« Mieux vivre » peut signifier vivre plus heureux, ou vivre plus moralement : les deux sens ne se recouvrent pas. Le verbe « permettre » demande si la religion rend possible quelque chose, et non si elle l’impose.
La religion améliore-t-elle réellement l’existence, ou n’offre-t-elle qu’une consolation qui détourne de la vie que nous avons ?
Le plan en trois parties
Oui : elle donne un sens, une règle et une communauté
- Elle répond à la détresse et rend supportable la dureté de la vie.Freud, L’Avenir d’une illusion
- Elle intègre l’individu à une communauté morale qui le soutient.Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse
- En démocratie, elle entretient les mœurs qui rendent la liberté vivable.Tocqueville, De la démocratie en Amérique
Non : elle achète ce mieux-vivre au prix de la vie réelle
- L’opium soulage la douleur sans guérir la maladie sociale qui la cause.Marx, Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel
- La morale de l’arrière-monde dévalorise la vie terrestre au nom d’un salut.Nietzsche, Le Gai Savoir
- La crainte des dieux et de l’au-delà est la première source du trouble de l’âme.Épicure, Lettre à Ménécée
Tout dépend de la religion dont on parle : close ou ouverte
- La religion statique conserve le groupe ; la religion dynamique ouvre à l’humanité entière.Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion
- Mieux vivre suppose la paix civile, donc la tolérance mutuelle des cultes.Voltaire, Traité sur la tolérance
- La foi morale ne promet pas le bonheur : elle rend l’exigence du devoir tenable.Kant, Critique de la raison pratique
Une consolation qui rend la vie supportable est-elle un bien, même si elle est illusoire ?