La liberté s’entend comme indépendance à l’égard d’une volonté étrangère, ou comme autonomie, c’est-à-dire obéissance à une loi qu’on se donne. Obéir à Dieu semble relever de l’hétéronomie la plus complète.
L’obéissance religieuse est-elle la négation de la liberté, ou une forme d’autonomie où la loi reçue est reconnue comme sienne ?
Le plan en trois parties
Obéir à un autre, c’est l’hétéronomie même
- Une volonté n’est morale que si elle se donne à elle-même sa loi.Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs
- Agir par crainte du châtiment n’est pas agir librement, mais obéir à la peur.Spinoza, Traité théologico-politique
- La morale d’obéissance produit un homme diminué, qui se méfie de sa propre puissance.Nietzsche, La Généalogie de la morale
Pourtant la tradition fait de l’obéissance une libération
- La liberté consiste à comprendre la nécessité et à consentir à l’ordre de la nature.Spinoza, Éthique
- Le pieux n’est pas arbitraire : la loi divine peut être reconnue comme bonne en elle-même.Platon, Euthyphron
- Le saut de la foi est un acte de liberté : personne ne l’accomplit à la place du croyant.Kierkegaard, Crainte et Tremblement
Deux obéissances : celle qui soumet et celle qui élève
- Obéir par crainte asservit ; obéir par amour du bien reconnu ne contredit pas l’autonomie.Kant, Critique de la raison pratique
- La religion dynamique ouvre au lieu de contraindre : le mystique agit, il ne subit pas.Bergson, Les Deux Sources de la morale et de la religion
- L’attention à ce qui nous dépasse est un consentement, non une abdication.Simone Weil, Attente de Dieu
Si obéir à une loi comprise n’est pas servir, la différence entre foi et autonomie tient-elle encore ?