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Lycée · Terminale · Philosophie

La religion et la foi

Croire, savoir et pratiquer : la religion entre raison et transcendance (programme de Terminale, thème La connaissance)

À propos de cette page
Ce lexique sur « La religion et la foi » en terminale donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Qu'est-ce qu'une religion ? Croyances, rites, communauté, Croire et savoir : deux régimes de l'assentiment, Peut-on prouver Dieu ? Les preuves classiques et leur critique, La foi contre la preuve : le pari et le saut. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue des philosophes, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de dissertation. Les repères du programme (légal/légitime, en fait/en droit…) sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de terminale.

Religion

Système solidaire de croyances portant sur une réalité tenue pour sacrée et de pratiques rituelles, qui unit ceux qui les partagent en une même communauté.

Synonymes

  • Culte — désigne la pratique organisée et ses rites, non l'ensemble des croyances
  • Confession — désigne une religion en tant qu'elle se distingue d'une autre par son credo

Antonymes

  • Athéisme — nie l'existence de Dieu, mais peut conserver des formes de sacré et de rite
  • Laïcité — n'est pas le contraire de la religion, mais le régime juridique qui les tient toutes à égale distance de l'État

À ne pas confondre

  • Foi — la foi est l'acte personnel d'adhérer, la religion l'institution collective qui le porte
  • Spiritualité — la spiritualité peut se passer de communauté et de dogme, la religion non

Selon l'époque et le point de vue — Latin : religare (relier) selon Lactance, relegere (relire scrupuleusement) selon Cicéron · Moyen Âge : la religion est le vrai, les autres cultes sont erreur · Lumières : on parle de religion naturelle, commune à tous les hommes · Durkheim (1912) : un fait social défini par le partage du sacré, non par Dieu · aujourd'hui : le mot couvre aussi des pratiques sans dieu, ce qui reste discuté.

Ce que le mot permet d'écrire — Servez-vous de la définition en trois éléments pour ouvrir une distinction : un sujet portant sur la croyance individuelle se retourne dès qu'on rappelle la dimension communautaire et rituelle.

Foi

Adhésion personnelle et confiante à une vérité qu'on ne peut ni démontrer ni vérifier, et qui engage celui qui l'affirme.

Synonymes

  • Confiance — la confiance porte sur une personne dans l'ordre ordinaire ; la foi religieuse engage une vie entière
  • Conviction — la conviction peut s'appuyer sur des raisons ; la foi assume de s'en passer

Antonymes

  • Doute — le doute suspend l'assentiment, alors que la foi l'accorde sans preuve
  • Incrédulité — refus d'accorder créance, qui n'est pas nécessairement une négation de l'existence de Dieu

À ne pas confondre

  • Croyance — toute foi est une croyance, mais toute croyance n'est pas une foi : on croit qu'il pleuvra sans s'y engager
  • Savoir — le savoir peut être exigé d'autrui par des preuves, la foi seulement proposée

Selon l'époque et le point de vue — Hébreu et grec bibliques : pistis, la fidélité autant que la croyance · Augustin et Anselme : la foi cherche l'intelligence · Pascal : c'est le cœur qui sent Dieu, non la raison · Kierkegaard : un saut paradoxal · Kant : une croyance rationnelle pratique, exigée par la morale · usage courant : tout engagement sans garantie, y compris laïque (avoir foi en l'avenir).

Ce que le mot permet d'écrire — Le mot est la clé du sujet « N'y a-t-il de foi que religieuse ? » : montrez qu'il existe une foi en la parole d'autrui, en la science des autres, en une promesse — et demandez ensuite ce que la foi religieuse a de propre.

Croyance

Assentiment donné à une proposition sans disposer d'une preuve suffisante pour l'imposer à tout esprit.

Synonymes

  • Opinion — l'opinion se sait incertaine, la croyance peut être vécue comme une certitude
  • Adhésion — insiste sur l'acte du sujet plutôt que sur le contenu cru

Antonymes

  • Science — la science exhibe ses preuves et se révise, la croyance non
  • Scepticisme — refus de principe de tout assentiment non garanti

À ne pas confondre

  • Superstition — la superstition croit à des liens de cause à effet imaginaires, la croyance religieuse engage un sens
  • Savoir — on peut savoir sans être convaincu, et croire avec une certitude entière

Selon l'époque et le point de vue — Platon : la doxa tombe parfois juste, mais ne peut rendre raison · Kant : trois degrés, opinion, foi, savoir · Hume : la croyance est une vivacité de l'idée produite par l'habitude, y compris en science · William James : croire peut être légitime quand l'option est vivante, forcée et décisive · contemporain : les sciences cognitives étudient la formation des croyances sans en juger la vérité.

Ce que le mot permet d'écrire — Le levier du sujet « Savoir, est-ce ne rien croire ? » : montrez que le savoir lui-même repose sur des croyances de second rang (confiance dans les instruments, dans les pairs, dans l'uniformité de la nature).

Savoir

Connaissance dont on peut rendre raison, et dont les preuves valent pour tout esprit qui les examine.

Synonymes

  • Science — la science est un savoir méthodique et systématique, le savoir peut être ponctuel
  • Connaissance — peut désigner un simple contact avec un objet, sans justification explicite

Antonymes

  • Ignorance — absence de connaissance, alors que la croyance en est un substitut assumé
  • Croyance — opposition de droit et non de fait : un savoir peut être cru avant d'être démontré

À ne pas confondre

  • Certitude — la certitude est un état subjectif, le savoir une justification objective ; on peut être certain à tort
  • Vérité — la vérité qualifie l'énoncé, le savoir le rapport du sujet à cet énoncé

Selon l'époque et le point de vue — Platon : opinion vraie accompagnée de raison · Aristote : connaissance par les causes · Descartes : ce qui résiste au doute méthodique · Kant : suffisant subjectivement et objectivement · Popper : un savoir scientifique est un savoir réfutable, donc toujours provisoire.

Ce que le mot permet d'écrire — Indispensable pour cadrer tout sujet croire / savoir : posez d'abord la différence de droit (la preuve), puis montrez qu'en fait les deux se mêlent, et vous tenez vos deux premières parties.

Sacré

Ce qui est mis à part, entouré d'interdits et de respect, et qu'on ne peut traiter comme une chose ordinaire.

Synonymes

  • Saint — le saint est sacré et moralement bon, le sacré peut être terrifiant ou impur
  • Inviolable — traduit le sacré en langage juridique, sans référence au divin

Antonymes

  • Profane — le domaine ordinaire des activités utiles, non le contraire du bien
  • Banal — désigne l'absence de valeur, non la séparation rituelle

À ne pas confondre

  • Divin — on peut sacraliser sans dieu : une patrie, un drapeau, la dignité de la personne
  • Tabou — le tabou est l'interdit lui-même, le sacré la qualité de ce qu'il protège

Selon l'époque et le point de vue — Rome : sacer désigne ce qui est retiré à l'usage commun, en bien comme en mal · Durkheim (1912) : la coupure sacré / profane est la structure de toute religion · Rudolf Otto (1917) : le sacré est vécu comme mystère à la fois terrifiant et fascinant · Mircea Eliade : le sacré fait apparaître un ordre du monde · aujourd'hui : on parle de sacralisation des droits humains, hors de toute religion.

Ce que le mot permet d'écrire — C'est le concept qui permet de traiter les religions sans Dieu, et de montrer que des sociétés sécularisées conservent des interdits sacrés.

Superstition

Croyance en des liaisons causales imaginaires entre des signes et des événements, entretenue par la crainte et détachée de tout contenu rationnel.

Synonymes

  • Crédulité — désigne la disposition à croire, la superstition un contenu de croyance
  • Magie — la magie prétend agir sur le réel, la superstition se contente souvent de le présager

Antonymes

  • Religion éclairée — religion ramenée par Spinoza ou Kant à la justice et à la charité
  • Science — établit les causes réelles, là où la superstition en invente

À ne pas confondre

  • Religion — la frontière est polémique : chacun appelle superstition la religion d'autrui

Selon l'époque et le point de vue — Latin : superstitio, l'excès de scrupule rituel, opposé par les Romains à la religio bien réglée · Spinoza (1670) : elle naît de la crainte et se nourrit de l'ignorance des causes · Lumières : Voltaire en fait l'ennemi principal, plus que la croyance en Dieu · Durkheim : la distinction religion / superstition tient surtout à la reconnaissance sociale.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne l'employez jamais comme une insulte. Sa vraie valeur en copie est de poser une question : qui décide qu'une croyance est superstitieuse, et selon quel critère ?

Athéisme

Position qui affirme l'inexistence de Dieu, et non simple absence de croyance.

Synonymes

  • Irréligion — vise le rejet des institutions religieuses, pas nécessairement l'existence de Dieu
  • Matérialisme — thèse sur la nature du réel, qui implique souvent l'athéisme sans s'y réduire

Antonymes

  • Théisme — affirme un Dieu personnel qui intervient dans le monde
  • Déisme — affirme un Dieu sans révélation ni culte, la religion de la raison seule

À ne pas confondre

  • Agnosticisme — l'agnostique déclare la question indécidable, l'athée la tranche
  • Indifférence — l'athéisme est une thèse, l'indifférence un refus de la question

Selon l'époque et le point de vue — Antiquité : le mot sert d'accusation politique, adressée à Socrate puis aux premiers chrétiens · XVIIIe siècle : d'Holbach et Diderot en font une doctrine assumée · Kant : l'athéisme dogmatique excède les pouvoirs de la raison autant que la théologie · Nietzsche : la mort de Dieu est un événement culturel, pas une réfutation · XXe siècle : Sartre en tire une conséquence morale, l'homme est condamné à être libre.

Ce que le mot permet d'écrire — Utile pour la troisième partie : si la raison ne peut pas prouver Dieu, elle ne peut pas non plus le nier, et l'athéisme militant retombe dans le dogmatisme qu'il dénonce.

Agnosticisme

Position selon laquelle l'existence de Dieu est indécidable pour l'entendement humain, qui suspend donc son jugement.

Synonymes

  • Scepticisme religieux — insiste sur le doute, l'agnosticisme sur l'impossibilité de principe

Antonymes

  • Dogmatisme — tranche la question, dans un sens ou dans l'autre

À ne pas confondre

  • Athéisme — l'athée sait que Dieu n'est pas, l'agnostique sait qu'il ne peut pas savoir

Selon l'époque et le point de vue — Le mot est forgé par Thomas Huxley en 1869 · mais la position est kantienne : les Idées de la raison (Dieu, l'âme, le monde) ne sont pas des objets d'expérience possible · usage courant : souvent confondu avec l'indifférence, alors qu'il exige une réflexion sur les limites du savoir.

Ce que le mot permet d'écrire — Sert de charnière entre thèse et antithèse sur les sujets de preuve : ni prouver, ni réfuter, donc déplacer la question.

Dogme

Proposition tenue pour vraie par l'autorité d'une institution, et soustraite à la discussion de ses membres.

Synonymes

  • Article de foi — insiste sur le contenu cru plutôt que sur l'autorité qui le fixe
  • Credo — désigne l'ensemble organisé des dogmes, formulé pour être récité

Antonymes

  • Hypothèse — posée pour être éprouvée, donc révisable par principe
  • Libre examen — principe qui soumet toute proposition au jugement individuel

À ne pas confondre

  • Vérité — le dogme tient sa force de l'autorité, la vérité de ce qui la justifie
  • Loi — la loi oblige des actes, le dogme des adhésions intérieures

Selon l'époque et le point de vue — Grec : dogma, une opinion ou un décret · conciles chrétiens : fixation de formules qui départagent la foi de l'hérésie · Spinoza : il faut juger un dogme à sa piété, non à sa vérité spéculative · Kant : dogmatisme désigne toute affirmation qui n'a pas d'abord critiqué ses moyens · aujourd'hui : le mot désigne péjorativement toute croyance soustraite à l'examen, y compris politique.

Ce que le mot permet d'écrire — Permet de distinguer la foi vécue et l'obéissance doctrinale : un sujet sur la liberté de croire se joue souvent sur cet écart.

Révélation

Manifestation d'une vérité par Dieu lui-même, que la raison humaine n'aurait pas pu atteindre seule.

Synonymes

  • Prophétie — insiste sur le porte-parole qui transmet, non sur le contenu révélé

Antonymes

  • Démonstration — atteint la vérité par les seules forces de la raison, sans témoin
  • Religion naturelle — se veut accessible à tous sans texte ni révélation, comme chez Rousseau

À ne pas confondre

  • Découverte — la découverte est le fait de celui qui cherche, la révélation le don de celui qui parle

Selon l'époque et le point de vue — Traditions du Livre : une parole donnée dans l'histoire, consignée dans un texte · Thomas d'Aquin : la révélation ne contredit pas la raison, elle la dépasse · Spinoza : l'Écriture s'adresse à l'imagination du vulgaire, elle enseigne l'obéissance et non la physique · Lumières : critique historique des textes sacrés · Levinas : la révélation passe par le visage d'autrui.

Ce que le mot permet d'écrire — Ouvre la question de l'interprétation : si la vérité est révélée dans un texte, qui a autorité pour le lire, et selon quelles règles ?

Mythe

Récit fondateur qui explique l'origine du monde, des institutions ou du mal, par des figures et non par des concepts.

Synonymes

  • Légende — n'a pas nécessairement la fonction fondatrice et sacrée du mythe
  • Fable — vise une leçon morale, le mythe un ordre du monde

Antonymes

  • Logos — discours qui rend raison, opposé au récit par les premiers philosophes grecs
  • Histoire — établit des faits datés et critiqués par des sources

À ne pas confondre

  • Mensonge — le mythe n'est pas destiné à tromper : il dit autrement ce que le concept ne saisit pas

Selon l'époque et le point de vue — Grèce : passage du mythe au logos, mais Platon invente lui-même des mythes pour dire ce que l'argument n'atteint pas · Hegel : la religion dit le vrai en représentations, la philosophie en concepts · Lévi-Strauss : les mythes ont une logique propre, ce sont des systèmes de classement · Bultmann : démythologiser, c'est chercher le sens existentiel derrière le récit.

Ce que le mot permet d'écrire — Évite la réduction facile : en distinguant mythe et mensonge, on montre que critiquer la lettre d'un récit ne suffit pas à congédier ce qu'il vise.

Rite

Pratique réglée, répétée et collective, qui met en relation avec le sacré et fait exister la communauté qui l'accomplit.

Synonymes

  • Cérémonie — peut être purement sociale et ponctuelle, sans référence au sacré
  • Liturgie — désigne l'ordonnance officielle du culte dans une religion donnée

Antonymes

  • Improvisation — le rite tient sa force de la répétition à l'identique

À ne pas confondre

  • Habitude — l'habitude est individuelle et sans signification, le rite est réglé et signifiant
  • Croyance — on peut pratiquer sans croire, et croire sans pratiquer

Selon l'époque et le point de vue — Sociétés anciennes : le rite précède souvent l'explication qu'on en donne · Durkheim : les rites régénèrent périodiquement le sentiment collectif · Pascal : l'habitude du geste prépare l'adhésion du cœur, prenez de l'eau bénite · Wittgenstein : le rite n'est pas une théorie fausse sur la nature, il est une forme de vie.

Ce que le mot permet d'écrire — Bon contre-exemple aux sujets qui réduisent la religion à des idées : on entre dans une religion par des gestes autant que par des thèses.

Transcendance

Caractère de ce qui dépasse absolument l'ordre du monde et de l'expérience, et ne peut y être trouvé comme une chose.

Synonymes

  • Au-delà — désigne un lieu imaginé, la transcendance un rapport
  • Absolu — insiste sur l'indépendance, la transcendance sur la séparation

Antonymes

  • Immanence — ce qui est tout entier contenu dans le monde, comme le Dieu-Nature de Spinoza

À ne pas confondre

  • Surnaturel — le surnaturel est une exception dans le monde, la transcendance n'appartient pas au monde

Selon l'époque et le point de vue — Platon : les Idées au-delà du sensible · théologie médiévale : Dieu est au-delà de tout genre et de tout nom · Spinoza : renversement, Dieu est la Nature même, donc pure immanence · Kant : la transcendance est ce qui excède l'expérience possible · Levinas : la transcendance se révèle dans le visage d'autrui, non dans un arrière-monde.

Ce que le mot permet d'écrire — Repère structurant : de nombreux sujets se plient si vous demandez si le divin est ailleurs que le monde ou au cœur du monde.

Théodicée

Entreprise qui justifie la bonté et la puissance de Dieu malgré l'existence du mal dans le monde.

Synonymes

  • Justification de Dieu — traduction littérale du mot forgé par Leibniz

Antonymes

  • Argument du mal — objection classique contre l'existence d'un Dieu bon et tout-puissant

À ne pas confondre

  • Théologie — la théologie expose la doctrine, la théodicée répond à une objection précise

Selon l'époque et le point de vue — Épicure, selon Lactance : si Dieu veut empêcher le mal et ne le peut pas, il est impuissant ; s'il le peut et ne le veut pas, il est malveillant · Leibniz (1710) invente le mot et soutient que ce monde est le meilleur des mondes possibles · Voltaire, après le tremblement de terre de Lisbonne en 1755, tourne cet optimisme en dérision · Simone Weil, Dostoïevski, Jonas après la Shoah : la question devient celle du silence de Dieu.

Ce que le mot permet d'écrire — La ressource majeure pour les sujets sur la souffrance et la foi : le mal est l'objection la plus ancienne et la plus forte contre la religion.

Laïcité

Principe juridique de neutralité de l'État en matière religieuse, qui garantit la liberté de conscience et l'égalité des citoyens quelles que soient leurs croyances.

Synonymes

  • Sécularisation — processus historique de recul du religieux, alors que la laïcité est une règle de droit
  • Neutralité — décrit l'attitude de l'État, sans dire ce qu'elle protège

Antonymes

  • Théocratie — régime où l'autorité politique tire sa légitimité du divin
  • Religion d'État — reconnaissance officielle d'un culte, sans persécution nécessaire des autres

À ne pas confondre

  • Athéisme d'État — la laïcité protège les cultes, elle ne leur en substitue pas un autre
  • Tolérance — la tolérance est une concession du pouvoir, la laïcité un droit égal pour tous

Selon l'époque et le point de vue — Locke (1689) et Spinoza (1670) : la contrainte ne peut produire la foi · Révolution française : la liberté de culte entre dans les droits · loi du 9 décembre 1905 : la République assure la liberté de conscience, ne reconnaît ni ne salarie aucun culte · aujourd'hui : débat sur l'étendue de la neutralité, à l'école et dans l'espace public.

Ce que le mot permet d'écrire — Permet de passer de la question du vrai à la question du juste : même si l'on ne sait pas quelle religion est vraie, on peut savoir comment les faire coexister.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Croire / savoir

Savoir, c'est tenir pour vrai en pouvant rendre raison, par des preuves valables pour tout esprit ; croire, c'est donner son assentiment sans preuve suffisante, éventuellement avec une certitude entière.

Ce qu'il débloque — Il débloque tout sujet qui oppose la foi à la science, et tout sujet qui demande si la croyance est un défaut de connaissance.

Exemple — Sur « Savoir, est-ce ne rien croire ? », il permet d'opposer la différence de droit (la preuve publique) et la solidarité de fait : le savant croit ses instruments, ses pairs et l'uniformité de la nature.

Transcendant / immanent

Est transcendant ce qui dépasse absolument l'ordre auquel il se rapporte ; est immanent ce qui lui appartient tout entier et n'existe qu'en lui.

Ce qu'il débloque — Il sert dès qu'un sujet interroge la nature du divin ou la place du sacré dans un monde sécularisé.

Exemple — Sur « Peut-on concevoir une humanité sans religion ? », il permet de distinguer la disparition d'un Dieu transcendant et la persistance d'un sacré immanent, à la manière de Durkheim.

Origine / fondement

L'origine est le commencement de fait, dans le temps ou dans la psychologie ; le fondement est la raison de droit qui justifie une proposition ou une norme.

Ce qu'il débloque — C'est l'arme décisive contre les réductions psychologiques ou sociologiques de la religion.

Exemple — Sur « Les croyances religieuses sont-elles un obstacle à la recherche de la vérité ? », il permet de montrer que dériver la croyance de la peur (Spinoza) ou du désir (Freud) en explique l'origine, non la fausseté.

Persuader / convaincre

Convaincre, c'est emporter l'assentiment par des raisons que tout interlocuteur peut examiner ; persuader, c'est l'obtenir par des moyens propres à celui qu'on vise, affects, images, autorité.

Ce qu'il débloque — Il commande tous les sujets sur la discussion des croyances et sur la propagande religieuse.

Exemple — Sur « Peut-on combattre une croyance par le raisonnement ? », il permet de montrer que l'argument atteint ce qui a été admis par raisons, et manque ce qui tient à l'engagement de toute une vie.

Absolu / relatif

Est absolu ce qui ne dépend de rien d'autre et vaut inconditionnellement ; est relatif ce qui n'a de sens que par rapport à un point de vue, une époque ou une culture.

Ce qu'il débloque — Il éclaire le conflit entre la prétention des religions à l'absolu et la diversité historique des croyances.

Exemple — Sur « Que nous font connaître les religions ? », il permet d'opposer la vérité absolue que chaque religion revendique et la connaissance relative qu'elles nous donnent des sociétés qui les portent.

Universel / particulier

Est universel ce qui vaut pour tous les cas sans exception ; est particulier ce qui ne vaut que pour une partie d'entre eux.

Ce qu'il débloque — Il permet de traiter le rapport d'une religion donnée à l'humanité entière, et la question du prosélytisme.

Exemple — Sur « La croyance religieuse n'est-elle que personnelle ? », il permet d'articuler une adhésion singulière, une appartenance particulière à une communauté et une prétention universelle du message.

Légal / légitime

Est légal ce qui est conforme au droit en vigueur ; est légitime ce qui est conforme à une exigence supérieure, morale ou religieuse, qui peut contredire la loi positive.

Ce qu'il débloque — Il ouvre tous les sujets sur la liberté religieuse, la désobéissance au nom de la foi et les limites de la laïcité.

Exemple — Sur « Peut-on critiquer la religion sans la rejeter ? », il permet de séparer la critique du contenu des dogmes et la reconnaissance de la légitimité juridique des cultes, comme le fait Locke.

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