Le progrès s’entend comme avancée du savoir, des techniques ou des droits, trois sens qui ne vont pas toujours ensemble. Un obstacle retarde sans empêcher, ce qui appelle un examen historique plutôt qu’une thèse d’essence.
La religion freine-t-elle nécessairement le progrès humain, ou a-t-elle aussi fourni des ressources pour le vouloir ?
Le plan en trois parties
Elle a souvent freiné : autorité, dogme, résistance à l’examen
- L’explication par des volontés divines dispense de chercher des lois naturelles.Comte, Cours de philosophie positive
- Le recours au miracle ruine le principe même d’une régularité observable.Hume, Enquête sur l’entendement humain
- L’intolérance a coûté des vies et fermé les débats qu’elle aurait dû ouvrir.Voltaire, Traité sur la tolérance
Elle a aussi rendu possible ce qu’on appelle progrès
- L’ascétisme protestant a nourri une discipline rationnelle de la conduite économique.Weber, L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme
- Le monothéisme a désacralisé la nature, la rendant disponible pour la science.Gauchet, Le Désenchantement du monde
- L’idée d’une dignité égale de tous les hommes a une généalogie religieuse.Habermas, Entre naturalisme et religion
L’obstacle est le dogmatisme, et le progrès n’est pas automatique
- Ce qui bloque, c’est la croyance qui refuse l’examen, non la foi comme telle.Spinoza, Traité théologico-politique
- Le progrès technique n’est pas moral : la raison instrumentale peut servir le pire.Weber, Le Savant et le Politique
- L’ouverture mystique a inspiré des ruptures morales que la raison seule n’avait pas produites.Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion
Le progrès technique nous a-t-il rendus plus libres, ou seulement plus puissants ?