Savoir, c’est tenir pour vrai avec des raisons suffisantes et objectives ; croire, sans ces raisons. Le sujet demande si le savoir exclut toute croyance ou s’il en conserve nécessairement à sa racine.
Le savoir se constitue-t-il en éliminant toute croyance, ou repose-t-il sur des croyances qu’il ne peut lui-même démontrer ?
Le plan en trois parties
Savoir commence par cesser de croire
- Le doute méthodique rejette tout ce qui n’est pas absolument certain.Descartes, Méditations métaphysiques
- L’esprit positif renonce aux causes invisibles pour s’en tenir aux lois observables.Comte, Cours de philosophie positive
- L’examen du témoignage substitue au récit merveilleux le calcul des probabilités.Hume, Enquête sur l’entendement humain
Mais tout savoir suppose des croyances qu’il ne démontre pas
- Le savoir ne peut fonder ses propres principes : il doit en supposer quelques-uns.Kant, Critique de la raison pure
- Toute recherche de la vérité engage une confiance préalable dans sa valeur.Kant, Critique de la raison pratique
- Les certitudes qui encadrent nos pratiques ne se prouvent pas : elles tiennent notre jeu.Wittgenstein, Leçons sur la croyance religieuse
Non pas supprimer la croyance, mais la savoir croyance
- Le savant sait où s’arrête son savoir : c’est là que commence une croyance assumée.Kant, Critique de la raison pure
- Ce que la raison ne prouve pas peut être tenu par le cœur, à condition de le reconnaître.Pascal, Pensées
- Le vice n’est pas de croire, mais de prendre sa croyance pour un savoir : c’est la superstition.Spinoza, Traité théologico-politique
Le savant qui connaît les limites de son savoir est-il plus proche du croyant ou du sceptique ?