06 29 33 79 32 Je réserve ici
Terminale

Ressources · Terminale ·

Thème 1 — Axe 1 : conquêtes, affirmations de puissance et rivalités

Course à l'espace pendant la guerre froide, dissuasion nucléaire et forces de projection maritimes (spécialité HGGSP de Tle)

À propos de cette page
Ce cours d' en terminale sur « Thème 1 — Axe 1 : conquêtes, affirmations de puissance et rivalités » suit le programme officiel d' de terminale. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Océan et espace : deux espaces de conquête singuliers, Des V2 à Spoutnik : une conquête née de la guerre (1944-1958), La course à la Lune : une compétition idéologique (1959-1975), De nouveaux acteurs : puissances spatiales et New Space. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale à réussir en .

2 sujets de dissertation traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.

Tombés au bac sur cette question

Les sujets réels des sessions précédentes : les deux premiers sont corrigés ci-dessous.

Sujet 1 — La conquête spatiale : un enjeu idéologique et de puissance.

Analyse des termes — La conquête spatiale désigne l'accès à l'espace extra-atmosphérique, son exploration et son utilisation (lanceurs, satellites, vols habités) ; « idéologique » renvoie à la démonstration de la supériorité d'un modèle, « puissance » aux moyens militaires, technologiques et de prestige. Les bornes vont de Spoutnik (1957), avec l'héritage des V2, à aujourd'hui.

Problématique — En quoi la conquête spatiale, née de l'affrontement de deux modèles pendant la guerre froide, est-elle devenue un instrument durable de puissance, revendiqué par des acteurs toujours plus nombreux ?

Introduction rédigéeLe 4 octobre 1957, un petit satellite soviétique de 83,6 kg, Spoutnik 1, fait le tour de la Terre en émettant un simple signal radio ; aux États-Unis, l'événement est vécu à la fois comme une humiliation et comme une menace. La conquête spatiale désigne l'ensemble des efforts pour accéder à l'espace extra-atmosphérique, l'explorer et l'utiliser, grâce à des lanceurs, des satellites et des vols habités. Elle est un enjeu idéologique lorsqu'elle sert à prouver la supériorité d'un modèle politique, et un enjeu de puissance lorsqu'elle donne à un acteur des moyens d'imposer sa volonté ou d'étendre son influence : force militaire, avance technologique, prestige. Née pendant la guerre froide, la course à l'espace oppose d'abord les États-Unis et l'URSS ; mais l'espace compte aujourd'hui des dizaines d'États et d'entreprises. On peut donc se demander en quoi la conquête spatiale, née de l'affrontement de deux modèles, est devenue un instrument durable de puissance, revendiqué par des acteurs toujours plus nombreux. Nous verrons d'abord qu'elle est, de 1957 à 1975, une course idéologique entre les deux Grands, puis qu'elle est dès l'origine un instrument de puissance militaire, avant de montrer qu'elle est devenue un attribut de puissance recherché par de nouveaux acteurs.

I. Une course idéologique entre les deux Grands (1957-1975)

  • Les « premières » soviétiques, vitrines du socialismeSpoutnik 1 (4 octobre 1957), Gagarine (12 avril 1961), Terechkova (1963) : Khrouchtchev présente chaque exploit comme la preuve de la supériorité soviétique.
  • La mobilisation américaine en réponseCréation de la NASA (29 juillet 1958), discours de Kennedy au Congrès (25 mai 1961) ; en 1966, la NASA absorbe environ 4,4 % des dépenses fédérales.
  • Apollo 11, victoire symbolique et fin de la course20-21 juillet 1969 : drapeau américain et plaque « Nous sommes venus en paix au nom de toute l'humanité » ; échecs de la fusée soviétique N1 (1969-1972) ; Apollo-Soyouz (1975).

II. Dès l'origine, un instrument de puissance militaire

  • Les lanceurs sont des missilesLes V2 frappent Paris et Londres le 8 septembre 1944 ; la R-7 de Spoutnik est un missile intercontinental ; les fusées Atlas et Titan de la NASA sont des missiles adaptés.
  • Les satellites, yeux et oreilles des arméesSatellites de reconnaissance Corona (1960) ; GPS opérationnel en 1995 ; la guerre du Golfe (1991), « première guerre spatiale ».
  • Vers l'arsenalisationIDS de Reagan (23 mars 1983) ; essais antisatellites de l'Inde (2019) et de la Russie (15 novembre 2021) ; Space Force (20 décembre 2019).

III. Un attribut de puissance recherché par de nouveaux acteurs

  • L'autonomie stratégique de la France et de l'EuropeAstérix (26 novembre 1965), la France troisième puissance spatiale ; ESA (1975), Ariane (24 décembre 1979), Galileo (2016).
  • Le prestige des puissances émergentesChandrayaan-3, sonde indienne posée près du pôle Sud lunaire le 23 août 2023 ; satellites iranien (2009) et nord-coréen (2012), aux lanceurs proches de missiles.
  • Des entreprises devenues acteurs géopolitiquesSpaceX (fondée en 2002, en orbite en 2008) ; Starlink fournit Internet à l'armée ukrainienne depuis 2022 ; ces entreprises vivent largement de contrats publics.
Conclusion rédigéeLa conquête spatiale a bien été un enjeu idéologique : de Spoutnik à Apollo 11, les deux Grands ont transformé chaque « première » en preuve de la supériorité de leur modèle. Mais l'idéologie n'était que la face visible d'un enjeu de puissance plus durable : les lanceurs sont des missiles, les satellites sont les yeux des armées, et l'espace est devenu, avec la Space Force (2019) et les essais antisatellites, un domaine de conflictualité. Loin de disparaître avec la guerre froide, cet enjeu s'est diffusé : l'Europe y cherche son autonomie, l'Inde son prestige, des entreprises comme SpaceX une place d'acteur géopolitique. Reste à savoir si le droit de l'espace, fondé sur le traité de 1967, et les coopérations internationales, comme la Station spatiale internationale, pourront encadrer cette compétition renouvelée.

Le piège — Raconter la chronologie des « premières » de 1957 à 1969 et s'arrêter là : le sujet porte aussi sur la puissance, donc sur la dimension militaire et sur les nouveaux acteurs jusqu'à aujourd'hui.

Sujet 2 — Mers et océans, des espaces de l'exercice de la puissance au XXIe siècle.

Analyse des termes — Les mers et les océans couvrent environ 71 % de la surface du globe ; « l'exercice de la puissance » désigne l'usage effectif de la mer pour dissuader, projeter des forces, contrôler des routes et imposer sa volonté. Le sujet est borné au XXIe siècle : l'histoire du XXe siècle ne sert qu'à expliquer l'origine des outils.

Problématique — Comment les mers et les océans sont-ils devenus, au XXIe siècle, des espaces où la puissance se démontre, s'exerce et se conteste, entre des États aux capacités très inégales et de nouveaux acteurs ?

Introduction rédigéeLe 14 avril 2022, le croiseur Moskva, navire amiral de la flotte russe de la mer Noire, coule après avoir été frappé, selon Kiev, par deux missiles ukrainiens : un État sans grande marine inflige à une puissance nucléaire l'une de ses pertes navales les plus spectaculaires. Les mers et les océans, qui couvrent environ 71 % de la surface du globe, ne sont pas seulement des espaces de circulation ; ce sont aussi des espaces où s'exerce la puissance, c'est-à-dire la capacité d'un acteur à dissuader, à agir au loin, à protéger ses intérêts et à imposer sa volonté. Au XXIe siècle, cet exercice s'appuie sur des outils hérités de la guerre froide, sous-marins nucléaires et porte-avions, mais il se heurte à des contestations nouvelles, venues d'États comme d'acteurs non étatiques. On se demandera donc comment les mers et les océans sont devenus, au XXIe siècle, des espaces où la puissance se démontre, s'exerce et se conteste. Nous verrons d'abord que les océans restent le socle militaire des grandes puissances, puis qu'ils sont des espaces de rivalités ouvertes et de contestation, avant d'étudier les nouvelles frontières de la puissance maritime.

I. Les océans, socle militaire des grandes puissances

  • Le sanctuaire de la dissuasionSix États possèdent des SNLE (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde depuis 2016) ; la France maintient au moins un SNLE en mer en permanence depuis 1972.
  • La projection de forces par les porte-avionsOnze porte-avions nucléaires américains ; le Charles-de-Gaulle engagé en Afghanistan (2001), en Libye (2011), en Syrie et en Irak (à partir de 2015).
  • La protection des routes et des détroitsPlus de 80 % du commerce mondial en volume passe par la mer (CNUCED) ; Ormuz, Bab el-Mandeb, Malacca ; opération européenne Atalanta contre la piraterie somalienne depuis 2008.

II. Des espaces de rivalités ouvertes et de contestation

  • Le retour de la guerre navale entre ÉtatsAnnexion de la Crimée et de la base de Sébastopol (2014) ; le croiseur russe Moskva coule le 14 avril 2022 ; drones navals ukrainiens.
  • Des acteurs non étatiques qui défient les grandes marinesAttaques des Houthis contre des navires marchands depuis novembre 2023 ; opérations navales américaine (décembre 2023) et européenne Aspides (février 2024).
  • Des marines qui se montrent pour peserLe porte-avions russe Amiral Kouznetsov au large de la Syrie (2016) ; mise en service des porte-avions britannique HMS Queen Elizabeth (2017) et indien Vikrant (2022).

III. De nouvelles frontières de la puissance maritime

  • Les grands fonds et les câbles, nouveau champ de conflictualitéSabotage des gazoducs Nord Stream (26 septembre 2022) ; la France adopte en 2022 une stratégie ministérielle de maîtrise des fonds marins.
  • Des outils de puissance remis en questionMissiles antinavires et drones peu coûteux menacent les grands navires ; la France annonce pourtant en décembre 2020 un porte-avions de nouvelle génération.
  • Des espaces qui s'ouvrent aux rivalitésArctique : la fonte des glaces ouvre des routes et renforce le poids de la flotte russe du Nord.
Conclusion rédigéeAu XXIe siècle, les mers et les océans restent des espaces majeurs de l'exercice de la puissance : ils abritent la dissuasion nucléaire, permettent la projection de forces et portent l'essentiel du commerce mondial. Mais cette puissance est de plus en plus contestée : la guerre navale est revenue en mer Noire, des groupes armés menacent les routes de la mer Rouge, et des armes peu coûteuses mettent en danger les navires les plus prestigieux. La puissance maritime se joue désormais aussi dans les grands fonds, le long des câbles et dans l'Arctique. Ces rivalités coexistent pourtant avec des règles et des coopérations, comme le droit de la mer, qu'il faudra étudier pour comprendre comment les États tentent d'encadrer la compétition, notamment face à l'essor naval chinois, objet de travail conclusif du thème.

Le piège — Traiter le sujet comme une histoire de la guerre froide (Cuba, George Washington) : le sujet est borné au XXIe siècle. Autre erreur : réduire la puissance maritime à la seule marine de guerre, en oubliant routes, câbles, fonds marins et acteurs non étatiques.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof d'histoire-géo à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs