Le rite est un acte réglé, répété, collectif, qui sépare un temps et un espace du cours ordinaire de la vie. La question porte moins sur son origine religieuse que sur sa fonction dans le lien social.
Les rites sont-ils des survivances d’un âge religieux, ou la forme par laquelle toute société se rend présente à elle-même ?
Le plan en trois parties
Le rite paraît archaïque dans une société rationalisée
- La rationalisation vide les gestes de leur efficacité magique supposée.Weber, Le Savant et le Politique
- L’âge positif remplace les cérémonies par la procédure et l’expertise.Comte, Cours de philosophie positive
- Le rite répété sans croyance devient superstition : l’acte survit à son sens.Spinoza, Traité théologico-politique
Mais le rite fait le groupe, indépendamment de ce qu’on y croit
- Le culte produit l’effervescence par laquelle la société se ressaisit comme unité.Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse
- Le rite instaure un temps qualitatif, distinct de la durée profane.Eliade, Le Sacré et le Profane
- Une pratique partagée est la forme de vie où une croyance a son sens.Wittgenstein, Leçons sur la croyance religieuse
Des rites civils remplacent les rites religieux sans les abolir
- Une religion civile fournit les symboles minimaux de l’appartenance politique.Rousseau, Du contrat social
- Le culte public relève de la souveraineté, la conviction intérieure du for privé.Hobbes, Léviathan
- Commémorations et cérémonies républicaines occupent la place laissée vide.Tocqueville, De la démocratie en Amérique
Une société qui ne commémore plus rien peut-elle encore dire « nous » ?