La foi désigne une confiance qui engage celui qui l’accorde, au-delà de ce qu’il peut prouver ; la fides latine est d’abord la fidélité donnée à quelqu’un. Le sujet demande si ce lien de confiance est propre au rapport au divin.
La foi se définit-elle par son objet, qui serait Dieu, ou par un acte de confiance dont la vie morale, politique et même scientifique est pleine ?
Le plan en trois parties
La foi religieuse semble être la foi par excellence
- Elle seule porte sur un objet absolument transcendant, hors de toute expérience.Kierkegaard, Crainte et Tremblement
- Elle exige une adhésion totale, jusqu’à la suspension de l’évidence rationnelle.Pascal, Pensées
- La foi précède l’intelligence et lui ouvre son objet : croire pour comprendre.Augustin, Sermons
Mais toute vie humaine repose sur des fois non religieuses
- La confiance dans la parole d’autrui précède toute vérification : sans elle, nul témoignage.Lévinas, Totalité et Infini
- La raison pratique a foi en la liberté et en l’avenir moral de l’humanité.Kant, Critique de la raison pratique
- L’adhésion à une cause politique ou à un idéal a la structure d’une croyance engagée.James, La Volonté de croire
La foi comme structure de l’existence : un même acte, des objets différents
- Croire, c’est toujours tenir pour vrai sans preuve suffisante, en s’engageant soi-même.Kant, Critique de la raison pure
- Les sociétés modernes déplacent le sacré plutôt qu’elles ne l’abolissent.Gauchet, Le Désenchantement du monde
- L’appartenance à une forme de vie fixe ce qui, pour nous, va de soi et ne se discute pas.Wittgenstein, Leçons sur la croyance religieuse
Une société qui se croit sans foi n’est-elle pas celle qui ignore le plus ce en quoi elle croit ?