06 29 33 79 32 Je réserve ici
Spécialité Physique-Chimie Terminale

Ressources · Terminale · Spécialité Physique-Chimie

Titrages suivis par pH-métrie et conductimétrie

Constitution et transformations de la matière — analyser un système par des méthodes physiques (conductimétrie, loi de Kohlrausch, absorbance) et chimiques (titrages suivis par pH-métrie, conductimétrie et colorimétrie)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité physique-chimie en terminale sur « Titrages suivis par pH-métrie et conductimétrie » suit le programme officiel de spécialité physique-chimie de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel, Conductivité, loi de Kohlrausch et dosage par étalonnage, Titrage suivi par pH-métrie, Titrage suivi par conductimétrie. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en spécialité physique-chimie.
1

L'essentiel

Rappel de 1re. Titrer une espèce, c'est déterminer sa quantité grâce à une réaction support totale, rapide et unique avec un réactif titrant de concentration connue. À l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques : ils sont entièrement consommés et le réactif limitant change.
Relation à l'équivalence. Pour la réaction a A + b B → …, où A est titré et B titrant : nAa=nB,Eb. Pour un titrage acide-base mole à mole : CAVA=CBVE
Réactions support (totales) étudiées en Terminale.
• acide fort : H₃O⁺ + HO⁻ → 2 H₂O
• acide faible : AH + HO⁻ → A⁻ + H₂O
• base faible : B + H₃O⁺ → BH⁺ + H₂O
Trois suivis possibles. pH-métrique : on trace pH = f(V) ; conductimétrique : on trace σ = f(V) ; colorimétrique : un indicateur coloré change de teinte à l'équivalence.
2

Conductivité, loi de Kohlrausch et dosage par étalonnage

Loi de Kohlrausch. Pour une solution diluée, chaque ion contribue à la conductivité : σ=∑iλi[Xi] σ en S·m⁻¹ ; λᵢ, conductivité molaire ionique, en S·m²·mol⁻¹ ; [Xᵢ] en mol·m⁻³ (1 mmol·L⁻¹ = 1 mol·m⁻³ ; 1 mol·L⁻¹ = 10³ mol·m⁻³).
Ion (25 °C)H₃O⁺HO⁻Na⁺Cl⁻CH₃COO⁻NH₄⁺
λ (mS·m²·mol⁻¹)35,019,95,017,634,097,34
H₃O⁺ et HO⁻ conduisent beaucoup mieux que tous les autres ions : c'est la clé de toutes les interprétations de courbes conductimétriques.
Exemple. Éthanoate de sodium à c = 4,00 mmol·L⁻¹ = 4,00 mol·m⁻³ : σ = (λ(Na⁺) + λ(CH₃COO⁻)) × c = (5,01 + 4,09) × 4,00 = 36,4 mS·m⁻¹ = 3,64×10⁻² S·m⁻¹.
Dosage par étalonnage. Pour un seul soluté, σ = k·c avec k = somme des λ. On mesure σ pour une gamme de solutions étalons, on trace la droite d'étalonnage σ = f(c), puis on y lit la concentration de la solution inconnue. Même principe avec l'absorbance A = k·c (loi de Beer-Lambert). Méthode non destructive ; la mesure doit se situer dans le domaine de la gamme, à la même température.
Exemple. Droite d'étalonnage de l'éthanoate de sodium : σ = 9,10·c (σ en mS·m⁻¹, c en mol·m⁻³). Une solution donne σ = 22,7 mS·m⁻¹ : c = 22,7 / 9,10 = 2,49 mol·m⁻³, soit 2,49 mmol·L⁻¹.
3

Titrage suivi par pH-métrie

Saut de pH. Au voisinage de l'équivalence, le pH varie brutalement. Le point d'équivalence E(VE ; pHE) se détermine par :
• la méthode des tangentes parallèles : deux tangentes à la courbe, parallèles entre elles, de part et d'autre du saut ; la droite parallèle équidistante coupe la courbe en E ;
• la méthode de la dérivée : VE est l'abscisse du maximum de dpHdV.
TitragepHE à 25 °CEspèce qui impose le pH à l'équivalence
acide fort par base forte= 7aucune (Na⁺, Cl⁻ sont indifférents)
acide faible par base forte> 7A⁻, base faible
base faible par acide fort< 7BH⁺, acide faible
Demi-équivalence. Pour un acide faible AH titré par HO⁻, à V=VE/2 la moitié de AH a été transformée en A⁻ : n(AH) = n(A⁻), donc [AH] = [A⁻] (même volume). Comme pH=pKa+log[A−][AH], on obtient pH = pKa. De même pour une base faible B titrée par H₃O⁺ : [B] = [BH⁺], donc pH = pKa(BH⁺/B).
Pour un acide fort, il n'existe pas de couple AH/A⁻ à lire : le pH à la demi-équivalence dépend de la concentration et ne donne aucun pKa.
4

Titrage suivi par conductimétrie

Principe. On mesure σ après chaque ajout. Si la dilution est négligeable (grand volume d'eau ajouté au départ), σ varie linéairement par morceaux : la courbe est formée de deux segments de droite et VE est l'abscisse de leur intersection (rupture de pente). Sinon, on trace la conductivité corrigée σ′=σV0+VV0.
Interpréter une pente. On repère l'ion consommé et l'ion apporté qui le « remplace », puis on compare leurs λ. Après l'équivalence, les ions du titrant s'accumulent : σ augmente.
Acide chlorhydrique titré par la soudeIons dont la quantité varieÉvolution de σ
V<VEH₃O⁺ consommé, Na⁺ apporté (Cl⁻ spectateur)diminue : λ(Na⁺) < λ(H₃O⁺)
V>VENa⁺ et HO⁻ apportésaugmente
Acide faible titré par la soude. Avant l'équivalence, CH₃COOH (neutre) donne CH₃COO⁻ et Na⁺ apparaît : σ augmente lentement (5,01 + 4,09). Après, Na⁺ et HO⁻ s'accumulent : σ augmente plus vite (5,01 + 19,9).
5

Suivi colorimétrique : choisir l'indicateur

Indicateur coloré. Couple acide-base HInd/Ind⁻ dont les deux formes ont des couleurs différentes. Sa zone de virage s'étend environ de pKa(Ind) − 1 à pKa(Ind) + 1.
Règle de choix. On choisit un indicateur dont la zone de virage contient le pH à l'équivalence (elle se trouve alors dans le saut de pH). L'équivalence est repérée par le premier changement de teinte persistant.
IndicateurZone de virageTeinte acide → teinte basique
hélianthine3,1 – 4,4rouge → jaune
vert de bromocrésol3,8 – 5,4jaune → bleu
rouge de méthyle4,2 – 6,2rouge → jaune
bleu de bromothymol (BBT)6,0 – 7,6jaune → bleu (vert dans la zone)
rouge de crésol7,2 – 8,8jaune → rouge
phénolphtaléine8,2 – 10,0incolore → rose
Le titrage colorimétrique ne donne que VE : ni la courbe, ni le pKa. On le réserve aux titrages dont le pHE est déjà connu.
6

Méthodes

Méthode 1 — Exploiter une courbe de titrage pH-métrique
  1. Écrire l'équation de la réaction support.
  2. Déterminer E (tangentes parallèles ou maximum de dpH/dV) : lire VE et pHE.
  3. Écrire la relation à l'équivalence et calculer la concentration titrée.
  4. Si l'espèce titrée est un acide (ou une base) faible : lire le pH à VE/2, qui donne le pKa.
  5. Choisir un indicateur dont la zone de virage contient pHE.
Exemple rédigé. On titre VA = 10,0 mL d'acide éthanoïque par la soude à CB = 1,00×10⁻¹ mol·L⁻¹ ; la méthode des tangentes donne E(12,4 mL ; 8,8). Équation : CH₃COOH + HO⁻ → CH₃COO⁻ + H₂O. À l'équivalence, CAVA=CBVE, donc CA=1,00×10−1×12,410,0 = 1,24×10⁻¹ mol·L⁻¹. À V = 6,2 mL, on lit pH = 4,8 : pKa(CH₃COOH/CH₃COO⁻) = 4,8. pHE = 8,8 > 7 (ion éthanoate, base faible) : la phénolphtaléine (8,2 – 10,0) convient, le BBT (6,0 – 7,6) non.
Méthode 2 — Interpréter une courbe de titrage conductimétrique
  1. Écrire l'équation ; lister les ions présents au départ, spectateurs compris.
  2. Avant VE : identifier l'ion consommé et l'ion apporté ; comparer leurs λ pour justifier le signe de la pente.
  3. Après VE : les ions du titrant s'accumulent, σ augmente.
  4. Lire VE à l'intersection des deux droites (ou résoudre σ₁(V) = σ₂(V)) et conclure avec la relation à l'équivalence.
Exemple rédigé. Courbe de la section 4 : VA = 50,0 mL d'acide chlorhydrique titrés par la soude à CB = 1,00×10⁻² mol·L⁻¹. Avant l'équivalence, chaque H₃O⁺ consommé (35,0) est remplacé par un Na⁺ (5,01) : σ diminue. Après, Na⁺ et HO⁻ s'accumulent : σ augmente, un peu moins vite (5,01 + 19,9 = 24,9 contre 35,0 − 5,01 = 30,0). L'intersection donne VE = 10,0 mL, d'où CA=CBVEVA=1,00×10−2×10,050,0 = 2,00×10⁻³ mol·L⁻¹.
Méthode 3 — Évaluer l'incertitude-type et comparer à une référence
  1. Relever u(VE), u(CB) et u(VA).
  2. Composer les incertitudes relatives : u(CA)CA=(u(VE)VE)2+(u(CB)CB)2+(u(VA)VA)2
  3. Calculer u(CA), l'arrondir par excès (1 ou 2 chiffres significatifs) et écrire CA avec le même nombre de décimales.
  4. Calculer l'écart normalisé z=|CA−Créf|u(CA) : si z ≤ 2, le résultat est compatible avec la référence.
Exemple rédigé. Suite de la méthode 1, avec u(VE) = 0,10 mL, u(CB)/CB = 1,0 % et u(VA) = 0,02 mL : u(CA)CA=(0,1012,4)2+0,0102+(0,0210,0)2 ≈ 1,3 %, donc u(CA) ≈ 1,6×10⁻³ mol·L⁻¹ et CA = (0,124 ± 0,002) mol·L⁻¹. Valeur attendue : 0,126 mol·L⁻¹ ; z = |0,124 − 0,126| / 0,0016 ≈ 1,2 ≤ 2 : résultat compatible.
7

Pièges et erreurs classiques

Unités dans la loi de Kohlrausch. Les concentrations s'écrivent en mol·m⁻³ : 1 mol·L⁻¹ = 1 000 mol·m⁻³. Oublier ce facteur donne un σ mille fois trop petit.
« À l'équivalence, pH = 7 ». Vrai seulement pour un acide fort titré par une base forte (ou l'inverse). Acide faible titré : pHE > 7 ; base faible titrée : pHE < 7.
Demi-équivalence d'un acide fort. Le pH lu à VE/2 ne donne aucun pKa : il dépend de la concentration de l'acide.
Choix de l'indicateur. On compare la zone de virage au pH à l'équivalence, pas au pKa du couple titré.
Courbe conductimétrique. Il n'y a pas de « saut » : VE est l'abscisse de l'intersection des droites tracées avec les points éloignés de l'équivalence (la courbe s'arrondit près de E), pas le point mesuré le plus bas.
Spectateurs et incertitudes. Na⁺ et Cl⁻ ne réagissent pas mais comptent dans σ. Les incertitudes relatives se composent par racine de la somme des carrés : on n'additionne jamais des incertitudes absolues d'unités différentes.
En bref
  • Équivalence (mole à mole) : CAVA=CBVE.
  • pH-métrie : saut de pH ; E par les tangentes parallèles ou le maximum de dpH/dV ; pHE = 7 (fort/fort), > 7 (acide faible titré), < 7 (base faible titrée).
  • Acide ou base faible : à VE/2, pH = pKa.
  • Kohlrausch : σ=∑λi[Xi] (S·m⁻¹, S·m²·mol⁻¹, mol·m⁻³) ; étalonnage : σ = k·c.
  • Conductimétrie : deux droites dont les pentes s'expliquent par les λ des ions apparus et disparus ; VE à la rupture de pente.
  • Indicateur : sa zone de virage contient pHE.
  • Incertitude : u(CA)/CA = racine de la somme des carrés des incertitudes relatives ; compatible si z ≤ 2.
Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof de physique-chimie à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs