Choisir suppose une délibération et une alternative ouverte ; croire semble au contraire s’imposer au sujet, comme une évidence intérieure ou un héritage. Le sujet interroge donc la part de volonté dans l’adhésion.
La croyance est-elle un acte dont nous sommes les auteurs, ou un état qui nous arrive et que nous ne pouvons que reconnaître ?
Le plan en trois parties
Non : on se découvre croyant, on ne se décide pas à l’être
- La coutume et l’éducation installent la croyance bien avant tout examen.Montaigne, Essais
- La croyance accomplit un désir inconscient : sa source échappe à la volonté du sujet.Freud, L’Avenir d’une illusion
- La société impose ses représentations sacrées avec l’autorité d’un fait extérieur.Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse
Oui : croire est un acte, et cet acte peut être décidé
- Le pari met la croyance sous la juridiction de la décision quand la raison ne tranche pas.Pascal, Pensées
- Devant une option vivante et forcée, la volonté de croire est légitime, faute de preuve disponible.James, La Volonté de croire
- La foi est un saut : elle n’est foi que parce qu’elle engage la liberté d’un individu.Kierkegaard, Crainte et Tremblement
Ce qui se choisit n’est pas l’adhésion, mais le chemin qui y conduit
- On ne décrète pas sa foi, mais on choisit les pratiques qui la rendent possible.Pascal, Pensées
- La foi rationnelle est un besoin de la raison pratique, non un caprice de l’arbitraire.Kant, Critique de la raison pratique
- L’attention consentie prépare la venue de ce que l’on ne se donne pas soi-même.Simone Weil, Attente de Dieu
Si l’on ne choisit pas de croire, peut-on encore être tenu responsable de sa foi ?