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Méthode de l'épreuve composée en SES

Mobilisation des connaissances, étude d'un document statistique, raisonnement sur dossier documentaire : attendus, barème, erreurs (spécialité SES, bac)

À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « Méthode de l'épreuve composée en SES » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le format de l'épreuve : quatre heures, un choix, trois parties, Lire les consignes : le verbe commande la réponse, Partie 1 : mobiliser ses connaissances (4 points), Partie 2 : lire et calculer sur un document statistique. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Partie 1 : transformer une réponse faible en réponse argumentée

Facile

Sujet de partie 1 et copie d'élève à retravailler (avant / après) · Sujet d'entraînement construit sur le programme de Terminale SES (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019, chapitre « Quels sont les sources et les défis de la croissance économique ? ») ; copie d'élève rédigée pour l'exercice, 2026.

La question reprend un objectif du chapitre sur la croissance : comprendre que le progrès technique peut engendrer des inégalités de revenus. La copie réunit les défauts les plus fréquents de la partie 1 : définition vague, absence de mécanisme, hors-sujet et discussion non demandée.

Sujet (partie 1, 4 points) : « Montrez que le progrès technique peut engendrer des inégalités de revenus. »

Copie d'élève (avant) :

« Le progrès technique, c'est quand il y a de nouvelles technologies comme les robots ou internet. Aujourd'hui il y a beaucoup d'inégalités car certains gagnent plus que d'autres. Par exemple les patrons des GAFAM sont très riches. Aussi les robots remplacent les ouvriers dans les usines et donc il y a du chômage. Il y a aussi des inégalités entre les pays riches qui ont les technologies et les pays pauvres qui ne les ont pas. On peut dire que le progrès technique est donc une cause des inégalités, même si c'est aussi quelque chose de positif. Donc le progrès technique crée des inégalités mais il permet aussi la croissance économique, ce qui est bien pour tout le monde. »

Partie 1 — Mobilisation des connaissances (4 points). Travaillez la copie en trois étapes.

  1. Analysez la consigne : que demande le verbe, et quels termes fixent le périmètre de la réponse ?
  2. Relevez trois défauts de la copie en justifiant chacun.
  3. Réécrivez la réponse (après) : une phrase d'entrée, deux paragraphes AEI, une phrase de réponse.
Voir la réponse rédigée

1. « Montrez que » demande d'établir la thèse du sujet, sans la discuter. Trois termes fixent le périmètre. Le progrès technique désigne les innovations de produit, de procédé et d'organisation. Le verbe peut signale une possibilité : il s'agit de montrer des mécanismes, pas une loi valable partout. Les inégalités de revenus sont les écarts de salaires et de revenus d'activité entre individus. Sont donc hors sujet les inégalités de patrimoine, les inégalités entre pays et le rôle du progrès technique dans la croissance.

2. Premier défaut : la définition est vague (« quand il y a de nouvelles technologies ») et ne dit pas ce qu'est une innovation. Deuxième défaut : aucun mécanisme n'est expliqué. « Certains gagnent plus que d'autres » constate une inégalité sans dire pourquoi le progrès technique la produit, et l'exemple des « patrons des GAFAM » n'est relié à aucune explication ; l'idée des robots qui remplacent les ouvriers était exploitable, mais la copie conclut sur le chômage sans dire en quoi il creuse les écarts de revenus. Troisième défaut : deux passages sortent de la consigne. Les inégalités entre pays riches et pays pauvres ne sont pas demandées, et la fin (« il permet aussi la croissance… ce qui est bien pour tout le monde ») ouvre une discussion, avec un jugement de valeur, que « montrez que » n'appelle pas.

3. « Le progrès technique désigne l'ensemble des innovations de produit, de procédé et d'organisation qui transforment la production ; il peut accroître les écarts de revenus entre individus par au moins deux mécanismes.

D'abord, le progrès technique est souvent biaisé en faveur du travail qualifié. En effet, les technologies numériques et l'automatisation sont complémentaires des tâches de conception, d'analyse et d'encadrement, et remplacent les tâches répétitives. La demande de travail qualifié augmente donc plus vite que celle de travail peu qualifié, ce qui fait progresser plus vite les salaires des diplômés. Les économistes parlent de polarisation de l'emploi : les emplois intermédiaires routiniers, comme ceux d'opérateur de saisie ou d'ouvrier sur machine, reculent, tandis que progressent les emplois très qualifiés et, dans une moindre mesure, des emplois de service peu qualifiés et peu payés.

Ensuite, l'innovation procure une rente temporaire à celui qui la réalise. Comme l'a montré Joseph Schumpeter, l'entrepreneur qui innove bénéficie d'un monopole provisoire, protégé par exemple par un brevet d'une durée maximale de vingt ans : il peut vendre plus cher et en tirer des revenus très supérieurs à ceux de ses concurrents. Dans l'économie numérique, où un service peut être vendu à des millions d'utilisateurs pour un coût supplémentaire presque nul, ces rentes se concentrent sur quelques fondateurs et actionnaires, ce qui accroît les revenus du haut de la distribution.

Le progrès technique peut donc engendrer des inégalités de revenus, en modifiant la demande de travail selon les qualifications et en concentrant les gains de l'innovation. »

Ce que cette analyse apprend — En partie 1, une réponse vaut par ses mécanismes : définir, puis dérouler deux arguments AEI qui répondent exactement à la question, sans hors-sujet ni discussion.

Document 2 — Partie 2 : lire, calculer et exploiter une série historique du chômage

Moyen

Tableau statistique (série historique) · U.S. Bureau of the Census, Historical Statistics of the United States, Colonial Times to 1970, Washington, 1975 (estimations de Stanley Lebergott).

Ces estimations ont été reconstituées après coup, car les États-Unis ne disposaient pas encore d'une mesure officielle régulière du chômage au début des années 1930. Elles couvrent la Grande Dépression ouverte par le krach de Wall Street d'octobre 1929 et restent la série la plus citée pour en mesurer le coût social.

Taux de chômage aux États-Unis, 1929-1938 (en % de la population active civile)

Année1929193019311932193319341935193619371938
Taux de chômage (%)3,28,715,923,624,921,720,116,914,319,0

Partie 2 — Étude d'un document (6 points). Les résultats des calculs seront arrondis au dixième.

  1. Rédigez une phrase de lecture de la donnée de 1933.
  2. À l'aide des données du document, vous caractériserez l'évolution du taux de chômage aux États-Unis entre 1929 et 1938.
  3. Un élève écrit : « Entre 1929 et 1933, le chômage a augmenté de 21,7 %. » Corrigez cette phrase.
  4. À l'aide du document et de vos connaissances, vous montrerez que la crise financière de 1929 a eu des effets sur l'économie réelle.
Voir la réponse rédigée

1. Selon les estimations de Stanley Lebergott publiées par le Bureau du recensement des États-Unis en 1975, en 1933, 24,9 % des actifs civils américains étaient au chômage, soit environ un actif sur quatre.

2. Entre 1929 et 1938, le taux de chômage connaît trois phases. De 1929 à 1933, il explose : il passe de 3,2 % à 24,9 %, soit une hausse de 21,7 points de pourcentage ; il est multiplié par 7,8 (24,9 / 3,2 ≈ 7,8). De 1933 à 1937, il recule nettement, de 24,9 % à 14,3 % (− 10,6 points), sans retrouver son niveau d'avant la crise : en 1937, il reste 4,5 fois plus élevé qu'en 1929 (14,3 / 3,2 ≈ 4,5). En 1938, il remonte brutalement à 19,0 %, soit + 4,7 points en un an, signe d'une rechute de l'activité. Sur l'ensemble de la décennie, le chômage ne descend jamais sous 14 % après 1930.

3. La phrase confond deux mesures. Entre deux taux, l'écart absolu se mesure en points de pourcentage : 24,9 − 3,2 = 21,7 points. Le taux de variation, lui, vaut (24,9 − 3,2) / 3,2 × 100 ≈ 678,1 %. Il faut donc écrire : « Entre 1929 et 1933, le taux de chômage a augmenté de 21,7 points, soit une hausse d'environ 678 % : il a été multiplié par 7,8. » Écrire « 21,7 % » sous-estime énormément l'ampleur du choc.

4. Le krach de Wall Street d'octobre 1929 (le « jeudi noir » du 24, puis la chute du 29) est d'abord une crise financière, mais le document montre qu'il s'accompagne d'un effondrement de l'emploi : le taux de chômage passe de 3,2 % en 1929 à 24,9 % en 1933. Plusieurs canaux relient la sphère financière à l'économie réelle. D'abord, la chute des cours réduit la richesse des ménages détenteurs d'actions : cet effet richesse négatif freine leur consommation. Ensuite, les pertes et les retraits massifs des déposants provoquent des faillites bancaires en chaîne, des milliers de banques américaines disparaissant entre 1930 et 1933 : le crédit se contracte, les entreprises investissent et produisent moins, et licencient. Enfin, la baisse des prix alourdit le poids réel des dettes, mécanisme qu'Irving Fisher analyse en 1933 sous le nom de « déflation par la dette » : les agents endettés vendent pour rembourser, ce qui fait encore baisser les prix et la demande. La lente décrue du chômage après 1933, puis sa remontée en 1938, montrent que les effets réels d'une crise financière peuvent durer près d'une décennie.

Ce que cette analyse apprend — Une étude de document part d'une lecture exacte (unité, champ, date), chiffre l'évolution en points et en coefficient, puis relie les données choisies aux mécanismes du cours.

Document 3 — Partie 3 : exploiter un document dans un paragraphe AEI

Moyen

Extrait d'ouvrage d'économiste (texte d'époque, traduit) comportant des données chiffrées · David Ricardo, On the Principles of Political Economy and Taxation (Des principes de l'économie politique et de l'impôt), Londres, John Murray, 1817, chapitre 7, « On Foreign Trade » ; traduction pour l'exercice.

Ricardo, agent de change enrichi devenu économiste, puis député en 1819, écrit alors que le Royaume-Uni protège son agriculture par les Corn Laws de 1815. Il s'adresse aux lecteurs d'économie politique et aux parlementaires pour montrer que l'échange profite à chaque pays, même au moins efficace.

« L'Angleterre peut se trouver dans une situation telle que la production du drap y exige le travail de 100 hommes pendant un an ; et si elle voulait produire le vin, il lui faudrait peut-être le travail de 120 hommes pendant le même temps. L'Angleterre aurait donc intérêt à importer du vin et à l'acheter par l'exportation de drap.

Au Portugal, la production du vin pourrait n'exiger que le travail de 80 hommes pendant un an, et celle du drap le travail de 90 hommes pendant le même temps. Il serait donc avantageux pour le Portugal d'exporter du vin en échange de drap. Cet échange pourrait avoir lieu bien que le produit importé par le Portugal puisse y être fabriqué avec moins de travail qu'en Angleterre. Bien qu'il puisse faire le drap avec le travail de 90 hommes, le Portugal l'importerait d'un pays où sa production exige le travail de 100 hommes, parce qu'il lui serait plus avantageux d'employer son capital à la production du vin. »

Travail nécessaire (hommes pendant un an)Une unité de drapUne unité de vin
Angleterre100120
Portugal9080

Partie 3 — Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire. Sujet : « À l'aide du dossier documentaire et de vos connaissances, vous montrerez que la spécialisation internationale peut s'expliquer par les avantages comparatifs. » Ce texte est l'un des documents du dossier. Les résultats seront arrondis au centième.

  1. Présentez le document en une phrase (nature, auteur, date, idée principale).
  2. Calculez les coûts relatifs de chaque bien dans chaque pays ; identifiez l'avantage absolu et l'avantage comparatif de chacun.
  3. Montrez par le calcul que la spécialisation accroît la production totale.
  4. Rédigez le paragraphe AEI de la partie 3 qui exploite ce document, en ajoutant une connaissance qui n'y figure pas.
Voir la réponse rédigée

1. Ce document est un extrait traduit de l'ouvrage de l'économiste britannique David Ricardo, Des principes de l'économie politique et de l'impôt, publié à Londres en 1817 : à partir d'un exemple chiffré (le drap et le vin, l'Angleterre et le Portugal), il montre qu'un pays a intérêt à se spécialiser dans la production où son avantage est relativement le plus grand, même s'il est plus efficace partout.

2. En Angleterre, une unité de vin coûte le travail de 120 hommes, soit 120 / 100 = 1,2 unité de drap auxquelles on renonce ; au Portugal, 80 / 90 ≈ 0,89 unité de drap. Le vin est donc relativement moins coûteux au Portugal. Inversement, une unité de drap coûte 100 / 120 ≈ 0,83 unité de vin en Angleterre et 90 / 80 ≈ 1,13 unité de vin au Portugal : le drap est relativement moins coûteux en Angleterre. Le Portugal détient l'avantage absolu dans les deux biens (80 < 120 et 90 < 100), mais son avantage comparatif est dans le vin ; l'Angleterre, désavantagée partout, a un avantage comparatif dans le drap, là où son désavantage est le plus faible.

3. Sans spécialisation, chaque pays produit une unité de chaque bien : 2 unités de drap et 2 unités de vin, avec le travail de 390 hommes (100 + 120 + 90 + 80). Avec spécialisation, l'Angleterre consacre ses 220 hommes au drap : 220 / 100 = 2,2 unités. Le Portugal consacre ses 170 hommes au vin : 170 / 80 = 2,13 unités environ. Avec le même travail total, la production augmente de 0,2 unité de drap et d'environ 0,13 unité de vin : c'est le gain de la spécialisation, que l'échange permet ensuite de répartir entre les deux pays.

4. « Un pays a intérêt à se spécialiser dans la production où il est relativement le plus efficace, même s'il n'a aucun avantage absolu. En effet, ce qui compte n'est pas le coût absolu d'un bien mais son coût d'opportunité, c'est-à-dire la quantité de l'autre bien à laquelle on renonce pour le produire. Dans l'exemple de David Ricardo (document 1, 1817), le Portugal produit le vin et le drap avec moins de travail que l'Angleterre ; mais produire une unité de vin ne lui coûte que 0,89 unité de drap, contre 1,2 en Angleterre. En se spécialisant, le Portugal dans le vin et l'Angleterre dans le drap, les deux pays obtiennent, avec le même travail total, 2,2 unités de drap au lieu de 2 et environ 2,13 unités de vin au lieu de 2. Au XXe siècle, Eli Heckscher et Bertil Ohlin ont prolongé cette analyse : les avantages comparatifs proviennent aussi des dotations factorielles, un pays se spécialisant dans les biens qui utilisent intensément le facteur qu'il possède en abondance. »

Ce que cette analyse apprend — Exploiter un document, c'est en extraire une donnée calculée et interprétée au service d'une idée, puis le dépasser par une connaissance que le dossier ne donne pas.

Document 4 — Partie 3 : du brouillon en vrac au plan et à l'introduction

Difficile

Texte d'économiste (1936, traduit) et brouillon d'élève · John Maynard Keynes, The General Theory of Employment, Interest and Money, Londres, Macmillan, 1936, chapitre 24 ; traduction pour l'exercice. Brouillon d'élève rédigé pour l'exercice, 2026.

Keynes publie la Théorie générale en 1936, au terme d'une décennie de chômage de masse dans les pays industrialisés ; il s'adresse d'abord aux économistes, contre l'idée que le marché du travail revient spontanément au plein emploi. Le brouillon reproduit ce que produit un élève pressé qui note tout ce qu'il sait sur le chapitre.

Sujet (partie 3) : « À l'aide du dossier documentaire et de vos connaissances, vous montrerez que les pouvoirs publics disposent de plusieurs leviers pour lutter contre le chômage. »

Document 1 : « Les défauts les plus marquants de la société économique dans laquelle nous vivons sont son incapacité à assurer le plein emploi et la répartition arbitraire et inéquitable des richesses et des revenus. […] Il me semble donc qu'une socialisation assez large de l'investissement s'avérera le seul moyen d'assurer approximativement le plein emploi. » (Keynes, 1936)

Brouillon d'un élève, idées notées en vrac après lecture du dossier :

a) Keynes : le chômage vient d'une demande insuffisante (demande effective).
b) Plans de relance budgétaire après la crise de 2008.
c) Baisse des taux directeurs de la banque centrale.
d) Allègements de cotisations patronales sur les bas salaires (depuis 1993).
e) Le CICE (2013).
f) Formation des chômeurs, meilleur appariement entre offre et demande de travail.
g) Le chômage isole et rend malheureux.
h) Définition du chômage au sens du BIT.
i) Le chômage des jeunes est plus élevé que celui des autres actifs.
j) La flexisécurité au Danemark.
k) De toute façon, les politiques ne servent à rien contre le chômage.

Partie 3 — Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire (10 points). Travaillez les étapes qui précèdent la rédaction du développement.

  1. Analysez le sujet : définitions, verbe, bornes.
  2. Classez les idées du brouillon : lesquelles garder, lesquelles placer en introduction, lesquelles écarter ? Justifiez.
  3. Construisez un plan détaillé en trois parties.
  4. Rédigez l'introduction.
Voir la réponse rédigée

1. Le chômage se définit au sens du Bureau international du travail : est chômeur toute personne de 15 ans ou plus sans emploi durant une semaine de référence, disponible pour travailler dans les deux semaines et ayant cherché activement un emploi (ou en ayant trouvé un qui commence plus tard). Les pouvoirs publics regroupent l'État, les administrations de sécurité sociale, les collectivités territoriales et, pour la politique monétaire, la banque centrale. Les leviers sont les instruments dont ils disposent. « Vous montrerez que » demande d'établir qu'il existe plusieurs leviers et d'expliquer comment chacun agit, pas de juger leur efficacité. Le sujet n'impose ni pays ni période : on privilégie la France et la zone euro, avec des exemples depuis les années 1990.

2. Idées à garder : a, b et c (soutien de la demande globale), d et e (baisse du coût du travail), f et j (fonctionnement du marché du travail). L'idée h sert l'introduction : c'est une définition, pas un argument. L'idée i peut illustrer une partie (le chômage des peu qualifiés justifie la formation), mais elle ne constitue pas un levier. Sont à écarter : g, qui traite des conséquences du chômage et non des moyens de le combattre, et k, qui contredit la consigne et relève d'un jugement sans argument.

3. I. Soutenir la demande globale contre le chômage conjoncturel. 1) Selon Keynes (document 1), le chômage résulte d'une demande effective insuffisante, que les entreprises anticipent en limitant leurs embauches. 2) La politique budgétaire (dépenses publiques, baisses d'impôts) relance la demande par l'effet multiplicateur : plans de relance adoptés après la crise de 2008. 3) La politique monétaire abaisse les taux directeurs et facilite le crédit, donc l'investissement et la consommation.
II. Réduire le coût du travail contre le chômage classique. 1) Quand le coût du travail peu qualifié dépasse sa productivité, l'employeur n'embauche pas. 2) Depuis 1993, la France allège les cotisations patronales sur les bas salaires. 3) Le CICE, créé en 2013 et transformé en baisse de cotisations en 2019, visait aussi la compétitivité.
III. Agir sur le fonctionnement du marché du travail contre le chômage structurel. 1) La formation adapte les qualifications aux emplois offerts, surtout pour les jeunes et les peu diplômés. 2) Un meilleur appariement réduit le chômage frictionnel et les emplois vacants. 3) La flexibilisation des règles d'embauche et de licenciement, combinée à une indemnisation élevée et à l'accompagnement des chômeurs dans la flexisécurité danoise, vise à fluidifier le marché du travail.

4. « En 1936, John Maynard Keynes jugeait que le premier défaut de l'économie de son temps était son « incapacité à assurer le plein emploi ». Près d'un siècle plus tard, la lutte contre le chômage reste un objectif central de l'action publique. Au sens du Bureau international du travail, est chômeur toute personne sans emploi, disponible et en recherche active d'un emploi. Pour le combattre, les pouvoirs publics, c'est-à-dire l'État, les administrations de sécurité sociale et la banque centrale, disposent de plusieurs leviers, qui correspondent aux différentes causes du chômage. Ils peuvent d'abord soutenir la demande globale pour réduire le chômage conjoncturel (I), ensuite abaisser le coût du travail pour lutter contre le chômage classique (II), enfin agir sur le fonctionnement du marché du travail pour réduire sa composante structurelle (III). »

Ce que cette analyse apprend — Avant de rédiger, on trie son brouillon selon le sujet : garder ce qui y répond, placer les définitions en introduction, écarter les conséquences et les jugements, puis bâtir un plan dont chaque partie répond à une cause différente.

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