une même espèce n'a pas la même forme dans des milieux différents.
Passer la mauvaise saison. Chute des feuilles des arbres caducs, bourgeons protégés par des écailles et en vie ralentie, organes de réserve souterrains (bulbe, tubercule, rhizome), survie sous forme de graines chez les plantes annuelles. Face à la sécheresse : fermeture des stomates, cuticule épaisse, feuilles réduites ou charnues, racines profondes.
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Méthodes
Méthode 1 — Calculer et comparer un rapport surface/volume- Assimiler l'organe à une forme simple (plaque, cylindre, sphère).
- Exprimer la surface d'échange S et le volume V dans les mêmes unités.
- Calculer S/V (en mm⁻¹ ou m⁻¹) pour chaque organe.
- Conclure : plus S/V est grand, plus l'organe échange efficacement pour un volume donné.
Exemple rédigé. Un limbe de 0,25 mm d'épaisseur est assimilé à une plaque d'aire A (une face) : S ≈ 2A et V = A × 0,25, donc S/V ≈ 2/0,25 = 8 mm⁻¹. Une tige cylindrique de rayon 3 mm et de longueur L a pour surface latérale 2πrL et pour volume πr²L, donc S/V = 2/r = 2/3 ≈ 0,67 mm⁻¹. Le limbe offre 12 fois plus de surface par unité de volume : c'est l'organe spécialisé dans les échanges avec l'air.
Méthode 2 — Calculer une densité stomatique- Relever le diamètre d du champ du microscope et calculer son aire : A = π × (d/2)².
- Compter les stomates du champ (ceux coupés par le bord : un sur deux).
- Diviser le nombre de stomates par l'aire : densité en stomates/mm².
- Répéter sur plusieurs champs, faire la moyenne, puis comparer faces, espèces ou milieux.
Exemple rédigé. Champ de 0,45 mm de diamètre : A = π × 0,225² ≈ 0,159 mm². On y compte 37 stomates : densité = 37 / 0,159 ≈ 233 stomates/mm².
Méthode 3 — Exploiter une expérience sur la circulation des sèves- Repérer le paramètre modifié et le comparer au témoin.
- Décrire le résultat en citant les observations ou les valeurs.
- Relier au tissu touché : l'écorce contient le phloème (externe), le bois contient le xylème (interne).
- Conclure sur la sève concernée et son sens de circulation, puis nuancer.
Exemple rédigé. On retire un anneau d'écorce sur une branche de pommier : le phloème est supprimé, le bois (xylème) est intact. Les feuilles au-dessus de l'anneau restent turgescentes : la sève brute monte toujours par le xylème. Un bourrelet se forme au-dessus de l'anneau et les fruits de la branche grossissent davantage : les sucres produits par les feuilles de la branche ne peuvent plus en sortir et s'y accumulent. Le phloème, situé dans l'écorce, conduit la sève élaborée.
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Pièges et erreurs classiques
« La sève élaborée descend toujours. » Faux : elle va des sources vers les puits, donc vers le haut (bourgeons, fruits, jeunes feuilles) comme vers le bas (racines).
Confondre les deux tissus. Xylème = cellules mortes lignifiées, sève brute, montée. Phloème = cellules vivantes criblées, sève élaborée, sources vers puits.
« La racine absorbe sur toute sa longueur. » L'absorption est surtout le fait de la zone pilifère, près de l'extrémité ; les parties âgées, recouvertes de tissus protecteurs, absorbent peu.
Oublier la transpiration. Les stomates ne servent pas qu'à l'entrée du CO₂ : ils sont aussi la voie principale de sortie de l'eau. Fermer les stomates économise l'eau mais limite l'entrée du CO₂.
Rapport surface/volume sans unité. S/V s'exprime en mm⁻¹ ou en m⁻¹ ; on ne compare que des valeurs calculées dans la même unité.
Vie fixée ne veut pas dire passivité. La plante perçoit son milieu et y répond : fermeture des stomates, défenses induites, croissance orientée, chute des feuilles.
En bref
- Vie fixée à l'interface sol-air : la plante puise sur place ses ressources grâce à des surfaces d'échange immenses, fines et ramifiées (feuilles, poils absorbants, mycorhizes).
- Les stomates (ostiole + deux cellules de garde) règlent l'entrée du CO₂ et la transpiration : ouverts à la lumière, fermés en cas de sécheresse (acide abscissique).
- Xylème : cellules mortes lignifiées, sève brute des racines vers les feuilles, aspirée par la transpiration.
- Phloème : cellules vivantes criblées, sève élaborée (saccharose) des sources vers les puits, dans les deux sens.
- Défenses structurales et chimiques, parfois induites ; développement modulé par le milieu sous contrôle hormonal ; adaptations saisonnières (chute des feuilles, bourgeons, organes de réserve, graines).