Spécialité Physique-Chimie Terminale
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Titrages suivis par pH-métrie et conductimétrie
Constitution et transformations de la matière — analyser un système par des méthodes physiques (conductimétrie, loi de Kohlrausch, absorbance) et chimiques (titrages suivis par pH-métrie, conductimétrie et colorimétrie)
À propos de cette page
Ce cours de spécialité physique-chimie en terminale sur « Titrages suivis par pH-métrie et conductimétrie » suit le programme officiel de spécialité physique-chimie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel, Conductivité, loi de Kohlrausch et dosage par étalonnage, Titrage suivi par pH-métrie, Titrage suivi par conductimétrie. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité physique-chimie.
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L'essentiel
Rappel de 1re. Titrer une espèce, c'est déterminer sa quantité grâce à une réaction support totale, rapide et unique avec un réactif titrant de concentration connue. À l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques : ils sont entièrement consommés et le réactif limitant change.
Relation à l'équivalence. Pour la réaction a A + b B → …, où A est titré et B titrant : . Pour un titrage acide-base mole à mole :
Réactions support (totales) étudiées en Terminale.
• acide fort : H₃O⁺ + HO⁻ → 2 H₂O
• acide faible : AH + HO⁻ → A⁻ + H₂O
• base faible : B + H₃O⁺ → BH⁺ + H₂O
• acide fort : H₃O⁺ + HO⁻ → 2 H₂O
• acide faible : AH + HO⁻ → A⁻ + H₂O
• base faible : B + H₃O⁺ → BH⁺ + H₂O
Trois suivis possibles. pH-métrique : on trace pH = f(V) ; conductimétrique : on trace σ = f(V) ; colorimétrique : un indicateur coloré change de teinte à l'équivalence.
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Conductivité, loi de Kohlrausch et dosage par étalonnage
Loi de Kohlrausch. Pour une solution diluée, chaque ion contribue à la conductivité : σ en S·m⁻¹ ; λᵢ, conductivité molaire ionique, en S·m²·mol⁻¹ ; [Xᵢ] en mol·m⁻³ (1 mmol·L⁻¹ = 1 mol·m⁻³ ; 1 mol·L⁻¹ = 10³ mol·m⁻³).
| Ion (25 °C) | H₃O⁺ | HO⁻ | Na⁺ | Cl⁻ | CH₃COO⁻ | NH₄⁺ |
|---|---|---|---|---|---|---|
| λ (mS·m²·mol⁻¹) | 35,0 | 19,9 | 5,01 | 7,63 | 4,09 | 7,34 |
H₃O⁺ et HO⁻ conduisent beaucoup mieux que tous les autres ions : c'est la clé de toutes les interprétations de courbes conductimétriques.
Exemple. Éthanoate de sodium à c = 4,00 mmol·L⁻¹ = 4,00 mol·m⁻³ : σ = (λ(Na⁺) + λ(CH₃COO⁻)) × c = (5,01 + 4,09) × 4,00 = 36,4 mS·m⁻¹ = 3,64×10⁻² S·m⁻¹.
Dosage par étalonnage. Pour un seul soluté, σ = k·c avec k = somme des λ. On mesure σ pour une gamme de solutions étalons, on trace la droite d'étalonnage σ = f(c), puis on y lit la concentration de la solution inconnue. Même principe avec l'absorbance A = k·c (loi de Beer-Lambert). Méthode non destructive ; la mesure doit se situer dans le domaine de la gamme, à la même température.
Exemple. Droite d'étalonnage de l'éthanoate de sodium : σ = 9,10·c (σ en mS·m⁻¹, c en mol·m⁻³). Une solution donne σ = 22,7 mS·m⁻¹ : c = 22,7 / 9,10 = 2,49 mol·m⁻³, soit 2,49 mmol·L⁻¹.
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Titrage suivi par pH-métrie
Saut de pH. Au voisinage de l'équivalence, le pH varie brutalement. Le point d'équivalence E( ; pHE) se détermine par :
• la méthode des tangentes parallèles : deux tangentes à la courbe, parallèles entre elles, de part et d'autre du saut ; la droite parallèle équidistante coupe la courbe en E ;
• la méthode de la dérivée : est l'abscisse du maximum de .
• la méthode des tangentes parallèles : deux tangentes à la courbe, parallèles entre elles, de part et d'autre du saut ; la droite parallèle équidistante coupe la courbe en E ;
• la méthode de la dérivée : est l'abscisse du maximum de .
| Titrage | pHE à 25 °C | Espèce qui impose le pH à l'équivalence |
|---|---|---|
| acide fort par base forte | = 7 | aucune (Na⁺, Cl⁻ sont indifférents) |
| acide faible par base forte | > 7 | A⁻, base faible |
| base faible par acide fort | < 7 | BH⁺, acide faible |
Demi-équivalence. Pour un acide faible AH titré par HO⁻, à la moitié de AH a été transformée en A⁻ : n(AH) = n(A⁻), donc [AH] = [A⁻] (même volume). Comme , on obtient pH = pKa. De même pour une base faible B titrée par H₃O⁺ : [B] = [BH⁺], donc pH = pKa(BH⁺/B).
Pour un acide fort, il n'existe pas de couple AH/A⁻ à lire : le pH à la demi-équivalence dépend de la concentration et ne donne aucun pKa.
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Titrage suivi par conductimétrie
Principe. On mesure σ après chaque ajout. Si la dilution est négligeable (grand volume d'eau ajouté au départ), σ varie linéairement par morceaux : la courbe est formée de deux segments de droite et est l'abscisse de leur intersection (rupture de pente). Sinon, on trace la conductivité corrigée .
Interpréter une pente. On repère l'ion consommé et l'ion apporté qui le « remplace », puis on compare leurs λ. Après l'équivalence, les ions du titrant s'accumulent : σ augmente.
| Acide chlorhydrique titré par la soude | Ions dont la quantité varie | Évolution de σ |
|---|---|---|
| H₃O⁺ consommé, Na⁺ apporté (Cl⁻ spectateur) | diminue : λ(Na⁺) < λ(H₃O⁺) | |
| Na⁺ et HO⁻ apportés | augmente |
Acide faible titré par la soude. Avant l'équivalence, CH₃COOH (neutre) donne CH₃COO⁻ et Na⁺ apparaît : σ augmente lentement (5,01 + 4,09). Après, Na⁺ et HO⁻ s'accumulent : σ augmente plus vite (5,01 + 19,9).
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Suivi colorimétrique : choisir l'indicateur
Indicateur coloré. Couple acide-base HInd/Ind⁻ dont les deux formes ont des couleurs différentes. Sa zone de virage s'étend environ de pKa(Ind) − 1 à pKa(Ind) + 1.
Règle de choix. On choisit un indicateur dont la zone de virage contient le pH à l'équivalence (elle se trouve alors dans le saut de pH). L'équivalence est repérée par le premier changement de teinte persistant.
| Indicateur | Zone de virage | Teinte acide → teinte basique |
|---|---|---|
| hélianthine | 3,1 – 4,4 | rouge → jaune |
| vert de bromocrésol | 3,8 – 5,4 | jaune → bleu |
| rouge de méthyle | 4,2 – 6,2 | rouge → jaune |
| bleu de bromothymol (BBT) | 6,0 – 7,6 | jaune → bleu (vert dans la zone) |
| rouge de crésol | 7,2 – 8,8 | jaune → rouge |
| phénolphtaléine | 8,2 – 10,0 | incolore → rose |
Le titrage colorimétrique ne donne que : ni la courbe, ni le pKa. On le réserve aux titrages dont le pHE est déjà connu.
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Méthodes
Méthode 1 — Exploiter une courbe de titrage pH-métrique
- Écrire l'équation de la réaction support.
- Déterminer E (tangentes parallèles ou maximum de dpH/dV) : lire et pHE.
- Écrire la relation à l'équivalence et calculer la concentration titrée.
- Si l'espèce titrée est un acide (ou une base) faible : lire le pH à , qui donne le pKa.
- Choisir un indicateur dont la zone de virage contient pHE.
Exemple rédigé. On titre = 10,0 mL d'acide éthanoïque par la soude à = 1,00×10⁻¹ mol·L⁻¹ ; la méthode des tangentes donne E(12,4 mL ; 8,8). Équation : CH₃COOH + HO⁻ → CH₃COO⁻ + H₂O. À l'équivalence, , donc = 1,24×10⁻¹ mol·L⁻¹. À V = 6,2 mL, on lit pH = 4,8 : pKa(CH₃COOH/CH₃COO⁻) = 4,8. pHE = 8,8 > 7 (ion éthanoate, base faible) : la phénolphtaléine (8,2 – 10,0) convient, le BBT (6,0 – 7,6) non.
Méthode 2 — Interpréter une courbe de titrage conductimétrique
- Écrire l'équation ; lister les ions présents au départ, spectateurs compris.
- Avant : identifier l'ion consommé et l'ion apporté ; comparer leurs λ pour justifier le signe de la pente.
- Après : les ions du titrant s'accumulent, σ augmente.
- Lire à l'intersection des deux droites (ou résoudre σ₁(V) = σ₂(V)) et conclure avec la relation à l'équivalence.
Exemple rédigé. Courbe de la section 4 : = 50,0 mL d'acide chlorhydrique titrés par la soude à = 1,00×10⁻² mol·L⁻¹. Avant l'équivalence, chaque H₃O⁺ consommé (35,0) est remplacé par un Na⁺ (5,01) : σ diminue. Après, Na⁺ et HO⁻ s'accumulent : σ augmente, un peu moins vite (5,01 + 19,9 = 24,9 contre 35,0 − 5,01 = 30,0). L'intersection donne = 10,0 mL, d'où = 2,00×10⁻³ mol·L⁻¹.
Méthode 3 — Évaluer l'incertitude-type et comparer à une référence
- Relever , et .
- Composer les incertitudes relatives :
- Calculer , l'arrondir par excès (1 ou 2 chiffres significatifs) et écrire avec le même nombre de décimales.
- Calculer l'écart normalisé : si z ≤ 2, le résultat est compatible avec la référence.
Exemple rédigé. Suite de la méthode 1, avec = 0,10 mL, = 1,0 % et = 0,02 mL : ≈ 1,3 %, donc ≈ 1,6×10⁻³ mol·L⁻¹ et = (0,124 ± 0,002) mol·L⁻¹. Valeur attendue : 0,126 mol·L⁻¹ ; z = |0,124 − 0,126| / 0,0016 ≈ 1,2 ≤ 2 : résultat compatible.
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Pièges et erreurs classiques
Unités dans la loi de Kohlrausch. Les concentrations s'écrivent en mol·m⁻³ : 1 mol·L⁻¹ = 1 000 mol·m⁻³. Oublier ce facteur donne un σ mille fois trop petit.
« À l'équivalence, pH = 7 ». Vrai seulement pour un acide fort titré par une base forte (ou l'inverse). Acide faible titré : pHE > 7 ; base faible titrée : pHE < 7.
Demi-équivalence d'un acide fort. Le pH lu à ne donne aucun pKa : il dépend de la concentration de l'acide.
Choix de l'indicateur. On compare la zone de virage au pH à l'équivalence, pas au pKa du couple titré.
Courbe conductimétrique. Il n'y a pas de « saut » : est l'abscisse de l'intersection des droites tracées avec les points éloignés de l'équivalence (la courbe s'arrondit près de E), pas le point mesuré le plus bas.
Spectateurs et incertitudes. Na⁺ et Cl⁻ ne réagissent pas mais comptent dans σ. Les incertitudes relatives se composent par racine de la somme des carrés : on n'additionne jamais des incertitudes absolues d'unités différentes.
En bref
- Équivalence (mole à mole) : .
- pH-métrie : saut de pH ; E par les tangentes parallèles ou le maximum de dpH/dV ; pHE = 7 (fort/fort), > 7 (acide faible titré), < 7 (base faible titrée).
- Acide ou base faible : à , pH = pKa.
- Kohlrausch : (S·m⁻¹, S·m²·mol⁻¹, mol·m⁻³) ; étalonnage : σ = k·c.
- Conductimétrie : deux droites dont les pentes s'expliquent par les λ des ions apparus et disparus ; à la rupture de pente.
- Indicateur : sa zone de virage contient pHE.
- Incertitude : = racine de la somme des carrés des incertitudes relatives ; compatible si z ≤ 2.
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