Le pluriel invite à partir des religions historiques, avec leurs récits, leurs rites et leurs institutions, plutôt que d’une essence abstraite de la religion. « Faire connaître » présuppose qu’elles délivrent bien un contenu, et déplace la question vers sa nature.
Les religions nous donnent-elles à connaître un objet réel qui échappe à la science, ou seulement l’homme qui les produit ?
Le plan en trois parties
Elles prétendent faire connaître ce que la raison n’atteint pas
- La révélation se donne comme un savoir reçu : crois afin de comprendre.Augustin, Sermons
- La théologie naturelle tient l’existence de Dieu pour démontrable à partir du monde.Thomas d’Aquin, Somme théologique
- L’idée d’infini en nous excède notre finitude et renvoie à sa cause.Descartes, Méditations métaphysiques
Elles ne font connaître que l’homme et sa société
- Dans la religion, l’homme contemple sa propre essence projetée hors de lui.Feuerbach, L’Essence du christianisme
- La religion est le symptôme d’une misère sociale réelle qu’elle console et masque.Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel
- En adorant Dieu, la société s’adore elle-même : le sacré est le social transfiguré.Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse
Elles font connaître autrement : le sacré, le sens et l’exigence morale
- La foi morale postule ce que le savoir ne prouve pas, sans usurper le terrain de la science.Kant, Critique de la raison pratique
- Le numineux est une expérience originale, irréductible au vrai et au bien.Otto, Le Sacré
- Le symbole donne à penser : les récits délivrent un sens que le concept doit élaborer.Ricœur, La Symbolique du mal
Si les religions font connaître l’homme à lui-même, faut-il les lire comme des erreurs ou comme des œuvres ?