« Exclure » suppose une incompatibilité de principe, et non une simple différence de méthode. Or la tradition théologique elle-même a fait de la raison un instrument d’élucidation de la foi.
Faut-il penser la foi comme un renoncement à la raison, ou comme un usage de la raison au-delà de ce qu’elle peut prouver ?
Le plan en trois parties
Oui : croire commence là où la preuve manque
- Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas : l’adhésion n’est pas une déduction.Pascal, Pensées
- La foi est un scandale pour la raison : Abraham suspend l’éthique universelle.Kierkegaard, Crainte et Tremblement
- Vouloir prouver Dieu, c’est déjà l’avoir manqué : les preuves échouent toutes.Kant, Critique de la raison pure
Non : la tradition a construit une foi cherchant l’intelligence
- Crois afin de comprendre, comprends afin de croire : les deux se soutiennent.Augustin, Sermons
- L’argument ontologique montre une foi qui se met à l’épreuve de la rigueur.Anselme, Proslogion
- Les cinq voies partent du monde sensible pour remonter rationnellement à sa cause.Thomas d’Aquin, Somme théologique
Deux usages de la raison plutôt que deux ennemies
- La raison théorique connaît des phénomènes, la raison pratique postule ce qu’elle doit espérer.Kant, Critique de la raison pratique
- La religion pense en représentations ce que la philosophie ressaisit en concepts.Hegel, Leçons sur la philosophie de la religion
- L’herméneutique fait travailler la raison sur le symbole au lieu de l’opposer au mythe.Ricœur, La Symbolique du mal
Une foi qui refuse tout examen rationnel se distingue-t-elle encore du fanatisme ?