« Défendre » suppose que la vérité soit exposée, donc fragile, ce qui est paradoxal pour ce qui prétend valoir indépendamment de nous. Le sujet demande d'identifier ses adversaires : l'erreur, qui se trompe, le mensonge, qui trompe, et le dogmatisme, qui croit détenir le vrai.
La vérité doit-elle être défendue contre ce qui la contredit, ou d'abord contre ceux qui prétendent la détenir ?
Le plan en trois parties
Contre l'erreur et l'illusion
- Les premières évidences sont des obstacles : c'est contre elles qu'il faut protéger la connaissance naissante.Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique
- L'illusion n'est pas une erreur ordinaire : elle est soutenue par un désir, ce qui la rend tenace.Freud, L'Avenir d'une illusion
- Les prisonniers tiennent les ombres pour la réalité : l'illusion collective n'a pas besoin de menteur.Platon, République VII
Contre le mensonge organisé et les pouvoirs
- Le mensonge moderne ne nie plus un fait, il réécrit tout le contexte : c'est la réalité commune qui est visée.Arendt, Vérité et politique
- Les représentations dominantes présentent comme naturel ce qui sert un intérêt particulier.Marx, L'Idéologie allemande
- Le pouvoir ne se contente pas de censurer : il produit ce qui pourra être dit et reçu comme vrai.Foucault, Surveiller et punir
Contre ses propres défenseurs : le dogmatisme
- Une thèse qu'aucun fait ne pourrait démentir n'est pas protégée, elle est vide.Popper, Conjectures et réfutations
- Suspendre son jugement quand les raisons s'équilibrent protège mieux le vrai que l'affirmation pressée.Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes
- Se demander « que sais-je ? » n'est pas renoncer au vrai : c'est refuser de brûler autrui pour une conjecture.Montaigne, Essais
Une vérité qui a besoin d'être protégée par la loi reste-t-elle une vérité, ou devient-elle un dogme ?